Hendrik Anders

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Hendrik Anders
Description de cette image, également commentée ci-après
Un canal à Amsterdam de Jan van der Heyden (1637-1712) ; l'Amsterdam qu'a connu Anders.

Naissance 1657
Oberweissbach
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire romain germanique
Décès
Amsterdam
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Activité principale Compositeur
Organiste

Hendrik Anders, né à Oberweissbach (Thuringe en Allemagne) en 1657 et mort à Amsterdam le , est un compositeur baroque et un organiste de la République des Sept Pays-Bas-Unis, originaire d'Allemagne.

La vie et l'œuvre : musicien au service de l'Église et du théâtre[modifier | modifier le code]

L'année de sa naissance peut être déduite de son inscription, à l'âge de neuf ans, au gymnasium de Rudolstadt en 1666. Anders fut organiste de l'église luthérienne d'Amsterdam de 1683 à 1694, l'année de son licenciement pour cause de mauvaise conduite. Deux ans plus tard, il devint carillonneur ou joueur de carillon. Il était également violoniste au théâtre[1].

Anders composait de la musique instrumentale d'ensemble, qui aurait trouvé son origine dans les ouvertures et intermèdes des pièces de théâtre et des zangspelen, dont les auteurs étaient des poètes néerlandais. Avec Servaes de Koninck, il joua un rôle d'importance dans l'évolution du zangspel, un genre de théâtre lyrique. Dans ces courtes pièces, les parties parlées étaient interrompues et alternées par des strophes chantées. À l'origine de ce genre se trouve sans doute la création, en 1685, de l'adaptation en néerlandais par Thomas Arendsz de la tragédie lyrique Roland, dont la musique est de Giovanni Battista Lulli (paroles de Philippe Quinault). Dans la version néerlandaise, la pièce aurait été parlée pour la plus grande partie, mais des arias de Lulli, certaines étaient chantées. Des compositeurs de la République, comme Anders, commencèrent bientôt eux-mêmes à mettre en musique des zangspelen. Ces pièces si proches du genre de l'opéra avaient connu un succès immense et auraient introduit, en même temps, la langue néerlandaise dans la musique de théâtre, bien que ces efforts n'aient pas abouti à l'émergence d'une véritable tradition d'opéra néerlandais. La plupart des opéras représentés dans la République provenaient de France, d'Italie et, plus tard, également des territoires de langue allemande. Ils étaient d'ailleurs représentés par des compagnies de théâtre étrangères. Ceci est peut-être dû au phénomène qu'à la fin du siècle, noblesse et patriciat néerlandais étaient affectés davantage par l'évolution culturelle à l'étranger, ce qui devait progressivement conduire à la dépréciation des efforts de leurs propres musiciens néerlandais. Anders composa la musique d'au moins cinq zangspelen néerlandais (sur des paroles d'Andreas du Moulin, de Dirck Buysero et de Cornelis Sweerts[2]), y compris celle de Vénus et Adonis[3] de 1696 (sur des paroles de Dirck Buysero).

Page de titre du livret de Cornelis Sweerts de l'opéra, ou zangspel, Apollo en Dafne de Hendrik Anders

Pour le libraire Cornelis Sweerts, fils du poète Hiëronymus Sweerts, Anders composa, en 1691, la musique de la tragédie Jacoba van Beieren, erfgravin van Holland[4]. Pour la première fois, Sweerts s'était alors manifesté lui-même comme poète. Mais animé par un amour particulier pour la musique, il publia, en 1697, un court zangspel, Apollon et Daphné[5], dont la musique avait été composée par Hendrik Anders, et où Cupidon, afin de se venger du dieu Apollon pour le mépris que celui-ci affiche à son égard, lui fait éprouver un amour irrésistible pour une Daphné qui, au service de la déesse Diane s'adonnant aux plaisirs de la chasse, par l'intervention de Cupidon, demeure insensible à son amour tout en le rejetant ; comme Apollon veut passer à la violence, à sa propre demande, elle se fait transformer en un laurier.

