Hôtel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

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Hôtel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.svg
Artillerie Nouméa.png
Vue du quartier de l'Artillerie avec l'hôtel du gouvernement au centre.
Présentation
Type
Destination initiale
Locaux administratifs de la Province Sud
Destination actuelle
Style
Localisation
Pays
Collectivité
Province
Commune
Adresse
8, route des Artifices
Coordonnées

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L'Hôtel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, situé au no 8, route des Artifices[1], à la limite entre les quartiers de l'Artillerie, du Quartier latin et le port Moselle, à Nouméa, est le siège du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Avant le , il servait de bâtiment administratif à la Province Sud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avec la mise en place du statut de la Nouvelle-Calédonie prévu par l'accord de Nouméa du et appliqué par la loi organique du , le premier gouvernement collégial de cette collectivité est investi le . L'une de ses premières priorités va alors être de trouver un lieu où s'installer, question qui va créer des tensions entre la majorité anti-indépendantiste menée par le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député et président de l'Assemblée de la Province Sud (détenteurs de six sièges sur les onze de l'exécutif dont la présidence qui revient au maire de Nouméa Jean Lèques, tandis que la vice-présidence est attribuée à un parti indépendantiste allié, Léopold Jorédié de la Fédération des comités de coordination indépendantistes ou FCCI), et les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) du grand-chef et membre du gouvernement Rock Wamytan (les quatre autre fauteuils de l'exécutif). Il est d'abord choisi d'occuper de manière provisoire, dès juin et , des bureaux et places de stationnement dans l'immeuble « Maréchal Foch » du centre-ville de Nouméa, dominant la place des Cocotiers, affectés jusque là au Conseil économique et social (neuf bureaux au 9e étage et sept aires de stationnement)[2]) ou au Congrès (deux bureaux du 6e étage, trois du 11e et sept du 12e ainsi que huit aires de stationnement), baillés au territoire de la Polynésie française ou à diverses entreprises privées (dont surtout la banque Westpac, qui avait alors le siège de sa succursale néo-calédonienne dans cet immeuble avant son rachat en 1999 également par la Société générale calédonienne de banques)[3].

La caserne Gally-Passebosc a été envisagée pour devenir le siège du gouvernement.

Dans le même temps, le gouvernement lance des réflexions afin de trouver un siège permanent. Ainsi, 45 millions de Francs CFP (377 100 euros) sont prévus dans le budget primitif pour l'exercice 2001 pour des frais d'études et de recherche sur l'extension ou la construction de plusieurs bâtiments institutionnels de la Nouvelle-Calédonie[4], dont 30 millions (251 400 ) pour la construction de l'hôtel du gouvernement. Parmi les solutions envisagées, la caserne Gally-Passebosc, un édifice militaire du XIXe siècle situé sur la place Bir Hakeim, aux limites des quartiers de la Vallée du Génie, de la Vallée des Colons et du Faubourg Blanchot, est vite écartée par Jean Lèques. Un terrain voisin à cette caserne à l'est de la place, en friche et occupé par d'anciens bâtiments militaires qui seraient en partie rénovés, est présenté comme une solution possible devant le Congrès par le membre du gouvernement chargé des Finances Yves Magnier (RPCR) lors de l'examen budgétaire de la fin de l'année 2000[5]. Le membre chargé de l'Équipement, Gérald Cortot (FLNKS), se déclare opposé au regroupement de l'ensemble du gouvernement sur un seul site et propose pour sa part en l'installation de chaque membre à proximité des sièges d'administrations correspondant aux secteurs dont ils ont l'animation et le contrôle, mais cette idée est rejetée à son tour par Jean Lèques et la majorité RPCR-FCCI[6].

