Heinrich Abel

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Heinrich Abel
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Heinrich Josef Maria AbelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Religion
Ordre religieux
Heinrich abel gedenktafel wien.jpg
plaque commémorative

Heinrich Abel (* 15 décembre 1843 à Passau ; † 23 novembre 1926 à Vienne) est un prêtre jésuite. A partir des années 1890 c’est surtout à Vienne qu’il exerça son activité comme prédicateur et fondateur de congrégations. Du fait qu’il s’adressait principalement aux hommes, il reçut le surnom de « Männerapostel von Wien ». Son œuvre se caractérisait par aspect chrétien-social marqué par l’antisémitisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de douanier à Passau, il grandit dans cette ville. A l’âge de 20 ans il entra dans l’Ordre des Jésuites et enseigna jusqu’en 1891 surtout l’histoire au Collège des Jésuites de Kalksburg près de Vienne[1]. Il était le neveu de Karl von Abel[2].

En 1876, il joua un rôle déterminant dans la fondation de la Katholische Österreichische Studentenverbindung (K.Ö.St.V.Austria Vienna) et devint par la suite membre honoraire de la K.Ö.St.V. Rudolfina Vienna, toutes deux appartenant à l’Österreichische Cartellverband. En 1890, il créa la « Marianische Kongregation Mater Admirabilis für Kaufleute » (Congrégation mariale Mater Admirabilis pour les commerçants), qui fut sa fondation la plus importante. Avec les années s’ajoutèrent de nombreuses autres congrégations, par exemple pour les collégiens, les ouvriers ou les femmes de commerçants.

En 1891, il commença ses légendaires sermons destinés aux hommes à Vienne avant de consacrer son énergie aux pèlerinages annuels à Mariazell à partir de 1893 et à Klosterneuburg à partir de 1904.

Après sa mort, le 23 novembre 1926, le père Abel fut enterré dans la chapelle Notre-Dame de Lorette de l’église des Augustins (de) de Vienne, lieu de rencontre pour la « Congrégation mariale pour les commerçants Mater Admirabilis » qu’il avait fondée[3].

Son importance[modifier | modifier le code]

Mouvement chrétien-social[modifier | modifier le code]

Discours de mission (édition hongroise)

Il joua un rôle essentiel dans la percée du Parti chrétien-social sous Karl Lueger. Un journaliste chrétien-social, Friedrich Funder, a écrit : « L’impulsion de Lueger est venue compléter le travail du prince Alois Liechtenstein et du Père Heinrich Abel dans ce mouvement populaire. On ne peut comprendre le succès d’aucun des trois sans le succès des deux autres »[4].

Brigitte Hamann a vu dans le travail d’Abel « l’aide la plus efficace apportée à Lueger »[5]. Parallèlement Abel entretenait de bons contacts avec la cour impériale qui était au contraire hostile au mouvement social-chrétien ; il faut y voir une preuve de l'habileté diplomatique d’Abel. C’est avec Marie Valérie, la fille de l’empereur, qu’il entretenait les relations les plus étroites[6]. Une citation de l’ambassadeur allemand Eulenburg en 1897 confirme également la présence d’Abel à la cour. Dans un rapport à Berlin, il le décrivait comme « très intelligent », mais considérait sa présence à la cour comme « très dangereuse », car elle était un encouragement au « cléricalisme »[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Margarethe Richer, Pater Heinrich Abel S.J., masch. Diss., Wien 1947, p. 31
  2. Der Neue Herder, Der Neue Herder (Erster Halbband: A bis L) : Abel, Karl von, dort auch eine kurze Besprechung seines Neffen, des Jesuiten Heinrich von Abel, Freiburg im Breisgau, Herder Verlag, , p. 6
  3. Sterbebild Pater Abels, Zugriff 3. Januar 2015]
  4. Friedrich Funder: Vom Gestern ins Heute: Aus dem Kaiserreich in die Republik. Vienne 1952, p. 106.
  5. Brigitte Hamann: Hitlers Wien. Lehrjahre eines Diktators. Piper, Munich 1996. p. 420.
  6. Richer, p. 82. Hamann, p. 406.
  7. cit. d'après Martha Schad, Kaiserin Elisabeth und ihre Töchter. Munich : Piper 1997, p. 168.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) « Abel, (2) Heinrich », dans Der Neue Herder, vol. 1, Freiburg, Herder, , p. 15.