La pastorale De Min en Wyn-strydt[6] date également de 1697. De cette pièce, les paroles furent publiées par Jacob van Rijndorp, directeur de la compagnie théâtrale de La Haye, toutefois sans indiquer le nom de l'auteur. Ultérieurement, Van Rijndorp révélera le nom de l'auteur dans la préface d'une farce, une comédie musicale publiée en 1719, en annonçant que la pièce avait été mise en vers par Buysero, et qu'elle lui avait été transmise[7]. La pièce traite le même sujet que le livret de Quinault pour l'opéra de Lulli : Les Fêtes de l'Amour et de Bacchus. En 1719, Van Rijndorp rééditera la pièce sous le nom harders-spel (pastorale), après avoir publié, deux ans auparavant, une pièce intitulée Min- en Wynstrydt entièrement différente et, apparemment, traduite d'après Quinault, qu'il avait prise à tort pour une œuvre de Buysero[8],[9].

Toujours en 1697, Anders, Carl Rosier et ses filles Maria Petronella et Maria Anna, ainsi que Jacques Cocqu et sa fille Catherina, Nicholaas Ferdinand Le Grand, François Desrosiers et Michel Parent fondèrent un collegium musicum. Cette société musicale, autant une d’amateurs que de professionnels, avait comme but de donner des concerts : en été à Amsterdam et en hiver à La Haye[1].

Sweerts écrivit une autre pièce dont la composition musicale incomba à Hendrik Anders[10] : Den verliefden Rijkert (ou dans la deuxième édition de 1722 : Gryn bedrogen, ou Le Richard amoureux trompé). La pièce était beaucoup plus longue, comptait trois actes et ne ressemblait en rien à une pastorale, mais plutôt à une comédie médiocre ; selon le poète lui-même, la pièce pouvait être représentée sous forme de comédie avec quelques chansons et une aubade de musiciens. Fidèle à la tradition établie par Quinault et Lulli, ici aussi, on chante la louange du vin en opposition à l'amour. Dans cette pièce, Flip (Philippe), le valet de Rykert (Richard), chante presque toujours avec une bouteille à la main.

Le nom d'Anders apparaît dans les comptes du Théâtre d'Amsterdam à partir de 1705, une seule fois avec mention de sa fonction : « musik meester » (maître de musique). Anders mourut le sans même laisser l'argent nécessaire pour payer les funérailles[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Anthony ZIELHORST, p. 141
  2. À l'amour de la musique du poète et libraire Sweerts, on doit le poème moralisant et élogieux qu'il publia en 1698 sous le titre Introduction à l'art de la chanson et à l'art de jouer les instruments (Inleiding tot de zang- en speelkunst), par lequel on apprend qu'à son époque, hormis la chanson française, surtout la musique de danse française était des plus populaires. Parce que, dit-il, dans la musique de danse, qui promet des miracles tout en ne donnant que peu de chose, les Français avaient atteint le sommet. Il fait preuve de plus d'admiration pour les Italiens, qui composaient d'une meilleure façon (qu'elle soit légère ou non) que celle d'un Lulli (bien que celui-ci soit d'origine italienne) dont les manières distinguées étaient également élégantes et mériteraient d’en faire l'éloge ; mais il persiste et signe que, pour ce qui concerne l'art et l'invention, l'Italien garde l'appréciation et la faveur des connaisseurs. Il apprécie des Français et des Italiens qu'ils préfèrent chanter dans leur propre langue.
  3. Venus en Adonis
  4. Jacqueline de Bavière, comtesse héréditaire de Hollande.
  5. Apollo en Dafne
  6. La Lutte entre l'amour et le vin. Harders-spel
  7. « [...] door den Heer D. Buyzero was berymd en hem in eigendom overgegeven [...] »
  8. Jan TE WINKEL, p. 526.
  9. Jacob Adolf WORP, p. 8.
  10. « [...] muzykspel ten gevalle van H. Anders om het op Muzyk te stellen [...] »

Sources[modifier | modifier le code]