Hawad

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Hawad
Nom de naissance Mahmoudan Hawad
Naissance 1950
Drapeau du Niger Niger
Activité principale
Écrivain
Auteur
Langue d’écriture Tamajaght
Genres

Hawad, poète et peintre touareg, originaire de l'Aïr, né en 1950 au nord d'Agadez, est l'auteur de romans, pièces de théâtre et d'ouvrages de poésie. Ses productions littéraires comme picturales font partie de ce qu’il nomme la "furigraphie", fourmillement de sons, gestes et mots pour dépasser l'espace clos de la page, du support et de la forme[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Appartenant à la confédération des Ikazkazen, Hawad reçoit une éducation nomade[2]. Il « livre une expérience et une vision du monde bâties sur des notions qui traduisent toutes le mouvement, la mobilité, l'itinérance des choses et des êtres autour des points fixes que représentent, dans toutes leurs extensions métaphoriques, l'eau et l'abri » [1]. Outre sa langue maternelle, le tamajaght, il pratique le haoussa et l'arabe[2]. Tout jeune, il apprend la maîtrise de la parole en suivant son grand-père aux réunions politiques. La mort de ce grand-père, comme il le dit dans son œuvre biographique, correspond à la fin d'un monde nomade qui se gère selon ses propres règles. Le chaos s'instaure face au nouvel ordre étatique. Il s'enfuit dans le désert, rejoint son oncle maternel qui le forme au soufisme[3].

Il poursuit son enseignement en Égypte et dans la région de Bagdad. Il effectue un premier voyage en Europe après avoir rencontré de jeunes soixante-huitards au Sahara. Lors de la sécheresse de 1973, il quitte l'Aïr pour travailler sur des chantiers de construction en Libye et en Algérie. Ses premiers écrits datent de cette époque, lorsqu'il crée un mouvement de résistance avec des camarades en exil comme lui. Il connaît au cours des années 1970 l'emprisonnement en Algérie, en Libye et au Niger.

En 1981, il effectue un second séjour en Europe et s'installe bientôt en France avec son épouse, l'anthropologue Hélène Claudot, tout en effectuant de fréquents retours au Sahara. Les années 1980 voient la parution de ses premiers recueils poétiques en français. Son travail poétique et son travail pictural qui relève de la même démarche, prolongeant sa philosophie de l'espace et de « l'égarement », s'intensifient au cours des années 1990. Il est largement publié en France, traduit en espagnol, allemand, néerlandais, italien, norvégien, arabe, anglais ou kurde[2] et ses œuvres picturales sont notamment exposées à Lyon (1988 : Librairie La Proue, 1990 : Galerie L'Arborescence), New York (1988 : Esther Raushenbush Library), Rotterdam (1989 : Bibliotheek Theater), Casablanca (1989 : Carrefour des livres), Utrecht (1991 : Intercultureel Centrum RASA), Paris (1994 : Galerie T'cha, 1997 : Galerie Lettres et images, 2002 : Galerie T'cha, 2004 : Galerie T'cha), Bruxelles (1994 : Théâtre royal flamand), Brême (1998 : Galerie d’Art Am Strand), Trieste (2000), Toulouse (2008 : Théâtre du Grand Rond), Medellin (1999), Agadir (2012 : Musée du patrimoine amazigh)[1]. À Agadez, il est à l'origine du « Portique nomade  », centre culturel où il organise en 2006 et 2010 les « Rencontres furigraphiques  »[2].

Thématiques[modifier | modifier le code]

Comment être nomade aujourd’hui ? Comment poursuivre la marche qui multiplie les horizons ? C’est pour résister au chaos et au non-sens, pour lutter contre l’ultime dépossession de soi : celle de l’imaginaire, que Hawad invente la « furigraphie ». Cravachant « la cavale des images et des imaginations, qui s’emballe », il esquisse des issues hors du scénario imposé par la domination et la violence.

Sa « furigraphie » littéraire et graphique est un moyen de sortir de l’enclos, d’inventer un nomadisme hors d’un temps et d’un espace confisqués, de dessiner un soi multiple et insaisissable, doué d’ubiquité. C’est une tentative pour dépasser les contraintes, les contradictions et l’écartèlement entre passé, présent et futur : « L’horizon n’est pas seulement devant nous, il est aussi celui qui nous épaule et que nous halons. Il faut faire fusionner ces horizons, les malaxer et les réinventer, fabriquer les passerelles de paraboles et de paradoxes pour obtenir un tissage inédit. Pour moi, voici la force même de la poésie et de l’art : recycler en surnomadisme le nomadisme exclu de son espace et de son temps. » Pour Hawad, la furigraphie recrée l’élan qui permet d’assembler autrement les fragments du réel en une construction inédite qui rende corps au monde. Elle restitue à l’homme sa liberté et sa faculté de tracer lui-même les axes de son orientation[1].

Œuvre poétique[modifier | modifier le code]

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Hawad écrit en tamajaght, qu'il note en tifinagh, l'écriture des Touaregs. Seule une partie de son œuvre a été publiée, en traductions majoritairement françaises et pour certains ouvrages en version bilingue.

