Haybes

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Haybes
Haybes
Hôtel de ville.
Blason de Haybes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Intercommunalité Communauté de communes Ardenne rives de Meuse
Maire
Mandat
Jean-Claude Gravier
2020-2026
Code postal 08170
Code commune 08222
Démographie
Gentilé Haybois, Hayboises [1]
Population
municipale
1 866 hab. (2018 en diminution de 6,33 % par rapport à 2013)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 00′ 37″ nord, 4° 42′ 24″ est
Altitude 299 m
Min. 110 m
Max. 488 m
Superficie 28,05 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Fumay
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Revin
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Haybes

Haybes est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Haybes est aussi appelée Haybes la Jolie ou Haybes la Rose en raison des couvertures en ardoise, dont l'extraction fit, ainsi que sa commune voisine Fumay, la réputation du bourg. La ville, martyrisée puis détruite au tout début de la Première Guerre mondiale, fut entièrement reconstruite dans les années 1920.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Haybes, située à 35 km au nord de Charleville-Mézières, s'est développée en rive droite de la Meuse. Les habitations de la ville s'étendent tout d'abord en longueur le long du fleuve depuis sa limite avec la commune de Fumay jusqu'au lieu-dit de Moraypré et s'appuient sur les contreforts du massif schisteux le long de la rue de Madame-de-Cormont à partir de laquelle se construisent des secteurs pavillonnaires.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Haybes
Fépin
Montigny-sur-Meuse
Vireux-Wallerand Hargnies
Fumay Haybes Hargnies
Fumay Revin Hargnies

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est traversé bien entendu par la Meuse, et par des ruisseaux descendants de la montagne et alimentant ce fleuve. Le massif ardennais enserre la vallée de la Meuse jusqu'à Fumay, puis desserre son étreinte à Haybes, et laisse davantage passer la lumière[2].

Le quai du Dct. Adolphe Hamaide (qui se prolonge en la voie verte Trans-Ardennes), le pont, la Meuse, le TER Grand Est

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Un pont relie à Haybes les deux rives de la Meuse. Le long de ce fleuve, sur les anciens chemins de halage, passe une voie verte, la Trans-Ardennes, reliant Charleville-Mézières à Givet. Reliant également Charleville-Mézières à Givet, un transport express régional, une composante du TER Grand Est, s'arrête en gare d'Haybes. Pour la circulation routière, la D 7, allant de Fumay à Willerzie, traverse la ville. Par le pont sur la Meuse, il est possible de rejoindre la D 8051, sur l'autre rive de la Meuse, reliant Fumay à l'extrémité de la pointe de Givet.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Haybes est une commune rurale[Note 1],[3]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[4],[5]. Elle appartient à l'unité urbaine de Fumay, une agglomération intra-départementale regroupant 2 communes[6] et 5 366 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[7],[8].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fumay, dont elle est une commune du pôle principal[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 4 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[9],[10].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (88,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (83,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,6 %), zones urbanisées (4,3 %), eaux continentales[Note 3] (3,7 %), prairies (1,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %)[11].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[12].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Haybes s'est écrit, au cours des siècles, Heibes, Hebbis, Hebbes, Hebbez, Hebes, Haibbes, ou Heppe[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La mention de Haybes la plus ancienne connue à ce jour daterait de 919[14]. C'est également au cours de ce Xe siècle qu'on relate la construction, sur une île faisant face au bourg, d'un château. Haybes est alors une dépendance du comté de Lomme[15]. Elle le reste jusqu'en 1342, année de son rattachement au comté de Namur que Philippe le Bon, duc de Bourgogne achète en 1421 et est ensuite, par voie d'héritage transmis à la branche des [Habsbourg] d'Espagne[14].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Ville frontalière entre la France et les Pays-Bas, Haybes, comme les autres bourgs formant le « doigt de Givet », connaîtra plusieurs épisodes d'occupations militaires, et de destruction. Aussi, en 1554, lors du raid orchestré par le duc de Nevers, sur l'ordre de Henri II, roi de France, le village et son château sont détruits[16]. De nouveaux mouvements de troupes sont enregistrés au moment du traité de Nimègue : Haybes est occupée en 1679, Haybes par l'armée espagnole avant d'être enlevée l'année suivante par les Français. En 1697, le traité de Ryswick rend le territoire de Haybes aux Pays-Bas espagnols[14]. Deux ans plus tard, en 1699, le village, avec le bourg voisin d'Hargnies, est rattaché à la France lors de la signature du traité de Lille[14].

