HMS Ark Royal (91)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres navires du même nom, voir HMS Ark Royal.
HMS Ark Royal
Photo en noir et blanc d'un porte-avions vu de tribord, survolé par des avions biplans.
Le HMS Ark Royal en 1939, survolé par des Fairey Swordfish.

Type Porte-avions
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Commanditaire Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Chantier naval Cammell Laird
Commandé [1]
Lancement
Commission
Statut  : coulé par le U-81
Équipage
Équipage 1 580 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 243,8 m
Maître-bau 28,9 m
Tirant d'eau 8,46 m
Déplacement 22 000 long tons (22 352 t)
À pleine charge 27 720 long tons (28 164 t)
Propulsion 3 hélices
Turbines à engrenage Parsons
6 chaudières Admiralty à 3 corps
Puissance 102 000 ch
Vitesse 31 nœuds (57 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 116 mm
Cloisons : 64 à 76 mm
Pont inférieur : 89 mm
Armement 8 × 2canons de 113 mm
0004 canons de 47 mm
4 × canons de 47 mm AA
8 × mit. de 12,7 mm (en)
Rayon d'action 10 300 milles marins (19 100 km) à 16 nœuds (30 km/h)
(4 620 tonnes de fioul)
Aéronefs 60 à 72 avions
Carrière
Indicatif 91
Localisation
Coordonnées 36° 03′ nord, 4° 45′ ouest

Géolocalisation sur la carte : Méditerranée

(Voir situation sur carte : Méditerranée)
HMS Ark Royal
HMS Ark Royal

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
HMS Ark Royal
HMS Ark Royal

Le HMS Ark Royal (91) est un porte-avions de la Royal Navy qui participa à la Seconde Guerre mondiale.

Conçu en 1934 selon les restrictions du traité naval de Washington, l'Ark Royal est construit par Cammell Laird à Birkenhead, en Angleterre, lancé en 1937 et armé en . Sa conception diffère de ses prédécesseurs : c'est le premier porte-avions sur lequel les hangars et le pont d'envol sont parties intégrantes de la coque au lieu d'être des rajouts sur la superstructure ; il peut emporter de 60 à 72 avions et possède des hangars sur deux niveaux. C'est ainsi qu'il est mis en service dans une période cruciale de l'histoire de l'aéronavale, et participe au développement et à l'amélioration de nombreuses tactiques impliquant les porte-avions.

L'Ark Royal sert ainsi sur les théâtres navals parmi les plus actifs de la Seconde Guerre mondiale : il est impliqué dans la destruction de plusieurs Uboote, participe à la campagne de Norvège, à la poursuite du Bismarck et à la protection de convois de ravitaillement pour Malte. Survivant de peu à plusieurs attaques, il est surnommé le « navire chanceux »[note 1] ; les Allemands, de nombreuses fois, annoncent à tort son naufrage. Il est finalement torpillé le par le sous-marin allemand U-81, et coule le jour suivant. Son naufrage est l'objet de plusieurs enquêtes, afin de savoir comment le bâtiment a pu sombrer malgré la tentative de remorquage vers Gibraltar ; de nombreuses failles structurelles ayant contribué à la perte du navire sont mises à jour, erreurs rectifiées dans les porte-avions britanniques construits ultérieurement.

En , l'épave du HMS Ark Royal est découverte à environ 30 milles marins (56 km) au large de Gibraltar, à une profondeur de 1 000 mètres, par une société américaine utilisant un sonar monté sur un véhicule amphibie autonome ; sous contrat de la BBC, elle participait à la réalisation d'un documentaire sur le porte-avions.

Conception[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un porte-avions depuis tribord arrière.
On peut voir sur cette photo que le pont d'envol de l'Ark Royal's dépasse grandement la poupe.

