Hans-Rudolf Merz

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Hans-Rudolf Merz
Illustration.
Photo officielle, 2010.
Fonctions
108e conseiller fédéral

(6 ans et 10 mois)
Élection
Réélection 12 décembre 2007
Prédécesseur Kaspar Villiger
Successeur Johann Schneider-Ammann
Chef du Département fédéral des finances

(6 ans et 10 mois)
Prédécesseur Pascal Couchepin
Successeur Eveline Widmer-Schlumpf
Président de la Confédération suisse

(1 an)
Élection 10 décembre 2008
Prédécesseur Pascal Couchepin
Successeur Doris Leuthard
Conseiller aux États

(6 ans, 3 mois et 9 jours)
Élection
Réélection
Législature 45e, 46e et 47e
Successeur Hans Altherr
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Herisau (Suisse)
Origine Beinwil am See (ZH)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique PRD (jusqu'en 2011)
PLR (depuis 2011)
Diplômé de Université de Saint-Gall
Profession Conseiller en stratégie

Hans-Rudolf Merz
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse

Hans-Rudolf Merz, né le à Herisau, est un homme politique suisse, conseiller fédéral libéral-radical de 2004 à 2010. Il est président de la Confédération en 2009.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Hans-Rudolf Merz effectue sa scolarité obligatoire à Herisau, sa ville de naissance, puis obtient sa maturité au gymnase de Trogen.

Il étudie ensuite l'économie à l'Université de Saint-Gall où il obtient une licence en gestion d'entreprise puis un doctorat en science politique en 1971 ; il y travaille comme assistant à l'Institut d'économie financière et de droit financier entre 1967 et 1969.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1974 à 1977, il est vice-directeur du centre de formation de l'UBS à Wolfsberg. De 1977 à 2003, Merz travaille comme conseiller en stratégie indépendant en Europe, aux Amériques, en Afrique du Sud et dans le monde arabe. Dans le même temps, il siège au conseil d'administration de plusieurs entreprises suisses. En tant que consultant, il pèse dans le recrutement et le développement professionnel des hauts cadres, ainsi que dans le développement des entreprises.

En 1992, il est élu au conseil de la banque cantonale d'Appenzell Rhodes-Extérieures qui est alors déjà en difficulté ; il en est élu président l'année suivante. Dans son premier rapport annuel, il présente un document sur la vision d'une « banque régionale universelle », soit une petite banque qui offre tous les services bancaires. En 1994, la banque est partiellement privatisée et transformée en société anonyme dont le canton reste l'actionnaire majoritaire. La population du canton a dû voter sur cette privatisation partielle car, en tant que Landsgemeinde, elle est le législateur cantonal. Le , la banque est rachetée par la Société de banque suisse[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Hans-Rudolf Merz est politiquement actif relativement tôt. Il est membre du conseil communal de Herisau jusqu'en 1967. En août 1968, peu après la répression du Printemps de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie, il aide un ami artiste à quitter Prague, en voiture, pour se réfugier en Suisse[2].

Après ses études, Hans-Rudolf Merz travaille comme secrétaire du Parti radical-démocratique du canton de Saint-Gall de 1969 à 1974. Il travaille également comme directeur de l'Association industrielle d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Plus tard, il préside le parlement communal (Einwohnerrat) intérimaire de Herisau et dirige les opérations du Centre sportif de Herisau.

Conseiller aux États[modifier | modifier le code]

Après une longue période sans activité politique, Merz vise un siège au Conseil des États pour représenter le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Alors que les candidats officiels du Parti radical-démocratique sont la conseillère d'État chargée des finances, Marianne Kleiner, et le Landaman Hans Höhener, il reçoit le soutien de l'Union démocratique du centre, du Parti démocrate-chrétien et de certaines sections radicales locales. À l'occasion de la dernière Landsgemeinde du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, le , il est finalement élu. Au Conseil des États, il préside la commission des finances et siège à la commission de la politique étrangère et de sécurité. Il a également appartenu à la délégation de la Suisse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Conseiller fédéral[modifier | modifier le code]