Ancienne clôture en dalles d'ardoise.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'histoire de la commune est essentiellement marquée par l'essor économique et la modernisation des axes de communication. En 1840, le gué séparant Haybes à Fumay est remplacé par un pont, lequel est détruit aux deux Guerres Mondiales. En 1852, débutent les travaux d'aménagement de la route menant de Haybes à Hargnies, l'actuelle route départementale no 7. En 1878, débute la construction des écoles, l'ouverture d'une poste en 1879. Un nouvel hôtel de ville est inauguré en 1883.

La Grand rue de Haybes avant la 1ère guerre mondiale
File:La Grand rue de Haybes avant la 1ère guerre mondiale

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En août 1914 Haybes est entièrement détruite par l'armée allemande et une partie de la population massacrée[17]. L'avance allemande s'est, en effet, accompagnée d'exactions nombreuses contre les populations civiles, notamment à Dinant, en Belgique. Haybes marque la fin de ces violences. Haybes, comme l'ensemble des Ardennes, est occupée durant quatre ans.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le Président de la République française, Raymond Poincaré, se rend à Haybes, encore dévasté, un an après la fin de la Première Guerre mondiale, en décembre 1919. La mairie ayant été détruite, il est reçu dans un baraquement faisant office de mairie provisoire. La reconstruction du bourg débute dès 1919. Le nouvel hôtel de ville, situé à l'emplacement de l'ancienne église, est construit en 1923, la nouvelle église en 1927[2]. La cooéparative de reconstruction, constituée pour se faire, est dissoute en 1933.

Cette reconstruction a favorisé, comme à Fumay, une reprise d'activité rapide des ardoisières. La Nouvelle Espérance se dote, sous l'impulsion de son directeur, M. Devauchelle, d'équipements destinés à favoriser la vie des ouvriers et de leur propre société de secours. Mais la crise économique vient briser ces démarches paternalistes, entraînant la disparition de nombreux emplois.

Seconde Guerre mondiale et suite[modifier | modifier le code]

En 1952, des effondrements souterrains conduisent à la fermeture de la dernière exploitation ardoisière de la commune : Belle Rose, site qu'occupe ensuite une importante scierie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Le développement de l'extraction d'ardoises va être accompagné à la fin du XIXe siècle par l'émergence de mouvements ouvriers dans les entreprises du bourg. Une des premières grèves éclate en février 1883 pour protester contre un nouveau règlement au sein de la société de l'Espérance, même si en 1887, ces ouvriers ardoisiers se montrent réticents à la mise en place d'une organisation syndicale voulant fédérer les travailleurs de différentes branches d'activité, la Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes, une organisation animée notamment par le célèbre militant Jean-Baptiste Clément[18]. Pour autant, la municipalité de la ville reste conservatrice, à la différence de la ville voisine de Fumay, qui comporte également une forte activité ardoisière, et qui est emportée en 1897 par un syndicaliste et militant politique du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR), parti politique socialiste français de tendance allemaniste, Jean-Léon Hambert-Hamaide, un ami de Jean-Baptiste Clément[19].

