Helleborus niger

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L’Hellébore noir, Ellébore noir ou Rose de Noël (Helleborus niger) est une plante acaulescente de la famille des Ranunculaceae. Elle est vivace rhizomateuse à longue floraison hivernale, d'où son nom de rose de Noël.

On l'appelle également herbe aux fous, pied de griffon, pied de lion, patte d’ours, rose de serpent ou pain de couleuvre. C'est la seule espèce de la section Helleborus.

Histoire[modifier | modifier le code]

Jadis l'Helleborus niger était considérée comme une plante magique associée à la magie noire.
Selon la légende, lorsque le bétail paraissait empoisonné, il fallait lui percer l'oreille et y glisser un fragment de racine de rose de Noël et l'animal était rétabli en 24 heures[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Feuillage : feuillage persistant, les nouvelles feuilles apparaissant avec les tiges florales. Les feuilles pédalées à 7 à 9 segments sont vert foncé, épaisses et coriaces, à quelques fortes dents dans leur moitié supérieure.
  • Organes reproducteurs
    • Type d'inflorescence : fleur solitaire terminale blanche parfois rosée tournant au rose profond en fin de floraison. Les fleurs ont toutes 5 tépales et de nombreuses étamines bien visibles[2]. Elles sont regroupées en cymes et font de 5 à 8 (12) cm de diamètre.
    • Répartition des sexes : hermaphrodite
    • Type de pollinisation : entomogame. La plante est mellifère.
    • Période de floraison : janvier à avril
  • Graines
    • Type de fruit : follicule
    • Mode de dissémination : Les graines qui possèdent un éléosome sont disséminées par les fourmis.
  • Racines
    • De couleur noire, qui lui donne son nom d'espèce niger d'hellébore noir[3]

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

C'est une plante vivace très rustique, originaire d'Europe Centrale. Elle pousse naturellement dans les sous-bois, les broussailles et les prairies de montagne[4]. La plante se développe en touffe compacte, atteignant environ 30 à 45 cm de haut[2]. Elle résiste au gel de l'ordre de -15° C et peut fleurir sous la neige[5],[2].

  • Habitat type : ourlets basophiles médioeuropéens, xérophiles
  • Aire de répartition : forêts de pente des Alpes centrales et orientales entre 300 et 1 800 m d’altitude, en terrain calcaire. Il y fleurit au printemps après la fonte des neiges.
  • Elle pousse à l'ombre, souvent sous des arbustes caducs, faisant croire à une certaine fragilité, alors qu'elle brave sans aucun souci les rigueurs de l'hiver[3].

Données d'après: Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

La sous-espèce macranthus, qu’on rencontre dans les Alpes juliennes (nord-est de l’Italie et région frontalière de la Slovénie), a des feuilles faiblement dentées, parfois légèrement bleutées, et de plus grandes fleurs (diamètre floral atteignant 9 cm).

Culture[modifier | modifier le code]

Les roses de Noël se plantent de septembre à mai, hors des périodes de fortes gelées. Dans les régions froides ou humides en hiver, ou en terre lourde et argileuse, il vaut mieux attendre le printemps pour planter les roses de Noël car leurs racines charnues craignent les excès d'eau en hiver. Les hellébores demandent une situation semi-ombragée, et préfèrent une terre drainée, riche en humus, restant fraîche de préférence. Ils supportent le calcaire et les touffes bien installées résistent bien aux sécheresses estivales[4]. Ils n'aiment pas les terres trop acides[5].

La rose de Noël n’est pas facile à cultiver. Elle pousse lentement. Elle est sensible aux maladies cryptogamiques, qui provoquent des taches noires sur ses feuilles. Lorsque l’infection est sévère, elle peut aboutir à la mort de la plante.

Helleborus ‘Early Purple’, une sélection à floraison précoce de Helleborus orientalis subsp. abchasicus, est de culture plus facile en extérieur que la « vraie » rose de Noël. Lorsque le temps est clément, elle fleurit dès la mi-décembre, donc à la période de Noël.

La rose de Noël, Helleborus niger, ne fleurit à cette période qu’à l’intérieur, en pots maintenus à température ambiante. À l’extérieur elle fleurit en général en février – mars.

