Halo (automobile)

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Un halo sur une Ferrari SF71H pilotée par Kimi Räikkönen.

Le Halo, dispositif de sécurité, est une sorte d'arceau protégeant la tête du pilote automobile conduisant une monoplace dont l'habitacle est ouvert (comme en Formule 1). Il consiste en une barre incurvée, en titane, solidaire du châssis du véhicule en trois points et placée dans la ligne de mire du pilote. Cet élément permet d'être protégé en cas de retournement ou de choc frontal direct. Le halo est une structure de protection à la fois latérale et frontale du cockpit.

Le système a été introduit en 2015 proposé par l'écurie allemande Mercedes. En compétition automobile, ce dispositif est rendu obligatoire pour la saison 2018 du championnat du monde de Formule 1 à la suite du règlement de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et dans la plupart des catégories de monoplaces de la FIA[1]. Ce dernier faisant notamment suite à l'accident mortel du pilote français Jules Bianchi lors du Grand Prix de F1 du Japon 2014.

Conception du Halo[modifier | modifier le code]

Le halo est une structure en titane qui se trouve au dessus du cockpit des monoplaces. Il est composé d'un arceau de sécurité fixé à la cellule de survie en deux points ainsi que d'un pilier vertical dans le champ de vision du pilote. La structure est dessinée pour éviter l'intrusion d'objet dans le cockpit, notamment les roues, une autre monoplace ou un rail de sécurité[2].

Le premier prototype du Halo était un modèle en acier testé sur l'ancienne base aérienne de RAF Bentwaters. Le halo a dévié sans difficulté un pneu de 20 kg catapulté à 225 km/h depuis un canon à azote. L'écurie italienne Scuderia Ferrari a testé ce prototype recouvert de carbone durant les essais hivernaux de 2016.

Durant le Grand Prix de F1 d'Autriche 2016, une version plus légère en titane est introduite dans l'objectif d'élargir l'arc au-dessus de la tête du pilote et éviter que son casque heurte l'arceau du halo. Des tests d'extraction de pilote ont été également exécutés, avec succès, conformément au règlement qui imposait que le pilote puisse s'extraire de la monoplace en moins de 5 secondes, temps allongé à 7 secondes compte tenu de l'encombrement du Halo et de l'appui du pilote sur ce dernier.

Durant les séances libres du vendredi des saisons 2016 et 2017, le halo subit d'autres tests avant son adoption en 2018.

L'entreprise allemande CP Tech est en charge de sa fabrication[3]

Critiques[modifier | modifier le code]

Bien que 15 études sur 17 menées par la FIA démontrent un résultat bénéfique en cas d'accidents graves, le halo a reçu quelques critiques avant son introduction.

Niki Lauda disait par exemple que ce système détruisait l'ADN d'une voiture de F1[4] Max Verstappen et Nico Hülkenberg détestaient le halo et Lewis Hamilton disait ne pas aimer son apparence mais qu'ils s'y habitueront au fur et à mesure de la saison.

Plusieurs écuries ainsi que Jean Todt et Bernie Ecclestone s'étaient opposé à l'introduction du halo en 2017 tout en restant ouverts à des systèmes similaires dans le futur.[5] En effet, la principale critique du halo concernant sa visibilité donnèrent la priorité à la conception d'un système de bouclier transparent similaire à celui proposé par l'écurie Redbull. Ce dernier avait été préféré par Esteban Ocon, Valtteri Bottas et Pascal Wehrlein contrairement à Nico Hülkenberg et Romain Grosjean qui ne l'appréciaient pas.

Le système halo a surtout souffert d'une impopularité initiale auprès des fans qui trouvaient l'ensemble visuellement non-esthétique, c'est à dire à l'opposé de la course en cockpit ouvert, et le considérant comme une obstruction à la visibilité du pilote.

Il est à noter que certains pilotes, tel que Jackie Stewart, ont très bien accueilli le halo et l'ont comparé à l'introduction de la ceinture de sécurité qui avait été tout autant critiqué avant de devenir une norme dans l'automobile et sauver de nombreuses vies.[6] Fernando Alonso expliquait notamment que l'ajout d'un dispositif de sécurité ne devait pas être sujet à débat.

Pilotes sauvés par le Halo[modifier | modifier le code]

Grâce à ce dispositif Charles Leclerc a été protégé lors du Grand Prix de Belgique 2018 lorsque Fernando Alonso, percuté par Nico Hülkenberg a décollé puis est retombé sur sa Sauber. Une roue avant de la McLaren frottant sur le halo de Leclerc.

Romain Grosjean a survécu à un grave accident pendant le Grand Prix de Bahreïn le 29 novembre 2020. Sa voiture accrochée par Daniil Kvyat a traversé a pleine vitesse un rail de sécurité en métal, s'est brisée en deux parties et a pris feu instantanément.

Lewis Hamilton a été protégé par le halo lors du Grand Prix d'Italie 2021 quand, après un accrochage, la Red Bull de Max Verstappen est retombée sur le cockpit de sa Mercedes[7]

Guanyu Zhou a été protégé après un accrochage pendant le Grand Prix de Grande-Bretagne 2022 où sa monoplace s'est retournée avant de percuter violemment le grillage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adam Cooper, « Comment le Halo va changer la F1 en 2018 », Motorsport.com, .
  2. « Ce que l'on ignore sur le Halo », sur France Racing, (consulté le )
  3. « CP Tech devient le premier fournisseur du Halo pour la F1 », sur franceracing.fr, (consulté le )
  4. (en) « Niki Lauda: Halo destroys efforts to boost Formula 1's popularity », sur www.autosport.com (consulté le )
  5. « Formule 1 : la préhistoire du Halo », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (en) « Jackie Stewart: F1 halo critics are like 1960s safety backlash », sur www.autosport.com (consulté le )
  7. « Hamilton remercie le halo après son accrochage avec Verstappen: « Cela a empêché l'accident d’être bien pire. » », sur sudinfo.be, (consulté le )

Articles connexes[modifier | modifier le code]