Au XXe siècle, la municipalité reste détenue pour l'essentiel par la bourgeoisie locale, et se succèdent au poste de maire des industriels, artisans ou commerçants. En 1920, relate ainsi l'historien Henri Manceau, le maire de Haybes s'invite dans une salle où des salariés syndiqués sont réunis pour débattre d'un mouvement de grève et leur demande de se disperser : « ce que vous voulez, c'est la révolution » leur affirme-t-il[20]. La situation s'inverse partiellement à la fin du XXe siècle et début du XIXe siècle, avec successivement deux maires socialistes, de mars 1989 à mai 2020, André Cunin, ancien résistant, puis Benoît Sonnet, tous deux issus du milieu de l'enseignement et rassemblant à gauche.

Leur successeur, Jean-Claude Gravier, élu en 2020 dès le premier tour à la suite du retrait de la vie politique de Benoît Sonnet, a été le deuxième adjoint de celui-ci, mais n'affiche pas un positionnement politique précis. Le projet de sa liste était synthétisé en une formule : «Bien vivre ensemble à Haybes».

Sur des scrutins nationaux tels que les élections présidentielles françaises, en 2017, Marine Le Pen a réalisé au second tour un score de 54,13 %, devançant Emmanuel Macron. Au premier tour, Marine Le Pen était déjà en tête avec 36,92 % des bulletins exprimés, et Jean-Luc Mélenchon s'intercalait entre Emmanuel Macron et elle. Aux législatives de la même année, le candidat des Républicains, Pierre Cordier, était en tête au second tour devant celui d'En marche[21].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Henri Noé[22]    
1947 1950 Eugène Hamaide[22]   Ouvrier ardoisier, ex- secrétaire du syndicat CGT des ardoisiers
1950 1954 Marcel Stévenin[22]    
1955 1959 Maurice Roffidal[22]   Charcutier, Président de la société SA Haybes Salaisons
1959 1971 Gaston Caillez[22]    
1971 1983 Alphonse Renard[24]   Militaire puis commerçant à Haybes
1983 1989 Monique Bouché[24]    
1989 mars 2001 André Cunin[24] PS Directeur d'école
mars 2001 mai 2020 Benoît Sonnet[25] PS Directeur d'école. Conseiller général puis départemental
Réélu pour le mandat 2008-2014 puis 2014-2020[25],[26]
mai 2020 En cours Jean-Claude Gravier [27],[28] DVG Conseiller departemental suppléant depuis 2021
Les données manquantes sont à compléter.


La commune de Haybes appartient au canton de Fumay et, au plan intercommunal, est membre de la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse.

Haybes a adhéré à la charte du parc naturel régional des Ardennes, à sa création en [29].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[30]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[31].

En 2018, la commune comptait 1 866 habitants[Note 4], en diminution de 6,33 % par rapport à 2013 (Ardennes : −3,23 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6707629109651 1021 1271 2591 4661 583
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 7811 8431 9892 0972 1071 9812 0212 0992 145
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 2161 6002 2672 2432 0291 9212 1862 3172 150
1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 2018 -
2 0812 0962 0712 0922 0782 0511 8951 866-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2006[33].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Haybes est située dans l'Académie de Reims. Elle dépend de la zone B. Cette commune comporte une école primaire située rue Raymond Bizet[34].

Des écoles maternelles existent dans les communes voisines : à Hargnies, Fumay, Vireux-Molhain et Vireux-Wallerand[35].

Les collèges les plus proches sont à Fumay, Vireux-Wallerand, Revin, Rocroi, Monthermé ou Givet. Pour les lycées, ils sont à Revin ou Givet, auxquels il faut ajouter le lycée agricole de Maubert-Fontaine[35].

Économie[modifier | modifier le code]

La principale activité économique sur Haybes a été pendant plusieurs siècles et jusque la moitié du XXe siècle l'extraction d'ardoises. Cette activité reste plus longtemps artisanale qu'à Fumay. Fumay appartenait au XIIe siècle à une abbaye, très entrepreneuse en ce domaine, et Haybes à des seigneurs laïques. Les premières véritables fosses ne sont ouvertes qu'à la fin du XVIe siècle : Folemprise, Fosse de l'Isle puis La Providence, Belle Joyeuse et Liéméry[2].

