Hans Fallada

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Rudolf Ditzen
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Mémorial de Pankow à Berlin : « Dans cette école qui servit de clinique pendant et après la Deuxième Guerre mondiale mourut le 5 février 1947 l'écrivain allemand Hans Fallada (1893-1947) ».
Alias
Hans Fallada
Naissance
Greifswald
Décès (à 53 ans)
Pankow (Berlin)
Activité principale
agronome, journaliste, romancier
Auteur
Langue d’écriture allemand
Mouvement Nouvelle Objectivité
Genres

Œuvres principales

Hans Fallada [ˈhans ˈfalɑdɑ] est le nom de plume de l'écrivain allemand Rudolf Wilhelm Adolf Ditzen, né le à Greifswald (Poméranie), mort le à Berlin.

Le pseudonyme Hans Fallada fait référence à deux personnages des contes des frères Grimm : le héros de Hans im Glück et le cheval nommé Falada de Die Gänsemagd.

Ses romans décrivent la vie de petites gens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rudolf Ditzen naît dans une famille aisée ; son père Wilhelm (mort en 1937) est magistrat. Il souhaite voir son fils embrasser une carrière de juriste ; leurs relations sont conflictuelles durant toute la jeunesse de Rudolf. La famille Ditzen quitte Greifswald pour Berlin en 1899, puis pour Leipzig en 1909.

En 1911, Rudolf Ditzen est élève du Fürstliches Gymnasium ("Lycée princier") à Rudolstadt en Thuringe. Cette année-là est marquée par un drame : une tentative de suicide (précisément un pacte suicidaire sous couvert d'un duel) avec son ami Hans Dietrich von Necker, qui est tué, tandis que Rudolf survit à de graves blessures ; il est inculpé de meurtre, avant d'être admis dans une clinique psychiatrique à Iéna pour une courte durée, puis à Tannenfeld en 1912.

Il abandonne ses études secondaires sans diplôme et fait un apprentissage agricole. De 1913 à 1928, il occupe des emplois divers dans ce secteur, sans être requis plus de quelques jours pendant la Première Guerre mondiale. Mais il a de nombreux problèmes : de 1917 à 1919, il suit plusieurs cures de désintoxication (alcool et morphine) ; par la suite, il est à plusieurs reprises mis en prison : 3 mois en 1924 et 2 ans et demi en 1926.

En 1929, il épouse Anna Margarete Issel, dont il aura trois enfants (Ulrich, né en 1930 ; Lore, en 1933 ; Achim, en 1940). À partir de cette époque, il travaille dans les secteurs de l'édition (chez l'éditeur Ernst Rowohlt à Berlin) et du journalisme, jusqu'à ce qu'il puisse vivre de ses droits d'auteur.

Ses premiers romans, Der junge Goedeschal, écrit en 1920, et Anton und Gerda, sont publiés en 1923. Il connaît son premier succès en 1931 avec Bauern, Bonzen und Bomben (Paysans, gros bonnets et bombes), qui évoque les révoltes paysannes (de) de Neumünster lors de la crise de 1928-1929.

La maison de Fallada à Carwitz, aujourd'hui musée Fallada.

Le roman suivant, Kleiner Mann, was nun ? (Et puis après ?) en 1932, dont la renommée dépasse cette fois les frontières allemandes, est une critique de la société allemande de l’entre-deux-guerres. Fallada y dépeint les déboires d’un jeune comptable, Johannes Pinneberg, représentant de la petite bourgeoisie travailleuse et honnête, qui, frappé de plein fouet par la grave crise économique qui touche l’Allemagne dans les années 1920, se voit aspiré dans l’engrenage du chômage et de la misère. En réponse au Et puis après ? du titre[1], le repli dans le cocon familial semble la seule issue.

En 1933, lorsque Hitler accède au pouvoir, Fallada subit une courte arrestation par la S.A. (11 jours), après avoir été dénoncé pour des propos tenus à Ernst von Salomon. Il se retire ensuite dans la ferme qu'il a acquise à Carwitz (un hameau de pêcheurs de la commune de Feldberg) dans le Mecklembourg. Commence alors une période prolifique, avec la rédaction de Wer einmal aus dem Blechnapf frißt et de Wir hatten mal ein Kind (Nous avions un enfant) en 1934, de Das Märchen vom Stadtschreiber, der aufs Land flog en 1935, de Wolf unter Wölfen (Loup parmi les loups) en 1937, de Der eiserne Gustav (Gustave-de-Fer) en 1938, de Der ungeliebte Mann (Mariage sans amour) en 1940, de Ein Mann will hinauf en 1943. Se consacrant à une littérature plus distrayante que critique, il bénéficie d'une tolérance du régime nazi, avec des conditions matérielles assez précaires.

