Hans Beimler

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Portrait de Hans Beimler[1] par Jürgen Peters. Le calot fourré (marqué de l'étoile rouge) et la canadienne s'expliquent par le froid qui règne à Madrid en hiver. L'architecture (au second plan de la gravure) est typique de l'Espagne des années 1930-60.

Hans Beimler (2 juillet 1895 à Munich1er décembre 1936 à Madrid) est un militant communiste allemand qui fut détenu dans les camps de concentration nazis en 1933 et est mort en combattant aux côtés des Républicains espagnols pendant la guerre d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Empire et République de Weimar[modifier | modifier le code]

Le père de Hans Beimler était un ouvrier agricole. Beimler fréquenta l'école élémentaire de Waldthurn (Haut-Palatinat, Bavière) avant d'apprendre le métier de serrurier ; en 1913 il intégra la Fédération des travailleurs du métal allemands (DMV).

Lors de la Première Guerre mondiale, il fut marin dans la Marine impériale, sur un dragueur de mines alors que les marins allemands prirent une grande part aux mouvements insurrectionnels de la Révolution allemande de 1918-1919. En 1918, il devint membre du Conseil ouvrier des ouvriers et soldats de Cuxhaven.

Il adhéra par la suite au spartakisme, et devint en 1919 membre fondateur du Parti communiste allemand.

Pendant la Révolution allemande de 1918-1919, Beimler se bat pour l'éphémère République des conseils de Bavière (avril-mai 1919), puis est emprisonné pendant quelque temps, après l’écrasement de la République.

Beimler travailla ensuite comme machiniste, tout en poursuivant ses activités syndicales : il fut président de la cellule du KPD de Nymphenburg dans la banlieue de Munich.

Beimler fut de nouveau arrêté en juin 1921 après avoir essayé d'arrêter un transport de troupes en faisant sauter un pont et fut condamné à deux ans de prison. Il fut enfermé dans la prison de Niederschönenfeld (de), prison dans laquelle la République de Weimar détenait d'autres activistes : August Hagemeister (1920-1923) - Erich Mühsam (1920-1924) - Ernst Niekisch (1920-1921) - Ernst Toller (1920-1924) - Albert Daudistel (de) (1923-1925). À sa libération en 1923, Beimler travailla dans une usine de locomotives à Munich et devint membre du conseil bolchévique local.

Surveillé par la République de Weimar comme membre du bureau des activités opérationnelles du PC de Bavière, Beimler fit cependant partie de la délégation de 14 travailleurs allemands invités en juillet-août 1925 en Union soviétique.

De 1928 jusqu'au printemps 1932, Beimler fit partie de la direction de la section du KPD couvrant le district d’Augsbourg, puis devint secrétaire politique pour tout le sud de la Bavière.

Parallèlement, Beimler fut élu membre du 1er parlement de Bavière, puis député communiste au Reichstag (1932)[2].

Période nazie[modifier | modifier le code]

Ernst Thälmann, chef du KPD, arrêté en mars 1933, assassiné en 1944, a donné son nom au Bataillon Thälmann, qui a fait partie de la XIe Brigade internationale (1936-37) puis de la XIIe B.I. (1937-38).

Le 7 février 1933 a lieu à la Sporthaus Ziegenhals une réunion du ZK (Zentralkomitee) du KPD sous la présidence d’Ernst Thälmann[3] : un coup d’état (avec le soutien du Parti social-démocrate d'Allemagne est envisagé.

Le 11 avril 1933 Beimler est arrêté[4]. Détenu illégalement, torturé au siège de la police de Munich, au bout de 2 semaines il est transféré au camp de concentration de Dachau.

Dans la nuit du 8 au 9 mai, il tue un garde S.A. et s’évade sous le couvert de l’uniforme S.A. Il se cache, arrive à Prague. Il travaille à Prague, à Zurich, puis (en novembre 1934) part pour l’Espagne[5].

Guerre Civile Espagnole[modifier | modifier le code]

Le soulèvement armé nationaliste débute en Espagne le 17-18 juillet 1936. Immédiatement, à Paris (la France est depuis début mai 36 et les élections législatives françaises de 1936 sous le régime du Front populaire), le Comité central du Parti communiste étudie les premières mesures à adopter pour soutenir les Républicains espagnols.

