Harvard Computers

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Les Harvard Computers devant le bâtiment C du Harvard College Observatory (1913).

Les Harvard Computers (« calculatrices de Harvard ») ou moins élégamment le « Harem de Pickering » (Pickering's Harem)[1] désigne le groupe de femmes que Edward Charles Pickering, lui-même directeur de l'observatoire de l'université Harvard de 1877 à 1919, engageait comme calculatrices afin de traiter mathématiquement d'importantes quantités d'informations astronomiques. Parmi elles, figurent Williamina Fleming, Annie Jump Cannon, Henrietta Swan Leavitt et Antonia Maury.

Phénomène[modifier | modifier le code]

C'est un exemple d'un phénomène connu en histoire et sociologie des sciences comme l'effet de harem. Il est admis que Pickering a engagé des femmes plutôt que des hommes, parce que celles-ci étaient moins bien payées et que la quantité d'informations à traiter dépassait les capacités de traitement de l'observatoire[2].

Histoire des calculatrices de Harvard[modifier | modifier le code]

Les calculatrices travaillant pour Charles Pickering vers 1890 avec en particulier Henrietta Swan Leavitt, troisième depuis la gauche, Annie Jump Cannon, Williamina Fleming debout au centre et Antonia Maury.

La première femme engagée par Pickering était en fait sa bonne, Williamina Fleming. Comme Pickering devenait de plus en plus frustré des piètres résultats de ses assistants masculins, il a déclaré que même sa bonne ferait un meilleur travail. Lorsque Fleming s'est mise à la tâche de façon efficace, cela s'est confirmé. Plus tard, en 1886, l'observatoire de Harvard reçoit un don de la veuve de Henry Draper. Dès lors, Pickering engage davantage de personnel féminin et met Fleming en charge.

Grâce au travail de ces calculatrices, Pickering publie en 1890 le premier Catalogue Henry Draper, contenant plus de 10 000 étoiles classifiées selon leur type spectral. Il engage alors Antonia Maury, diplômée du Vassar College, afin de mieux classifier certaines étoiles. Celle-ci décide de faire mieux et refait la conception du système de classification. Cette classification est publiée en 1897, mais demeure ignorée. Plus tard, Pickering engage Annie Jump Cannon, une diplômée du Wellesley College, pour classifier les étoiles de l'hémisphère sud. Tout comme Maury, elle finit par concevoir un nouveau système de classification du type spectral et développe ainsi le Schéma de classification de Harvard, qui est à la base du système utilisé de nos jours.

Bien qu'une partie des employées de Pickering aient été diplômées en astronomie, leurs salaires étaient semblables à ceux de la main-d’œuvre non qualifiée. Elles gagnaient entre 25 et 50 cents de l'heure, ce qui était davantage qu'un travailleur d'usine, mais moins qu'une secrétaire[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kristine M. Larsen, Cosmology 101, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-3133-3731-4)
  2. (en) Margaret W. Rossiter, Women Scientists in America, vol. 1, JHU Press, (ISBN 0-8018-5711-2)
  3. (en) George Johnson, Miss Leavitt's Stars, W. W. Norton & Company, Incorporated, (ISBN 0-3933-2856-2)

Annexes[modifier | modifier le code]

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