Haut les mains

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Haut les mains (Rece do góry) est un film polonais en noir et blanc réalisé par Jerzy Skolimowski, réalisé en 1967, interdit par la censure et sorti en 1981 augmenté d'un prologue en couleurs.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dix ans après la fin de leurs études de médecine, cinq jeunes gens se retrouvent à bord d'un train de marchandises. Ils y évoquent leur passé commun, le temps où la Pologne était régentée par le stalinisme intransigeant : à cette époque, ils avaient été chargés d'accoler des panneaux de papier afin d'ériger un immense portrait de Staline pour le défilé du premier mai. Or sur l'affiche, le despote avait été affublé de deux paires d'yeux.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Film de 1967[modifier | modifier le code]

Prologue de 1981[modifier | modifier le code]

Dans leurs propres rôles :

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Comme il était membre de l'Union des Auteurs Polonais (ZLP), Jerzy Skolimowski était invité à présenter, lors de concours littéraires, des textes. Pour l'un de ces concours il dut présenter une pièce de théâtre contemporaine, et la date limite de dépôt de l’œuvre était fixée pour le 31 décembre 1966. Or le 31 décembre au matin, Skolimowski n'a toujours rien écrit ; il appelle Andrzej Kostenko, futur co-scénariste et chef opérateur du film, et réserve deux chambres dans un hôtel de Varsovie. Il demande à un dactylographe de l'Association du Film d'écouter les conversations de la chambre voisine et de noter des phrases qui reviennent. [1] Skolimovski et Kostenko commencent à travailler dans l'après-midi et le soir, vers minuit, Skolimovski livre un script de 70 pages. Si Skolimowski n'a gagné aucun prix lors du concours, il est encouragé par Stanislas Wohl, directeur du Studio SYRENA, à retravailler son script. Le jeune réalisateur engage alors les acteurs et commence à tourner avec seulement quelques pages de scénario, et sans l'aide de Kostenko, qui travaillait alors sur un film de Witold Leszczyński. Skolimowski reçoit sur le plateau des visites de Krzysztof Komeda et d'Andrzej Wajda. L'équipe, réduite, se voit contraint de tourner dans des courts de tennis couverts, le tournage ayant démarré très vite et les studios étant déjà tous occupés.

Projet et réalisation[modifier | modifier le code]

Le réalisateur estime en 1968 que Haut les mains est, de loin, le meilleur de ses films à ce jour, celui qui contient le plus de maturité[2]. Il dit avoir eu une liberté complète pendant sa fabrication, personne ne tentant de le pousser vers une direction qui ne serait pas la sienne[2]. Il le considère comme une provocation concernant aussi bien la politique que les problèmes sociaux en Pologne, sombre et peu explicite[2]. Skolimowski y parle d'un homme d'environ 35 ans, assez aisé, qui peut consommer ce qu'il souhaite (voitures, maisons...) mais qui a perdu les dix dernières années de sa vie, qui a abandonné tous les idéaux qu'il avait lorsqu'il était étudiant[2]. Le fait que le héros du film soit médecin est une métaphore : il peut soigner le corps des gens mais pas leur esprit car il souffre de la même maladie qu'eux, la même perte d'idéaux[2].

Accueil du film[modifier | modifier le code]

Haut les mains est interdit par la censure polonaise car il est considéré comme une charge antistalinienne[3] (il sortira finalement en 1981), Jerzy Skolimowski décide de ne plus tourner en Pologne[4]. Il estime que cette interdiction « a pratiquement détruit [sa] vie » car à partir de ce moment il a dû quitter son pays, vivre en allant d'un pays à l'autre et surtout cesser de faire les films qu'il voulait vraiment réaliser pour commencer à faire des films afin de gagner de l'argent[5].

Skolimowski, croyant beaucoup à ce film, s'est dit estomaqué de son interdiction[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plus Camerimage, Jerzy Skolimovski, Camerimage Film Festival,‎ , 175 p..
  2. a, b, c, d, e et f (en) Christian Braad Thomsen, « Skolimowski », Sight and Sound, vol. 37, no 3,‎ , p. 142-144
  3. Serge Kaganski, « Rencontre avec Jerzy Skolimowski, réalisateur du splendide Essential Killing », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  4. Jean-Philippe Gravel, « Le cinéma de Jerzy Skolimowski. L’art du plaquage polonais », Ciné-Bulles, vol. 27, no 4,‎ (lire en ligne)
  5. Laurent Rigoulet, « Un cinéaste au fond des yeux #66 : Jerzy Skolimowski », Télérama,‎ (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]