Beimler est à Barcelone dès le 5 août et commence à recruter des volontaires allemands, autrichiens, scandinaves et suisses pour former le Bataillon Thälmann, qui sera incorporé à la XIe Brigade internationale (puis ultérieurement à la XIIe B.I.). Beimler crée un bureau d’accueil en gare de Barcelone pour les volontaires qui arrivent d'Europe du Nord via la France[6]. Il est nommé commissaire politique du Bataillon Thälmann[7].

Les nationalistes, qui ont amené des pontons à Torija pour passer la rivière Manzanares dans la banlieue ouest de Madrid, seront arrêtés lors des combats acharnés de la bataille de Madrid.

Mort et polémique[modifier | modifier le code]

Le 1er décembre 1936, alors que le plus gros des combats de la bataille de Madrid est passé depuis une semaine et que la poussée nationaliste a été arrêtée, Beimler part en reconnaissance avec deux camarades dans le secteur de la Cité Universitaire, près du pavillon « El Palacete ». Dans un chemin creux (non loin de l’actuel Palais de la Moncloa), il est tué par balle, ainsi que son ami Francis Vehlow (pseudonyme : Louis Schuster), tandis que Richard Staimer (le futur gendre de Wilhelm Pieck) revient indemne et attribue la mort de ses compagnons à un sniper nationaliste, probablement marocain [8].

Le 3 décembre 1936, un grand meeting a lieu au cinéma « Royalty » à Madrid, et des discours des nombreux dignitaires des différents partis de gauche (Pietro Nenni en particulier) célèbrent la mémoire de Hans Beimler.

Selon Hans Maassen[9] , pendant le court délai entre la mort de Beimler à Madrid et son inhumation à Barcelone, plus de deux millions d’Espagnols se sont inclinés sur son cercueil[10].

Beimler est enterré avec tous les honneurs au cimetière de Montjuïc, à Barcelone[11] , et la XIe Brigade internationale est baptisée Brigade Hans Beimler en son honneur. Ernst Buch a composé les paroles du Beimler-lied[12].

Des soldats de la « Brigade Hans Beimler » défilent en mars 1937.

Par la suite, une rumeur court, propagée par l'épouse de Beimler et son amie Antonia Stern[13] : Beimler aurait été liquidé par Richard Staimer sur ordre du NKVD[14], car il affichait ses sympathies pour les anarchistes et les POUMistes espagnols proches de Trotsky. Selon Werner Abel[15] : Beimler, d’esprit très indépendant, n’était pas aimé de la hiérarchie militaire en place, critiquait ouvertement les actions de Staline et de ses adjoints en général, et s’étonnait en particulier que l’Union Soviétique n’ait rien fait pour sauver Ernst Thälmann ; de plus il s’opposait à ceux qu'il appelait des politiciens opportunistes, et qui cherchaient à établir leur domination sur les Brigades internationales. Abel cite par ailleurs l’esquisse biographique écrite par Friedbert Mühldorfer en addition à l’ édition de 2011 du livre de Beimler Im Mörderlager Dachau[16] : selon Mühldorfer, Beimler n’avait pas été nommé officiellement commissaire politique par l’appareil, il s’était présenté de lui-même et avait offert ses services…

Mémoire et mythologie[modifier | modifier le code]

Le culte des brigadistes et la mythologie sociale développée en RDA d’après le personnage de Hans Beimler en particulier ont été étudiés [17] : nombreux monuments élevés aux "3 000 volontaires", "médaille Hans Beimler" (Hans-Beimler-Medaille (de)) , un timbre de 15 pfennige (édité en 1966, 30 ans après la mort de Beimler, il fait partie d'une série représentant d'autres brigadistes : Hans Kahle, Heinrich Rau ...) , une corvette lance-missiles baptisée "Hans Beimler" (1986), des usines, de nombreuses rues, des unités de l’armée, des groupes de jeunes pionniers, une chorale, des écoles (comme la Polytechnische Oberschule Hans-Beimler de Leipzig) et des auberges de jeunesse ont reçu son nom.

La vie et le sacrifice de Beimler ont servi de sujet à des biographies pour adultes et à des livres pour enfants, et une mini-série TV (durée totale 386 minutes) a été diffusée en 69 : Hans Beimler, Kamerad [18].

