HMS Victory (1765)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres navires du même nom, voir HMS Victory.


HMS Victory
Image illustrative de l'article HMS Victory (1765)
HMS Victory en 1900.

Type Vaisseau de ligne de 1er rang (104 canons)
Gréement 3 mats voiles carrées (37 voiles)
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Architecte Thomas Slade
Chantier naval Chatham Dockyard
Commandé
Quille posée
Lancement
Armé 1778
Statut Navire musée à Portsmouth
Navire amiral du First Sea Lord
Équipage
Équipage ~ 850 personnes, 821 lors de la bataille de Tafalgar
Caractéristiques techniques
Longueur 69,2 m
Longueur de coque 56,7 m
Maître-bau 15,80 m
Tirant d'eau 7,44 m
Déplacement 3600 t
Lest 400 t dont 210 t de gueuses
Hauteur de mât 62,5 m
Vitesse 8 à 11 nœuds (vitesse maximale)
Caractéristiques commerciales
Pont 6 ponts + gaillard d'arriere
Capacité Provisions : 940 t
Caractéristiques militaires
Armement 30 canons de 32 livres (pont inférieur)
28 canons de 24 livres (pont médian
30 canons de 12 livres (pont superieur)
12 canons de 12 livres (pont de quart)
2 caronades de 68 livres et 2 caronades de 12 livres (gaillard d'avant)
Carrière
Port d'attache Portsmouth (Angleterre)
Coût 63 176 pound (1778)
Localisation
Coordonnées 50° 48′ 06″ Nord 1° 06′ 34″ Ouest / 50.8018, -1.10954

Le HMS Victory est un navire de ligne de 1er rang britannique à trois-mâts voiles carrées.

Il est principalement connu comme le vaisseau de l'amiral de Nelson lors de la bataille de Trafalgar (vaisseau amiral en second de l'état-major de la Marine, commandant en chef de l'amirauté). Il connut une succession de victoires à la tête de la flotte britannique entre 1778 et 1812.

Il est l'un des deux seuls spécimens au monde de navire de guerre du XVIIIe siècle originaux encore intacts, avec la frégate américaine USS Constitution.

Le HMS Victory, aujourd'hui un navire musée à Portsmouth, constitue une légende en Angleterre, comme étant le navire amiral de Nelson. Cet amiral est un héros national pour les Anglais qui mena, au prix de sa vie, l'Angleterre à la victoire lors de la célèbre bataille de Trafalgar contre la flotte franco-espagnole, brisant les appétits de conquête outre-manche de l'empereur français Napoléon. Cette bataille constitue avec la bataille de Lépante, la bataille de Myong-Yang et le débarquement de Normandie un des épisodes les plus marquant de l'histoire navale.

Histoire du navire[1][modifier | modifier le code]

Le HMS Victory est construit entre 1759 et 1765 au Chatham Dockyard, il est mis en réserve jusqu'en 1778.

En 1778, le HMS Victory devient le navire amiral d'Augustus Keppel, quand commence la guerre d'indépendance américaine en 1778 (bataille d'Ouessant de 1778).

En 1780, il subit une modification de blindage : 17 tonnes constitués de 3923 plaques de cuivre viennent blinder la base de la coque.

En 1781, le HMS Victory est le navire amiral de Richard Kempenfelt, lors de sa victoire à Ouessant la 12 décembre 1781 (bataille d'Ouessant de 1781).

En 1782, le HMS Victory est le navire amiral de Richard Howe, basé à Gibraltar.

En 1782, le HMS Victory est le navire amiral de Samuel Hood, commandant en chef la flotte britannique en Méditerranée. En 1783 Il occupe Toulon que lui ont livrée les royalistes et s’empare des vaisseaux français. Il doit cependant l’abandonner face au siège des troupes de Charles-François Dumouriez. Il occupe brièvement la Corse livrée par Paoli mais échoue en raison des vents défavorables dans une tentative de reprise de Toulon début 1794. Critiqué sur la façon dont il a mené les opérations en Méditerranée, il est rappelé. Bien que promu amiral et vicomte en 1796 il n’exercera plus de commandement.