En 1923 l'amirauté britannique conçoit un plan décennal d'armement visant notamment à la construction d'un porte-avion et l’acquisition de 300 avions pour la Fleet Air Arm[2]. La situation économique suivant la Première Guerre mondiale induit un report dans la construction. En 1930, le Directeur de la construction navale, Sir Arthur Johns, commence à mettre au point les plans d'un tel navire en y intégrant de nouvelles technologie. Son souhait est d'augmenter le nombre d'avions embarqués en réduisant les distances de décollage et d'atterrissage de ceux-ci. Pour cela, il combine l'utilisation de la catapulte et du brin d'arrêt, parvenant ainsi à gagner de l'espace pour le stockage et la préparation des avions[2],[3], avec la présence de deux ponts-hangar permettant au Ark Royal de transporter 72 avions. Cependant, le développement d'avions plus gros et plus lourds pendant la construction du porte-avions induit une réduction de leur nombre à 50 ou 60 unités[4]. Les hangars des avions sont placés à l'intérieur de la coque, ils bénéficient ainsi du blindage de ceinture de celle-ci : 4,5 pouces (114,3 mm). Trois ascenseurs permettent le déplacement des avions entre les hangars et le pont d'envol[3]. Une autre particularité de ce porte-avions tient dans la longueur et la hauteur du pont d'envol. Ainsi, avec 800 pieds (243,8 m) de long, il est 118 pieds (36 m) plus long que la quille, les dimensions de celle-ci étant dictées par la taille des formes de radoub de Gibraltar et de Malte[3]. Les hangars étant intégrés à la coque, le pont se situe très haut, à 66 pieds (20,1 m) au-dessus de la ligne de flottaison[5].

Après la Première Guerre mondiale, le tonnage maximal des navires de guerres de chaque nation est restreint par le traité naval de Washington puis par le traité naval de Londres, cette restriction devant expirer à la fin de l'année 1936[note 2]. Une potentielle course aux armements navals opposant le Royaume-Uni, le Japon et l'Italie se dessinant, le gouvernement du Royaume-Uni cherche à faire signer le second Traité naval de Londres, limitant le déplacement des porte-avions à 22 000 long tons (22 352 t)[8]. L'Ark Royal aurait respecté cette limite, anticipée. Ainsi, afin de réduire le poids, le blindage est limité à la ceinture, aux salles des machines et aux soutes à munition ; l'utilisation du soudage en lieu et place du rivetage sur 65% de la coque permet d'économiser 500 long tons (508 t). L'installation d'un pont d'envol blindé n'est pas possible, son poids trop important ayant dépassé les limites de poids, tout en réduisant l'endurance et la stabilité du navire[8]. Le porte-avions possède une ceinture anti-torpilles triple basée sur une structure vide-liquide-vide très semblable à celle utilisée sur les cuirassés de la classe King George V ; elle est conçue pour le protéger des torpilles ayant une ogive de moins de 750 livres (340 kilogrammes)[9],[10].

Le navire est équipé de six chaudières, qui fournissent de l'énergie à trois turbines à engrenages Parsons. Celles-ci sont connectées via trois arbres de transmission aux trois hélices de 16 pieds (5 m) de diamètre qui peuvent théoriquement propulser l'Ark Royal à une vitesse de 30 nœuds (55,6 kilomètres par heure)[11],[12]. Cette vitesse est vitale pour le navire, lui permettant de se mettre au plus vite face au vent afin de lancer ou de récupérer ses avions. Afin d'éviter de mettre en danger son escorte de par ces fréquents changement de cap, le porte-avions doit s'éloigner de celle-ci avant de revenir lorsque les opérations de décollage ou d'atterrissage sont terminées. De plus, comme l'Ark Royal n'est pas équipé pour le combat navire contre navire, sa vitesse reste son atout le plus sûr[2].

Construction[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un porte-avions vu du dessus par trois-quarts avant bâbord
L'Ark Royal juste après son lancement : les ascenseurs sur le pont d'envol et les emplacements des canons antiaériens sur la coque sont bien visibles.