En juillet 1944, il divorce d'Anna Issel, mais un nouvel épisode violent en août contre son ex-épouse entraîne son incarcération. C'est alors qu'il entreprend la rédaction du roman Der Trinker, publié seulement en 1950, qui évoque le parcours de l’auteur lui-même, alcoolique et morphinomane depuis sa jeunesse. Il fait ensuite la connaissance d'Ursula Losch, qu'il épouse début 1945. Un membre important du SED, le poète expressionniste Johannes R. Becher, l’incite à venir à Berlin-Est ; Fallada travaille au journal Tägliche Rundschau (de), tout en continuant son travail de romancier : en 1946, il écrit Der Alpdruck (Le Cauchemar) et Jeder stirbt für sich allein (Seul dans Berlin), « l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie », selon Primo Levi.

Hospitalisé en raison de ses problèmes d'addiction à Berlin-Niederschönhausen, Hans Fallada meurt d'un arrêt cardiaque le .

En 2011, une nombreuse correspondance inédite est découverte en Israël[2].

En 2014, le metteur en scène Luk Perceval adapte Seul dans Berlin sur la scène du Théâtre Nanterre-Amandiers[3] et, deux ans plus tard, sort le film Alone in Berlin, réalisé par Vincent Pérez.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Der junge Goedeschal, Berlin, Rowohlt, 1920.
  • Anton und Gerda, Berlin, Rowohlt, 1923.
  • Bauern, Bonzen und Bomben, Berlin, Rowohlt1931 ; traduit en français sous le titre Levée de fourches, par Édith Vincent, Paris, Fernand Sorlot, coll. "Les Maîtres étrangers", 1942.
  • Kleiner Mann, was nun ?, 1932 ; traduit en français sous le titre Et puis après ? par Philippe Boegner et Gertrude Tiktin, Paris, Gallimard, 1932 ; nouvelle traduction sous le titre Quoi de neuf, petit homme? par Laurence Courtois, Paris, Denoël, 2007.
  • Wir hatten mal ein Kind, Berlin, Rowohlt, 1934 ; traduit en français sous le titre Nous avions un enfant… par Paul Genty, Paris, Albin Michel, 1941.
  • Wer einmal aus dem Blechnapf frißt (Qui a connu l'ordinaire du taulard), Berlin, Rowohlt, 1934 ; traduit en français sous le titre Le Roman du prisonnier par Philippe Boegner et Gertrude Tiktin, Paris, Gallimard, 1939.
  • Märchen vom Stadtschreiber, der aufs Land flog, Berlin, Rowohlt, 1935.
  • Altes Herz geht auf die Reise, 1936 ; traduit en français sous le titre Vieux cœur en voyage par Édith Vincent, avec une préface d'Alphonse de Châteaubriant, Paris, Fernand Sorlot, coll. Maîtres étrangers, 1941.
  • Hoppelpoppel - wo bist du?, histoires pour enfants, 1936.
  • Wolf unter den Wölfen (2 volumes), Berlin, Rowohlt, 1937 ; traduit en français sous le titre Loup parmi les loups par Paul Genty, 2 vol., Paris, Albin-Michel, 1939 et 1941.
  • Geschichten aus der Murkelei, contes, Berlin, Rowohlt, 1938.
  • Der eiserne Gustav, Berlin, Rowohlt, 1938 ; traduit en français sous le titre Gustave-de-Fer par Pierre Vence (Louise Servicen), 2 volumes, Paris, Albin Michel, 1943.
  • Süßmilch spricht. Ein Abenteuer von Murr und Maxe, récit, Aalen, W. A. Stierlin, 1939.
  • Kleiner Mann, großer Mann — alles vertauscht, 1939 ; traduit en français sous le titre Petit homme grand homme par Édith Vincent, Paris, Albin Michel, 1960.
  • Der ungeliebte Mann, Stuttgart/Berlin, Rowohlt, 1940 ; traduit en français sous le titre Mariage sans amour par Geneviève Sellier-Leclercq, Paris, Albin Michel, 1951.
  • Das Abenteuer des Werner Quabs, récit, Leipzig, Bohn, 1941.
  • Damals bei uns daheim, souvenirs, Hambourg, Blüchert Verlag, 1941.
  • Die Frauen und der Träumer, prépublication dans la Berliner illustrierte Zeitung, 1942 ; première édition en volume sous le titre Ein Mann will hinauf : die Frauen und der Träumer, München/Konstanz, Südverlag, 1953; réédité à partir de 1970 sous le titre Ein Mann will nach oben, Reinbek bei Hamburg, Rowohlt.
  • Heute bei uns zu Haus : ein anderes Buch, Erfahrenes und Erfundenes, souvenirs, Stuttgart, Rowohlt, 1943.