Proue du HMS Victory avec les armoiries de Georges III

En 1797, le HMS Victory est le navire amiral de John Servis lors de son triomphe lors de la Bataille de la Bataille du cap Saint-Vincent le 14 février 1797 ou il sut prendre l'avantage grâce à sa maitrise de la navigation sur une armada largement supérieure en nombre. Lors de cette bataille, le commandant de la frégate Minerve, un certain Horartio Nelson s'illustrât par sa tactique et son courage, mais aussi par sa désobéissance aux ordres, qui conduit toutefois à la prise brillante de 2 navires espagnols. Mais la destinée en avait pas font encore avec Nelson...

Entre 1800 et 1803 le navire est en réparation.

En 1803, le HMS Victory reprend du service sous les ordres de l'amiral Horatio Nelson, commandant en chef la flotte britannique en Méditerranée. Il possède une nouvelle figure de proue (armoiries de Georges III[2]) et de nouvelles couleurs : noir et jaunes[3], celle qui nous pouvons observer aujourd'hui.

21 octobre 1805, la Bataille de Trafalgar offre une victoire britannique décisive sur la flotte franco-espagnole. Ce fut une des batailles navales les plus importante de l'histoire tant sur le plus historique et ses conséquences sur l'épopée napoléonienne, que sur le nombres de navires engagés. Nelson est tué par un franc-tireur français.

De 1808 à 1812, le navire effectue diverses campagne en Mer Baltique.

Après 1824, il fut retiré du service actif et positionné à Portsmouth ou il reçoit le titre symbolique de navire amiral de Portsmouth.

Le 12 janvier 1922, il est placé en cale sèche à Portsmouth pour être préservé.

En 1928, le navire est ouvert au public par le roi George V.

En 1941, il est endommagé par une bombe allemande tombée entre la coque et le quai.

Aujourd'hui le HMS Victory est la pièce maitresse du Royal Naval Museum à Portsmouth.

Galerie photos : Le Victory à travers les âges[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Gréement du Victory[modifier | modifier le code]

Les 3 mats du Victory grées en carrées permettait le déploiement de 37 voiles[4]. Malgés l'imposante voilure, lui permettant d'atteindre une vitesse maximale entre 8 et 11 nœuds (20 km/h environ)[4], un navire du gabarit du Victory (3600 t pour 69 m de long) reste peu manœuvrant et présente une vitesse moyenne lente. C'est pour cela quand dehors des batailles de lignes, c'était les frégates, qui était le plus utilisés pour porter des messages ou escorter des convois. Elles étaient plus rapides et plus maniables, avec toutefois une bordée 3 fois inférieure à celle d'un vaisseau de 1er rang mais qui reste suffisamment fournie pour engager le feu.

Les hauteurs de travail sur voiles étaient vertigineuses. Le grand mat atteint la hauteur de 62,5 m[4]. A chaque changement de manœuvre de voile, les gabiers du Victory devaient monter dans les gréements pour :

  • Détacher les ris (cordage d'accroche des voiles) pour dépliez les voiles au vent, et nouer les ris pour éviter qu'ils ne s'emmêlent.
  • Diminuer les voiles pour diminuer leur surface aux vents ou les attacher aux vergues avec les ris pour fermer completement leur prises au vents

Armement du Victory [5][modifier | modifier le code]

Batterie moyenne (canons de 24 livres)

L'artillerie navale du Victory est composée d'une série de canons de calibre identique par pont. Les canons les plus lourds sont placés plus bas, pour stabiliser davantage le navire.

  • Pour la batterie inférieure de 30 canons de 32 livres[5], chacune de ces pièces pèse 3,5 tonnes (2,75 t pour le canon lui-même et 0,75 t pour son affût en bois). Ils tirent des boulets de 32 livres soit 14,5 kilogrammes. Propulsés par 5 kilogrammes de poudre, ils sortent du canon deux mètres au-dessus de l'eau à une vitesse de 487 mètres par seconde pour atteindre une distance de 1 600 mètres et pénétrer le chêne sur 76 centimètres[4] à bout portant, Il était extrêmement rare de voir un boulet traverser une coque, en revanche le choc détachait de longues échardes de bois qui voltigeaient et causaient des sérieuses blessures à l'équipage.
  • La batterie moyenne est constituée de 28 canons de 24 livres[5]. Chaque canon pèse 2 25 tonnes[4].
  • La batterie superieure comporte 22 canons longs de 12 livres et 8 canons courts de 12 livres[5].
  • Sur le pont de quart, dans le gaillard d'arrière, une batterie plus légère est formée par 12 canons courts de 12 livres[5].
  • 2 caronades de 12 livres et 2 de caronades 68 livres situées sur le gaillard d'avant à bâbord et à tribord projetant de la mitraille à courte portée[5].