En 1933, la détérioration de la situation internationale, symbolisée par le réarmement de l'Allemagne et les velléités d'expansion de l'Empire du Japon et de l'Italie fasciste conduisent les Britanniques à avancer des fonds pour la construction du porte-avions dans les propositions de budget de 1934[13]. Finis en , les plans sont soumis en à Cammell Laird, qui évalue le coût de la construction de la coque à 1 496 250 £ (soit 87 940 000 £ en 2017[note 3]) et celle des machines à environ 500 000 £[11],[14] (soit 29 390 000 £ en 2017). Le coût total est estimé à plus de trois millions de livres sterling, faisant de l'Ark Royal le navire le plus onéreux jamais commandé par la Royal Navy. La construction commence le sous l'intitulé « Job No. 1012 »[15].

L'Ark Royal passe presque deux ans en cale avant d'être lancé le et baptisé par Mme Maud Hoare, l'épouse de Samuel Hoare, alors First Lord of the Admiralty ; la bouteille de champagne ne se brise qu'à la quatrième tentative[16]. Le porte-avions est ensuite armé durant un an avant que le commandant Arthur Power n'en prenne les commandes le  ; il est mis en service le [15]. À l'origine prévu pour servir en Extrême-Orient, les événements survenus en Europe durant sa construction, tels la seconde guerre italo-éthiopienne en 1935 et la guerre d'Espagne en 1936 incitent l'Amirauté à le déployer dans la Home Fleet ou dans la Mediterranean Fleet[17]. Après que son équipage l'ait rejoint à la fin de l'année 1938, l'Ark Royal subit des essais en mer, durant lesquels il est capable d'aller au-dessus de sa vitesse maximale théorique, atteignant les 31 nœuds (57,4 km/h)[5] ; en il atteint très exactement les 31,2 nœuds (57,8 km/h), développement une puissance de 103 012 hp (76 816 kW) pour un déplacement de 27 525 long tons (27 965 tonnes)[18].

Armement et avions[modifier | modifier le code]

La principale préoccupation lors de la conception de l'armement de l'Ark Royal est la lutte antiaérienne, les avions étant perçus comme la principale menace ; la fuite ou la présence de l'escorte constituent de meilleurs remparts contre les navires et les sous-marins[19]. Son armement principal est constitué de seize canons de 4,5 pouces (114 mm) QF Mark I à double usage (antinavire et antiaérien) disposés en huit tourelles doubles, quatre de chaque côté de la coque guidés par le système de contrôle de tir High Angle Control System[3]. À l'origine, les tourelles devaient être placées plus bas sur la coque, mais cela fut modifié pour qu'elles soient situées juste en-dessous du pont d'envol, accroissant ainsi leur champ de tir. Six affûts octuples de canons de 2 livres QF « pom-pom »[note 4] sont installés sur le pont d'envol, devant et derrière la superstructure, alors que huit affûts quadruples de mitrailleuses de 12,7 mm Vickers (en) sont installées sur de petites plateformes à l'avant et à l'arrière du pont d'envol[21].

Seize escadrons de la Fleet Air Arm qui sont basés sur le porte-avions durant sa carrière ; une moyenne de cinq sont présents en même temps. À son entrée en service la plupart de ceux-ci sont équipés de Blackburn Skua, utilisés comme chasseurs et bombardiers en piqué, ou de Fairey Swordfish, pour la reconnaissance et le torpillage. À de rares occasions, le porte-avions a été l'hôte d'autres avions, tels des Blackburn Roc d' à ou des Fairey Albacore durant le mois d' ; ce sont des avions de remplacement, utilisés en complément des escadrons déjà présents sur le navire[22]. En , l'Ark Royal accueille le 701 Naval Air Squadron, une escadrille d'entraînement qui utilise des Supermarine Walrus, un avion amphibie de reconnaissance[23].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le début de la guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hunter-killer group.
Photo d'un télégramme officiel de la Royal Navy.
Le message envoyé au porte-avions l'informant de la déclaration de guerre allemande le .
Photo en noir et blanc d'un porte-avions en mer, survolé par plusieurs biplans.
Le HMS Ark Royal en 1939, survolé par une partie de ses Fairey Swordfish.

