Hans Selye

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Buste de János Selye

Hans Selye (en hongrois János Selye) est né à Vienne (Autriche-Hongrie) le 26 janvier 1907 et mort à Montréal (Canada) le 16 octobre 1982. Il est le fondateur et le directeur de l'Institut de médecine et chirurgie expérimentale de l'Université de Montréal et un pionnier des études sur le stress.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était un médecin militaire hongrois et sa mère, Autrichienne, travaillait au foyer. Plus tard la famille déménage à Komárom, où le jeune János finit ses études secondaires. En 1924, il est étudiant en médecine à l'université de langue allemande de Prague. Suivent quelques années d'études aux universités de Paris et de Rome. Il reçoit son doctorat à Prague en 1929. Il choisit la recherche aux dépens de la pratique médicale. Il travaille d'abord à l'Institut de pathologie de Prague, puis à l'Institut de pathologie expérimentale, où il acquiert en tant que coopérateur la pratique sur le terrain de la méthodologie expérimentale.

En 1931, grâce au prix Rockfeller, il se rend aux États-Unis puis au Canada, à l'université McGill d'où il se transfère à l'Université de Montréal pour y fonder l'Institut de médecine et de chirurgie expérimentale (IMCE). Il y travaillera de 1945 à 1976. En parallèle, il était conseiller général en chirurgie pour l'US Army.

En tant qu'endocrinologue et inventeur de la théorie du stress, mot qu'il a lui-même introduit en médecine, Hans Selye a atteint une notoriété importante. En 1956, il publie Le Stress de la vie. Par ce livre, il enrichit la recherche en endocrinologie d’un nouveau concept diagnostique : le syndrome d’adaptation, c'est-à-dire l’ensemble des modifications qui permettent à un organisme de supporter les conséquences physiopathologiques d’un traumatisme naturel ou opératoire[1]. Le stress fait ainsi son entrée dans le répertoire des pathologies du monde moderne et dans la langue française.

Hans Selye a écrit plus de 40 livres dont The stress of life (1956, Le Stress de la vie), Stress without distress (1974, Le Stress sans détresse) et son autobiographie The stress of my life (1977).

Atteint de réticulosarcome, au lieu de céder au désespoir, il décide d'appliquer à sa maladie ses théories concernant le stress. Il a de beaucoup survécu à l'âge prédit alors par la médecine pour cette maladie. Il est mort en 1982 à l'âge de 75 ans.

Le neurobiologiste français Henri Laborit qui a été un de ses disciples et ami, s'est occupé en premier lieu du traumatisme opératoire en tant que chirurgien.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Hans/János Selye a reçu de nombreux honneurs, dont une vingtaine de diplômes honoraires. Il est fait Compagnon de l’Ordre du Canada. De nombreux instituts portent son nom, en premier lieu l'Université János Selye de Révkomárom (Komárno) (Slovaquie), fondée en septembre 2004.

L'apport de Hans Selye[modifier | modifier le code]

Le père du concept du stress[modifier | modifier le code]

Hans Selye fut un des premiers chercheurs à s'être intéressé au stress dans la 1re moitié du XXe siècle. Il a défini le stress comme l'ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s'adapter à un événement donné. Le changement brutal survenant dans les habitudes d'une personne, jusque-là bien équilibrée, est susceptible de déclencher un bouleversement dans sa structure psychique et même somatique.

Son œuvre a dévoilé les principaux dispositifs des organismes animaux face aux agressions de toute nature. Selye était aussi un endocrinologue qui a montré comment les hormones corticosurrénales sont mises en circulation lors d’agressions violentes de l’organisme. Dans son ouvrage Stress, il décrit un syndrome réactionnel endocrinien comportant trois phases consécutives : la « phase d’alarme », la « phase de réaction », la « phase d’épuisement ». C’est ce qu’il appelle le syndrome général d’adaptation ou le stress.

Le stress est une réponse non spécifique du corps à toute demande qui lui est faite. Il existe une réponse spécifique de l'organisme, qui réagit au froid en produisant de la chaleur, à l'effort physique en sécrétant une hormone qui stimulera l'organisme, etc. Mais quelle que soit la nature du stimulus, l'organisme répond aussi d'une façon non spécifique, avec des changements biochimiques identiques, destinés à faire face à toute demande accrue imposée au corps humain. L'organisme répond aux stimuli afin de maintenir ce que les biologistes appellent un état d'équilibre ou homéostasie, c'est-à-dire la constance ou la stabilité des paramètres de l'organisme tels que la température corporelle, le taux de glucoses, etc.