Des canons pouvaient être orientés à l'arrière ou à l'avant pour tirer sur les navires « qui ont pris chasse » c'est-à-dire poursuivant le navire (pièce de retraite) ou qui était pris en chasse (pièce de chasse).

Une partie de ces canons étaient mis en place dans les appartements des officiers dans la poupe, que lorsque le navire entrait en ordre de bataille[5]. En ordre de bataille tout l'équipage était sollicité et affecté à une tâche très précise : Manœuvre du navire, manœuvre des canons, approvisionnement en poudres et munitions, tir au mousquet, soins, ...

Il fallait en moyenne 1minutes et demi aux servant du canon pour le recharger[4]. Des cales permettait de régler la hauteur en fonction de la longueur e hauteur de cible.

Il y avait plusieurs types de munitions :

  • Boulet pleins ronds : dommages structurels pour couler le navire et dommages au hommes par éclats de bois présents dans la coque aux niveaux des ponts d'artilleries[4].
  • Boulet à chaînes : dommages aux cordages et voiles pour immobiliser le navire[4].
  • Boulet à barres ; dommages aux mats et vergues pour immobiliser le navire[4].
  • Mitraille ou grappe de raisins : dommage aux hommes sur le pont supérieur[4]. Il s'agissait de petites billes de métals utilisées généralement dans des canons courts ou des caronades.

Un navire était cher et long à construire aussi, la principale stratégie n'était pas de couler les navires ennemies mais de les immobiliser pour les capturer, l'équipage recevait une partie de la prise[4].

Galerie photo : L'armement du HMS Victory[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Vie à bord[modifier | modifier le code]

Equipage [6][modifier | modifier le code]

L'équipage du HMS victory comportait de nombreuses nationalités à bord et se divisait comme suit (lors de la bataille de Trafalgar) :

- l'amiral Horatio Nelson (Commandant de flotte)

- Le capitaine du navire Thomas Hardy

- 9 officiers

- 48 sous officiers non-assignés :

- 479 matelots :

  • 80 maistrance (Sous- officier marins)
  • 204 marins confirmés
  • 195 marins ordinaires

- 90 terriens (sur les navires de cette époque, c'était des hommes embauchés à bord qui n'avaient pas de connaissance maritime et qui aidaient aux tâches ordinaires ou de navigation sous la responsabilité de matelots ou d'un bosco)

- 40 mousses (souvent des enfants ou des adolescents enrôlés comme les terriens pour aider à la marche du navire)

- des soldats non marins embarqués appelés "troupe de marine" qui tiraient au mousquet depuis le pont et les gréements sur les navires ennemis, assuraient le combat en cas d'abordage :

  • 4 officiers de marines
  • 149 marines

Logement à bord[modifier | modifier le code]

Batterie inférieure qui servait de logement aux marins. Les hamacs étaient suspendus au poutres et parois.

Quartier des matelots[modifier | modifier le code]

Comme sur la majorité des autres navires de guerre de l'époque, les conditions de logement à bord étaient spartiates. Près de 500 membres d'équipages étaient logés dans la batterie inférieure (pont le plus bas au-dessus de la ligne de flottaison portant les canons de 32 livres). Comme les écoutilles des canons étaient maintenues fermées, les ponts inférieurs étaient humides, sombres et malodorants[7]. Les marins dormaient dans des hamacs de 40 cm de large, suspendues à des crochets. Les hamacs étaient décrochés quand ils ne servaient pas et étaient rangés dans des filets sur la rambarde du pont supérieur. Ils servaient de protections contre les balles durant les combats et de bouée de sauvetage en cas de chute en mer[4]. 90 tables étaient dressées entre les canons[8] ou prenait place un "mess" de 4 à 8 hommes[4].

Les lieux de vie n'étant pas suffisant grand pour les tous les marins, ils étaient occupés que par le quart qui n'était pas de service.

La Cabine de l'Amiral Nelson sur le Victory

Quartier des officiers[modifier | modifier le code]

Les cabines de poupes ou logeaient les officiers était à l'opposé des logement des matelots. Les cabines s'étendaient sur 3 niveaux, vastes, luxueuses et lumineuses. Le Captaine Hardy logeait au dernier étage, l'amiral Nelson au milieu et les officiers au premier niveau avait des cabines luxueuses mais collectives. En ordre de bataille, ces logements étaient réquisitionnés : le mobilier et les cloisons intérieures étaient déplacés et remplacés par des canons (dans les batailles de navires de lignes, la supériorité étaient en partie liée à la capacité de chaque bordée en canon)[9].

