Heetch

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Heetch
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Logo de la société

Création 07/08/2013
Fondateurs Teddy Pellerin, Mathieu Jacob
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Direction Mathieu Jacob
Activité Édition de logiciels applicatifs

Ape : 5829C

Produits VTC
Effectif Non précisé
SIREN 794 693 960
SIREN 794693960[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.heetch.com

Fonds propres 7 320 400 € au 31/12/2017
Chiffre d'affaires 6 294 100 € au 31/12/2017[2]
Résultat net -2 999 000 € au 31/12/2017 (perte)

Heetch (/hitʃ/) est une entreprise française de VTC. Anciennement, l'application mobile portait sur du covoiturage de nuit mais une condamnation en l'a fait changer de modèle. Le nom de l’application est dérivé du terme anglais hitch-hiking, signifiant « auto-stop ».

Historique[modifier | modifier le code]

Heetch est une start-up française fondée en [3] par Teddy Pellerin et Mathieu Jacob. Le cofondateur Teddy Pellerin constate un renouveau de la nuit parisienne et l’ouverture de plusieurs lieux de vie nocturnes en banlieue parisienne. L’application est développée pendant l’essor de l’économie de partage.

À l'origine, Heetch souhaite rendre la nuit plus accessible[4] et n'étant utilisable qu’entre 20 h et 6 h du jeudi au samedi, elle s’adresse surtout aux jeunes qui rentrent de soirée. 80 % des utilisateurs sont des jeunes de moins de 25 ans et deux tiers des trajets se font en banlieue. L'application est dans un premier temps utilisable dans les villes françaises de Paris, Lyon et Lille. Organisant un système de covoiturage, elle met en relation les particuliers avec les conducteurs non professionnels.

À la suite de son interdiction en [5], le service se relance, mais cette fois-ci uniquement avec des chauffeurs professionnels, et disponibles 24h/24.

Le , Heetch annonce une levée de fonds de 16,5 millions d’euros auprès de ses fonds actionnaires actuels, les français Alven et Via ID, mais également auprès du fonds britannique Felix, des français Idinvest et InnovAllianz, le fonds stratégique d’Allianz France[6].

En 2019, le service Heetch est dorénavant disponible dans 9 villes de France (Paris, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Strasbourg, Nantes[7], Bordeaux et Nice) mais également en Belgique (Bruxelles) et au Maroc[8] (Casablanca et Marrakech). En avril, Heetch annonce son ouverture en Côte d’Ivoire[9] avec l’intention de s’étendre rapidement dans d’autres pays d’Afrique.

En , Heetch se lance en Algérie[10].

Implantation[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Bruxelles, Anvers, Gand et Louvain

Paris, Lille, Lyon, Nice, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Strasbourg et Marseille.

La Valette

Afrique[modifier | modifier le code]

Luanda

Alger, Oran, Mostaganem

Abidian

Kinshasa

Casablanca, Rabat et Marrakech

Dakar[11] .

Polémiques[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

En 2015, la société Heetch a dû faire face à plusieurs scandales[12] notamment dans un duel avec une société de voitures de transport avec chauffeur (VTC). En 2014, Ludovic Moulonguet, gérant de la société de VTC Redcleef Garden, assigne la jeune startup en justice en référé. Il estime alors que l’entreprise organisait « un réseau de transport illicite » et qu’elle constitue une « concurrence déloyale » pour les conducteurs professionnels (impôts, cotisations sociales, assurance pro, formations…).

Il réclame alors la cessation immédiate de l’activité de Heetch et demande une astreinte de 50 000 euros par jour de retard. Le tribunal jugera par la suite l’assignation recevable, mais a estimé que, faute d’avoir fourni de la part du plaignant suffisamment d’éléments sur l’activité réelle de la société comme le nombre de véhicules qu’elle exploite ou sa zone d’activités, n’a pas « démontré l’existence d’un trouble qui l’affecte personnellement ».