De nombreuses statues, bustes, plaques, etc. lui ont été dédiés[19].

Timbre postal édité en 1966 en RDA : on voit derrière Beimler le drapeau rouge et celui des Brigades internationales, et des brigadistes (en canadiennes et béret ou calot, vu le froid de l'hiver castillan) retranchés derrière une barricade élevée dans une rue pauvre, censée être dans les quartiers nord de Madrid, vers la Cité Universitaire

Un quartier de Chemnitz-Gablenz (Saxe) construit en béton-armé préfabriqué dans les années 67-70 porte le nom de Hans Beimler.

La fabrique de matériel ferroviaire Lokomotivbau Elektrotechnische Werke (LEW) de Hennigsdorf est baptisée LEW Hans Beimler en 1951. Le complexe VEB Galvanotechnik Leipzig (GTL) lui est adjoint en 1970, et l’ensemble fournit jusqu’en 89 du matériel à tout le bloc communiste.

Un foyer pour enfants, la "villa Beimler" avait été créé en 1937 par les œuvres sociales de la II° République espagnole à Benicàssim (une plage située à 100 km environ de Valence) [20].

Beimler en Espagne, vu par ses contemporains[modifier | modifier le code]

Selon Esmond Romilly (en) (neveu de Winston Churchill), Beimler était l'archétype du bon communiste ,

« une personne sérieuse, prônant une discipline rigide, membre du PC, intéressé par tous les aspects techniques de la guerre, et dépourvu de toute tendance égoïste, comme la peur ou le courage bravache »

— cité dans spartacus.schoolnet [21]

Kenneth Sinclair-Loutit, jeune médecin britannique progressiste mais non communiste, directeur d'une antenne médicale d'urgences du SMAC décrivit Baimler, qui était venu en inspection car des soignants fervents communistes avaient dénoncé en haut lieu la tiédeur politique de leur chef. Baimler avait morigéné et renvoyé dos-à-dos les cadres médicaux :

« Nous sommes ici pour combattre les fascistes, et vous perdez votre temps en vous disputant entre vous. Si vous continuez, on va vous renvoyer d'où vous venez. [...]Nous nous sommes serré la main, et nos yeux se sont rencontrés pour la 1° fois : son regard était à la fois pénétrant et bon. Je remarquai qu'un de ses doigts était déformé, et l'ongle mal implanté; j'appris plus tard que c'était une séquelle de son interrogatoire par la Gestapo. »

— spartacus.schoolnet [22]

  • Début décembre 36 Claude Cockburn (en) a écrit l'élégie funèbre de Hans Baimler dans le Daily Worker . Cockburn se rappelle que 2 semaines avant sa mort, Baimler a été frôlé par une balle ennemie alors qu'ils inspectaient ensemble le front près de la Casa de Campo; et Baimler lui assura qu'il avait vu la mort d'encore plus près, en 33. Cockburn ajoute : "Vous lisez souvent dans les journaux que la perte de quelqu'un "est irréparable". Ce n'est pas vrai dans notre mouvement. Beimler aurait été écœuré d'entendre qu'il ne pourrait être remplacé. Il savait, nous savons, que quelqu'un peut, et doit le remplacer"[23].
  • Agnes Hodgson, une infirmière australienne, décrit dans son journal les funérailles officielles de Baimler à Barcelone : "Six décembre : ai suivi le convoi funèbre de Baimler, un ex-député communiste allemand qui a été tué sur le front en combattant. Un homme très capable, et très aimé, c'est une grande perte pour le parti... ... Nous étions toutes là, toutes les femmes des BI, Anglaises, Allemandes, Suisses. Nous défilons, poing levé, après les officiels, derrière une bannière qui proclame : "Vengeons la mort de Hans Beimler" , nous descendons lentement le rue, nous passons devant l'Hôtel Colon, et des haut-parleurs diffusent des discours honorant la dépouille de Baimler. Puis nous traversons la place de Catalogne et descendons les Ramblas, lentement, toujours en saluant du poing. Au passage nous sommes saluées par diverses associations : les étudiants latino-américains, les Anarchistes, les Jeunesses Communistes, etc.Nous atteignons l'extrémité des Ramblas et nous nous rangeons sur un côté. Là nous assistons au défilé de milliers d'Espagnols, de tous les partis, de la police, des milices, des femmes, des enfants, avec leur milliers de drapeaux et d'orchestres. On entendait régulièrement l'Internationale, puis la marche des anarchistes, puis l'Internationale . Enfin arrivent les attelages portant de magnifiques couronnes... ...Aucune de nous 4 n'avait mis de chapeau, car le chapeau est considéré comme bourgeois ici"[24].

