Helgoland (Anton Bruckner)

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Helgoland est une pièce d'Anton Bruckner, pour grand orchestre et chœur de voix d'hommes, d'une durée de douze à treize minutes. Elle a été composée en 1893, sur commande du Chœur d'hommes de Vienne pour célébrer son cinquantième anniversaire, et constitue donc, si l'on tient compte de l'inachèvement de la Neuvième symphonie, la dernière œuvre complète de Bruckner.

On ne sait pas si Bruckner a lui-même choisi le sujet de l'œuvre, ou s'il se plia sur ce point à la commande qui lui était faite. Le texte chanté est un poème d'August Silberstein (Bruckner avait déjà mis cet auteur en musique avec Germanenzug en 1865) : le peuple saxon de l'île d'Heligoland est menacé par l'invasion des Romains, mais une intervention divine vient les sauver. La pièce est pleine de vigueur voire de ferveur, et porte plus encore que les autres œuvres de Bruckner la marque de l'influence de Wagner. Elle était en tout cas d'actualité, puisque l'île venait d'être rendue par la Grande-Bretagne à l'Allemagne, en 1890.

Texte[modifier | modifier le code]

L'île d'Heligoland au crépuscule
Les falaises d'Heligoland
Tempête près d'Heligoland

Hoch auf der Nordsee, am fernesten Rand,
erscheinen die Schiffe, gleich Wolken gesenkt;
in wogenden Wellen, die Segel gespannt,
zum Eiland der Sachsen der Römer sich lenkt!

O weh um die Stätten, so heilig gewahrt,
die friedlichen Hütten, von Bäumen umlaubt!
Es wissen die Siedler von feindlicher Fahrt!
Was Lebens noch wert, auch Leben sie raubt!

So eilen die Zagen zum Ufer herbei,
was nützet durch Tränen zur Ferne geblickt;
da ringet den Besten vom Busen sich frei
die brünstige Bitte zum Himmel geschickt:

Der du in den Wolken thronest,
den Donner in deiner Hand,
und über Stürnen wohnest,
sei du uns zugewandt!

Lass toben grause Wetter,
des Blitzes Feuerrot,
die Feinde dort zerschmetter!
Allvater! Ein Erretter aus Tod und bitt'rer Not!
Vater!

Und siehe, die Welle, die wogend sich warf,
sie steiget empor mit gischtenden Schaum,
es heben die Winde sich sausend und scharf,
die lichtesten Segel verdunkein im Raum!

Die Schrecken des Meeres sie ringen sich los,
zerbrechen die Maste, zerbersten den Bug;
Der flammenden Pfeile erblitzend Geschoss,
das trifft sie in Donners hinhallendem Flug.

Nun, Gegner, Erbeuter, als Beute ihr bleibt,
gesunken zu Tiefen, geschleudert zum Sand,
das Wrackgut der Schiffe zur Insel nun treibt!
O Herrgott, dich preiset frei Helgoland!

Aux horizons les plus lointains de la mer du Nord
Des vaisseaux apparaissent dans les brumes ;
Parmi les calmes vagues, les voiles tendues,
Les Romains s'approchent de l'île des Saxons.

Malheur à ces lieus saints, jusqu'alors préservés,
Les huttes paisibles entourées d'arbres !
Les habitants prennent conscience de cette attaque ennemie !
Qui dérobe tout ce qui est digne de vivre, et même la vie !

Même les hésitants se précipitent vers la côte,
Regarder les larmes aux yeux n'a pas de sens ;
Dès lors, des meilleures poitrines
Une prière s'élève vers le ciel :

Toi, qui trônes parmi les nuages,
Qui as le tonnerre dans les mains
Et commandes les tempêtes,
Aide-nous !

Fais mugir la tempête
Et le feu des éclairs,
Pour écraser nos ennemis !
Père de tous ! Notre sauveur de la mort
Et de l'amère adversité ! Père !

Et voyez, les vagues s'intensifient,
Se lèvent et se couvrent d'écume,
Les vents se lèvent et mugissent,
Même les voiles les plus claires s'obscurcissent !

Les horreurs de l'océan se déchaînent
Et détruisent les mats et les proues ;
Les flèches incendiaires des éclairs
Les attaquent, accompagnées par le tonnerre.

Vous, l'ennemi ravisseur, capturé par les flots,
Sombrez maintenant dans les sables du fond de l'océan,
Et les épaves de vos vaisseaux flottent vers l'île !
O Seigneur, Helgoland libéré te glorifie !

Discographie[modifier | modifier le code]

Helgoland est étrangement très peu enregistré, et même les plus grands brucknériens semblent l'avoir négligé. Il n'en existe actuellement que quatre enregistrements[1] :

Un enregistrement inédit supplémentaire par Takashi Asahina avec l'Orchestre Philharmonique d'Osaka peut être téléchargé du site de John Berky[2].

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]