Hamad ben Khalifa Al Thani

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Hamad ben Khalifa Al Thani
الشيخ حمد بن خليفة آل ثاني
Cheikh Hamad, émir du Qatar en octobre 2011.
Cheikh Hamad, émir du Qatar en octobre 2011.
Titre
Émir du Qatar

(17 ans 11 mois et 29 jours)
Couronnement
Premier ministre Lui-même
Abdallah ben Khalifa Al Thani
Hamad ben Jassem Al Thani
Prédécesseur Khalifa ben Hamad Al Thani
Successeur Tamim ben Hamad Al Thani
Premier ministre du Qatar

(1 an 4 mois et 2 jours)
Monarque Lui-même
Prédécesseur Khalifa ben Hamad Al Thani
Successeur Abdallah ben Khalifa Al Thani
Prince héritier du Qatar

(18 ans et 28 jours)
Monarque Khalifa ben Hamad Al Thani
Prédécesseur Sheikh Khalifa ben Hamad Al Thani
Successeur Sheikh Jassem ben Hamad Al Thani
Biographie
Dynastie Al Thani
Nom de naissance Hamad ben Khalifa ben Hamad ben Abdullah ben Jassim ben Mohammed Al Thani
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Doha (Qatar)
Père Khalifa ben Hamad Al Thani
Conjoint 1) Mariam bint Mohammed Al Thani
2) Mozah bint Nasser Al Missned
3) Noora ben Khalid Al Thani
Héritier Sheikh Jassem ben Hamad Al Thani (1996-2003)
Sheikh Tamim ben Hamad Al Thani (2003-2013)
Résidence Palais princier

Hamad ben Khalifa Al Thani
Monarques du Qatar
Premiers ministres du Qatar

Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, né le à Doha au Qatar, est émir du Qatar de 1995 à 2013, année où il abdique pour transmettre le pouvoir à son fils Tamim ben Hamad. Il est diplômé de l'Académie royale militaire de Sandhurst en 1971.

Biographie[modifier | modifier le code]

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1995, alors que son père, Khalifa ben Hamad, est en Suisse, Hamad ben Khalifa, alors ministre de la Défense et chef des forces armées, le renverse et prend le pouvoir. Après une tentative ratée de retour en 1996 de son père, le cheikh Hamad ben Khalifa, avec l'aide de son ami Yamin Sajie, entreprend la modernisation du pays.

Émir du Qatar[modifier | modifier le code]

L'émir est plus connu en Occident pour avoir créé la chaîne d'information arabe en continu Al Jazeera, laquelle lui a valu des critiques de la part des États-Unis mais aussi du monde journalistique en général. Ainsi, de nombreux médias occidentaux ont relevé que la chaîne d’informations ne traite quasiment jamais de sujets impliquant le Qatar[1]. Néanmoins, le Qatar reste un allié inconditionnel de la plupart des pays occidentaux ceux-ci dans le Moyen-Orient, pour preuve l'implantation d'universités américaines à « Education City, Qatar », un projet mené par une des épouses du cheikh, Mozah bint Nasser al-Missned.

En assurant une bonne qualité de vie à ses quelques 250 000 sujets (Quataris d'origine), il jouit d'une popularité inébranlable. En vingt ans, rien n'est venu remuer le Qatar, pas même la vague de contestation qui fait exploser le monde arabe. Le pouvoir est pourtant entièrement concentré dans les mains de l'émir : le pays ne compte ni parti politique, ni force d'opposition. Selon une enquête réalisée en 2011, les jeunes Qataris ne sont que 33 % à considérer que le multipartisme est « très important ». Leur priorité est plutôt un environnement sûr et un salaire juste. Et pour satisfaire son peuple, Hamad ben Khalifa dispose d'un atout de taille : d'immenses ressources naturelles. Du pétrole bien sûr, mais surtout du gaz, l'émirat étant situé sur le North Dome Field. Étendu sur 6 000 kilomètres carrés, il génère 60 % du PIB du pays. En moins de dix ans, le pays est devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié de la planète. Rien qu'en 2011, un millier de méthaniers se sont approvisionnés dans le port de Ras Laffan. Selon les autorités, ces réserves assureront le développement du Qatar pour les « cent prochaines années ». Et pourtant, l'après-gaz préoccupe. L'argent de la rente pétrolière et gazière (520 milliards d'euros) est investi dans le monde entier, à New York, Londres, en Suisse et en France. Parallèlement, l'émir encourage la création de petites et moyennes entreprises au sein de son propre pays ainsi que l'implantation de sociétés étrangères. La consigne est claire : « D'ici à 2020, notre budget doit être entièrement financé par des activités autres que l'extraction des hydrocarbures », a-t-il déclaré au FMI en 2010. Un défi pour ce pays, plus gros émetteur de dioxyde de carbone par habitant au monde. Le Qatar a érigé l'éducation en priorité. Et pour faire passer le message, l'émir a délégué une ambassadrice de charme : la deuxième et la plus médiatique de ses trois épouses. Depuis 1995, elle dirige la fondation Qatar pour « l'éducation, la science et le développement communautaire », dont le budget annuel est évalué à onze milliards d'euros.