Ancienne entrée d'une petite ardoisière.

Ardoisières[modifier | modifier le code]

Comme pour Fumay, Haybes compte à la fois des exploitations ayant employé de quelques ouvriers à plusieurs dizaines à l'exemple de Belle Rose ou de l'Espérance. Les exploitations les plus modestes se sont développées, le plus souvent, dans des secteurs géologiques plus contraignants avec des niveaux de schiste de qualité moindre à l'exemple des sites répartis le long de la vallée de Mohron, aménagée en sentier de randonnée. Les noms des principales exploitations parvenus par les archives et restés dans la mémoire populaire sont : Ancienne Espérance, Belle Joyeuse, Belle Rose, Folemprise (nouvelle), Folemprise (ancienne ou « Fosse des 17»), L’Union, La Providence ou Fosse de l’Isle, Le Charnois, Liémery, Montauban, Nouvelle Espérance, Raymond de Bellevue, Saint Antoine, Saint Jean ou les Ardennais, Saint Lambert, Saint Pierre, Saint Paul ou du Fond d’Oury, Saint Roch (Fond de Morhon), Saint Roch ou Trou Trotte ou du Vivier, Saint Wladimir, Sainte Barbe, Sainte Blanche de Landenelle ou Trou Salomon, Sainte Marguerite, Trou Davreux, Trou Evrard, Trou Fouday, Trou Gigot. Même si la ressource fut exploitée dès le Moyen Âge, les sites dont des traces subsistent datent pour l'essentiel du XVIIe et XVIIIe siècles, mais leur exploitation s'est souvent poursuivie jusqu'au XXe siècle. Le site de Belle Rose, connu pour la qualité de ses ardoises ne s'est arrêté qu'à la suite d'un effondrement en [36].

Métallurgie[modifier | modifier le code]

En particulier :

  • Sur la rive gauche de la Meuse, la fonderie La Fagne a été établie en 1898 par Gabriel Toussaint, né en 1870. Féru de modernité et métallurgiste intransigeant, il fut le premier dans la partie nord de la France, à installer une turbine sur la Meuse fournissant l'électricité à l'usine. La fonderie Toussaint eut l'honneur de fabriquer les plaques de fonte du trottoir roulant de l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Gabriel Toussaint est mort en 1957. Reprise par le fils du fondateur, Antoine Toussaint, la fonderie a été ensuite vendue et demeure une des dernières fonderies de la vallée en activité, exploitée par La Fonte Ardennaise[37].
  • Un haut-fourneau, plus ancien, puisque daté du XVIe siècle était situé dans le périmètre du parc actuel de Moraypré[38].

Autres[modifier | modifier le code]

Une usine des produits pyroligneux a été créé en 1872 par Louis Edmond Dromart, et a existé jusque dans les années 1930. Utilisant la carbonisation du bois, elle produisait de l’acide pyroligneux à l’état brut (destiné notamment à l’industrie textile pour la coloration des tissus), du charbon de bois utilisé par les industries métallurgiques, mais aussi par les forgerons), de l’acétone (solvant utilisé dans l'industrie et en laboratoire), du méthylène (autre solvant industriel), de l’acide acétique, du « noir » utilisé comme pigment de coloration, et du méthanol. Elle dégageait une forte odeur de vinaigre.

Principales entreprises en 2018[modifier | modifier le code]

Les deux principales entreprises en 2018 sont d'une part les Fonderies Hamel, avec un chiffre d'affaires de 1 488 779 , qui produit des pièces en aluminium, et d'autre part SAS Ifa (Industries - Forets - Ardennes), avec un chiffre d'affaires de 1 655 874 , une entreprise de sciage et rabotage du bois, hors imprégnation[39].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La ville[modifier | modifier le code]

Du fait de sa destruction quasi-totale en 1914 et de sa reconstruction sitôt après la guerre la ville de Haybes présente une unité architecturale témoin des années 1920, œuvre de plusieurs architectes locaux dont Joseph Bigot, architecte à Fumay.