Publications posthumes[modifier | modifier le code]

  • Jeder stirbt für sich allein, Berlin, Aufbau-Verlag, 1947 ; traduit en français sous le titre Seul dans Berlin par Alain Virelle et André Vandevoorde, Paris, Librairie Plon, 1967 ; nouvelle traduction sous le même titre par Laurence Courtois, Paris, Denoël, 2014.
  • Der Trinker, Berlin, Aufbau Verlag, 1947 ; traduit en français sous le titre Le Buveur par Lucienne Foucrault et Jean Rounault, Paris, Albin Michel, 1952 ; nouvelle traduction par Laurence Courtrois, Paris, Denoël, 2010, et Gallimard, 2012.
  • Der Alpdruck, Berlin, Aufbau-Verlag, 1947 ; traduit en français sous le titre Le Cauchemar par Édith Vincent, Paris, Le Portulan, 1947.Zwei Lämmchen weiß wie Schnee, Berlin, 1948 (? Deux tendres agneaux, Sorlot, 1943)
  • Fridolin der freche Dachs : Eine zwei- und vierbeinige Geschichte
  • Die Stunde, eh´ du schlafen gehst, München, Godlmann, 1954.
  • Junger Herr - ganz groß, Francfort/Berlin, Verlag Ullstein, 1952 ; traduit en français sous le titre Don Quichotte en Poméranie par Denise Van Moppès, Paris, Albin Michel, 1967.
  • Gute Krüseliner Wiese rechts und 55 andere Geschichten, 1991 ; traduit en français sous le titre Du bonheur d’être morphinomane par Laurence Courtois, Paris, Denoël, 2015.
  • Heute bei uns Zuhaus, nouvelle édition de 1992.
  • Der Jungherr von Strammin, Berlin, Aufbau-Taschenbuch-Verlag, 1996.
  • Hans Fallada und Anna Ditzen, Wenn du fort bist, ist alles nur halb, Briefe einer Ehe, Berlin, Aufbau Verlag, 2007.
  • In meinem fremden Land, Gefängnistagebuch 1944, Berlin, Aubau Verlag, 2009.

Recueils[modifier | modifier le code]

  • Gesammelte Erzählungen, Brunswick, 1967
  • Œuvres choisies en 10 tomes, à partir de 1962
  • Frühe Prosa en deux tomes, Berlin, 1993 (Premières œuvres en prose)

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Et puis après ?, traduction de Kleiner Mann - was nun? par Philippe Boegner, Paris, Gallimard, 1933.
  • Le Roman du prisonnier, traduction de Wer einmal aus dem Blechnapf frisst par Philippe Boegner et Gertrude Tiktin, Paris, Gallimard, 1939.
  • Loup parmi les loups, traduction de Wolf unter Wölfen par Paul Genty, Paris, Albin Michel, 1941.
  • Vieux cœur en voyage, traduction de Altes Herz geht auf die Reise par Édith Vincent, introduction d'Alphonse de Chateaubriant, Paris, Fernand Sorlot, 1941.
  • Levée de fourches, traduit de l'allemand par Édith Vincent, Paris, Fernand Sorlot, 1942.
  • Pierre-qui-bafouille, traduit par Édith Vincent, illustré par Pierre Simon, Paris, Hachette, 1942.
  • Nous avions un enfant..., traduit de l'allemand par Paul Genty, Paris, Albin Michel, 1943.
  • Gustave-de-Fer, traduit de l'allemand par Pierre Vence, Paris, Albin Michel, 1943.
  • Deux tendres agneaux, traduction de Zwei zarte Lämmchen weiß wie Schnee par Édith Vincent, Paris, Fernand Sorlot, 1943.
  • Le Cauchemar, traduction de Der Alpdruck par Édith Vincent, Paris, Le Portulan, 1947.
  • Le Buveur, traduction de Der Trinker par Lucienne Foucrault et Jean Rounault, Paris, Albin Michel, 1952.
  • Don Quichotte de Poméranie, traduction de Junger Herr, ganz gross par Denise Van Moppès, Paris, Albin Michel, 1967.
  • Seul dans Berlin, traduction de Jeder stirbt für sich allein, par Alain Virelle et André Vandevoorde, Paris, Librairie Plon, 1967.
  • Quoi de neuf, petit homme ?, nouvelle traduction de Kleiner Mann - was nun? par Laurence Courtois, Gallimard, 2009.
  • Le Buveur, nouvelle traduction par Laurence Courtois, Gallimard, 2012.
  • Seul de Berlin, nouvelle traduction par Laurence Courtois, Gallimard, 2015.
  • Du bonheur d'être morphinomane, nouvelles ; traduction de Guten Krüseliner Wiese rechts et de Sachlicher Bericht über das Glück, ein Morphinist zu sein par Laurence Courtois, Gallimard, 2016.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une traduction plus exacte du titre allemand Kleiner Mann, was nun? serait : "Petit homme, et maintenant ?"
  2. « Des inédits de Hans Fallada retrouvés en Israël », sur http://www.liww.livreshebdo.fr, (consulté le 28 février 2011).
  3. http://www.nanterre-amandiers.com/2013-2014/seul-dans-berlin.

Liens externes[modifier | modifier le code]