HMS Ark Royal (91)

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HMS Ark Royal
Photo en noir et blanc d'un porte-avions vu de tribord, survolé par des avions biplans.
Le HMS Ark Royal en 1939, survolé par des Fairey Swordfish.

Type Porte-avions
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Commanditaire Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Chantier naval Cammell Laird
Commandé [1]
Lancement
Commission
Statut  : coulé par le U-81
Équipage
Équipage 1 580 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 243,8 m
Maître-bau 28,9 m
Tirant d'eau 8,46 m
Déplacement 22 000 long tons (22 352 t)
À pleine charge 27 720 long tons (28 164 t)
Propulsion 3 hélices
Turbines à engrenage Parsons
6 chaudières Admiralty
Puissance 102 000 ch
Vitesse 31 nœuds (57 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 116 mm
Cloisons : 64 à 76 mm
Pont inférieur : 89 mm
Armement 8 × 2 canons de 113 mm
0004 canons de 47 mm
4 × 8 canons de 47 mm AA
8 × 2 mit. de 12,7 mm (en)
Rayon d'action 10 300 milles marins (19 100 km) à 16 nœuds (30 km/h)
(4 620 tonnes de fioul
Aéronefs 60 à 72 avions
Carrière
Indicatif 91
Localisation
Coordonnées 36° 03′ Nord, 4° 45′ Ouest

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
HMS Ark Royal
HMS Ark Royal

Le HMS Ark Royal (91) est un porte-avions de la Royal Navy qui participe à la Seconde Guerre mondiale.

Conçu en 1934 selon les restrictions du traité naval de Washington, l'Ark Royal est construit par Cammell Laird à Birkenhead, en Angleterre, lancé en 1937 et armé en . Sa conception diffère de ses prédécesseurs : c'est le premier navire sur lequel les hangars et le pont d'envol sont parties intégrantes de la coque au lieu d'être des rajouts sur la superstructure ; il peut emporter de 60 à 72 avions et possède des hangars sur deux niveaux. C'est ainsi qu'il est mis en service dans une période cruciale de l'histoire de l'aéronavale, et participe au développement et à l'amélioration de nombreuses tactiques impliquant les porte-avions.

L'Ark Royal sert ainsi sur les théâtres navals parmi les plus actifs de la Seconde Guerre mondiale : il est impliqué dans le naufrage de plusieurs Uboote, participe à la campagne de Norvège, à la poursuite du Bismarck et à la protection de convois de ravitaillement pour Malte. Survivant de peu à plusieurs attaques, il est surnommé le « navire chanceux »[note 1] ; les Allemands, de nombreuses fois, annoncent à tort son naufrage. Il est finalement torpillé le par le sous-marin allemand U-81, et coule le jour suivant. Son naufrage est l'objet de plusieurs enquêtes, afin de savoir comment le navire a pu sombrer malgré la tentative de remorquage vers Gibraltar ; de nombreuses failles structurelles ayant contribué à la perte du navire sont mise à jour, erreurs rectifiées dans les porte-avions britanniques construits ultérieurement.

En , l'épave du HMS Ark Royal est découverte à environ 30 milles marins (56 km) au large de Gibraltar, à une profondeur de 1 000 mètres, par une société américaine utilisant un sonar monté sur un véhicule amphibie autonome ; sous contrat de la BBC, elle participait à la réalisation d'un documentaire sur le porte-avions.

Conception[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un porte-avions depuis tribord arrière.
On peut voir sur cette photo que le pont d'envol de l'Ark Royal's dépasse grandement la poupe.