L'église à l'extrémité de la rue André Cunin

L'église[modifier | modifier le code]

Amené à reconstruire le village anéanti durant la Première Guerre mondiale, les édiles ont reconstruit un nouvel hôtel de ville à l'emplacement de l'ancienne église, et une église a été rebâtie à l'extrémité de la rue principale, baptisée plus récemment rue André Cunin, à l'intersection entre cette rue et la rue du Rivage menant à la Meuse. De l'ancienne église subsistent quelques statues dont les statues des deux saints patrons de la paroisse, saint Pierre et saint Paul, installées de part et d'autre du chœur du nouvel édifice. Celui-ci a été construit dans un style d'inspiration médiévale et selon un plan classique de croix latine[40].

Différentes natures de pierre ont été utilisées, la pierre de Fépin gris-bleuté pour le gros-œuvre, la pierre blanche de Romery pour souligner les baies et les porches, la pierre tout aussi pâle mais moins tendre de Lérouville pour les corniches et les appuis de fenêtres, et la pierre bleue de Givet pour les soubassements et les marches[40].

La façade est à trois niveaux, avec un porche inscrit dans un fronton triangulaire et surmonté d'une rose. Le clocher est coiffé d'ardoises, avec une élévation posée sur deux casquettes octogonales. L'entrée est dominée par la tribune de l'orgue. La nef centrale s'ouvre avec des arcs en plein cintre sur les bas-côtés, et trois niveaux d'élévation comme dans une église romane. Les vitraux sont d'André Lemoine, peintre-verrier de Nancy (mort en 1962). Ce bâtiment a été inauguré en 1927[40].

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Vue sur les personnages du monument aux morts.

Le monument aux morts a été inauguré en octobre 1926 : un arc de triomphe réalisé en pierre blanche, et portant la liste des victimes de la commune, encadre, par ses extrémités semi-circulaires, une scène centrale sous forme allégorique. Des personnages, réalisés en fonte bronzée, se meuvent sur un fragment du globe représentant la France. La scène symbolise, sous les traits d'un adolescent, la victoire de la culture, de l'humanisme et des droits humains sur la barbarie (et non pas, comme dans un grand nombre de monuments aux morts édifiés dans l'entre-deux-guerres, une victoire militaire symbolisée par exemple par un poilu, un casque ou un obus). Cet adolescent porte, dans son bras gauche un ensemble de livres représentant le Droit et la Science et brandit, de la main droite, le flambeau de la liberté. Protégé par un lion, il marche sous l'aile de la Victoire qui le guide dans sa route[2],[40].

L'ensemble repose sur un socle de pierre bleue, le calcaire de Givet, sur lequel sont fixées trois plaques, également en bronze. La première représente la Grande Rue du bourg en flammes après les exactions commises par l'ennemi. La seconde, plus allégorique, montre la Patrie s'inclinant devant une tombe. La dernière plaque, quant à elle, montre une section de mitrailleurs placés en rive gauche du fleuve et regardant en direction de Haybes. L'œuvre est signée de l'architecte et sculpteur Louis Rauner[2].

Plaque du monument aux morts de Haybes
Plaque du monument aux morts - Haybes
Plaque du monument aux morts - Haybes

Le domaine de Moraypré[modifier | modifier le code]

Le domaine de Moraypré, propriété d'un institut médical éducatif, est un ancien domaine comprenant une ancienne entreprise de tannerie et une maison de maître construite en 1870. Propriété du roi des Belges, le site accueillit, dans les années 1900, de nombreux artistes et fit fonction, durant la Seconde Guerre mondiale, d'hôpital militaire allemand.

