Hawaï (roman)
| Titre original |
(en) Hawaii |
|---|---|
| Format |
Roman |
| Langue |
Anglais US |
| Auteur |
James A Michener |
| Date |
1959 |
| Date de parution | |
| Pays | |
| Éditeur | |
| Œuvre dérivée |
Hawaï (Hawaii) est un roman de l'auteur américain James A. Michener publié en 1959[1]. Le roman a été adapté deux fois au cinéma (1966 puis 1970).
Synopsis
[modifier | modifier le code]Ce roman raconte l'histoire d'Hawaï.
Après un début décrivant l'histoire géologique, le roman conte l'histoire du trajet sans carte ni boussole effectué par quelques dizaines de Polynésiens vers cet archipel, puis de leur établissement. Sont ensuite traités la venue de missionnaires, leurs échanges avec les indigènes et les autres Américains et Européens (baleiniers, commerçants, planteurs), la venue de travailleurs chinois dans les champs de canne à sucre et les intrigues des planteurs d'origine américaine pour intégrer Hawaï dans l'union afin principalement de garantir un débouché à la canne à sucre[2],[3].
Intérêt dans l'œuvre de l'auteur
[modifier | modifier le code]Après plusieurs romans se déroulant en Asie de facture assez classique (témoignage, roman de guerre, roman d'amour) l'auteur inaugure ici une de ses méthodes littéraires qui constituent sa marque de fabrique : le roman historique mélange de fiction et de faits réels, contés à travers plusieurs générations de personnages et centré sur un territoire donné[4].
Géographiquement, après plusieurs romans de l'auteur se déroulant à l'étranger (Asie et Pacifique Sud), c'est le premier dont l'action se situe aux États-Unis. On reste cependant en dehors du continent américain.
Importance de la religion
[modifier | modifier le code]La religion occupe une grande place dans ce roman. Les croyances des polynésiens puis des Hawaïens sont décrites avec précision tout comme la religion chrétienne. l'auteur reste neutre, il peut montrer les aspects les plus critiquables de chaque religion : les sacrifices humains d'un coté, le Puritanisme de l'autre. En revanche, fidèle à sa méthode, l'auteur tente de nous faire vivre la foi des protagonismes. Le lecteur peut être surpris de voir tel Hawaïen discuter avec la déesse Pere ou tel missionnaire connaitre la grâce. C'est un exemple de la bienveillante neutralité de l'auteur.
Dieux polynésiens
[modifier | modifier le code]Tāne et Ta'aroa sont les principaux Dieux de Bora Bora, lieu de départ de la migration. A l'époque du récit, ils sont supplantés par le Dieu Oro, ce changement a aussi une visée politique pour la domination de l'île, causant la migration vers Hawaï de quelques couples Polynésiens. L'antique déesse Pere, déesse de la flamme n'est pas de ce premier voyage, Tane et Ta'aroa seront amenés sur la pirogue, Oro jeté par dessus bord. L'arrivée sur une île volcanique active soulignera l'absence de Pere qui motivera entre autres le deuxième voyage. Pere dans le récit apparait à Teroro et Kelolo.
Chapitres
[modifier | modifier le code]1. Ceux qui vinrent des profondeurs illimitées
[modifier | modifier le code]Ce chapitre traite de la naissance de l'île de Maui du point de vue géologique et biologique. Ce début peu commun sera réédité dans Colorado saga
2. Ceux qui vinrent du lagon ensoleillé
[modifier | modifier le code]Ce chapitre traite de la migration depuis la Polynésie de quelques dizaines d'habitants de Bora Bora et de leur installation vers 800 après JC.
Le roi de Bora Bora Tamatoa et son frêre Teroro sont amenés à quitter leur île sous une double pression politique et religieuse. Ils emmènent leurs dieux (sous forme de pierres), un prêtre, une voyante, des couples en âge de procréer, du cheptel, sans carte ni boussole avec un espoir fondé sur une vision.
L'installation à Hawaii sur l'île de Maui est perturbée par une éruption volcanique dont le peuple de Bora Bora avait presque oublié l'existence. Teroro va faire un deuxième voyage pour récupérer la déesse Pere, déesse des volcans. Il ramène aussi des enfants, des fleurs et son épouse Marama lors du deuxième voyage et devient grand prêtre d'Hawaii
3.Ceux qui vinrent de la ferme d'amertume
[modifier | modifier le code]Le roman fait l'impasse de la découverte de l'archipel par James Cook en 1778. La narration redémarre vers 1820 et raconte la traversée depuis Boston, en doublant le Cap Horn, l'installation et l'influence d'une vingtaine de missionnaires protestants américains venant évangéliser les îles. La mission réussit mais la population est nettement diminuée par les maladies d'origine européenne.
