Hakim Ben Hammouda

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Hakim Ben Hammouda
Illustration.
Hakim Ben Hammouda en 2014.
Fonctions
Ministre tunisien de l'Économie et des Finances
Président Moncef Marzouki
Béji Caïd Essebsi
Premier ministre Mehdi Jomaa
Gouvernement Jomaa
Prédécesseur Elyes Fakhfakh
Successeur Slim Chaker (Finances)
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Jemmal, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Indépendant
Diplômé de Université de Grenoble
Profession Économiste

Hakim Ben Hammouda (arabe : حكيم بن حمودة), né le 7 août 1961[1] à Jemmal[2], est un économiste tunisien.

Il occupe le poste de ministre des Finances entre 2014 et 2015.

Formation[modifier | modifier le code]

Il est titulaire d'un diplôme d'études approfondies en sciences économiques en 1985[3] et d'un doctorat en économie en 1990[4] de l'université de Grenoble[5] ainsi que du diplôme national d'habilitation à diriger la recherche, remis par la même université[5] en février 1999[3].

Réussissant à combiner, recherche académique et appui technique opérationnel, il détient une expérience significative sur les questions de développement et de gouvernance économique mondiale ; il se voit souvent invité par des médias nationaux ou internationaux[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il travaille au Programme des Nations unies pour le développement puis intègre la Commission économique pour l'Afrique, en tant que directeur du bureau en Afrique centrale (2001-2003), directeur de la division commerce et intégration régionale (2003-2006), économiste en chef et directeur du département commerce, finance et développement économique (2006-2008)[6]. Il devient ensuite directeur de l'Institut de formation et de la division de la coopération technique à l'Organisation mondiale du commerce (2008-2011) et conseiller spécial du président de la Banque africaine de développement en 2011[7].

Il enseigne régulièrement l'économie internationale et l'économie du développement dans plusieurs universités. Lors du sommet de l'Union africaine (UA), tenu à Accra en juillet 2007, il est nommé par le président en exercice de l'UA, John Kufuor, comme membre du « panel d'éminents Africains » composé de treize hautes personnalités dont l'ancien secrétaire exécutif de la CEA, Adebayo Adedeji (en), et l'ancien envoyé spécial du président de l'UA en Mauritanie, Vijay Makane[8]. Ce panel a pour mission d'auditer l'organisation et de proposer des « stratégies pour son renforcement » ; le rapport d'audit est soumis aux chefs d'États de l'UA lors du sommet d'Addis-Abeba en janvier 2008[9].

Il est également membre des différents comités suivants :

  • comité de pilotage de l'initiative « aide au commerce » de l'Organisation mondiale du commerce (2007-2008) ;
  • comité scientifique des deuxième et troisième cadres de coopération régionale du bureau Afrique du Programme des Nations unies pour le développement (2002-2007 et 2008-2013) ;
  • comité scientifique du programme structurel rural de la Banque mondiale (2006-2008) ;
  • groupe des Nations unies sur le commerce international (2003- ).

Le 29 janvier 2014, il devient ministre de l'Économie et des Finances dans le gouvernement de technocrates mené par Mehdi Jomaa[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Se définissant comme néokeynésien[6], Hakim Ben Hammouda est l'auteur ou coauteur de nombreux rapports d'expertises économiques, plus d'une vingtaine d'ouvrages et une cinquantaine d'articles dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture, dans les domaines de l'économie internationale et du développement. Il publie par ailleurs des chroniques régulières dans l'hebdomadaire Réalités et sur le site Leaders[6] ; celles-ci sont également disponibles sur son blog.

Plus généralement, ses derniers travaux académiques s'intéressent principalement aux déterminants de la croissance et à l'impact de la crise économique pour les économies émergentes. Il publie en mars 2008 un ouvrage de référence sur la crise aux éditions Ellipses, qui contredit la thèse de la déconnexion des cycles économiques entre les pays développés et les pays émergents. Son dernier ouvrage publié en 2010, Crise... naufrage des économistes ? : enquête sur une discipline en plein questionnement coécrit avec Nassim Oulmane et Mustapha Sadni Jallab et publié par les éditions De Boeck, a reçu en avril 2011 une mention d'honneur lors de la remise du prix Turgot[10] qui récompense chaque année le meilleur livre d'économie financière[11]. Son ouvrage publié en 2011, Le G20 et les défis de la gouvernance globale, reçoit en avril 2012 une mention d'honneur au prix de la francophonie FFA-Turgot[12].