Dans l'ancien parc de la propriété, on peut encore observer un étang ainsi qu'un moulin restauré servant d'hébergement de groupes pour le CLIP (centre de loisirs et d'initiation permanent) installé également à proximité.

Le parc de Moraypré abrite également, mais enterré pour des questions de conservation et de sécurité, un ancien haut-fourneau daté du XVIe siècle et classé aux Monuments Historiques[38].

Points de vue[modifier | modifier le code]

Deux points de vue situés sur le territoire communal, en dehors du bourg, permettent d'examiner l'environnement de Haybes[2].

En partant du bourg, par la rue de la cense puis la rue de Madame de Cormont, et en poursuivant, cette route de Mohron emprunte la vallée du ruisseau de même nom et mène au plateau de Hargnies, via La Croix Gilet à 490 mètres d'altitude et la D 989. Ce chemin dessert la Roche de Madame de Cormont, et le point de vue de la Platale, qui dispose d'une vue intéressante sur la boucle de Fumay[2].

En venant cette fois de Hargnies vers Haybes, via l'autre chemin, la D 7, un détour par la Roche de Hérée permet d'arriver au point de vue dit de la Roche à Fépin. Ce deuxième point de vue offre cette fois sur l'entaille faite par le fleuve dans le massif, sur l'île et l'écluse de Fépin tout en bas et sur les toitures de Haybes, un peu plus loin[2].

Sites et légendes[modifier | modifier le code]

La Roche de Madame de Cormont[modifier | modifier le code]

Madame de Cormont est une personnalité de Haybes ayant vécu à cheval sur les 17e et 18e siècles. Les de Cormont, gros propriétaires fonciers, demeuraient dans un château, aujourd'hui disparu, situé sur les hauteurs du bourg. Un matin, le sire de Cormont, contrairement à ses habitudes, proposa à sa femme une chevauchée dans les bois. Mais, à peine passait-il sous la porte cochère du château qu'il éperonna le cheval qui les emmenait, faisant bondir l'animal. Madame de Cormont, qui n'eut pas le temps de s'abaisser, frappa violemment les poutres métalliques de la poterne et tomba. Son mari, quant à lui, disparut. Madame de Cormont revint à la vie grâce aux soins prodigués par les habitants. Aussi, lorsqu'elle décéda, en 1729, elle légua son or aux pauvres de la commune et ses terres aux moines Jéroministes de Fumay. Ces derniers lui érigèrent, en forêt, une chapelle sur le sentier appelé aujourd'hui sentier de Cormont. L'édifice fut brûlé à la Révolution. La légende raconte que, « pendant l'incendie se grava sur un rocher, faisant face à chapelle, la figure de madame de Cormont qui protestait ainsi, contre cet odieux vandalisme »[41]

La pierre Saint-Martin[modifier | modifier le code]

La légende raconte qu'on demanda à saint Martin, passant par Haybes, de se rendre à Charleville pour aller chercher des bouteilles et des noix. Au retour, un violent orage le frappa sur les hauteurs du village, éparpillant et détruisant les marchandises. Voyant là un avertissement de la puissance céleste, saint Martin tomba à genoux sur une pierre et pleura sept années durant. Aujourd'hui, on peut encore voir[Où ?], sur cette pierre, l'empreinte faite par les genoux et les coudes du saint, et aussi la petite cavité creusée par ses larmes qui, nuit et jour pendant ces sept années, ne cessèrent de couler[41].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Buste funéraire de Louis Adolphe Hamaide, cimetière de Haybes.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Haybes

Les armes de Haybes se blasonnent ainsi :

De gueules aux deux clefs passées en sautoir cantonnées, en chef d’une couronne royale fermée, le tout d’or[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.habitants.fr/ardennes-08
  2. a b c d e f g et h Bernard Chopplet, Haybes-sur-Meuse, Editions Noires Terres, (ISBN 978-2-915148-138)
  3. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Unité urbaine 2020 de Fumay », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  7. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  8. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  9. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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