Sur le plan diplomatique, l’émir est reconnu pour sa promotion très active de l’image de son pays sur la scène internationale. Il a été à l’initiative du rapprochement du Qatar un grand nombre de gouvernements au Moyen-Orient et dans le monde entier, sans égard aux rivalités voire aux hostilités entre les différentes puissances. Ainsi, l’émir conclut en 2010 un pacte de défense avec la Syrie et l’Iran tout en maintenant sur son territoire une base militaire américaine.  De même, l’émir s’est déplacé en mars 2010 pour une visite secrète en Israël, alors même que la plupart des puissances du Golfe ne reconnaissent pas son droit d’exister[2].

L’émir s’est tout particulièrement intéressé à la France, et a noué des liens étroits avec son personnel politique. Ainsi, de nombreuses personnalités politiques se sont déplacées au Qatar à l’invitation de l’émir pour participer à des conférences, dont Dominique de Villepin (le Qatar étant le principal client de son cabinet d’avocats), Bertrand DelanoëPhilippe Douste-Blazy, Rachida Dati, Ségolène Royal, Fadela Amara, Claude Guéant, Jean-Louis Debré, Gérard Larcher, Hubert Védrine, Frédéric Mitterrand, Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Baudis, et Jack Lang. Hamad bin Khalifa al-Thani a par ailleurs assisté au défilé du 14 juillet 2007 en compagnie du Président Nicolas Sarkozy[2].

Sous la direction de l'émir, le Qatar obtient auprès du parlement français l’exonération fiscale de ses investissements dans l’hexagone[3]. Par ailleurs, les qatariens résidant en France ne sont pas redevables de l’impôt sur la fortune pendant leus cinq premières années de résidence[4]. En juin 2016, Marianne et Mediapart estiment l'investissement immobilier personnel en France de l'émir entre 1989 et 2015 à 34 biens ou domaines d’une valeur globale de 3,3 milliards d’euros[5].

En septembre 2009, il promet de donner un cheval en or au journaliste irakien Muntadhar al Zaidi, celui-ci ayant jeté ses chaussures sur le président des États-Unis de l'époque, George W. Bush.

L’émir et sa femme, la Cheikha Mozah, se sont fortement impliqués en 2010 dans la campagne du Qatar pour remporter le droit d’organiser la Coupe du Monde de football de 2022[6]. Cependant, une série d’enquêtes de journalistes occidentaux a révélé que le vote du Comité exécutif de la FIFA en faveur du Qatar fut le fait de versement de plus de 5 millions USD aux membres du Comité à l’initiative de Mohamed Bon Hammam, proche du pouvoir qatarien et ancien vice-président de la FIFA.[7] Cette affaire de corruption a sensiblement terni l’image du Qatar et de l’émir sur la scène internationale.

L’organisation de la Coupe du Monde de football de 2022 a valu à l’émir bien d’autres critiques encore, notamment celles en lien avec les avec les conditions de travail des migrants sur les chantiers de construction des installations sportives en vue de l’évènement sportif. Ainsi, Human Rights Watch et de nombreuses autres associations de défense des droits de l’homme ont pointé du doigt l’absence presque totale d’encadrement législatif ou réglementaire par le gouvernement du Qatar des conditions de travail des non-qatariens[8]

En juin 2013, le journal britannique The Daily Telegraph publie un article sur une probable abdication de l'émir en faveur de son fils Tamim avant la fin du mois[9],[10],[11],[12]. Cette information est reprise par de nombreux médias. L'information est publiée deux semaines avant la tenue prévue des premières élections législatives de l'histoire du pays, qui doivent avoir lieu le 30 juin[13].