En 1923 l'amirauté britannique conçoit un plan décennal d'armement visant notamment à la construction d'un porte-avion et l’acquisition de 300 avions pour la Fleet Air Arm[2]. La situation économique suivant la Première Guerre mondiale induit un report dans la construction. En 1930, le Directeur de la construction navale, Sir Arthur Johns, commence à mettre au point les plans d'un tel navire en y intégrant de nouvelles technologie. Son souhait est d'augmenter le nombre d'avions embarqués en réduisant les distances de décollage et d'atterrissage de ceux-ci. Pour cela, il combine l'utilisation de la catapulte et du brin d'arrêt, parvenant ainsi à gagner de l'espace pour le stockage et la préparation des avions[2],[3], avec la présence de deux ponts-hangar permettant au Ark Royal de transporter 72 avions. Cependant, le développement d'avions plus gros et plus lourds pendant la construction du porte-avions induit une réduction de leur nombre à 50 ou 60 unités[4]. Les hangars des avions sont placés à l'intérieur de la coque, ils bénéficient ainsi du blindage de ceinture de celle-ci : 4,5 pouces (114,3 mm). Trois ascenseurs permettent le déplacement des avions entre les hangars et le pont d'envol[3]. Une autre particularité de ce porte-avions tient dans la longueur et la hauteur du pont d'envol. Ainsi, avec 800 pieds (243,8 m) de long, il est 118 pieds (36 m) plus long que la quille, les dimensions de celle-ci étant dictées par la taille des formes de radoub de Gibraltar et de Malte[3]. Les hangars étant intégrés à la coque, le pont se situe très haut, à 66 pieds (20,1 m) au-dessus de la ligne de flottaison[5].

Après la Première Guerre mondiale, le tonnage maximal des navires de guerres de chaque nation est restreint par le traité naval de Washington puis par le traité naval de Londres, cette restriction devant expirer à la fin de l'année 1936[note 2]. Une potentielle course aux armements navals opposant le Royaume-Uni, le Japon et l'Italie se dessinant, le gouvernement du Royaume-Uni cherche à faire signer le second Traité naval de Londres, limitant le déplacement des porte-avions à 22 000 long tons (22 352 t)[8]. L'Ark Royal aurait respecté cette limite, anticipée. Ainsi, afin de réduire le poids, le blindage est limité à la [ceinture, aux salles des machines et aux soutes à munition ; l'utilisation du soudage en lieu et place du rivetage sur 65% de la coque permet d'économiser 500 long tons (508 t). L'installation d'un pont d'envol blindé n'est pas possible, son poids trop important ayant dépassé les limites de poids, tout en réduisant l'endurance et la stabilité du navire[8]. Le porte-avions possède une ceinture anti-torpilles (en) triple basée sur une structure vide-liquide-vide très semblable à celle utilisée sur les cuirassés de la classe King George V ; elle est conçue pour le protéger des torpilles ayant une ogive de moins de 750 livres (340 kilogrammes)[9],[10].

Construction[modifier | modifier le code]

Armement et avions[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le HMS Ark Royal en 1939, survolé par une partie de ses Fairey Swordfish.

Devant opérer dans des mers essentiellement fermées sous la menace de l’aviation basée à terre et des batteries côtières sans réelle possibilité de s’esquiver, les Britanniques se préoccupent de la protection passive de leurs porte-avions d’escadre. C’est ainsi que Sir Stanley Vernon Goodall, directeur de la construction navale du bureau de l'amirauté invente le porte-avions à pont d'envol blindé.

Ces porte-avions au nombre de sept (l’Ark Royal, les quatre de la classe Illustrious et les deux de la classe Implacable) étaient cependant très longs et très coûteux à construire avec une capacité aéronautique assez faible.

Dès le début des hostilités de la Seconde Guerre mondiale en 1939, le , l’Ark Royal participe au sauvetage du sous-marin HMS Spearfish endommagé et échoué sur des récifs dans le Kattegat. Pendant cette opération le , un de ses avions, un Blackburn Skua livre son premier combat aérien contre l'ennemi.

Première attaque[modifier | modifier le code]

Le , le U-39 tente de le torpiller, au nord-ouest de l'archipel de Saint-Kilda au large des Hébrides extérieures et de l'Écosse, mais les deux torpilles explosent prématurément. L'U-39 est coulé ensuite dans l'Atlantique nord au nord-ouest de l'Irlande à la position géographique de 58° 32′ N, 11° 49′ O par des charges de profondeur lancées par les destroyers britanniques HMS Faulknor, HMS Foxhound et HMS Firedrake utilisant un ASDIC pour le repérer qui l'obligent à faire surface. Subissant des coups de canon des trois destroyers, l'évacuation du sous-marin est ordonnée. Les 44 membres d'équipage sont tous faits prisonniers après cette attaque. Il s'agit de la première utilisation réussi de l'ASDIC et le U-39 est le premier U-boot allemand coulé durant ce conflit.

