Helveticosaurus

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Helveticosaurus zollingeri

Helveticosaurus
Description de cette image, également commentée ci-après
Dessin d'Helveticosaurus.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Ordre Diapsida
Famille  Helveticosauridae

Genre

 Helveticosaurus
Peyer (de), 1955

Nom binominal

 Helveticosaurus zollingeri
Peyer, 1955

Helveticosaurus est un genre éteint de diapsides marins du Trias moyen (Anisien-Ladinien) du sud de la Suisse. Il contient une seule espèce, Helveticosaurus zollingeri, connue à partir de l'holotype presque complet T 4352, recueilli à Cava Tre Fontane, sur le site fossilifère du Monte San Giorgio, une zone bien connue pour son riche témoignage sur la vie marine au Trias moyen[1].

Description et paléobiologie[modifier | modifier le code]

Helveticosaurus est connu par un holotype presque complet comprenant les os prémaxillaire, maxillaire, préfrontal, postfrontal, postorbital, squamosal, dentaire et un squelette du reste du corps. Plusieurs éléments désarticulés sont aussi connus, notamment des dents, une partie du museau et d'autres éléments du reste du squelette[1]. Helveticosaurus fait environ 2 mètres tout compris[2]. Il possède de nombreux caractères adaptés à la vie marine dans les eaux peu profondes de l'Europe à l'époque où la plupart du continent faisait partie de l'Océan Thétys. Sa longue queue flexible est similaire à celle d'autres reptiles marins éteints comme les thalattosauriens, et il se déplaçait probablement dans l'eau par ondulations latérales. Helveticosaurus possédait cependant aussi une ceinture pectorale robuste et des membres antérieurs bien adaptés pour pagayer, comme on le voit chez les tétrapodes aquatiques secondaires. Cette combinaison d'ondulations et de pagayage est très inhabituelle pour un reptile aquatique.

Leurs dents caniniformes suggèrent qu’Helveticosaurus était prédateur. Contrairement à la plupart des autres reptiles marins dont le crâne est allongé et étroit, sa tête est plutôt robuste et large comme une boîte. On ignore quel rôle pouvait jouer ce court museau dans son alimentation[3].

Relations avec les autres sauropsides[modifier | modifier le code]

Au moment de son nommage et de sa description en 1955, Helveticosaurus a été classé dans l'ordre des placodontes, un groupe de reptiles marins au corps en tonneau dont le mode de vie ressemblait à celui de l'iguane marin actuel. Le genre était considéré comme un membre basal de ce clade, et placé dans la nouvelle famille des Helveticosauridae, au sein de la superfamille des Helveticosauroidea[1].

Malgré les vertèbres dorsales très similaires à celles des placodontes, le genre n'a pas les caractères autapomorphiques des sauroptérygiens et a donc évolué à partir d'un ancêtre différent, en adaptant indépendamment un mode de vie marin.

Dent d’Helveticosaurus.

Ses affinités avec les autres diapsides ne sont pas claires, car il est très différent de tous les autres types de reptiles marins connus, sans parent apparemment proche. Il partage des caractéristiques avec les archosauromorphes et est peut-être apparenté à ce groupe. En 2013, une analyse des relations entre reptiles fossiles a montré qu’Helveticosaurus, avec Eusaurosphargis et Saurosphargis (en), est plus proche soit des ichthyoptérygiens (en) soit des sauroptérygiens dans un grand clade de reptiles marins faisant partie des archosauromorphes[4]. Les analyses phylogénétiques les plus récentes ont mis en évidence quHelveticosaurus et Eusaurosphargis sont des groupes frères[5],[6], tandis qu'une autre analyse en fait des groupes successifs[4]. Le cladogramme suivant est une version simplifiée de l'analyse phylogénétique de Li et al. (2014), qui comprend Eusaurosphargis, Helveticosaurus et toutes les espèces de saurosphargidés connues. L'ajout ou le retrait d'Ichthyopterygia (en) est celui qui affecte le plus sa topologie, en inversant les positions des clades Eusaurosphargis+Helveticosaurus et thalattosauriformes, et en modifiant les positions de plusieurs taxons parmi les Eosauropterygia (qui ne sont pas montrés ici)[6].