Le début de la Seconde Guerre mondiale le était pressenti depuis que l'Allemagne avait positionné sa flotte de U-boote au large des côtes britanniques, où elle pourrait intercepter le commerce britannique. Quelques heures après la déclaration, le paquebot SS Athenia est torpillé par l'Unterseeboot 30 ; ce sont ainsi plus de 65 000 tonnes de navires qui seront coulés par les U-boote durant la première semaine de la guerre[24],[25]. L'Ark Royal est déployé avec la Home Fleet vers les atterrages occidentaux avec les autres membres de son « hunter-killer group ». Celui-ci consiste en une flottille de destroyers et de navires anti-sous-marin regroupés autour d'un porte-avions ; ainsi, les Courageous, Hermes et Ark Royal sont concernés. Les avions embarqués à leur bord permettent d'augmenter la zone de recherche des U-boote, mais fait de ces navires des proies de choix[25]

Le , l'Ark Royal reçoit un appel de détresse du SS Fanad Head, poursuivi par le U-30 à 200 milles marins (370 km) du porte-avions[26]. Celui-ci fait décoller ses avions afin d'aider le navire marchant, mais il est repéré par l'U-39 qui tire deux torpilles[27]. Les guetteurs repèrent les sillages des torpilles et le navire se détourne pour éviter les torpilles, qui explosent au loin sans causer de dommages. Trois destroyers de classe F appartenant à l'escorte commencent à lancer des grenades anti-sous-marine sur le sous-marin allemand, le forçant à faire surface ; l'équipage abandonne celui-ci avant qu'il ne coule. C'est le premier U-boot coulé durant la guerre[27]. Pendant ce temps, les avions de l'Ark Royal rejoignent le Fanad Head, abordé par des marins allemands. Les Skua attaquent le U-30, sans succès ; deux avions s'écrasent, soufflés par l'explosions de leurs propres bombes. Le U-boot s'échappe alors, après avoir récupéré sa section d'abordage et les deux pilotes abattus (les observateurs s'étant noyés), puis torpillé le Fanad Head[26].

L'Ark Royal retourne à sa base à Loch Ewe, où il est inspecté par Winston Churchill en personne. La destruction de l'U-39 remonte le moral des troupes, mais l'attaque manquée sur le porte-avions et le torpillage du Courageous le convainquent l'Amirauté qu'il est trop dangereux de risquer des porte-avions de cette manière : le concept de « hunter-killer group » formé autour d'un porte-avions est alors abandonné[25].

Le , l'Ark Royal participe au sauvetage du sous-marin Spearfish, endommagé par des navires allemands au large de Horns Rev[28]. Le lendemain, alors qu'il rentre en Angleterre avec le Spearfish, accompagné des cuirassés Nelson et Rodney, il est repéré par trois hydravions Dornier Do 18 de la Luftwaffe[11]. Le porte-avions fait décoller trois Blackburn B-24 Skua afin de les éloigner : un des Dornier est abattu. Il s'agit là de la première victoire aérienne britannique de la guerre[19].