Poupe de l'HMS Victory avec les 3 niveaux de quartier des officiers

.

Repas[modifier | modifier le code]

Le carrés des officiers sur le Victory
Durant la 2e guerre mondiale, les marins de la Royal Navy prennent leur repas comme leurs prédécesseurs un siècle et demi avant.

Un énorme foyer en fonte, entouré de briques, au centre du gaillard d'avant, permettait de préparer les repas de plus de 800 hommes 3 fois par jour. Nourriture et boisson étaient fournis à profusion sur le Victory, mais peu variés. Il y avait trois repas par jours :

  • Le petit déjeuner comprenait une bouillie froide de flocon d'avoine appelé "Burgoo" et d'une boisson constitutuée d'eau chaude et de biscuit écrasé appelé "Thé écosais"[4].
  • Le diner, désignant à cette époque le repas de midi, comportait de la viande salée cuisinée en ragout avec des légumes secs.
  • Le souper comportait des biscuits avec du beurre et du fromage[10].

Le tout était agrémenté d'une demi pinte de rhum dilué par jour[10] et 1kg de tabacs par mois[4].

Pour prévenir du scorbut, le navire se réapprovisionnait en légumes et viandes fraiches des que s'était possible. Dans le cas contraire du jus de citron vert était servis[4]. Il n'était pas rare sur ce type de navire, que des moutons, des poules mais aussi une vache soit emmenés à bord vivants et parqués. Ces animaux fournissaient de la viande fraiche et du lait frais aux rares privilégiés qui en avaient le droit (officiers supérieurs, malades...).

En cas de longue course en mer, les aliments s'avariait (moisissure, charançons, ...) et l'eau croupissait. Les marins avait alors droit à de l'alcool (4,5 L de bière ou 1 L de vin ou 1/4 de L de rhum par jour)[4].

Les officiers avait un repas différent des marins qu'ils prenaient dans le carré des officiers ou il avait droit à un régime de faveur.

Les tacherons à bord[modifier | modifier le code]

HMS Victory Cutter 1

Pour les opérations lourdes sur le Victory, 200 hommes pouvaient actionner un cabestan monstre, à raisons de 10 hommes par barre du cabestan. Il servait à remonter chacunes des 4 ancres géantes, à la manœuvre de certaines voiles ou le chargement du navire. C'était bien entendu les tâches réservées aux marins les moins expérimentés et les terriens[10].

Une autre tâche laborieuse était le réapprovisionnement et le débarquement / embarquement des troupes et équipage sur le navire. Au 18e siècle, beaucoup de ports ou de zones de mouillage ne permettaient pas une mise à quai du navire, surtout pour des navires avec le gabarit du Victory. Le bateau mouilleait alors en mer, devant la côte ou devant le port. Des chaloupes assuraient alors les va et vients de troupes et de matériel avec la terre.

Le HMS Victory Cutter 1 est une réplique de cotre de 25 pieds similaire à celui utilisé par le HMS Victory. Il est manœuvré, soit à la rame par 6 hommes, soit avec deux voiles auriques.

A fond de Cale[modifier | modifier le code]

La cale est le magasin principal du navire. elle est le pont le plus bas du navire sous la ligne de flottaison. C'est pour cette raison que l'on y stockait la poudre dans une subdivision de la cale dans l'étrave appelée : "La Grande Soutte" isolé du reste navire[4]. On accédait à la grande soute par une seule écoutille très surveillée. La grande soute était encore divisait en 3 salles séparés ou toutes les pièces de métal (cercle de tonneaux, gond de portes, pelles de manutention...) étaient en cuivre, en effet si une étincelles survenait, les soutes à poudres abritaient l'équivalent de 47 tonnes de TNT[4] :