La traque de l’Admiral Graf Spee[modifier | modifier le code]

En , il est engagé dans la poursuite du cuirassé de poche allemand l’Admiral Graf Spee dans l'océan Atlantique sud, lequel se saborde dans la baie de Montevideo persuadé qu'une flotte britannique importante l’attend pour l'écraser.

La campagne de Norvège[modifier | modifier le code]

Au printemps 1940, il participe à la campagne norvégienne avec le HMS Glorious : ses avions mettent à mal la flotte allemande. Le , l’Ark Royal lance une attaque aérienne sur Trondheim (Norvège) ; à cause du temps brumeux, deux destroyers, le HMS Antelope et le HMS Electra entrent en collision et doivent retourner en Angleterre pour réparations urgentes.

L'attaque de Mers el-Kébir[modifier | modifier le code]

Il est un des bâtiments essentiels lors de la bataille de Mers el-Kébir contre la flotte française.

La poursuite du Scharnhorst et du Gneisenau[modifier | modifier le code]

En , le HMS Ark Royal essaie en vain d'intercepter les deux cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau qui rentrent à Brest à la suite de l’opération Berlin (en) ; il les repère mais ne peut gagner une position d'attaque.

L'attaque décisive sur le Bismarck[modifier | modifier le code]

En , l'HMS Ark Royal, avec l'aide du HMS Renown et du croiseur HMS Sheffield, a la mission de rechercher le cuirassé allemand Bismarck dans l'océan Atlantique. Le , ses avions détectent le cuirassé ennemi et, le lendemain, une attaque aérienne est ordonnée en soirée, au moyen d’avions Fairey Swordfish équipés de torpilles. Les pilotes non informés de la proximité du Sheffield, envoyé en avant pour le combat, attaquent en premier le navire britannique, mais ils s’aperçoivent trop tard de leur méprise et le Sheffield ne doit son salut qu'à la défectuosité du système de mise à feu des torpilles, lequel provoque leur explosion prématurée dès leur entrée dans l’eau. Peu après, une autre vague d’avions lance des torpilles plus efficaces contre le Bismarck et endommage gravement son gouvernail, ce qui le met à la merci de la flotte britannique qui s'approche et lance l’attaque finale par ses cuirassés et croiseurs le lendemain matin,  : le Bismarck, écrasé sous les obus, coule dans la matinée.

Torpillage et fin[modifier | modifier le code]

Le HMS Ark Royal, torpillé, gîte dangereusement. Le destroyer HMS Legion (G74) (en) est à ses côtés pour secourir l'équipage.

Retourné en Méditerranée, l’Ark Royal est torpillé, à la mi-, par le sous-marin allemand U-81. Malgré les faibles dommages apparents, il chavire le lendemain et coule. Un seul de ses matelots est tué.

La recherche de l’épave[modifier | modifier le code]

L'emplacement exact de l'épave de l’Ark Royal en Méditerranée a toujours été gardé secret jusqu'à la mi-. La BBC annonce à cette même époque qu'un film a été tourné et indique avoir localisé le HMS Ark Royal par 900 mètres de profondeur à environ 30 milles — 50 kilomètres — des côtes de Gibraltar.