Le commandant du groupe aérien de l'Ark Royal, conscient que les deux Dorniers restant vont signaler l'emplacement des navires, ordonne que les avions soient bien arrimés et les canons antiaériens mis en batterie[29]. Quatre bombardiers Junkers Ju 88 du Kampfgeschwader 30[30] apparaissent peu après : trois sont éloignés par les tirs antiaériens, mais le quatrième réussit à larguer une bombe de 1 000 kilos sur le porte-avions. Celui-ci vire serré sur tribord, évitant la bombe qui tombe dans l'océan 30 mètres à tribord, envoyant une gerbe d'eau sur le navire. Les pilotes allemands n'ont pas le temps de voir si le porte-avions est touché ; un vol de reconnaissance ne réussissant à repérer que les deux cuirassés un peu plus tard, les Allemands revendiquent alors la destruction de l'Ark Royal[31]. Afin de prouver l'erreur de la propagande allemande avant qu'elle n'ait d'effet sur le moral des Alliés, Winston Churchill assure en personne au président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt que le porte-avions n'est pas endommagé et invite l'attaché naval américain à voir celui-ci à quai. L'attaché naval britannique à Rome reçoit pour instruction de convaincre le premier ministre italien Benito Mussolini que le navire est toujours en service[31]. Cet épisode embarasse alors grandement Joseph Goebbels et l'appareil de propagande nazie[32].

La traque de l’Admiral Graf Spee[modifier | modifier le code]

En , l'Ark Royal est redéployé au large de Freetown ; il doit participer à la traque du croiseur cuirassé allemand au large de la côte ouest de l'Afrique. Le porte-avions rejoint ainsi la Force K (en), et vogue de conserve avec le croiseur de bataille Renown vers l'Atlantique sud][11]. Le , un avion de l'Ark Royal repère le pétrolier ravitailleur Altmark, censé réapprovisionner le Graf Spee. Le pétrolier est maquillé en navire américain sous le nom de Delmar, supercherie qui n'est pas éventée par les Britanniques[33]. Le , le porte-avions capture le navire marchand allemand SS Uhenfels, qui essayait de rejoindre l'Allemagne ; celui-ci reprendra du service plus tard avec les Britanniques comme cargo sous le nom de Empire Ability[34],[35]. De nombreux navires marchands sous pavillon neutre sont repérés par les avions de reconnaissance de l'Ark Royal ; par deux fois, leur équipage abandonnera le navire, pensant subir une attaque. Dans le cas d'un cargo norvégien une note est parachutée dans un sac pour expliquer la situation à l'équipage, qui regagne son navire. Dans le second cas, un cargo belge, la même tentative se soldera par un échec, le sac atterrissant dans la cheminée du navire[36].

Pendant ce temps, le Graf Spee a fait halte à Montevideo afin de réparer les dommages subis durant la bataille du Rio de la Plata. Deux croiseurs de la Royal Navy suivent le navire, patrouillant à l'entrée du port tout en signalant sa position à la flotte. L'Ark Royal et le Renown reçoivent l'ordre de rejoindre les navires britanniques au large du port, mais ils sont alors à 36 heures de leur destination. L'attaché naval britannique a alors recours à un stratagème pour faire croire aux Allemands que les deux navires capitaux sont déjà arrivés : une commande de carburant pour le prote-avions est faite à Buenos Aires, 140 milles marins (259 km) ) l'ouest de Montevideo. Celle-ci « fuite » dans la presse et arrive aux oreilles de l'ambassade allemande à Montevideo, puis communiquée au capitaine du Graf Spee, Hans Langsdorff[37]. Cette manœuvre contribue à la décision prise par Langsdorff de saborder son navire[37].

Le retour en Europe et la campagne de Norvège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Norvège.

Le Graf Spee coulé, l'Ark Royak reste dans l'Atlantique quelque temps avant d'escorter le croiseur lourd Exeter, endommagé, vers Devonport Dockyard ; ils arrivent en [11]. Ensuite, le porte-avions rallie Portsmouth afin de se ravitailler, puis rejoint Scapa Flow. À son arrivée, il transfert ses Blackburn Skuas à la base de Hatston (en) pour renforcer les défenses du mouillage[38]. L'Ark Royak est ensuite affecté à la Mediterranean Fleet pour des manœuvres, et quitte Scapa Flow le pour Alexandrie, en compagnie du porte-avions Glorious[11]. Les deux navires arrivent dans l'est de la Méditerranée le , mais les manœuvres sont annulées un jour plus tard. Les porte-avions rallient alors Gibraltar pour y attendre de nouvelles instructions[38].