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Beimler a écrit un compte-rendu de son séjour à Dachau : « Im Mörderlager Dachau: Vier Wochen unter den braunen Banditen » (« Le camp de la mort de Dachau : Quatre semaines chez les bandits vêtus de brun »). Son livre, le premier qui dévoile l'univers concentrationnaire allemand, a été publié d'abord en URSS (1933), puis en Grande-Bretagne, en France et en Espagne[25].

Une édition récente (2011) a été publiée : Im Mörderlager Dachau. Hg. und um eine biografische Skizze ergänzt von Friedbert Mühldorfer. PapyRossa, Köln 2011.

En 1936, Beimler avait rédigé une courte auto-biographie, intitulée Deutschland-Madrid.

Famille[modifier | modifier le code]

Buste de Hans Beimler sur le port de Rostock.

Son fils, Hans Beimler, né en 1917, vivait en Union soviétique. En 1938, au cours de la Grande Purge, le jeune homme est arrêté par le NKVD en même temps que de nombreux jeunes allemands (certains fils de militants communistes connus, comme Max Maddalena (de) et Gustav Sobottka (de)), dans le cadre d’un prétendu complot des Jeunesses hitlériennes[26] contre Staline. Six jeunes seulement, dont Hans Beimler fils, seront libérés. Hans parvient ensuite à fuir au Mexique.

Beimler avait épousé en 1930, en secondes noces, Centa (1909-2000), qui travaillait au journal communiste Neues Zeitung de Munich. En 1933, elle est internée au camp de concentration ZK Moringen. Libérée, elle est à nouveau emprisonnée en 1942. En 1945 elle devient fonctionnaire du KPD de Bavière.

Hans Beimler vu par le Der Spiegel[modifier | modifier le code]

Ce chapitre est la traduction-résumé de l'article du Der Spiegel "Verrirte Kugeln" (8 août 1956) [1]

"Le 20 juillet 1956, alors que les autres chefs du gouvernement de la RDA sont à Moscou, Heinrich Rau, le suppléant du premier ministre, préside dans la grande salle de l'usine "Appareillage Electrique J.V. Staline" à Berlin-Treptow une cérémonie annoncée à l'extérieur par de nombreux drapeaux rouge-jaune-violet : ce sont les couleurs de la II° République Espagnole, qui a vu 20 ans auparavant (à la mi-juillet 1936) commencer la Guerre d'Espagne, et qui a sombré 3 ans plus tard sous les coups du franquisme.

Sont conviés à la commémoration du début de cette guerre (dont la fin peu glorieuse pour l'URSS n'a été que peu commentée par les historiographes staliniens) d'anciens Brigadistes qui vont recevoir des décorations des mains de Rau (lui-même ancien commandant de la XI° B.I.). Rau prononce l'eulogie et décerne en particulier la médaille nouvellement crée, la Médaille Hans-Beimler, à Franz Dahlem (il vient juste d'être réhabilité mais n'a pas encore récupéré son siège au Politburo) , puis à 3 autres personnages éminents des Forces Armées : le général Heinz Hoffmann [27] , Herbert Grünstein [28] , et Richard Staimer, gendre du président Wilhelm Pieck et actuellement directeur de la grande association para-militaire de masse "Société de Sports et de Technologie".

L'enthousiasme soudain en RDA pour les combattants communistes de la guerre civile espagnole n'est pas dû au hasard : il correspond au besoin qu'a la nouvelle Armée nationale populaire de modèles nationaux prestigieux. Après avoir longuement cherché ces exemples, le SED semble l'avoir trouvé dans les Brigadistes allemands.

Mais le choix de Hans Beimler en particulier comme nouveau héros national intrigue : jusque là, au Walhalla rouge, la stèle de ce communiste n'était guère ornée de lauriers. Les circonstances dans lesquelles Hans Beimler, alors commissaire politique de la XI° BI, est mort en décembre 36 à Madrid sont en effet très troubles.

