Halle al'Chair

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La Halle al'Chair, à Namur

La Halle al'Chair, sise dans la ville belge de Namur, est un bâtiment historique de style mosan construit au XVIe siècle. Édifié à l'origine pour la corporation des bouchers, il abrite aujourd'hui le musée archéologique de Namur.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Les facteurs d’émergence du bâtiment[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Construite entre 1588 et 1590 par la volonté du gouverneur de Bruxelles dans un souci d’hygiène, afin d'éviter les maladies, miasmes et odeurs nauséabondes de toutes sortes, la halle al’chair a été édifiée dans le bas de la ville sur la rive gauche de la Sambre, non loin du confluent avec la Meuse. Elle a été construite par les maîtres d’œuvre du Comté de Namur, Bastien Sion et Conrad de Nuremberg. Durant l'Ancien Régime, les bouchers et poissonniers avaient l'obligation d'y débiter leurs viandes. Là, et pas ailleurs, pour des raisons évidentes d'hygiène et de salubrité publique. Lors de sa période boucherie 1590-(? 1806),

  • l’étage inférieur à hauteur de la Sambre servait à débiter la viande. On peut supposer que les arches étaient initialement ouvertes.
  • le rez-de-chaussée abritait les étals pratiquant le commerce de la viande.
  • le 1er étage servait de comptoir et de bureau.

Au XVIIe siècle, la Halle a connu plusieurs affectations. Elle fut tour à tour une école dominicale, un arsenal ou encore un hôpital.

Entrée de la Halle al'Chair

Au XVIIIe siècle, elle fut transformée en lieu de culte protestant pour les troupes hollandaises, en salle de théâtre pour les troupes françaises, pour ensuite redevenir boucherie par la suite...

Au début du XIXe siècle, une niche métallique a été ajoutée au mur de la façade nord, à l’angle de la rue des Bouchers. Elle contient un Bon Dieu de Piété.

En 1806, la halle est devenue propriété de la ville et la Société archéologique y a installé son musée en 1855. À l'époque, le bâtiment n’était pas en très bon état. La Société archéologique a donc décidé d’y effectuer quelques travaux afin d'aménager la Halle. D'abord, le premier étage où s’installa la bibliothèque. Ensuite, le rez-de-chaussée. Vers 1868, une maison accolée à la façade-est de la Halle fut détruite. Il s’agissait de la "Maison des Bouchers". La date de sa construction n’est pas connue. Elle était composée d’une étable au rez-de-chaussée et d’une Chambre de Commerce où les Bouchers se rassemblaient et entreposaient leurs archives. Celle-ci était directement reliée à la Halle par une porte, dont les traces sont encore bien visibles dans le mur de la façade-est.

Le 15 mai 1940, lors des conflits, une compagnie belge décida de faire sauter les ponts de la Sambre. La Halle subit alors d'importants dégâts. Une restauration respectant son aspect d’origine commença dès 1948, conduite par l’architecte Georges Puissant et qui se termina en 1949. Le but principal était de réparer les dommages de guerre, de consolider et de réaménager le bâtiment. Les fenêtres et les portes ont donc été remplacées, la toiture a été refaite, une cheminée fut ajoutée, les caves ont été déblayées, etc.

Aujourd'hui, le bâtiment abrite toujours les collections du Musée et de la Société Archéologique de la Ville de Namur (SAN).

Économique[modifier | modifier le code]

Le premier rôle tenu par la Halle al' Chair était le regroupement et la centralisation des activités des bouchers (Corporation). C’était là qu’ils abattaient les animaux et qu’ils les découpaient, le sang et les abats s’écoulant ensuite dans la Sambre. Le nettoyage du site se faisait aussi vraisemblablement en utilisant l'eau de la rivière toute proche. Une fois la découpe et le dépeçage terminés, les viandes étaient vendues soit sur le marché, soit dans les boutiques situées à l'étage. Le cours d'eau offrait également des facilités de locomotion et de mobilité, tant pour les déplacements des artisans que pour le transport de leur production.

Outre son rôle économique, la position de la halle était également stratégique, car le pont tout proche était à l’époque le seul accès entre les deux rives de la Sambre, faisant ainsi de la rue du Pont le passage obligatoire du charroi et l’un des endroits les plus commerçants de la ville.

Sur la rive opposée se trouvait l’applé, le marché aux poissons.

Bouchers et poissonniers appartenaient à cette époque à la même corporation.

Politique[modifier | modifier le code]

La halle al’chair fut construite à la demande du gouverneur espagnol de Bruxelles, ce qui explique la présence des armoiries de Philippe II qui figurent au-dessus de la porte d’entrée. Abandonnée par les bouchers, qui reçoivent alors l'autorisation de débiter la viande à domicile, elle devient ensuite propriété de la Ville de Namur en 1806. On pensait à l'époque à faire de la halle une salle communale.