Les forces allemandes ont entre-temps envahi la Norvège lors de l'opération Weserübung (le ), et ont sécurisé plusieurs accès à la côte. Les tentatives de la Royal Navy d'apporter son support aux troupes britanniques s'avèrent infructueuses ; les attaques aériennes ont submergé les navires, coulant le Gurkha et coulant presque le Suffolk. Réalisant que les troupes au sol avaient besoin de support aérien, mais conscients que la côte norvégienne est hors de portée des bases terrestres britanniques, l'Amirauté rappelle l'Ark Royal et le Glorious le [38].

Photo en noir et blanc d'un avion à hélice appontant sur un porte-avions.
Un Blackburn B-24 Skua appontant sur l'Ark Royal. Ces avions constituent la principale force de frappe de la Fleet Air Arm durant la Seconde Guerre mondiale.

L'Ark Royal et le Glorious arrivent à Scapa Flow le et sont immédiatement envoyés en mer. Navigant vers la Norvège en compagnie des croiseurs Curlew et Berwick et des destroyers Hyperion, Hereward, Hasty, Fearless, Fury et Juno, c'est la première fois que la Royal Navy déploie des porte-avions dans le but de fournir une couverture aérienne à d'autres navires[11]. Le , le groupe prend position au large des côtés ; l'Ark Royal se trouve à 120 milles marins (222 km) au large afin de réduite les probabilités d'une attaque aérienne. Ses avions mènent des patrouilles anti-sous-marines, fournissent une couverture aux autres navires et mènent des frappes sur des navires et des cibles sur le rivage[22]. Le porte-avions retourne à Scapa Flow le afin d'y faire le plein et remplacer les avions perdus ou endommagés, avant de revenir le jour-même escorté par le cuirassé HMS Valiant[11]. Durant le trajet de retour, l'Ark Royal est attaqué par des Junkers Ju 88 et des Heinkel He 111 allemands venant de Norvège. Le porte-avions s'en sort intact et reprend sa position le [39].

Cette section est en cours de réécriture ou de restructuration importante. Les informations peuvent être modifiées à tout moment par le ou les utilisateurs ayant apposé ce bandeau.
Bandeau apposé par Gonzolito (lui écrire) • janvier 2017

L'attaque de Mers el-Kébir[modifier | modifier le code]

Il est un des bâtiments essentiels lors de la bataille de Mers el-Kébir contre la flotte française.

La poursuite du Scharnhorst et du Gneisenau[modifier | modifier le code]

En , le HMS Ark Royal essaie en vain d'intercepter les deux cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau qui rentrent à Brest à la suite de l’opération Berlin ; il les repère mais ne peut gagner une position d'attaque.

L'attaque décisive sur le Bismarck[modifier | modifier le code]

En , l'HMS Ark Royal, avec l'aide du HMS Renown et du croiseur HMS Sheffield, a la mission de rechercher le cuirassé allemand Bismarck dans l'océan Atlantique. Le , ses avions détectent le cuirassé ennemi et, le lendemain, une attaque aérienne est ordonnée en soirée, au moyen d’avions Fairey Swordfish équipés de torpilles. Les pilotes non informés de la proximité du Sheffield, envoyé en avant pour le combat, attaquent en premier le navire britannique, mais ils s’aperçoivent trop tard de leur méprise et le Sheffield ne doit son salut qu'à la défectuosité du système de mise à feu des torpilles, lequel provoque leur explosion prématurée dès leur entrée dans l’eau. Peu après, une autre vague d’avions lance des torpilles plus efficaces contre le Bismarck et endommage gravement son gouvernail, ce qui le met à la merci de la flotte britannique qui s'approche et lance l’attaque finale par ses cuirassés et croiseurs le lendemain matin,  : le Bismarck, écrasé sous les obus, est sabordé dans la matinée.

Torpillage et fin[modifier | modifier le code]

Le HMS Ark Royal, torpillé, gîte dangereusement. Le destroyer HMS Legion (G74) (en) est à ses côtés pour secourir l'équipage.

