Haim de Volozhin

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Haim de Volozhin, également appelé Haim ben Yitzhok de Volozhin, Haim Rabinovitch ou Haim Ickovicz (Valojyn, ) est un rabbin, talmudiste et moraliste orthodoxe. Souvent connu sous le nom de "Reb Haim de Volozhin", il est né à Valojyn, alors partie de la République des Deux Nations. Il passa la plupart de sa vie dans cette ville qui, à sa mort, était passée sous contrôle de l'Empire russe. C'est actuellement une ville de Biélorussie.

Élève du Gaon de Vilna[modifier | modifier le code]

Avec son frère Simha (décédé en 1812), il commence par étudier auprès du Shaagas Aryeh, qui était alors le rabbin de Valojyn. Il étudie ensuite auprès de Rav Raphael Hacohen, l'auteur du Toras Yekusiel. Lorsque celui-ci part pour Hambourg, le jeune Haim, alors âgé de 25 ans, se tourne vers le célèbre Gaon de Vilna et devient l'un de ses disciples les plus dévoués. Sous l'impulsion des méthodes de son nouveau maître, il recommence à étudier du début la Torah, la Michna, le Talmud et même la grammaire hébraïque. Son admiration est sans limite et à la mort du Gaon, Rav Haim dira que personne ne sera jamais meilleur que son maître[1].

La Yechiva de Volozhin[modifier | modifier le code]

Ancienne photo de la Yechiva de Volozhin

Imprégné par les méthodes du Gaon de Vilna, il fonde la Yechiva de Volozhin en 1803, appelé "Ets Haim" (l'Arbre de Vie). Rav Haim commence avec dix élèves choisis parmi les jeunes de Volozhin, qu'il entretient à ses frais. On dit que sa femme est allée jusqu'à vendre ses bijoux pour financer ce projet et le Rav et sa famille habitent dans le bâtiment même de la yechiva. La réputation de la yéchiva s'étend rapidement et de nombreux élèves veulent l'intégrer, mais les fonds manquent. Le Rav lance alors un appel aux Juifs de Russie et ceux-ci répondent massivement. Grâce à leurs nombreux dons, la yechiva continue de grandir jusqu'à accueillir plus de 100 élèves. Celle-ci restera en activité pendant presque un siècle, jusqu'en 1892. Pendant toute son existence, elle fut considérée comme « la mère de toutes les yechivot lituaniennes"[2].

La méthode d'enseignement de la Yechiva de Volozhin est directement inspirée du Gaon de Vilna. Fondée sur une analyse profonde du texte talmudique, elle cherche à expliciter les intentions et le sens des écrits des Rishonim. Cette approche sera suivie par la plupart des grandes yéchivot lituaniennes, comme Slobodka, Mir, Poniewicz, Kelm, Kletsk et Telz.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre principale de Rav 'Haïm est le Nefech Ha'Haïm (L'Âme de la vie, mais par un jeu de mots cela peut aussi être traduit par L'Âme de 'Haïm). Contrairement à une croyance répandue, ce n'est pas seulement un texte philosophique traitant de la compréhension complexe de la Nature Divine, c'est également un écrit sur les secrets de la prière et sur l'importance de l'étude, dont le but est d'« inspirer la Crainte du Ciel dans le cœur de ceux qui cherchent la voie de Dieu ». Il présente une vision du monde d'inspiration kabbalistique qui présente d'étonnantes similitudes avec les textes hassidiques de la même époque. Il y développe l'idée que l'homme est responsable de l'univers tout entier. Les premières pages du Nefesh ha'Haim ont bouleversé Levinas.

Bernard-Henri Lévy a souligné l'importance de l'œuvre de Haïm de Volozhin : « Quelle est sa doctrine ? Elle consiste à dire trois choses . Un : Dieu a créé le monde. Deux : une fois la création achevée, il s'en est retiré. Trois : pour que le monde ne s'effondre pas comme un château de sable et qu'il ne se dé-crée pas, il faut que, par leur prière et leur étude, les hommes en soutiennent infatigablement les murailles fragiles. Le monde est menacé de se défaire et seuls les hommes peuvent empêcher ce processus de dé-création », écrit Lévy[3].

Rav 'Haïm est également l'auteur du Roua'h 'Haïm (Le souffle de vie), un commentaire sur les Pirke Avot.

Famille[modifier | modifier le code]

Rav Haim épouse Sarah Ginzburg, la fille de Rav Arye Leib Ginzburg. Il aura avec elle cinq enfants :

  • Sa fille Esther épouse Rav Hillel Fried de Horodno
  • Son fils Yossef sera connu sous le nom de Reb Yossi Shershever
  • Son fils Isaac lui succède à la tête de la yéchiva en 1821. Lui-même aura pour gendre le Rav Naftali Tzvi Yehouda Berlin, le Netziv
  • Sa fille Relke épouse Rav Yossef Dov Soloveitchik ; ils seront à l'origine de toute la dynastie Soloveitchik
  • Sa fille Hasa épouse Mordehai Kaminetski de Lida

Haïm de Volozhin est décédé le 14 Sivan 1821[4]..

Shimon Peres, l'actuel président de l'État d’Israël, est un descendant de Rav Haim.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nefesh Hachaim. Rav Chaim of Volozhin's classic exploration of the fundamentals of Jewish belief. Translated by Rabbi Avraham Yaakov Finkel. The Judaica Press: Brooklyn, New York, 2000. (ISBN 9781607630210)
  • (en) Shaul Stampfer. Lithuanian Yeshivas Of The Nineteen Century. Creating a Tradition of Learning. The Littman Library of Jewish Civilization. Oxford; Portland, Oregon, 2012.(ISBN 9781874774792)

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en)Jewish Encyclopedia Bibliography : Fuenn, Keneset Yisrael, p. 347-349 ;
  • idem, Kiryah Ne'emanah, p. 156-158;
  • Lewin, Aliyyot Eliyahu, éd. Stettin, p. 70 ;
  • Schechter, Studies in Judaism, Philadelphie, 1896, p. 85 ;
  • Jatzkan, Rabbenu Eliyah mi-Wilna', Saint-Pétersbourg, 1901, p. 100-106 ;
  • Ha-Shahar, vi. 96 ;
  • Eliezer of Botoshan, Kin'at Soferim, p. 796 ;
  • Ahiasaf, 5654, p. 260, et 5699, p. 81 ;
  • Reines, Ozar ha-Sifrut, iii. ;
  • Ha-Kerem, 1887, p. 179-181 ;
  • David Tebele, Bet Dawid, Preface, Varsovie, 1854 ;
  • Maginne Erez, Preface, Shklov, 1803 ;
  • Zedner, Cat. Hebr. Books Brit. Mus. p. 179, 555.S

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Heschel Levin, Aliyyot Eliyahu, Vilna, 1889, pp. 55-56.
  2. "Chut ha-Meshullash », responsum no 5, publié par son arrière-petit-fils (OCLC 13995133)
  3. Bernard-Henri Lévy, Entretiens, Informations juives, novembre 2007.
  4. Voir, Rabbi Avraham Yaakov Finkel, en introduction de sa traduction du Nefesh Hachaim, 2000, p. 21.