Sauria 

Archosauromorpha



Lepidosauromorpha



Testudines




Ichthyopterygia




Thalattosauriformes





Helveticosaurus zollingeri



Eusaurosphargis dalsassoi




 Sauropterygia 

Placodontia



Eosauropterygia



 Saurosphargidae 


Largocephalosaurus polycarpon



Largocephalosaurus qianensis





Saurosphargis volzi



Sinosaurosphargis yunguiensis









Parentés possibles[modifier | modifier le code]

Des restes de pelvis de l'exemplaire SVT 203, découvert dans des strates plus anciennes du Trias inférieur au Spitsberg, pourraient présenter des ressemblances avec les restes de pelvis d’Helveticosaurus[7]. Ceci n'est cependant valable que si l'élément antérieur de la ceinture pelvienne d’Helveticosaurus est interprétée comme le pubis. Le pubis de SVT 203 partage aussi des ressemblances avec ceux des placodontes, bien que l'ischion s'en distingue par l'absence de resserrement. SVT 203 avait d'abord été attribué à l'ichthyosaure Grippia longirostris[8], mais ses pubis, fémur, métatarses et phalanges suggèrent qu'il ne s'agit pas d'un ichthyoptérygien (en), ce qui rend plus probable qu'il appartienne à un taxon apparenté, et peut-être ancestral, Helveticosaurus, bien que plus de fossiles soient nécessaires pour en avoir une confirmation définitive. La petite taille des restes de SVT 203 par rapport à Helveticosaurus, ainsi que la compression visible aux deux extrémités de son fémur, pourraient indiquer qu'il s'agit d'une forme juvénile de son espèce, mais la distance à la fois géographique et temporelle de SVT 203 et d’Helveticosaurus rendent la comparaison de leur taille inutile pour déterminer son éventuelle immaturité, dans la mesure où il est possible qu’Helveticosaurus ait évolué à partir d'un ancêtre plus petit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de) Bernhard Peyer, « Die Triasfauna der Tessiner Kalkalpen. XVIII. Helveticosaurus zollingeri, n.g. n.sp. », Schweizerische Paläontologische Abhandlungen, vol. 72,‎ , p. 3–50
  2. (en) Helveticosauridae, sur palaeos.com
  3. (en) Naish, D. (2008). "One of so many bizarre Triassic marine reptiles." Weblog entry. Tetrapod Zoology. 13 September 2008. Accessed 24 July 2009.
  4. a et b (en) J. M. Neenan, N. Klein et T. M. Scheyer, « European origin of placodont marine reptiles and the evolution of crushing dentition in Placodontia », Nature Communications, vol. 4,‎ , p. 1621 (PMID 23535642, DOI 10.1038/ncomms2633)
  5. (en) Chun Li, Olivier Rieppel, Xiao-Chun Wu, Li-Jun Zhao et Li-Ting Wang, « A new Triassic marine reptile from southwestern China », Journal of Vertebrate Paleontology, vol. 31, no 2,‎ , p. 303–312 (DOI 10.1080/02724634.2011.550368, lire en ligne)
  6. a et b (en) « A new species of Largocephalosaurus (Diapsida: Saurosphargidae), with implications for the morphological diversity and phylogeny of the group », Geological Magazine, vol. 151, no 1,‎ , p. 100–120 (DOI 10.1017/S001675681300023X)
  7. (en) R Motani, « Skull of Grippia longirostris: no contradiction with a diapsid affinity for the Ichthyopterygia », Palaeontology, vol. 43,‎ , p. 1–14 (DOI 10.1111/1475-4983.00115)
  8. J.-M. Mazin, « Grippia longirostris Wiman, 1929, un Ichthyopterygia primitif du Trias inférieur du Spitsberg », Bulletin du Muséum National d'Histoire Naturelle, vol. 4,‎ , p. 317–340

Liens externes[modifier | modifier le code]