Retourné en Méditerranée, l’Ark Royal est torpillé, à la mi-, par le sous-marin allemand U-81. Malgré les faibles dommages apparents, il chavire le lendemain et coule. Un seul de ses matelots est tué.

La recherche de l’épave[modifier | modifier le code]

L'emplacement exact de l'épave de l’Ark Royal en Méditerranée a toujours été gardé secret jusqu'à la mi-. La BBC annonce à cette même époque qu'un film a été tourné et indique avoir localisé le HMS Ark Royal par 900 mètres de profondeur à environ 30 milles — 50 kilomètres — des côtes de Gibraltar.

Principales batailles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « lucky ship »
  2. Le traité naval de Washington, signé en , impose à la Royal Navy un tonnage maximal de 135 000 long tons (137 160 tonnes) pour sa flotte de porte-avions, aucun navire ne devant excéder les 33 000 long tons (33 528 t), deux seulement pouvant excéder les 27 000 long tons (27 432 t)[6]. Le traité naval de Londres, signé en empêche les signataires de construire de nouveaux navires capitaux, on de convertir les existants en porte-avions, jusqu'à 1937[7].
  3. Chiffres de l'inflation au Royaume-Uni basés sur les données disponibles de Gregory Clark (2013), "What Were the British Earnings and Prices Then? (New Series)" sur le site internet MeasuringWorth.
  4. L'Ark Royal entre en service avec quatre tourelles, mais en les six sont en place[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gardiner et Chesneau 1980.
  2. a, b et c Rossiter 2007, p. 43-44.
  3. a, b, c et d Bishop et Chant 2004, p. 45.
  4. Rossiter 2007, p. 48-51.
  5. a et b Jameson 2004, p. 16.
  6. Département d'État des États-Unis 1922, p. 247-266.
  7. Goldman 1994, p. 317-319.
  8. a et b Rossiter 2007, p. 48-49.
  9. Garzke, Dulin Jr. et Webb 1980, p. 264-265.
  10. Friedman 1988, p. 121.
  11. a, b, c, d, e, f, g et h « HMS Ark Royal, British aircraft carrier, WW2 ».
  12. Rossiter 2007, p. 47.
  13. Rossiter 2007, p. 45.
  14. Rossiter 2007, p. 45-46.
  15. a et b Colledge et Warlow 2010, p. 21.
  16. Rossiter 2007, p. 41.
  17. Rossiter 2007, p. 61-62.
  18. Friedman 1988, p. 123.
  19. a et b Westwood 1975, p. 66.
  20. Friedman 1988, appendice A.
  21. Rossiter 2007, p. 47-48.
  22. a et b Rossiter 2007, p. 112.
  23. Brown, Brown et Hobbs 2009, p. 15.
  24. Edwards 1999, p. 18.
  25. a, b et c Rossiter 2007, p. 74-77.
  26. a et b Rossiter 2007, p. 75-78.
  27. a et b Edwards 1999, p. 87.
  28. Rossiter 2007, p. 81.
  29. Rossiter 2007, p. 82.
  30. Bekker 1969, p. 75-76.
  31. a et b Rossiter 2007, p. 84-85.
  32. Balfour 1979, p. 158-159.
  33. Rossiter 2007, p. 88-89.
  34. Jameson 2004, p. 53.
  35. Mitchell et Sawyer 1990, p. 431.
  36. Jameson 2004, p. 42.
  37. a et b Rossiter 2007, p. 94-96.
  38. a, b et c Rossiter 2007, p. 99.
  39. Jameson 2004, p. 97.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Balfour, Propaganda in War 1939–1945 : Organisation, Policies and Publics in Britain and Germany, Londres, Routledge & Kegan Paul, (ISBN 0-7100-0193-2, OCLC 5373844)
  • (en) Cajus Bekker (trad. Frank Zielger), The Luftwaffe War Diaries, Londres, Corgi, (ISBN 0-552-08236-8, OCLC 30270475)
  • (en) Chris Bishop et Christopher Chant, Aircraft Carriers : The World's Greatest Naval Vessels and Their Aircraft, Grand Rapids (MI), Zenith, (ISBN 0-7603-2005-5, OCLC 56646560, lire en ligne)