  • La soute aux poudres renfermait les réserves de poudre noire : 35 tonnes de poudre dans 784 tonneaux de 100 livres[4] entrelacés de peaux de cuirs pour éviter la friction. Vous l'aurez compris, on prenait soin de la poudre. Pour la seule bataille de Trafalgar 7,5 tonnes ont été utilisé. Cette cale était blindée en cuivre pour protéger des projectiles éventuels et des rats. Du charbon était étalés sous le plancher pour absorber l'humidité : l'autre enemie de la poudre après les étincelles.
  • La soute aux cartouches est la salles ou était préparées les cartouches. Une trémie de poudre alimentait ce petit atelier où les cartouches étaient confectionnées et stockées dans des râteliers. le pont été plombé et les cloisons cuivrés pour prendre garde de toute étincelles. Durant les batailles, une chaine humaine assurait l'acheminement des coffrets de cartouches vides et le renvoi des coffrets pleins[4].
  • La Salle des feux accueillait un foyer continu qui assurait la veille des lanternes. En ordre de bataille, c'est le capitaine d'arme et le cuisinier qui étaient chargés de cette zone.

Le reste de la cale accueille à sa base 400 tonnes de ballast composé 210 t de gueuses (lingots de fonte de 10kg environ), de galets, des réserves de vivres et 120 tonnes de boulets de canons en réserve[4]. Les galets présent dans la cale avaient une fonction multiple :

  • Les galets sont facilement déplaçables : cela permettait de rééquilibrer facilement le navire[4] (l'assiette dans l'axe du navire t le gite de bâbord à tribord) en fonction de la charge et des besoins de navigation.
  • Il permettait de caler les réserves

Les réserves en vivres assuraient une autonomie de 6 mois de navigation. Elles étaient constituées[4] :

  • de tonneaux de poisson, porc, bœuf salé, beurres et fromages,
  • de tonneaux d'eaux,
  • Sacs de biscuits, d'avoine et de légumes secs,
  • tonneaux de bières, de vin et de rhum ou d'autres alcool forts séparés et stockés à l'arrière gardés en permanence par une sentinelle.

Le faux pont[modifier | modifier le code]

Au dessus de la cale se trouvait un autre niveau de magasin : Le faux pont. Situé aussi sous la ligne de flottaison (partiellement protégé du feu ennemie), il servait[4] :

  • soute secondaire de stockage poudres pour les canons de 12 et 24 livres
  • infirmerie d'urgence et salle d'opération pendant les combats.
  • Stockage des voiles et cordages
  • Magasin-atelier du menuisier, canonnier et maitre d'équipage
  • Logement du médecin, commissaire, agent aux vivres et serviteurs du capitaine
  • Réfectoires des aspirants

Au rythme du quart[modifier | modifier le code]

La barre du Victory, toutes les 4 heures, les navigateurs se relayent à la navigation et ont à charge de sonner la cloche de quart.

La barre du Victory est habité sous la dunette à l'arrière du navire[4]. La barre est relié aux commandes du gouvernail par des systèmes de poulies et des cordages qui traversent les ponts inférieur. C'est ici que se relayaient toutes les 4 heures les "maitres" chargés de la navigation. Le navire avançait jour et nuits, il y avait 6 quarts par tranche de 24 h :

  • 0-4 h du matin
  • 4-8h du matin
  • 8h-midi
  • 12-16h
  • 16-20h
  • 20h-Minuit

L'équipe de quart avait la responsabilité de la navigation mais également de la veille météo, la surveillance d'autres navires en vue ou d'obstacle éventuel ainsi que la cloche de quart. Sur le Victory, comme sur les autres navires de la même époque, la cloche de quart est l'une des pièces les plus symboliques. Elle rythmait la vie à bord des navires toutes les demi-heures jour et nuits[4], un coup par demi-heure, deux coups brefs par heure :

  • Premiere demi-heure du quart : 1 coup
  • Premiere heure du quart : 2 coups brefs
  • 1h et demi : 2 coups brefs + 1 coup
  • 2h : 2 coups brefs + 2 coups brefs
  • 2h et demi : 2 coups brefs + 2 coups brefs + 1 coup
  • 3h : 2 coups brefs + 2 coups brefs + 2 coups brefs
  • 3h et demi : 2 coups brefs + 2 coups brefs + 2 coups brefs + 1 coup
  • 4h : 2 coups brefs + 2 coups brefs + 2 coups brefs + 2 coups brefs.

Ce signal annonçait le changement de quart et le cycle de sonneries reprennait.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

"L'Anglettere attend que chaque homme fasse son devoir"[11][modifier | modifier le code]

Le fameux message de Nelson sur les mat du Victory « England expects that every man will do his duty»

Ces mots résonnent pour les anglais comme un "appel du 18 juin". Il s'agit d'un celebre message que donna l'amiral Nelson par fanions, depuis le HMS Victory, avant de livrer bataille à Trafalgar. En commémoration, chaque 21 octobre de chaque année, le message de Nelson flotte sur le Victory.