Fils d'un forestier bavarois, Beimler avait adhéré au KPD peu de temps après sa création, et avait été élu député communiste au Reichstag. En avril 1933 il est arrêté par les nazis et envoyé en camp de concentration. Il réussit à s'évader au bout de 4 semaines.

Par la suite, le service d'alerte international de Secours rouge [29] , où Walter Ulbricht et Wilhelm Pieck étaient influents, prévint les militants communistes que Beimler pouvait être un agent retourné par la Gestapo. En fait, Beimler, dès les premiers jours de la guerre d'Espagne, et longtemps avant que Staline ne se décide à intervenir au côtés des républicains, avait commencé à réunir les anti-fascistes germanophones qui voulaient se battre, et mis sur pied la centurie Ernst Thälmann.

À Madrid, alors qu'à l'automne 36 Franco attaque et va écraser la capitale, Beimler, élu commissaire politique par les Thalmann, entre en conflit avec les commissaires politiques soviétiques, qui veulent établir la prééminence staliniste à la tête des BI. Vu l'urgence de la situation, Beimler, avec son ami Rau, se consacre à l'organisation de la défense de Madrid et néglige la lutte intestine au sein des cadres politiques des BI.

En novembre 36 Beimler est désigné pour une "mission spéciale" : il doit partir à dos de mulet dans la campagne[30]... Mais un groupe de Thalmanns français se rebelle et exige qu'on annule l'expédition. Le 1° décembre 36 Beimler part en reconnaissance sur le front de Madrid avec un ami (Louis Schuster) et un 3° homme bien connu pour être le confident des chefs soviétiques [31]. Ceci est tout à fait inhabituel : le secteur choisi est si près de la ligne de feu qu'il est même exposé au tir des grenades à main - et en principe les commissaires politiques doivent rester dans des secteurs moins dangereux. D'après le rapport officiel déposé à la XI° BI , Beimler et Schuster sont tués par "des balles perdues" [32] .

En RDA, une semaine été consacrée à fêter les anciens brigadistes et en particulier Hans Beimler, le héros récemment inventé par le SED, le modèle pour l'Armée Populaire. Le firme cinématographique d'état DEFA a présenté le film "Mich Dürstet" [33] , et les Éditions de la Défense Nationale ont répandu une brochure (destinée à être emportée dans le sac à dos) intitulée "La XI° BI" , écrite par Gustav Szinda (de). L'un des invités d'honneur était l'envoyé de Tito, le lieutenant-général yougoslave Manola Srecka [34]

En somme de plus en plus de documents concernant Han Beimler sont distribués aux recrues, mais aucun ne révèle si leur idole a été tuée par devant ou par derrière".

Notes[modifier | modifier le code]