  • (en) David Brown, J. D. Brown et David Hobbs, Carrier Operations in World War II, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-108-2)
  • (en) Roger Chesneau, Aircraft Carriers of the World, 1914 to the present; an illustrated encyclopedia, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-902-2, OCLC 11018793)
  • (en) J. J. Colledge et Ben Warlow, Ships of the Royal Navy : The Complete Record of all Fighting Ships of the Royal Navy from the 15th Century to the Present, Newbury, Casemate, (1re éd. 1969) (ISBN 978-1-935149-07-1)
  • (en) James P. Duffy, Target America: Hitler's Plan to Attack the United States, New York, Lyons, , 3e éd. (1re éd. 2004) (ISBN 1-59228-934-7, OCLC 70264388)
  • (en) Bernard Edwards, Dönitz and the Wolf Packs : the U-boats at war, Londres, Cassell, , 2e éd. (1re éd. 1996) (ISBN 0-304-35203-9, OCLC 41465151)
  • (en) Norman Friedman, British Carrier Aviation : The Evolution of the Ships and their Aircraft, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-054-8)
  • (en) Robert Gardiner et Roger Chesneau, Conway's All the World's Fighting Ships (1922-1946), [détail de l’édition]
  • (en) William Garzke et John Dulin, Battleships: Axis and Neutral Battleships in World War II, Annapolis, Naval Institute Press, (ISBN 978-0-87021-101-0)
  • (en) William H. Garzke, Robert O. Dulin Jr. et Thomas G. Webb, Allied Battleships in World War II, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-100-5)
  • (en) Emily O. Goldman, Sunken Treaties: Naval Arms Control Between the Wars, University Park (PA), Pennsylvania State University, (ISBN 0-271-01034-7, OCLC 28723444)
  • (en) William Jameson, Ark Royal: the Life of an Aircraft Carrier at War 1939–41, Periscope Publishing, , 2e éd. (1re éd. 1957) (ISBN 1-904381-27-8)
  • (en) H. T. Lenton, British and Empire Warships of the Second World War, Londres, Greenhill Books, (ISBN 1-85367-277-7, OCLC 39245871)
  • (en) William Harry Mitchell et Leonard Arthur Sawyer, The Empire Ships: A Record of British-built and Acquired Merchant Ships During the Second World War, Lloyd's of London Press, (ISBN 1-85044-275-4)
  • (en) Vincent O'Hara, Struggle for the Middle Sea, vol. 1, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-648-3)
  • (en) Département d'État des États-Unis, Papers relating to the foreign relations of the United States, vol. I, Washington, US G.P.O., , 247–266 p. (OCLC 24045525, lire en ligne), « Conference on the Limitation of Armament »
  • (en) Lawrence Paterson, U-boats in the Mediterranean, 1941–1944, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 978-1-59114-893-7)
  • (en) Mike Rossiter, Ark Royal: the life, death and rediscovery of the legendary Second World War aircraft carrier, Londres, Corgi Books, , 2e éd. (1re éd. 2006) (ISBN 978-0-552-15369-0, OCLC 81453068)
  • (en) Martin Stephen, Sea Battles in Close-Up: World War 2, vol. 1, Annapolis (MD), Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-556-6)
  • (en) J. N. Westwood, Fighting ships of World War II, Londres, Sidgwick and Jackson (for Book Club Associates), (1re éd. 1971) (ISBN 0-283-98287-X, OCLC 2090062)
  • (en) Gordon Williamson, German Battleships 1939–45, Oxford, Osprey Publishing, (ISBN 978-1-84176-498-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]