Son abdication est finalement annoncée le [14] et il prend le titre d'« émir-père »[15].

En janvier 2016, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant la principale collaboratrice de l’ancien émir, Chadia Clot, et impliquant indirectement Hamad ben Khalifa al-Thani. Selon la justice française, l’émir aurait validé « pour le compte et au nom du Qatar » un paiement de plus de 1,9 millions d’euros versé sur le compte suisse d’une société immatriculée aux Iles Vierges et qui s’est par la suite avérée n’être qu’une coquille vide. Cette transaction aurait permis à l’architecte italien chargé de l’aménagement du yacht de l’émir d’échapper à l’impôt[16].

Descendance[modifier | modifier le code]

De ses trois épouses, Cheikh Hamad a vingt-quatre enfants, dont 11 garçons et 13 filles. C'est la princesse Mozah qui l'accompagne le plus souvent dans les actes officiels, faisant ainsi figure de princesse consort.

Avec sa première épouse Mariam bint Mohammed Al Thani, il a deux fils et six filles :

  • Mishaal ben Hamad Al Thani
  • Fahd ben Hamad Al Thani
  • Hussah bint Hamad Al Thani
  • Sara bint Hamad Al Thani
  • Rawdah bint Hamad Al Thani
  • Fatima bint Hamad Al Thani
  • Mashael bint Hamad Al Thani

Avec sa deuxième épouse Mozah bint Nasser al-Missned, il a cinq fils et deux filles :

  • Jassim ben Hamad Al Thani (prince héritier de 1996 à 2003)
  • Tamim ben Hamad Al Thani (prince héritier de 2003 à 2013, émir depuis 2013)
  • Joaan ben Hamad Al Thani
  • Khalifa ben Hamad Al Thani
  • Mohammed ben Hamad Al Thani
  • Al-Mayassa bint Hamad Al Thani
  • Hind bint Hamad Al Thani

Avec sa troisième épouse Noora ben Khalid Al Thani, il a quatre fils et cinq filles :

  • Khalid ben Hamad Al Thani
  • Abdallah ben Hamad Al Thani (vice-émir depuis 2014)
  • Thani ben Hamad Al Thani
  • Al-Qaqa ben Hamad Al Thani
  • Lulwaa bint Hamad Al Thani
  • Maha bint Hamad Al Thanii
  • Dana bint Hamad Al Thani
  • Al-Anood bint Hamad Al Thani
  • Mariam bint Hamad Al Thani

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://television.telerama.fr/television/la-revolution-al-jazira,66772.php
  2. a et b (fr) « Comment le Qatar a acheté la France (et s'est payé sa classe politique) », sur Slate.fr (consulté le 18 mars 2016)
  3. « Le Qatar s'offre les Champs-Elysées... après s'être offert quelques politiques ? », sur Atlantico.fr (consulté le 18 mars 2016)
  4. Patrick Roger, « La France accorde une exonération d'impôts aux avoirs du Qatar », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  5. La razzia immobilière de la famille royale du Qatar en France, marianne.net, 22 juin 2016
  6. « Scandale à la Fifa: Le Qatar va-t-il perdre la Coupe du monde 2022? », sur 20minutes.fr (consulté le 18 mars 2016)
  7. (fr) « Le Sunday Times publie «les preuves» d'une corruption en faveur de Qatar 2022 », sur L'Equipe.fr (consulté le 18 mars 2016)
  8. « Qatar : la face cachée de la Coupe du Monde 2022 », sur Marianne (consulté le 18 mars 2016)
  9. L’émir du Qatar s’apprête à abdiquer avant la fin du mois courant, El Hourriya, 10-06-2013.
  10. Qatar: le cheikh Hamad accélère la transmission du pouvoir au prince Tamim, Le Figaro, 21-06-2013.
  11. L'émir du Qatar abdiquerait en faveur de son fils, Le Figaro, 25-06-2013.
  12. Qatar : le prince héritier sera nommé émir, Le Monde, 23-06-2013.
  13. (en) "Qatari leaders signal they are ready to change guard", BBC News, 16 juin 2013
  14. « Qatar : l'émir abdique au profit de son fils, le prince héritier Tamim », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  15. Congratulations pour in for Emir and Father Emir, Gulf Times (en), 27-06-2013.
  16. (fr) BFM BUSINESS, « L'ancien émir du Qatar impliqué dans une affaire de fraude fiscale? », sur BFM BUSINESS (consulté le 18 mars 2016)

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]