  1. une bonne photo se trouve aussi sur le site http://www.neues-deutschland.de/artikel/212323.ein-unbeugsamer-und-unbequemer.html
  2. http://www.reichstag-abgeordnetendatenbank.de/selectmaske.html?pnd=118508482&recherche=ja
  3. liste des participants sur
  4. Ernst Thälmann a été arrêté le 3 mars 1933
  5. L'Espagne, sous la Seconde République espagnole depuis 1931, connaissait alors, après le « bienio des réformes » (1931-33) le « bienio noir » (1933-35), et le PCE aura en 36 son 1er député à la chambre
  6. Hans-Maur: Gedenkstätten der Arbeiterbewegung in Berlin-Friedrichshain (Mémoires du mouvement ouvrier de Berlin-Friedrichshain) éd. des dirigeants du district du SED, 1981, p. 49
  7. voir infra dernières lignes du paragraphe « Mort et polémique »
  8. ce qui a dû paraître plausible à tous les Espagnols : déjà lors de la guerre du Rif (1911-27), les troupes espagnoles avaient beaucoup souffert du harcèlement des "pacos" marocains ; voir http://es.wikipedia.org/wiki/Paco_(Guerra_del_Rif)
  9. dans son livre Brigada Internacional ist unser Ehrenname (Hanns Maassen (Hrsg.): Brigada Internacional ist unser Ehrenname: Erlebnisse ehemaliger deutscher Spanienkämpfer. 1974
  10. Beimler était très populaire dans le peuple espagnol (comme Manfred Stern, qui a lui aussi payé pour avoir été trop populaire après le « miracle de Madrid » : limogé à Valence, puis rappelé à Moscou en 38, Stern sera envoyé au Goulag où il mourra). Par ailleurs le fait que Beimler ait pu s’évader de Dachau, puis soit parti pour l’Espagne au lieu de chercher à rejoindre l’URSS, a dû le faire paraître suspect au NKVD
  11. Tumba de Hans Beimler en el cementerio de Montjuïc
  12. Beimler-lied : voir http://www.erinnerungsort.de/beimler-lied--28beimlerlied-29-_93.html
  13. Antonia Stern, violoniste, fille du célèbre historien Alfred Stern (de), a clamé sa conviction avec véhémence en 1956 et 57 : http://www.raeterepublik.de/Hans_Beimler__A.Stern_.htm. La polémique au sujet de l'éventuelle liquidation de Beimler par Richard Staimer est détaillée dans Andreu Castells, Las brigadas internacionales de la Guerra de España. Barcelona, Planeta de Agostini, 2006, p. 115 et suivantes.
  14. Selon des documents évoqués par Werner Abel dans son article « Ein Unbeugsamer und Unbequemer » (« Un indomptable et qui dérange ») paru dans le journal Neues Deutschland du 01/12/2011 ( http://www.neues-deutschland.de/artikel/212323.ein-unbeugsamer-und-unbequemer.html) c’est Wilhelm Pieck qui aurait reçu du NKVD l’ordre de liquider Beimler, et il se serait déchargé de la tâche sur son futur gendre Richard Staimer
  15. voir l’article « Ein Unbeugsamer und Unbequemer » (« Un indomptable et qui dérange ») paru dans le journal Neues Deutschland du 01/12/2011 (http://www.neues-deutschland.de/artikel/212323.ein-unbeugsamer-und-unbequemer.html
  16. Hans Beimler : Im Mörderlager Dachau. Hg. und um eine biografische Skizze ergänzt von Friedbert Mühldorfer. PapyRossa, Köln 2011.
  17. Thèse (2009) de Sergio Marx, département de philosophie de l’Université Humboldt de Berlin : Mythos Hans Beimler in der DDR : die Konstruktion eines Helden , voir http://berlin.cafebabel.com/public/berlin/HansBeimler.pdf Sur le culte des Brigades internationales en RDA dans les années 1950-60, voir Arnold Krammer : The Cult of the Spanish Civil War in east Germany, Texas A&M University, Jal of Contemporary History October 2004 vol. 39 no. 4 531-560 p. 47 , http://jch.sagepub.com/content/39/4/531.abstract ; Voir aussi l'analyse du phénomène par le journal Der Spiegel dans le chapitre 6 : "Hans Beimler vu par le Der Spiegel" (8 août 1956)
  18. voir IMDB : http://www.imdb.de/title/tt0230273/
  19. voir Commons http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Hans_Beimler?uselang=de et http://www.vvn-augsburg.de/3_portraets/beimler_hans/beimler.html . À noter que, en Chine, Lei Feng, un modeste militant, a été lui aussi l'objet d'une propagande posthume, dans les années '60
  20. http://www.europeana.eu/portal/record/09407a/ADB1D7334D27D36F0A9C0225A3E1289E36B861B1.html?query=what%3ABrigadas+Internacionales
  21. "a serious person, a rigid disciplinarian, a member of the Communist Party, interested in all the technical aspects of warfare, and lacking in any such selfish motive as fear or reckless courage". Esmond Romilly in Boadilla , cité dans spartacus.schoolnet [ http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SPbeimer.htm] (1937)
  22. "We are here to fight the fascists, and you are wasting time fighting each other; if this continues you shall be sent back to wherever you came from."... ...We shook hands and our eyes met for the first time. Once you met them, his eyes were in fact both penetrating and kind. I noticed that at least one of his fingers was clubbed and bent with the nail wrongly set; I later learnt that this was a legacy from Gestapo interrogation." Extrait de "Very Little Luggage" ("Un très léger bagage") de Kenneth Sinclair-Loutit, cité dans spartacus.schoolnet [ http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SPbeimer.htm]
