Hasselblad

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Hasselblad
logo de Hasselblad

Création 1841
Dates clés 2004 : fusion avec Imacon A/S
Fondateurs Victor HasselbladVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Victor Hasselblad
Forme juridique Aktiebolag (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Göteborg
Drapeau de Suède Suède
Activité Photographie
Produits Appareils photographiques
Société mère Shriro (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sociétés sœurs Imacon A/S
Effectif 200Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.hasselblad.se
Un Hasselblad 500C, le modèle utilisé utilisé par Walter Schirra en 1962
Hasselblad 503CW avec optique Zeiss Distagon 3,5/30 et dos numérique Ixpress V96C

Hasselblad est un fabricant suédois d'appareils photographiques de moyen format réputés pour leur grande qualité, installé à Göteborg.

Ces appareils ont été utilisés sur la Lune par les astronautes de la NASA dès 1962.

Histoire[modifier | modifier le code]

Photos argentiques[modifier | modifier le code]

Fondée en 1841, l'entreprise fait tout d'abord de l'import-export. Arvid Viktor Hasselblad, le fils du fondateur, est passionné de photographie et développe une branche chargée d'importer du matériel de photographie. En 1888, il conclut un accord avec George Eastman pour distribuer en Suède les produits de la nouvelle compagnie Eastman Kodak.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement suédois demande à Victor Hasselblad (arrière-petit-fils du fondateur de l'entreprise) de développer des appareils pour son armée de l'air, en se fondant sur un exemplaire récupéré sur un avion allemand écrasé en Suède. Après la guerre, la production d'Hasselblad se tourne vers des usages civils et ses produits acquièrent une grande réputation parmi les professionnels pour leur qualité (objectifs Carl Zeiss et utilisation du moyen format, généralement du 6 × 6, donnant des négatifs d'excellente définition).

Les boîtiers les plus répandus sont ceux de la série 500, réflex avec viseur de poitrine. Leur particularité est d'avoir un obturateur central (chaque objectif est doté de son propre obturateur).

Appareils photos des astronautes[modifier | modifier le code]

Le moment de gloire de Hasselblad fut l'utilisation lors de la mission Apollo 11 qui vit le premier homme marcher sur la Lune[1]. C'est toutefois une caméra Maurer 16 mm[2] qui est utilisée à travers la fenêtre du LEM lors des alunissages et qui filme la sortie à la cadence d'une image par seconde, ce qui explique le caractère saccadé des mouvements des astronautes.

Difficultés[modifier | modifier le code]

Le fait que atmosphère de la Lune soit quasiment inexistante, ne comportant ni gaz carbonique, ni vapeur d'eau, donc pas de couverture nuageuse ou de filtrage, provoque d'une part des variations de températures allant de + 114 ° C au soleil, à - 186 °C à l'ombre, d'autre part une lumière extrêmement crue, due au spectre de rayonnement qui n'est pas du tout tamisé. Non seulement les pellicules photographiques en polyester recouvert d'halogénure d'argent peuvent être voilées ou brûlées par le rayonnement cosmique avant même d'être exposées, mais le mécanisme de l'appareil peut subir des déformations dues à la température et à la modification du champ gravitationnel.

On peut mentionner aussi la résistance aux vibrations et à l'accélération 3G pendant la phase de décollage, la poussière très fine, l'électricité statique, le fonctionnement sous vide sur la surface lunaire.

Malgré ces difficultés, un appareil photo Hasselblad et une montre automatique Oméga Speedmaster ont pu fonctionner normalement au cours du premier voyage sur la Lune pratiquement sans modifications.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un des sept astronautes du programme Mercury, Walter Schirra, entra dans un magasin de photo et acheta un Hasselblad 500C (28 mm, f2,8) qu'il modifia en enlevant l'étui et en le peignant en noir. Son appareil n'a pas subi de modification fondamentale pour son voyage, ni d'essais intensif, comme le reste du matériel de bord. Lorsqu'il s'envole en octobre 1962, il prend les premières photos spatiales. Désormais la NASA et le fabricant suédois ne cesseront de coopérer. La firme commence à étudier des appareils spécialement conçus pour être utilisés dans l'espace par les astronautes. La première photo de nuit depuis Mercury est prise en mai 1963 par Gordon Cooper, pour une expérience de l'université du Minesota.