Les caractéristiques architecturales et artistiques[modifier | modifier le code]

Le style architectural[modifier | modifier le code]

Le style de la Halle aux Viandes n’est pas clairement défini. Certains parlent de style traditionnel ou traditionnel mosan, d’autres de style de la Renaissance mosane. D’autres encore lient les deux en évoquant un style traditionnel, influencé chez nous d'une manière plus tardive par le style "Renaissance". Il semblerait toutefois que ces considérations fassent encore débat.

Description[modifier | modifier le code]

Vue depuis la rue du Pont

Le bâtiment, de plan rectangulaire, est construit sur un soubassement en pierres calcaires. L'élévation est en briques, placées en appareil croisé. L'édifice est divisé en quatre niveaux : les caves, le rez-de-chaussée, le premier étage et le grenier couvert d'une toiture d’ardoises à croupe et à coyaux (adoucissement de la pente du toit) d’où émerge une double rangée de lucarnes. Les façades sud (côté Sambre) et nord (côté rue des Bouchers) sont composées de dix travées, plus celle de la cage d'escalier, qui est différenciée des autres. Le sous-sol est massif et percé de trois arcades, actuellement murées mais qui étaient certainement ouvertes à l'époque de la boucherie. Le rez-de-chaussée est percé de petites fenêtres harpées. Le premier étage est fortement éclairé par des hautes fenêtres à croisée de pierre, très rapprochées, et harpées elles aussi. Des bandeaux de pierre courant tout au long de la façade donnent de la robustesse à l’ensemble, tout en soulignant l’horizontalité. La façade ouest est celle du portail d'entrée. Cette porte est entourée de deux arcades bouchées qui devaient être ouvertes à l'origine et servaient vraisemblablement de boutiques. Au-dessus de ce portail se trouvent les armoiries de Philippe II d'Espagne. Elles se présentent aujourd'hui sous une forme peinte, les sculptures originales ayant été martelées à la révolution. La façade est n'a pas de percement.

Pour ce qui est de l'intérieur du bâtiment, les caves sont voûtées en berceaux. Les deux niveaux supérieurs sont chacun composés d'une grande salle faisant toute la largeur du bâtiment. Plafonds à poutres et traverses, sols carrelés. Un escalier en bois à deux volées droites superposées relie le rez-de-chaussée au grenier. Le grenier s'ouvre également sur une grande salle et la charpente y est apparente.

Les formes d’aide et les modalités d’intervention qui concernent cet élément[modifier | modifier le code]

La Halle Al'chair est classée comme patrimoine depuis 1936. C’est la ville qui s’occupe du bâtiment, un ouvrier s’occupe de l’entretien intérieur et extérieur.

Les activités[modifier | modifier le code]

Qui ont été développées et/ou dans ses abords immédiats[modifier | modifier le code]

Ce lieu, comme son nom l'indique, assurait une fonction de boucherie. Abandonné par les bouchers qui reçoivent l'autorisation de débiter la viande à domicile, il devient propriété de la Ville de Namur en 1806. Bien que le bâtiment ait connu différentes affectations par la suite : école, magasins, arsenal, hôpital, temple protestant pour les troupes hollandaises, théâtre pour l'occupant français avant de céder le bâtiment aux remarquables collections d'antiquités de la Société archéologique de Namur, qui y expose des antiquités préhistoriques, gallo-romaines et mérovingiennes découvertes lors de campagnes de fouilles. Les pièces présentées sont le résultat de fouilles archéologiques effectuées dans la province de Namur, dans la ville et dans la région. Le Musée archéologique a également présenté une reproduction partielle (tables centrales figurant la ville, la citadelle et les fortifications principales) du plan en relief de Namur datant du XVIIIe siècle et réalisée par Larcher d'Aubancourt (1747-1751), ingénieur du roi Louis XV. La maquette originale (7,76 m de long et 6,5 m de large, composée de 21 tables, l'une des plus vastes de la collection) fut conservée initialement à l'Hôtel des Invalides (Paris, 7e arrondissement), puis ensuite à Lille (France), Palais des beaux-Arts, collection des Plans-Reliefs (N° d’inventaire : D.2004.1.13) où elle se trouve toujours actuellement. Cette Reproduction, commanditée en 1992, à la suite de la commémoration du tricentenaire du siège de Louis XIV, est actuellement visible à la Citadelle de Namur (Terra-Nova).

Qui pourraient être développées dans le futur[modifier | modifier le code]

La ville, propriétaire du bâtiment, va bientôt récupérer le bâtiment après le déménagement de la société archéologique, en partance pour l’ancienne École des Bateliers, bâtiment plus vaste et dans lequel un nouvel espace muséal réaménagé pourra abriter les trésors de la région. Un projet de restauration de la Halle al' Chair est en cours d’étude. Le bâtiment devrait à l'avenir accueillir les touristes, et principalement les groupes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • BASTIN, N., Namur aux Cent visage, Alleur, 1997.
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Liens externes[modifier | modifier le code]