Quelques sélections à plus grandes fleurs ont été obtenues. 'Potter's Wheel' a des fleurs mesurant de 10 à 12,5 cm de diamètre. 'Marion' est une sélection à fleurs doubles.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Comme pour l'hellébore fétide, la présence d'hétérosides cardiotoniques n'est pas prouvée. En revanche cette plante contient des saponines et, surtout, elle est riche en ranunculine libérant, par hydrolyse, une lactone très irritante, la proto-anémonine. Cette espèce est plus riche en ranunculine que l'hellébore fétide, sa toxicité est donc plus grande (surtout le rhizome) ; mais là encore, les intoxications humaines sont exceptionnelles et le plus souvent limitées à des picotements des muqueuses buccales, des vomissements, des diarrhées...

Usages[modifier | modifier le code]

Folklore[modifier | modifier le code]

Depuis le Moyen Âge, la fleur est placée dans certaines crèches. Elle symbolise la pureté et rappelle la légende à l'origine du nom de rose de Noël : la nuit de la naissance de Jésus-Christ, Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. N'ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël.

Considérée comme un remède universel contre la folie dès l'Antiquité, Pline l'Ancien prétendait qu'elle était utilisée depuis la nuit des temps pour traiter les maladies mentales[3].

Au Moyen Âge, la plante s'appelait aussi aliboron, terme de l'ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie. Aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l'âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout[6].

Utilisations médicinales[modifier | modifier le code]

Dès l'Antiquité, elle est utilisée contre la goutte, certaines paralysies, la démence ou la folie[7],[8]. En fait, ces propriétés ont été confondues avec l'Hellébore blanc, c'est-à-dire le Vératre blanc. La rose de Noël est très toxique par des glucosides comme l'helléborine et l'helléboréine.

Outre ces propriétés vermifuges et purgatives, ses feuilles étaient prescrites comme stimulant cardiaque aux personnes âgées. L'issue généralement fatale du traitement, fait qu'aujourd'hui il est considéré comme beaucoup trop toxique pour être utilisé[3]. Les cardiotoniques présents dans la plante ont une action identique à celle de la digitale pourpre[3].

Toutes les parties de la plante sont toxiques. Il faut la manipuler avec des gants et la tenir éloignée des enfants et des animaux[9].

Hybrides[modifier | modifier le code]

Helleborus niger forme les hybrides stériles suivants avec les espèces caulescentes de la section Chenopus :

  • Helleborus ×nigercors J.T. Wall (Helleborus niger × Helleborus argutifolius) : nombreuses fleurs blanches ; longue période de floraison
  • Helleborus ×ballardiae B. Mathew (Helleborus niger × Helleborus lividus) : fleurs rosées ou brunâtres
  • Helleborus ×ericsmithii B. Mathew (Helleborus ×sternii × Helleborus niger) : fleurs blanches lavées de rose

Remarques[modifier | modifier le code]

  • On appelle « rose de Noël » différentes variétés obtenues à partir de Helleborus niger ainsi que diverses sélections de Helleborus ×hybridus à floraison précoce comme par ex. Helleborus ‘Early Purple’.
  • Helleborus niger est une des rares espèces d’hellébores qui produisent des exemplaires à fleurs doubles.

Roses de Nöel[modifier | modifier le code]

Différents plantes sont dénommées roses de Noël, sans point commun botanique :

. l'hellébore noir (rose de Noël blanche à rose)

. le poinsettia (rose de Noël rouge)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  2. a, b et c « Hellébore : savoir planter, tailler, entretenir ... », sur Ooreka (consulté le 28 décembre 2016)
  3. a, b, c, d et e Hyma La Hyène, « Les plantes dont il faut se méfier », Survival n°5,‎ décembre 2016 / janvier 2017, p. 38
  4. a et b « Rose de Noël (Hellebore) : Conseils de plantation et entretien », sur www.meillandrichardier.com (consulté le 27 décembre 2016)
  5. a et b « Hellébore ou rose de Noël : conseils d'entretien », sur www.jardiner-malin.fr (consulté le 28 décembre 2016)
  6. G. Tilander, St. neophilol., 1946-47, t. 19, p. 169-183
  7. A. Foucaud, « Sur l'ellébore des Anciens », Revue d'histoire de la pharmacie, Persée, vol. 48, no 165,‎ , p. 328-330 (DOI 10.3406/pharm.1960.6710, lire en ligne)
  8. Claude Quétel, Histoire de la folie, de l'antiquité à nos jours, Tallandier, 2014, [1]
  9. Sonia Buchard, « L’hellébore, surprenante rose de Noël », sur Deco.fr, (consulté le 28 décembre 2016)

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