Après les élections fédérales du , le Conseil fédéral est intégralement renouvelé le  ; un siège doit y être attribué après la démission de Kaspar Villiger. Son parti, le Parti radical-démocratique, présente une double candidature : celle de Christine Beerli et la sienne ; les Verts recommandent de voter pour Beerli alors que les autres groupes laissent le choix entre les deux candidats. Hans-Rudolf Merz est finalement élu au second tour avec 127 voix contre 96 pour Beerli. Cette élection et la non-réélection de Ruth Metzler quelques heures plus tôt suscitent des critiques concernant le traitement inégal réservé aux femmes.

Hans-Rudolf Merz durant un débat au Conseil national
Hans-Rudolf Merz durant la célébration de son élection présidentielle à Herisau

Le , il prend la tête du Département fédéral des finances. Durant son mandat, il soutient notamment une réforme fiscale qui échoue en votation populaire le . Il présente aussi des mesures destinées à redresser les finances fédérales et travaille à simplifier le système fiscal suisse.

À la suite des élections fédérales de 2007, Hans-Rudolf Merz est réélu le 12 décembre avec le meilleur résultat de tous les candidats : il reçoit 213 votes sur 233 bulletins valables. Le lendemain, il est élu avec 193 votes sur 211 bulletins valables en tant que vice-président du Conseil fédéral pour l'année 2008[3]. Le , l'Assemblée fédérale l'élit président de la Confédération pour l'année 2009 avec 185 votes sur 209 bulletins valables[4] ; cette élection est célébrée à Herisau.

Son année présidentielle, notamment marquée par la fin du secret bancaire en Suisse, l'affaire UBS[5] et la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye, est qualifiée dans sa bibliographie parue en 2012 d'année la plus difficile de sa carrière politique[6].

Le , Hans-Rudolf Merz annonce sa démission du Conseil fédéral pour le mois d'octobre de la même année[7],[8],[9]. Lors de sa dernière session au Parlement, il fait parler de lui dans les médias[10], [11], [12], et même à l'étranger[13], [14], [15], [16], en raison d'un fou rire qui le prend, et à sa suite l'ensemble du Parlement, à la lecture d'une réponse[17] rédigée dans un jargon administratif[18] à une question d'un parlementaire[19] sur le tarif douanier applicable aux importations de viande assaisonnée. À la fin de la session, l'association des fabricants de viande séchée des Grisons en profitera pour distribuer des échantillons de ses produits aux parlementaires[20],[21] ornés d'un portrait de Hans-Rudolf Merz et d'un des objectifs qu'il s'était fixés pour son année présidentielle[22] : ne jamais perdre le sens de l'humour (Nie den Humor verlieren).

Citations[modifier | modifier le code]

« Je le garantis à ceux qui s’attaquent au secret bancaire : ils s’y casseront les dents. »[23], mars 2008 (trad.)

Vie privée[modifier | modifier le code]

Hans-Rudolf Merz est marié à l'artiste Roswitha Merz. Tous deux habitent à Herisau et ont trois fils adultes. Merz est originaire de Beinwil am See dans le canton d'Argovie.

Il parle allemand, français, espagnol, anglais, italien et russe[24].

