Haboob

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Un haboob en approche, à Taji, Irak en 2006.

Un haboob (arabe الهبوب ) est un type de violente tempête de sable observée dans le désert du Sahara, plus particulièrement au Soudan, dans la péninsule Arabique, au Koweït et dans les régions les plus arides de l'Irak[1].

Le mot haboob signifie « vent fort » ou « phénomène ». À travers l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, les noms diffèrent pour définir cette tempête de sable unique en son genre.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Les haboobs africains se produisant en été résultent du déplacement vers le nord du front intertropical, vers l'Afrique du Nord, apportant de l'humidité depuis le golfe de Guinée. Les vents du haboob dans la péninsule arabique, en Irak et au Koweït sont fréquemment créés par l'effondrement d'un orage. Les déserts du sud-ouest de l'Arizona, incluant les régions de Yuma et de Phoenix, connaissent également des haboobs mais à une fréquence beaucoup plus faible[2],[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grain (météorologie).
C'est le long du rouleau formé par la rafale descendante que se produit le haboob.

Pendant la formation d'un orage important ou d'une ligne d'orages, les vents de surface se trouvent à se diriger vers l'orage car ce dernier se déplace généralement dans une direction opposée qui dépend des vents moyens dans la couche de l'atmosphère qu'il occupe. L'air entrant subit un soulèvement et crée un courant ascendant qui va changer de direction pour s'aligner avec le vent moyen d'altitude et peut même entrer en rotation à l'intérieur de l'orage[4],[5].

Quand l'orage s'effondre et que les précipitations commencent à se produire, les mouvements de l'air à l'intérieur de la cellule orageuse s'inversent, avec des rafales descendantes qui s'évasent en éventail en arrivant au sol. Généralement les plus fortes rafales se produisent dans la direction empruntée par l'orage puisque l'air sec et plus froid des niveaux moyens entraîné dans l'orage descend avec la précipitation de celui-ci[4],[5].

Lorsque ce courant descendant atteint le sol sec et forme un front de rafales les particules sableuses du désert sont soulevées, créant un mur de sédiments précédant le nuage d'orage. Ce mur de sable peut atteindre une largeur de 100 km et une hauteur de plusieurs kilomètres. À leur maximum, l’haboob peut se déplacer jusqu’à 35 ou 50 km/h (vitesse maximale de déplacement)[6],[7],[8].

La plupart du temps, la pluie n'est pas vue au niveau du sol, et s'évapore dans l'atmosphère chaude et sèche en virga[4]. Cette évaporation augmente la force du vent puisque la vapeur d'eau doit prendre de l'énergie de l'air environnant ce qui le refroidit et il devient alors plus dense, subissant une poussée d'Archimède vers le bas[4]. Cependant, quand l'air sous l'orage est assez humide et que les précipitations peuvent atteindre le sol, elles se chargent de quantités considérables de poussière.

Dangers[modifier | modifier le code]

Un système de protection oculaire et un système d'aide respiratoire sont conseillés pour une personne devant sortir pendant le passage d'un haboob — bien que le placement en lieu sûr soit hautement conseillé pendant un tel évènement.

Historique[modifier | modifier le code]

En mai 1983, un haboob frappe le Qatar, et présente des caractéristiques inhabituelles : perte soudaine de visibilité, soudaine montée de la pression atmosphérique à 1,5 mbar, suivi de vents forts et visibilité très réduites pendant 4 heures[8].

En juin 2008, un avion de la Sudan Airways traverse avec difficulté un haboob pour atterrir à Khartoum puis prend feu à l'atterrissage, provoquant la mort de 29 passagers[9].

Aux États-Unis, les États de l'Arizona, du Texas et du Nouveau Mexique sont fréquemment touchés par des phénomènes climatologiques similaires que les scientifiques qualifient également de haboobs. Dans le nuit du 5 au 6 juillet 2011, un haboob d'une envergure encore jamais observée recouvre la ville de Phoenix : 1500 mètres de haut pour 160 kilomètres de long[10]. L'utilisation du terme haboob pour décrire cette tempête de sable provoque des réactions xénophobes dans l'opinion publique américaine[11],[12]. L'application du terme haboob pour qualifier les tempêtes de sable américaines s'est répandue à partir de 1972 et la publication de l'article The American Haboob dans la revue scientifique Bulletin of the American Meteorological Society[13].

En janvier 2013, un haboob est observé au large d'Onslow sur la côte ouest australienne[14].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) L. J. Sutton, « Haboobs », Quarterly Journal, Royal Meteorological Society, vol. 51, no 213,‎ , p. 25-30 (résumé)
  2. [PDF] (en) S. B. Idso, R. S. Ingram et J. M. Pritchard, « An American haboob », Bulletin of the American Meteorological Society, AMS, vol. 53, no 10,‎ , p. 930-955 (DOI 10.1175/1520-0477(1972)053<0930:AAH>2.0.CO;2, lire en ligne)
  3. (en) S. B. Idso, « Haboobs in Arizona », Weather, vol. 28, no 4,‎ , p. 154-155
  4. a b c et d (en) T.T. Fujita, The Downburst, microburst and macroburst, Université de Chicago, , 122 p. (ISBN 9996689220 et 978-9996689222)
  5. a et b Service météorologique du Canada, « Les orages et tornades », Documentation, Environnement Canada, (consulté le 31 mai 2009)
  6. (en) J. S. Farquharson, « Haboobs and instability in the Sudan », Quarterly Journal, Royal Meteorological Society, vol. 63, no 271,‎
  7. (en) T. J. Lawson, « Haboob structure at Khartoum », Weather, vol. 26, no 3,‎ , p. 105-112
  8. a et b (en) D. A. Membery, « A gravity-wave haboob? », Weather, vol. 40, no 7,‎ , p. 214-221
  9. (en) Amber Henshaw, « Miracle of surviving Sudan inferno », sur Bbc.co.uk, (consulté le 24 juillet 2019)
  10. (en) Brett Israel, « Haboob Hubbub: The Science of the Monster Phoenix Dust Storm », sur Livescience.com, (consulté en 24 juillet 2019t)
  11. (en) Marc Lacey, « ‘Haboobs’ Stir Critics in Arizona », sur Nytimes.com, (consulté le 24 juillet 2019)
  12. Jason Samenow, « Arabic weather term ‘haboob’ is apparently troubling for some Texans », sur Washingtonpost.com, (consulté le 24 juillet 2019)
  13. (en) Richard Ruelas, « This is why dust storms are called 'haboobs' in Arizona », sur Azcentral.com, (consulté le 24 juillet 2019)
  14. Brett Martin, « Un haboob en Australie », sur Lemonde.fr, (consulté le 24 juillet 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]