4.Ceux qui vinrent du village de la faim
[modifier | modifier le code]Ce chapitre traite de la vie dure de Chinois amenés à émigrer, souvent contre leur gré, des relations entre les nouveaux arrivants, les américains et les autochtones, des bouleversements politiques de la fin du XIXe siècle. Char Nyuk Tsin, une Hakka, ethnie réprouvée en chine, porte les valeurs d'un peuple méprisé par les américains et pourtant plus civilisé.
Personnages
[modifier | modifier le code]Le roman comme beaucoup qui vont suivre (Colorado Saga notamment) comporte un grand nombre de personnages qui ont des liens - notamment filiaux - sur de grandes périodes
Teroro ~800
[modifier | modifier le code]Frêre du roi Tamatoa de Bora Bora, effectue la migration vers Hawaii et en devient le grand Prêtre. Epoux de Marama, ancêtre de Kelolo
Marama ~800
[modifier | modifier le code]Première femme de Teroro, ancêtre de Malama
Kelolo ~1800 / ~1850
[modifier | modifier le code]père de Keoki et Noelani, époux et frêre de Malama, descendant de Teroro. voit la déesse Pere. à la mort de Keoki, de Malama et au départ de Noelani, emporte les dieux et les reliques sur une pirogue pour retourner à Bora Bora. Sa fin n'est pas décrite
Malama ~1800/~1850
[modifier | modifier le code]l'ali Nuii (reine) de l'île de Maui. 19e femme de Kamehameha le grand, sœur et épouse de Kelolo. Descendante de Marama. Désirant apprendre à écrire pour connaître le secret de la magie des blancs, est instruite par Jerusha Bromley. Cet apprentissage de la lecture sert de monnaie d'échange pour la conversion au christianisme par Abner Hale.
Keoki Kanakoa ~1800/~1850
[modifier | modifier le code]Fils de Kelolo. Converti au christianisme, souhaite devenir pasteur, prononce une conférence à Yale qui convainc Abner Hale et John Wipple de partir évangéliser Hawaï. Les accompagne et les introduit auprès de sa mère Malama reine de Maui, ce qui sera un grand atout pour l'évangélisation de l'ile. Meurt de la rougeole sans avoir pu devenir pasteur, se heurtant aux préjugés d'Abner Hale.
Abner Hale 1800/1868
[modifier | modifier le code]Fils d'un paysan pauvre du Massachusetts, répond avec John Wipple à l'appel de Keoki pour évangéliser Hawaï. Pour cela, devient pasteur et épouse Jerusha Bromley. Devient le référent de la mission, convertit la reine Malama, bâtit églises et écoles, s'oppose aux agissements des baleiniers et aux mœurs locales. Réussit dans sa mission d'implanter la chrétienté mais se refuse à former des pasteurs autochtones, ce qui lui sera reproché.
Jerusha Bromley 1799/1834
[modifier | modifier le code]épouse de Abner Hale. Apprend à lire à la reine Malama ce qui permet à son mari de la convertir au Christianisme. Meurt d'épuisement.
John Wipple ~1800/~1870
[modifier | modifier le code]Convainc Abner Hale d'assister à la conférence de Keoki. les deux collégiens partent pour évangéliser Hawaï. Finit par abandonner la mission pour se lancer dans le commerce. Médecin, conscient du déclin de la population autochtone à cause de la rougeole notamment, a l'idée de faire venir des chinois pour regénérer le peuple Hawaiien. Prend Char Nyuk Tsin à son service.
Char Nyuk Tsin 1847/~1900
[modifier | modifier le code]Chinoise d'ethnie Hakka. Fait accidentellement partie du convoyage de 300 chinois de la région de Canton vers Honolulu en 1865 commanditée par John Wipple.
Adaptations au cinéma
[modifier | modifier le code]Ce roman a été adapté deux fois au cinéma. La première fois, c'était en 1966 : Hawaï, un film de George Roy Hill avec Julie Andrews, Max von Sydow et Richard Harris[5], avec plusieurs nominations aux Oscars puis il y a eu la seconde adaptation en 1970 : Le Maître des îles, un film de Tom Gries, avec Charlton Heston et Geraldine Chaplin[6].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « James A. Michener », sur The Greatest Books (consulté le ).
- ↑ (en) « Hawaï », sur Kirkus Reviews, (consulté le ).
- ↑ (en) Michael I. Shoop, « Hawaï », sur History Novel Society, (consulté le ).
- ↑ « James Michener, l'auteur », sur Guide de la bonne lecture, (consulté le ).
- ↑ « Hawaï », sur Dictionnaire mondial des films Larousse (consulté le ).
- ↑ « le Maître des îles », sur Dictionnaire mondial des films Larousse (consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]