Principales batailles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « lucky ship »
  2. Le traité naval de Washington, signé en , impose à la Royal Navy un tonnage maximal de 135 000 long tons (137 160 tonnes) pour sa flotte de porte-avions, aucun navire ne devant excéder les 33 000 long tons (33 528 t), deux seulement pouvant excéder les 27 000 long tons (27 432 t)[6]. Le traité naval de Londres, signé en empêche les signataires de construire de nouveaux navires capitaux, on de convertir les existants en porte-avions, jusqu'à 1937[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gardiner et Chesneau 1980.
  2. a et b Rossiter 2007, p. 43-44.
  3. a, b et c Bishop et Chant 2004, p. 45.
  4. Rossiter 2007, p. 48-51.
  5. Jameson 2004, p. 16.
  6. Département d'État des États-Unis 1922, p. 247-266.
  7. Goldman 1994, p. 317-319.
  8. a et b Rossiter 2007, p. 48-49.
  9. Garzke, Dulin Jr. et Webb 1980, p. 264-265.
  10. Friedman 1988, p. 121.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Balfour, Propaganda in War 1939–1945 : Organisation, Policies and Publics in Britain and Germany, Londres, Routledge & Kegan Paul, (ISBN 0-7100-0193-2, OCLC 5373844)
  • (en) Cajus Bekker (trad. Frank Zielger), The Luftwaffe War Diaries, Londres, Corgi, (ISBN 0-552-08236-8, OCLC 30270475)
  • (en) Chris Bishop et Christopher Chant, Aircraft Carriers : The World's Greatest Naval Vessels and Their Aircraft, Grand Rapids (MI), Zenith, (ISBN 0-7603-2005-5, OCLC 56646560, lire en ligne)
  • (en) David Brown, J. D. Brown et David Hobbs, Carrier Operations in World War II, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-108-2)
  • (en) Roger Chesneau, Aircraft Carriers of the World, 1914 to the present; an illustrated encyclopedia, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-902-2, OCLC 11018793)
  • (en) J. J. Colledge et Ben Warlow, Ships of the Royal Navy : The Complete Record of all Fighting Ships of the Royal Navy from the 15th Century to the Present, Newbury, Casemate, (1re éd. 1969) (ISBN 978-1-935149-07-1)
  • (en) James P. Duffy, Target America: Hitler's Plan to Attack the United States, New York, Lyons, , 3e éd. (1re éd. 2004) (ISBN 1-59228-934-7, OCLC 70264388)
  • (en) Bernard Edwards, Dönitz and the Wolf Packs : the U-boats at war, Londres, Cassell, , 2e éd. (1re éd. 1996) (ISBN 0-304-35203-9, OCLC 41465151)
  • (en) Norman Friedman, British Carrier Aviation : The Evolution of the Ships and their Aircraft, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-054-8)
  • (en) Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships (1922-1946), [détail de l’édition]
  • (en) William Garzke et John Dulin, Battleships: Axis and Neutral Battleships in World War II, Annapolis, Naval Institute Press, (ISBN 978-0-87021-101-0)
  • (en) William H. Garzke, Robert O. Dulin Jr. et Thomas G. Webb, Allied Battleships in World War II, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-100-5)
  • (en) Emily O. Goldman, Sunken Treaties: Naval Arms Control Between the Wars, University Park (PA), Pennsylvania State University, (ISBN 0-271-01034-7, OCLC 28723444)
  • (en) William Jameson, Ark Royal: the Life of an Aircraft Carrier at War 1939–41, Periscope Publishing, , 2e éd. (1re éd. 1957) (ISBN 1-904381-27-8)
  • (en) H. T. Lenton, British and Empire Warships of the Second World War, Londres, Greenhill Books, (ISBN 1-85367-277-7, OCLC 39245871)
  • (en) William Harry Mitchell et Leonard Arthur Sawyer, The Empire Ships: A Record of British-built and Acquired Merchant Ships During the Second World War, Lloyd's of London Press, (ISBN 1-85044-275-4)
  • (en) Vincent O'Hara, Struggle for the Middle Sea, vol. 1, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-648-3)
  • (en) Département d'État des États-Unis, Papers relating to the foreign relations of the United States, vol. I, Washington, US G.P.O., , 247–266 p. (OCLC 24045525, lire en ligne), « Conference on the Limitation of Armament »
  • (en) Lawrence Paterson, U-boats in the Mediterranean, 1941–1944, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-893-7)
  • (en) Mike Rossiter, Ark Royal: the life, death and rediscovery of the legendary Second World War aircraft carrier, Londres, Corgi Books, , 2e éd. (1re éd. 2006) (ISBN 978-0-552-15369-0, OCLC 81453068)
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  • (en) J. N. Westwood, Fighting ships of World War II, Londres, Sidgwick and Jackson (for Book Club Associates), (1re éd. 1971) (ISBN 0-283-98287-X, OCLC 2090062)
  • (en) Gordon Williamson, German Battleships 1939–45, Oxford, Osprey Publishing, (ISBN 978-1-84176-498-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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