Le message de Nelson en fanions ( A lire en colonne de haut en bas)

Là ou tomba l'amiral[modifier | modifier le code]

Plaque marquant l'endroit ou Nelson fut mortellement blessé par un franc-tireur du Redoutable

Une plaque commémorative sur le pont du navire, rappelle l'endroit ou Nelson a été mortellement blessé par un franc-tireur français. Cette plaque illustre l'admiration de Nelson par le peuple britannique.

A l'approche de la Bataille de Trafalgar, le capitaine du Victory, Thomas Hardy suggère à Nelson de supprimer les décorations sur sa veste, de sorte qu'il ne soit pas facilement identifié par des tireurs d'élite ennemis. Nelson répond qu'il est trop tard pour changer de vêtements, ajoutant que les décorations sont des médailles militaires et qu'il n'a pas peur de les montrer à l'ennemi. Alors que Le Victory engage le combat avec le vaisseau amiral français Le Bucentaure. Le Victory est pris pour cible par le Redoutable et le navire amiral espagnol Santísima Trinidad.

Peu de temps après treize heures, le capitaine du Victory, Hardy réalise que Nelson n'est plus à ses côtés. Il se retourne pour voir Nelson à genoux sur le pont, s'appuyant sur sa main, avant de tomber sur le flanc. Hardy se précipite vers lui et Nelson sourit, en disant « Hardy, je pense qu'ils ont enfin réussi… ma colonne vertébrale est touchée ». Il avait été touché par un tireur d'élite du Redoutable. La balle a pénétré son épaule gauche, transpercé son poumon et la colonne vertébrale avant de s'immobiliser dans les muscles dorsaux à cinq centimètres au-dessous de l'omoplate droite. Nelson est transporté au pont inférieur par deux marins et un officier avec un mouchoir sur son visage pour éviter de démoraliser les membres de l'équipage. Il agonise 3h et meurt à 16h30.

Pour respecter le souhait de Nelson d'être enterré, contrairement à la coutume des marins d'être jeté à la mer, et afin de conserver le corps de Nelson, William Beatty propose de le placer dans un tonneau d'eau-de-vie, mélangé avec du camphre et de la myrrhe Le tonneau est ensuite attaché au mât principal du Victory et placé sous bonne garde. Endommagé, le Victory est remorqué après la bataille vers Gibraltar et à son arrivée, le corps est transféré dans un cercueil doublé de plomb rempli d'eau-de-vie de vin.

Le cercueil de Nelson est renvoyé en Grande-Bretagne à bord du Victory. Déchargé au Nore, il est emmené à Greenwich et placé dans un cercueil de bois, fait à partir du mât de L'Orient qui avait été récupéré après la bataille d'Aboukir. Il reste trois jours, avant d'être remonté sur la Tamise à bord d'une barge, accompagné par Lord Hood, Peter Parker et le Prince de Galles George IV. Le jour suivant, le 9 janvier, un cortège funèbre composé de trente-deux amiraux, d'une centaine de capitaines et d'environ 10 000 soldats prend le cercueil de l'Amirauté pour l'emmener à la cathédrale Saint-Paul.

Le HMS Victory dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Il est très probable que le HMS Victory ait inspiré de nombreux navires dans la culture populaire, comme dans la trilogie Pirates des Caraïbes : l’Intrépide (La Malédiction du Black Pearl), et l’Endeavour (Jusqu'au bout du monde).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 20
  2. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), page 23
  3. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 21
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z et aa P.J. Green
  5. a, b, c, d, e, f et g Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), page 18 et 22
  6. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 18
  7. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 23
  8. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 22
  9. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), Page 19
  10. a, b et c Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard, page 22
  11. Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard (2007), page 23

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Brian Lavery, Nelson's Victory : 250 years of war and peace, Seaforth Publishing,
  • Rémi Monaque, Trafalgar : 21 octobre 1805, Tallandier, (ISBN 2-84734-236-2)
  • (en) Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard, Flagship Portsmouth Trust, , 48 p. (ISBN 0953108406)
  • P.J. Green (trad. de l'anglais), HMS Victory, RN graphics Centre, 2SL/CNH, livret 4 volets (RNGC 04/357)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :