Hammer DeRoburt

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Hammer DeRoburt
Hammer DeRoburt (au centre) en compagnie de Raymond Gadabu (à gauche), 1968
Hammer DeRoburt (au centre) en compagnie de Raymond Gadabu (à gauche), 1968
Fonctions
Président de la République de Nauru
Prédécesseur Kennan Adeang
Successeur Kenos Aroi
Prédécesseur Kennan Adeang
Successeur Kennan Adeang
Prédécesseur Lagumot Harris
Successeur Kennan Adeang
Prédécesseur Nouvelle fonction
Successeur Bernard Dowiyogo
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Melbourne
Nature du décès Diabète
Nationalité nauruane
Parti politique Indépendant

Hammer DeRoburt
Présidents de la République de Nauru

Hammer DeRoburt (né le à Nauru - mort le à Melbourne[1]) est un homme politique nauruan, artisan de l'indépendance du pays et son premier président. Par la suite, il dirige le pays à plusieurs reprises durant une vingtaine d'années.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Hammer DeRoburt naît en 1922 à Nauru. Il est partiellement d'extraction banabane et son grand-père est un grand-chef de Nauru[2]. Membre du mouvement scout nauruan, il fait partie d'un groupe de jeunes scouts envoyés étudier à Geelong dans l'État du Victoria en Australie. Là il est confronté une première fois aux idées émancipatrices qui le conduiront plus tard à défendre l'idée d'autodétermination de son peuple[3]. Ses professeurs australiens remarquent un « élève brillant qui se démarque par sa volonté de bien faire »[2]. Il retourne en 1940 enseigner sur son île où il promeut le football australien, devenu depuis le sport national. À la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, DeRoburt s'engage au sein du petit groupe d'autodéfense mis en place précipitamment et est furieux lorsque l'administrateur Chalmers prend la décision de ne pas riposter lors du bombardement allemand de Nauru le 27 décembre 1940[4]. Après l'invasion japonaise il fait partie des 1200 Nauruans emmenés de force sur les îles Truk entre juin et juillet 1942. Là, il est affecté au groupe des hommes nauruans sélectionnés parmi les plus robustes pour participer à la construction d'une piste d'atterrissage sur l'île de Parem. Dans ces dures conditions de vie, il se dégage comme l'un des leaders du groupe et s'illustre lors d'un vol très audacieux du ravitaillement japonais. Il est rapatrié avec l'ensemble des Nauruans le 31 janvier 1946[1],[5].

De l'après-guerre à l'indépendance[modifier | modifier le code]

DeRoburt achève ses études en Australie et de 1947 jusqu'en 1951 travaille dans le secteur de l'éducation de l'administration nauruane[1]. Le 10 décembre 1955, lors des secondes élections du conseil du gouvernement local de Nauru il est élu conseiller de Boe et ses pairs le choisissent à leur tête. Il prend ainsi la succession de Timothy Detudamo en tant que leader de son peuple[2]. À cette même date il devient responsable des négociations avec les autorités coloniales australiennes concernant les royalties du phosphate. En effet, après la Seconde Guerre mondiale, l'Australie administre l'île sous mandat de l'ONU[6]. En décembre 1955, il prend la tête du Conseil du gouvernement local jusqu'à l'indépendance de Nauru[1],[6].

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

DeRoburt en visite officielle dans les Mariannes du Nord au début des années 1970

DeRoburt mène ensuite le pays vers l'indépendance décrétée le et devient alors président du Conseil d'État jusqu'au 18 mai suivant[6], date à laquelle il est élu premier président de Nauru, un poste qu'il occupe pratiquement sans discontinuer jusqu'au [6]. Le poste de président de la Convention constitutionnelle lui est également octroyé à l'indépendance, fonction qu'il occupera jusqu'à sa mort[6]. Le , de jeunes politiciens conquièrent la majorité au Parlement et installent Bernard Dowiyogo au poste de président mais DeRoburt revient au pouvoir le [6]. Il cèdera également le pouvoir pendant deux brèves périodes du 17 septembre au 1er octobre et du 12 au [6]. En 1982, il est fait Chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique par la reine Élisabeth II. Il meurt du diabète, maladie touchant de nombreux Nauruans, le à Melbourne (Australie).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Brij V. Lal, Kate Fortune, The Pacific Islands, University of Hawaii Press, , 664 p. (ISBN 082482265X, lire en ligne), p. 287.
  2. a, b et c (en) Nancy Viviani, Nauru, Phosphate and Political Progress, Australian National University Press, (ISBN 0708107656), p. 107.
  3. Maslyn Williams, Barrie Macdonald, The Phosphateers: A History of the British Phosphate Commissioners and the Christmas Island Phosphate Commission (ISBN 0522843026), p. 279-280.
  4. Maslyn Williams, Barrie Macdonald, op.cit., p.303
  5. (en) Encyclopedia of the Nations - Histoire de Nauru.
  6. a, b, c, d, e, f et g (en) World Statesmen - Nauru.

Articles connexes[modifier | modifier le code]