Dans la soirée du , Hans-Rudolf Merz est victime d'un arrêt cardio-circulatoire ; il est transporté à l'hôpital de Herisau, où il est réanimé, puis transféré à l'hôpital cantonal de Saint-Gall. Au soir du , le docteur Thierry Carrel lui fait subir cinq pontages aorto-coronariens à l'Hôpital de l'Île à Berne[25],[26]. Le 22 septembre, le Conseil fédéral nomme Eveline Widmer-Schlumpf à la direction par intérim du Département fédéral des finances. Après son rétablissement et une cure, Merz reprend ses activités le [27]. Il est élu président de la Confédération le 10 décembre et assume son nouveau rôle durant l'année 2009.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Bis zur Nationalliga. 40 Jahre SC Herisau, éd. Schläpfer, Herisau, 1982
  • Die aussergewöhnliche Führungspersönlichkeit: Essay über Elativität und elative Persönlichkeit, éd. Rüegger, Grüsch, 1987 (ISBN 3725302979)
  • Der Landammann und weitere Erzählungen aus dem Appenzellerland, éd. Schläpfer, Herisau, 1992 (ISBN 3858820725)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Das kleine Bankgeheimnis des Finanzministers: Warum Hans-Rudolf Merz seine Appenzeller Bankgeschäfte gern verschweigen würde », Die Wochenzeitung, 4 décembre 2008
  2. (de) « Bundesrat Merz als Fluchthelfer », Neue Zürcher Zeitung, 18 août 2009
  3. (de) « Mit 61 Jahren als Quereinsteiger in Bundesrat gewählt – Ein Porträt von Bundesrat Hans-Rudolf Merz », Neue Zürcher Zeitung, 21 septembre 2008
  4. (de) « Hans-Rudolf Merz ist Bundespräsident für 2009 », Neue Zürcher Zeitung, 10 décembre 2008
  5. Office fédéral de la justice, « Affaire UBS », sur www.bj.admin.ch (consulté le 16 février 2021)
  6. « Après deux ans, Hans-Rudolf Merz autorise sa biographie », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 16 février 2021)
  7. « Hans-Rudolf Merz démissionne pour octobre », tsrinfo.ch, 5 août 2010
  8. « Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz démissionnera en octobre », admin.ch, 6 août 2010
  9. (de) « Conférence de presse du Conseil fédéral », admin.ch, 6 août 2010
  10. (de) « Die Merz-Lachattacke in voller Länge », sur 20 Minuten, (consulté le 15 février 2021)
  11. « L'heure des questions fait rire les conseillers fédéraux », sur www.journaldujura.ch (consulté le 15 février 2021)
  12. (de) « Merz vor Lachen in Tränen | NZZ », sur Neue Zürcher Zeitung (consulté le 15 février 2021)
  13. (de) Anna Fischhaber, DER SPIEGEL, « Lachanfall im Schweizer Parlament: Bü-hü-hündnerfleisch! », sur www.spiegel.de (consulté le 15 février 2021)
  14. Elisalex Henckel, « Hans-Rudolf Merz: Lachanfall macht Schweizer Minister zum Internetstar », DIE WELT,‎ (lire en ligne, consulté le 15 février 2021)
  15. « Jargon, fou rire et saucisson », sur Courrier international, (consulté le 15 février 2021)
  16. (de) « Schweizer Minister lacht sich zum Internetstar », sur Kronen Zeitung (consulté le 16 février 2021)
  17. « Bulletin officiel », sur www.parlament.ch (consulté le 15 février 2021)
  18. « Parlamentsgeschichte », sur www.parlament.ch (consulté le 15 février 2021)
  19. Jean-Pierre Grin, « Heure des questions no 10.5353. Augmentation des importations de viande assaisonnée », sur www.parlament.ch, (consulté le 15 février 2021)
  20. (de) «Zum Beispiel B … Bündnerfleisch», sur www.suedostschweiz.ch (consulté le 15 février 2021)
  21. (de) Süddeutsche Zeitung, « Schweiz: Lachanfall macht Minister zum YouTube-Star », sur Süddeutsche.de (consulté le 16 février 2021)
  22. (de) « Herisau feiert Hans-Rudolf Merz », sur Schweizer Illustrierte (consulté le 16 février 2021)
  23. Sébastien Guex, « Les neuf vies du secret bancaire helvétique », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 16 février 2021)
  24. (de) « Ein Mann und zwei Leben: Hans-Rudolf Merz – Bundespräsident des Jahres 2009 », Neue Zürcher Zeitung, 30 décembre 2008
  25. « Le ministre Hans-Rudolf Merz dans le coma », swissinfo, 21 septembre 2008
  26. (de) « Merz ausser Lebensgefahr », Tages-Anzeiger, 21 septembre 2008
  27. « Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a repris ses fonctions », Département fédéral des finances, 3 novembre 2008
(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Hans-Rudolf Merz » (voir la liste des auteurs).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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