En 2016, Heetch est poursuivi pour « complicité d'exercice illégal de la profession de taxi ». Le , Heetch et ses dirigeants sont condamnés pour « complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, pratique commerciale trompeuse et organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non professionnels » et devront verser 441 000 euros en réparation du préjudice moral causé aux chauffeurs de taxis, en plus de 200 000 euros d'amende (dont 150 000 euros avec sursis), 91 000 euros de frais de justice et 10 000 euros d'amende pour chacun des deux dirigeants[13]. Ses dirigeants prennent alors la décision de suspendre le service dans sa forme originelle en France.

De son côté, l'avocat spécialiste du numérique et des libertés publiques, Jean-Baptiste Soufron estime que ce procès démontre surtout le manque de préparation des pouvoirs publics, et l'impasse du modèle entrepreneurial de la Silicon Valley[14].

Moins de deux semaines après cette suspension[15],[16], un nouveau service de transport est réintroduit sur le marché, en se constituant cette fois autour de chauffeurs professionnels.

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Courant , le service Heetch décide de lancer une activité de moto-taxi à Abidjan, précisément au Plateau, à Yopougon et à Cocody, ce alors que cette activité est interdite dans la capitale économique ivoirienne. Le vendredi , le ministre des transports Amadou Koné fait un rappel à la loi et invite à l'arrêt immédiat de ces activités sous peine de sanctions. Des mises en fourrières ont débuté le mardi [17].

Malgré ce rappel à la loi, le directeur général de Heetch Africa M. Pedersen affirme dans la presse que la société Heetch n’entend pas cesser ses activités de moto-taxi dans les communes d’Abidjan. Le gouvernement réagit immédiatement dans un communiqué le  : « En dépit de l'interdiction, il nous a été donné de constater depuis quelques jours que la société Heetch Côte d’Ivoire a lancé une phase expérimentale de location de motos taxis avec chauffeurs à Abidjan, en violation du communiqué du 2 mai 2019 » (M. Diawara, le Chef de service Communication et Relations publiques au ministère).

La société Heetch explique que les liens entre les pays francophones d'Europe et d'Afrique justifient le développement de l'application dans ces pays, où le marché du VTC est encore très peu développé. À Abidjan, la société affirme recaler 95% des chauffeurs de moto qui se présentent pour adhérer au réseau Heetch[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Système national d'identification et du répertoire des entreprises et de leurs établissements, (base de données)Voir et modifier les données sur Wikidata
  2. « identité et bilans », sur www.societe.com (consulté le )
  3. « Heetch », sur Societe.com
  4. « Heetch - 5 choses à savoir sur l'autre concurrent des taxis sur internet », sur Ouest-France,
  5. « Heetch : forte condamnation pour la start-up des noctambules »
  6. Heetch renaît et lève 16,5 millions d’euros pour développer son service de transport VTC, le Monde, 26 janvier 2018
  7. « Heetch se lance à Toulouse, Nantes et Strasbourg »
  8. « Heetch Maroc, une application pour réconcilier les passagers et les taxis »
  9. « "Nous nous déployons au Maghreb et en Afrique de l'Ouest" », sur Journal du Net
  10. Romuald Ngueyap, « La plateforme VTC « Heetch » lance officiellement ses activités en Algérie », Agence Ecofin,‎ (lire en ligne)
  11. https://www.heetch.com/be-fr
  12. Mounia Van de Casteele, « L'application Heetch n'est pas interdite »,
  13. Heetch et ses dirigeants condamnés pour transport illégal de passagers, Le Monde, 2 mars 2017
  14. Jean-Baptiste Soufron, « Stratégie numérique : Heetch condamné, l'Etat fait l'autruche », sur Libération.fr, (consulté le )
  15. « Heetch va faire appel à des chauffeurs professionnels pour tenter de "survivre" », sur Les Echos, (consulté le )
  16. « Pour survivre, Heetch se transforme en "vrai" service de VTC », sur usine-digitale.fr (consulté le )
  17. Côte d’Ivoire : Amadou Koné chasse les taxi-motos des rues d’Abidjan, IvoirSoir, 3 mai 2019
  18. Aaron Akinocho, « Patrick Pedersen, DG Afrique de Heetch: « Ça nous ennuie qu’on nous assimile aux taxi-motos. On est une application » », Agence Ecofin,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]