  23. " You often read in the papers that someone's death has produced an 'irreplaceable loss'. In our movement it is not so. Nobody would have been more disgusted than Hans Beimler if you had told him that his place could not be filled. He knew and we know that his place can and must be filled. article de Claude Cockburn, in "The Daily Worker" (5 décembre 1936) , cité dans spartacus.schoolnet [ http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SPbeimer.htm]
  24. "Marched in the funeral procession of Hans Beimler, an ex-German Communist deputy who was killed fighting at the front here. A man very able and evidently much loved, it was a great loss to the party... ...We all joined in with the women's brigade - international women, English, German and Swiss. We followed after the officials and behind a banner declaring "Vengeance for the Death of Hans Beimler" - we gave the salute continuously as we moved slowly down the street. Passing round in front of the Hotel Colon, by means of amplifiers the corpse of Hans Beimler was addressed commovente. We passed on round the square of Catalonia and down the Ramblas - saluting and being saluted as we passed by various committee rooms - Latin American students, Anarchists, young communists and others - until we reached the end of the Ramblas where we international women were called to stand on one side. We then stood while thousands of people of every party, police and militias, children and women passed by with their myriad banners and bands. The "Internationale" hymn was played with minute intervals, the Anarchists followed playing their hymn, and the "Internationale", till at last came the carriages bearing the magnificent wreaths... ...All we four have dispensed with hats as hats are considered bourgeois here " . Cité dans spartacus.schoolnet [ http://www.spartacus.schoolnet.co.uk/SPbeimer.htm]
  25. voir le site de la Nationaldeutschenbliothek : https://portal.dnb.de/opac.htm?method=showResultSiteByHitNumber&currentResultId=Woe%3D118508482%26any&hitnumber=
  26. voir Conspiration des Jeunesses hitlériennes
  27. Heinz Hoffmann : communiste, jeune commissaire politique dans la XI° BI sous le pseudonyme de "Heinz Roth", grièvement blessé près de Quijorna pendant la bataille de Brunete, rapatrié sanitaire en France, puis en URSS avant 1939. Devenu par la suite un des officiers supérieurs d’'état-major de la RDA (selon les articles de WP en et WP de)
  28. Herbert Grünstein : Juif, communiste, réfugié en 35 en Palestine, présent en Espagne pendant la Guerre Civile, puis agent secret de Staline, gendre de Ana Pauker, en 56 il est général de la Volkspolizei et vice-ministre de la Justice et de l'Intérieur de la RDA (selon l'article de WP de "Herbert Grünstein"
  29. Secours rouge : Международная организация помощи борцам революции (МОПР, = DENR) , organisation d'entraide fondée en 1922 par le Komintern à Moscou sur le modèle de la Croix Rouge. Voir aussi l'article Secours populaire français, chapitre III, 2.
  30. spezialaufträge : cette "mission spéciale" était en fait l' équivalent d'une "corvée de bois"
  31. le Der Spiegel ne révèle pas le nom de ce "3° homme" . Artifice de journaliste qui veut tenir le lecteur en haleine (à la fin de l'article, sont cités 3 autres articles traîtant du mystère Beimler) - ou prudence (en 56, Staline n'est mort que depuis 3 ans...) ?
  32. balles perdues : Verrirte Kugeln , d'oû le titre de l'article. Les balles perdues peuvent aussi être celles de la salve d'honneur virtuellement tirée en l'air par Rau le 20 juillet 56 en mémoire de son ami Beimler...Il est possible aussi que Rau ait voulu à la fois fêter (en l'absence des autres diadoques) la réhabilitation de Dahlem - et condamner Staimer à arborer l'effigie de Baimler, le militant à qui il avait très probablement tiré dans le dos 20 ans auparavant
  33. "Mich Dürstet" : "J'ai soif" (d'après la 5° des 7 dernières phrases du Christ sur la croix) , film de Karl Paryla (en) (1956) , avec Juliane Korén, Rolf Ludwig et Johannes Knittel (voir les articles de WP de "Karl Paryla", "Juliane Korén" , "Johannes Knittel", et "Rolf Ludwig" )
  34. En 56, Staline étant mort depuis 3 ans, une cérémonie réunissant les vétérans de la guerre d'Espagne survivants (un grand nombre d'entre eux ont été éliminés pendant la Grande Purge) et des titistes était possible, et avait même probablement un certain goût de revanche

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Sources[modifier | modifier le code]