  • Burundi. Histoire économique et politique d'un conflit, Paris, Éditions L'Harmattan, (ISBN 2738434436)
  • Tunisie. Ajustement et difficulté internationale, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Forum du tiers-monde », (ISBN 2738435696)
  • L'économie politique du post-ajustement, Paris, Éditions Karthala, coll. « Économie et développement », (ISBN 2865379140)
  • Les pensées uniques en économie, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Forum du tiers-monde », (ISBN 2738454550)
  • Afrique. Pour un nouveau contrat de développement, Paris, Éditions L'Harmattan, (ISBN 2738486053)
  • L'avenir de la zone franc, Paris, Éditions Karthala, coll. « Bibliothèque du Codestria », (ISBN 2845861842)
    coécrit avec Moustapha Kassé
  • Repenser Bretton Woods. Réponses africaines, Paris, Éditions Karthala, coll. « Bibliothèque du Codestria », (ISBN 2845861931)
    coécrit avec Moustapha Kassé
  • Les économies de l'Afrique centrale, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Économie et développement », (ISBN 2706816279)
  • Crise globale. Un regard du sud, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Monde Africain », (ISBN 2706816260)
  • 100 mots pour comprendre le développement, Paris, Maisonneuve et Larose, (ISBN 2706816503)
  • Le NEPAD et les enjeux du développement en Afrique, Paris, Maisonneuve et Larose, (ISBN 2706816694)
  • L'intégration régionale en Afrique centrale : bilan et perspectives, Paris, Éditions Karthala, coll. « Hommes et sociétés », (ISBN 2845863594)
    coécrit avec Bruno Bekolo-Ebe et Touna Mama
  • Bagdad année zéro. Au lendemain de la seconde guerre, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Signe du Temps », (ISBN 2706817801)
  • Les transports et l'intégration régionale en Afrique, Paris, Maisonneuve et Larose, (ISBN 2706818549)
  • L'Afrique et l'OMC, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Les cent mots clés », (ISBN 2706819235)
  • La crise. Origines et perspectives, Paris, Éditions Ellipses, (ISBN 9782729845841)
    coécrit avec Hédi Bchir et Mustapha Sadni Jallab
  • Émergence en Méditerranée. Attractivité, investissements internationaux et délocalisations, Paris, Éditions L'Harmattan, (ISBN 9782296101197)
  • Crise... Naufrage des économistes ? Enquête sur une discipline en plein questionnement, Paris, Éditions Ellipses, (ISBN 9782729845841)
    coécrit avec Nassim Oulmane et Mustapha Sadni Jallab
  • Le G20 et les défis de la gouvernance globale, Louvain-la-Neuve, De Boeck, (ISBN 2804166309)
    coécrit avec Mustapha Sadni Jallab
  • Tunisie. Économie politique d'une révolution, Louvain-la-Neuve, De Boeck, (ISBN 9782804166335)
  • À quoi rêve un Oriental, Paris, Éditions du Cygne, (ISBN 9782849242506)
  • Chroniques d'un naufrage économique mondial (2008 : La débâcle), Paris, Éditions du Cygne, (ISBN 9782849243503)
  • Les nouveaux orientalistes, Tunis, Éditions Arabesques,
  • Chronique d'un ministre de transition, Tunis, Cérès, [13]
  • Sortir du désenchantement : des voies pour renouveler le contrat social tunisien, Tunis, Nirvana, [14]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il reçoit, le 9 juin 2007 à Indianapolis (États-Unis), le prix Alan-Powell pour sa contribution à la réflexion sur le commerce et l'économie internationale. Ce prix annuel représente la plus haute distinction de la discipline. C'est la première fois qu'il est remporté par un chercheur originaire d'un pays en développement. Le 12 février 2015, lors d'une cérémonie organisée au palais présidentiel de Carthage, il reçoit des mains du président de la République tunisienne les insignes de commandeur de l'Ordre de la République tunisienne[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Hakim Ben Hammouda », sur babelio.com (consulté le 29 mars 2019)
  2. Samy Ghorbal, « Hakim Ben Hammouda, directeur de confiance », Jeune Afrique, 2 février 2014, p. 68-69
  3. a et b « Biographie de Hakim Ben Hammouda, ministre de l'Économie et des Finances », sur businessnews.com.tn, (consulté le 29 juin 2019)
  4. « Biographie de Hakim Ben Hammouda ministre de l'économie et des finances », sur babnet.net, (consulté le 29 juin 2019)
  5. a b et c « Qui est Hakim Ben Hammouda, nouveau ministre de l'Économie et des Finances ? », sur espacemanager.com, (consulté le 29 mars 2019)
  6. a b c et d Samy Ghorbal, « "Restaurer la confiance", la mission de Hakim Ben Hammouda en Tunisie », sur jeuneafrique.com, (consulté le 29 mars 2019)
  7. « BAD. Ben Hammouda, de Genève à Tunis », Jeune Afrique, 16 octobre 2011, p. 8
  8. (en) Abdalla Bujr, « The African Union Audit Report: A brief note », sur africafiles.org, (consulté le 10 décembre 2016)
  9. « Treize sages pour une réforme », sur jeuneafrique.com, (consulté le 10 décembre 2016)
  10. « Palmarès de la 24e édition du prix Turgot », sur revue-banque.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  11. « Prix Turgot », sur prix-litteraires.net (consulté le 10 décembre 2016)
  12. « Nominés pour la 25e édition du prix Turgot » [PDF], sur canalacademie.com (consulté le 10 décembre 2016)
  13. Ikhlas Latif, « Hakim Ben Hammouda, confessions d'un ancien ministre », sur businessnews.com.tn, (consulté le 10 décembre 2016)
  14. « Comment Hakim Ben Hammouda veut sortir la Tunisie du désenchantement », sur leaders.com.tn, (consulté le 29 mars 2019)
  15. « Décrets et arrêtés », Journal officiel de la République tunisienne, no 14,‎ , p. 491 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF], consulté le 24 janvier 2019)