Si l'ampleur de l'événement stressant ne dépasse pas les capacités de réponse normale, l'organisme n'en subira pas les conséquences. À l'inverse, si les ressources de cet organisme sont insuffisantes, s'il ne peut faire front à la quantité de stress qu'il doit gérer, des problèmes de tous ordres sont susceptibles de survenir. L'organisme entre alors dans un cercle vicieux, le système d'adaptation s'épuise et les conséquences du stress deviennent de plus en plus délétères.

Certains critères permettent de déterminer si une personne a atteint ou non le stade des dommages. En premier lieu apparaît l'irritabilité, puis viennent l'insomnie, les maux de tête, la difficulté à se concentrer, les troubles de la mémoire, etc.

Finalement, Hans Selye a montré que le phénomène de stress est un dispositif de vigilance salvatrice et que la sur-vigilance est dommageable lorsque la quantité de demandes dépasse la capacité de réponses du sujet. Hans Selye parle de stress négatif (défavorable) et de stress positif (favorable). Il est possible de transformer un stress négatif en stress positif.

Modèle de Selye[modifier | modifier le code]

Le modèle de Selye, ou « théorie du syndrome général d'adaptation », est un ensemble de symptômes non spécifiques qui apparaissent quelle que soit la nature de l'agression.

Ce modèle distingue trois phases que l'on compare à un niveau de résistance normal :

  • Réaction d'alarme : temps de préparation, mobilisation des ressources pour faire face au stress (phase en dessous du niveau de résistance normal, puis passage au-dessus)
  • Phase de résistance : utilisation des ressources (phase au-dessus du niveau de résistance normal)
  • Phase d'épuisement : apparition de différents troubles somatiques (phase de déclin du niveau de résistance de la phase précédente au niveau normal)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « [...] L'idée du concept de stress et du syndrome général d'adaptation (S.G.A.) m'est venue en 1925, alors que j'étudiais la médecine à l'Université de Prague. [...] Je ne pouvais comprendre pourquoi, dès l'aube de l'histoire de la médecine, des médecins ont concentré tous leurs efforts sur la reconnaissance de maladies particulières et la découverte de remèdes spécifiques sans prêter aucune attention à quelque chose de beaucoup plus évident: " le syndrome du simple fait d'être malade ". Je savais qu'un syndrome est " un groupe de signes et de symptômes qui se présentent ensemble et caractérisent une maladie ". Eh bien ! les patients que je venais de voir avaient un syndrome, mais il semblait que ce fût un syndrome caractérisant la maladie en tant que telle et non une maladie particulière. Serait-il possible d'analyser ce " syndrome général de la maladie " et peut-être même trouver des remèdes capables d'agir contre le facteur non spécifique dans la maladie ? Ce ne fut, cependant, que dix années plus tard que je parvins à exprimer tout cela dans le langage précis de la description scientifique fondée sur l'expérimentation. [...] Dans son ensemble, le syndrome de stress, ou syndrome général d'adaptation (S.G.A.) évolue selon trois stades successifs : 1) La " réaction d'alarme " pendant laquelle les forces de défense sont mobilisées ; 2) Le " stade de résistance " qui reflète la complète adaptation à l'agent " stressant " ; 3) Le " stade d'épuisement " qui suit inexorablement pourvu que l'agent stressant soit assez puissant et agisse assez longtemps, le pouvoir d'adaptation d'un être vivant étant toujours limité. » [2]
  • « Pour qu'un rêve devienne réalité, il faut avant tout une grande capacité à rêver. Puis en son rêve une confiance. Et de la persévérance. »[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective de Hans Selye[modifier | modifier le code]

  • The Stress of Life (en français Le Stress de la vie, éd. Gallimard, (1re éd. en 1962, 2e éd. en 1975)
  • Stress without Distress, éd. Lippincott Company, 1974 (en français Le Stress sans détresse)
  • Du rêve à la découverte, éd. de la Presse, 1973.
  • Le stress de ma vie, éd. Alain Stanke, 1976.
  • Stress

Notes[modifier | modifier le code]

  1. The Stress of Life (en français Le Stress de la vie, éd. Gallimard, ( éd. en 1962, 2e éd. en 1975)
  2. Hans Selye, Du rêve à la découverte, Éditions de La Presse, 1973, pp. 66-68.

Références[modifier | modifier le code]

  • Yanacopoulo, A., 1992, Hans Selye ou la cathédrale du stress, [Montréal], Le Jour, (ISBN 2-89044-482-1).