Pour les trois vols de Gemini 9, puis sur les suivants jusqu'à Gemini 12, un Hasselblad SWC équipé d'un objectif de 38 mm f4,5 est utilisé avec plusieurs modifications : la garniture en matière synthétique imitant le cuir est enlevée. Le viseur est redessiné afin de limiter la quantité de composants en verre autorisée à bord. En effet, en cas de cassure d'un appareil, l'absence de gravité ferait que des éclats de verre flotteraient à l'intérieur de la capsule et risqueraient de provoquer des blessures.

Pour les trois vols de Apollo 8, en décembre 1968, à Apollo 11, un Hasselblad 500 EL motorisé avec un objectif Zeiss Biogon d'ouverture moyenne 5.6/60 mm et deux autres avec une ouverture 2.8 mm sont utilisés. Une plaque de verre avec des croix de repérages placé juste devant le film.

Il est fait plusieurs modifications : des boutons surdimensionnés ont été montés sur les systèmes de réglage du Hasselblad pour permettre la manipulation avec des gants ; les revêtements en matière synthétique imitant le cuir ont été supprimés parce que leur combustion aurait pu dégager des vapeurs nocives dans une atmosphère d'oxygène à basse pression ; les boitiers ont été recouverts d'une couche d'époxy anodisé argenté destiné à réfléchir ; des pellicules spéciales en polyester Estar, dont l'épaisseur est inférieure de plus de moitié à celle d'une pellicule normale au triacétate, ont permis que 200 clichés puissent être pris à partir d'un film noir et blanc et environ 160 pour un film couleur, avec un chargeur de film spécial étudié par Cine Mechanical.

Il ne reste plus aucun exemplaire des six appareils utilisés sur la Lune. En effet, une fois la mission terminée, les appareils photos étaient laissé dans le LEM, et seul les magasins de film étaient ramenés.

Photos prises[modifier | modifier le code]

Les films négatifs et les tirages originaux ont tous été perdus, il ne reste que des duplications.

Pour le vol de Apollo 11, 1 407 photos auraient été prises, dont 232 prises sur la surface de la lune pendant les deux heures à l’extérieur du LEM. Cette mission comprenait aussi un appareil photo stéréoscopiques 35 mm avec un flash intégré et un chargeur de film avec 100 paires d’images stéréoscopiques. Il a servi à prendre 17 photos stéréoscopiques du sol lunaire en “close up”. La caméra était montée dans un petit cylindre posé à même le sol.

Photos numériques[modifier | modifier le code]

En , Hasselblad fusionne avec l'entreprise danoise Imacon A/S, spécialisée dans la production d'équipement de photographie numérique, confirmant la volonté d'Hasselblad de se développer dans le domaine de l'imagerie numérique.

La Fondation Hasselblad présente des expositions au Centre Hasselblad situé dans le Musée des beaux-arts de Göteborg.

En , Hasseblad lance son premier appareil photographique hybride, le Lunar : basé sur le Sony NEX-7, il est donc compatible avec tous les objectifs Sony Alpha de monture E[3]. Le Lunar possède un boîtier plus luxueux que le Sony en raison du choix des matériaux. En 2013 sort un compact expert, le Stellar, basé sur le Sony RX100[4]. En juin 2016, Hasselblad lance le X1D, premier hybride moyen format[5].

Hasselblad propose actuellement des capteurs très haute définition allant de 50 mégapixel en 2007 à 200 mégapixels en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Constructeurs ayant conçu et fabriqué des objectifs pour Hasselblad :

Principaux concurrents :

Liens externes[modifier | modifier le code]