Traductions en français[modifier | modifier le code]

Toutes les traductions en langue française ont été réalisées par l'auteur et Hélène Claudot-Hawad.

  • Caravane de la soif, Édisud, 1985
  • Testament nomade, Sillages, 1987
  • Chants de la soif et de l'égarement, Édisud, 1987
  • L'Anneau-sentier, L'Aphélie, 1989
  • Froissevent, Noël Blandin, 1991
  • Yasida, Noël Blandin, 1991
  • La Danse funèbre du soleil, L'Aphélie, 1992
  • Sept fièvres et une lune, L’Aphélie, 1995
  • Buveurs de braises, MEET, 1995
  • Les Haleurs d'horizon, Maeght, 1998
    Tirage limité à 100 ex. + 20 h.c.
  • Le Coude grinçant de l’anarchie, Éditions Paris-Méditerranée, 1998
  • Notre horizon de gamelles pour une gamelle d’horizons, Éditions Paris-Méditerranée, 2001
  • Détournement d'horizon, Grèges, 2002
  • Sahara : visions atomiques, Éditions Paris-Méditerranée, 2003
  • Le Goût du sel gemme, Grèges, 2006
  • Houle des horizons, Non lieu, 2011
    Le livre est accompagné d'un CD qui contient un enregistrement intégral du recueil par l'auteur.
  • Dans la nasse, Non lieu, 2014
  • Furigraphie : poésies 1985-2015, Gallimard, 2017
    Cette anthologie propose un choix de poèmes issus de différents recueils précédemment parus et quelques inédits.

Traductions en néerlandais[modifier | modifier le code]

  • Nomadish Testament, Hiwar, Rotterdam, 1988
  • Dodendans van de Zon, Nominoë, Rotterdam, 1991
  • Horizon van een Nomade (Horizons nomades), Nominoë, Rotterdam, 1993

Traductions en arabe[modifier | modifier le code]

  • Testament nomade, traduit par Adonis, Mawakif, Beyrouth, 1989.

Traductions en italien[modifier | modifier le code]

  • I sentieri tracciati e il vento, Il lamento dell’oblio, Il silenzion infocato, La transumanza dei soffi, in Le Parole rampanti, n° 7, Rome, 1987.
  • Furigrafia in Hawad, Il cammino solitario di un poeta tuareg, Édition Le parole gelate, Ampezzo, 1998.
  • Virata d’orizzonte, Édition Le parole gelate, Ampezzo, 2000.
  • Carovana della sete, traduit par Mario Battiato, I. M. Gallino Editore, Milan, 2001.

Traductions en espagnol[modifier | modifier le code]

  • Caravana de la sed, traduit par Philippe Chéron et Jorge Lobillo, UNAM, Mexico, 2004.
  • Visiones atómicas, traduit par Juan Antonio Calzadilla Arreaza, CONAC, Caracas, 2005.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Hawad », sur editions-amara.info (consulté le 1er juillet 2017)
  2. a, b, c et d Hélène Claudo-Hawad, « Hawad, furigrapheur d'horizons », dans Hawad, Furigraphie : poésies : 1985-2015, Paris, Gallimard, coll. « Poésie » (no 523), , 209 p. (ISBN 9782072717222), p. 7-25
  3. Rencontre, Littérature du Niger, J.-D. Pénel et A. Maïlélé, L'Harmattan, éditions du Ténéré, 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hawad, 1985, La tente déchirée des Touaregs, L'Autre Journal, n°7, Paris, 26-31
  • Hawad, 1989, Comment moi, nomade, je vois l'Occident, Le Temps Stratégique

(28), Genève, 11-21.

  • Hawad, 1990, Entretien du 4/2/1990 à Niamey, in Rencontre, J.D. Penel et A.

Maïlele, Éditions du Ténéré, Niamey, 201-234.

  • Entretien réalisé par G. Dessons et X. Person, in Hawad, Office du

Livre en Poitou-Charentes, Poitiers, 1992, 17-28.

  • Lettre d’un homme touareg à une femme haoussa, Le Républicain,

Niamey, mars 1992.

  • Hawad, Une identité dans le sillage de l'infini, Les Lettres françaises, mars 1993
  • Hawad, Hachis touareg pour dîners officiels, Libération, Paris, 1993
  • Hawad, Les marges, Le Monde diplomatique, février 1994.
  • Hawad, Les Touaregs, nageurs de l’infini, La République Internationale des Lettres, n°10, Paris, 30 décembre 1994
  • Hawad, Inventer nous-mêmes notre futur, in Touaregs, Voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies 20-21, Paris, 1996, http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00293895/
  • Hawad, L’élite que nous avons voulu raccommoder sur les cendres... après la création des États africains, Nomadic Peoples n°1-2, 1998.
  • Abrous Dahbia, Itinéraires imaginaires : le voyage dans l'œuvre littéraire de Hawad, in

H. Claudot-Hawad (éd.), Voyager d'un point de vue nomade, Paris- Méditerranée, Paris, 2002 : 167-175.

Liens externes[modifier | modifier le code]