Finalement, le deuxième gouvernement, désormais présidé par le député Pierre Frogier (RPCR), considéré comme le dauphin potentiel de Jacques Lafleur, abandonne l'idée de la construction d'un nouveau bâtiment au profit de l'acquisition d'un bien immobilier déjà existant. Le projet de s'installer dans un bâtiment jusque là occupé par des services administratifs de la Province Sud et lui faisant face, attise alors les tensions avec l'opposition non-indépendantiste mais aussi avec le FLNKS qui critiquait déjà la forte influence exercée par Jacques Lafleur sur la vie politique locale. Qualifié d'« annexe de la Province Sud » et accusant le RPCR de vouloir constituer une véritable « unité de commandement » à la baie de la Moselle, les trois membres du gouvernement issus du Front indépendantiste (Gérald Cortot, Déwé Gorodey et Aukusitino Manuohalalo) refusent fermement ce déménagement, qui est inscrit par la majorité d'abord comme un achat pour 800 millions de Francs CFP (6,704 millions d'euros) avant d'être transformé en une location pour un loyer annuel de 87 millions (729 060 ) dans le budget pour l'exercice 2002[6]. L'arrêté du fixe le siège du gouvernement dans cet immeuble[7] et le déménagement a lieu au cours du mois d'[6]. Des trois élus du FLNKS, seul Aukusitino Manuohalalo accepte de s'installer dans ces nouveaux locaux. Pour sa part, Gérald Cortot démissionne avec tous ses suivants de liste pour protester contre le « non-fonctionnement de la collégialité », faisant chuter de facto l'exécutif. Dans le troisième gouvernement élu le , Pierre Frogier retrouve la présidence tandis que la vice-présidente, Déwé Gorodey, et les deux autres élus du Front indépendantiste (Rock Wamytan et Gérald Cortot) refusent de rejoindre le nouveau siège et occupent les bureaux de l'immeuble « Maréchal Foch » jusqu'à la fin de la mandature en 2004, tandis que Aukusitino Manuohalalo est écarté[8],[9].

Il faut attendre les élections provinciales du et l'éviction du pouvoir du RPCR par une alliance de non-indépendantistes opposés à Jacques Lafleur, L'Avenir ensemble, pour que la situation évolue. Élue présidente du gouvernement le 10 juin suivant, Marie-Noëlle Thémereau, chef de file de L'Avenir ensemble, obtient que tous les membres s'installent route des Artifices, y compris Déwé Gorodey, qui reste vice-présidente, Gérald Cortot et le nouveau membre indépendantiste de l'exécutif Charles Washetine. Par ailleurs, dans son discours de politique générale prononcé devant le Congrès le , elle annonce vouloir continuer les recherches pour choisir « en collégialité » un autre siège[10]. Ce projet n'a pas donné suite et l'immeuble a été définitivement acquis par le gouvernement.

Architecture et aménagement[modifier | modifier le code]

Architecture et décor externes[modifier | modifier le code]

Bâtiment d'un seul tenant de béton, de métal et de verre, il couvre une surface au sol de 810 m2 pour une surface utile d'environ 4 000 m2 répartis sur cinq niveaux. La façade extérieure est agrémentée en son centre d'une verrière décorée par l'emblème du gouvernement. En dessous de cette verrière, qui s'élève sur les quatre étages, l'entrée principale est surplombée par une marquise portée par deux poteaux métalliques blancs et au fronton sur lequel est inscrit, en blanc sur fond sombre, la devise de la Nouvelle-Calédonie (« Terre de parole, Terre de partage ») encadrée par deux écus porte-drapeaux bleus-blancs-rouges. Au-dessus de la verrière, au centre du toit, les trois drapeaux dont les deux utilisés conjointement pour représenter la Nouvelle-Calédonie depuis 2010, à savoir le drapeau de la France au centre et celui dit « Kanaky » à gauche, ainsi que le drapeau européen à droite[11]. Le toit est couvert de tuiles bleues. De part et d'autre de la verrière, les fenêtres sont protégées par des brise-soleil métalliques blancs.

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

Le rez-de-chaussée est essentiellement occupé par le hall d'accueil, où, sur un mur blanc, est affiché le texte du préambule de l'accord de Nouméa devant lequel se font les photographies de groupe des membres du gouvernement après leur prise de fonction.

Premier étage[modifier | modifier le code]

Le premier étage est dédié au travail en collégialité et aux fonctions protocolaires, avec surtout la salle des délibérations[12] où ont lieu les réunions hebdomadaires du gouvernement chaque mardi autour d'une table en kaori, entourée d'un buste de Marianne, de l'emblème du gouvernement et des trois drapeaux (français, « Kanaky » et européen)[13]. En retrait, un salon où figurent, sur les murs, la galerie des portraits de groupe de chaque gouvernement successif. S'y ajoutent également plusieurs salles de réunion, la salle de presse, et le bureau du secrétaire général du gouvernement[14].

Deuxième étage[modifier | modifier le code]

Le deuxième étage est généralement occupé par les bureaux des membres non-indépendantistes du gouvernement (en-dehors du président), de leurs secrétaires (un par membre) et de leurs collaborateurs.

Troisième étage[modifier | modifier le code]

Le troisième étage est, pour sa part, traditionnellement assigné aux membres indépendantistes du gouvernement (y compris le vice-président, sauf durant la seconde présidence de Harold Martin et la vice-présidence de Gilbert Tyuienon de 2011 à 2014 lors de laquelle ce dernier était installé avec ses collaborateurs au quatrième étage), avec leurs bureaux, leurs secrétariats et les bureaux de leurs collaborateurs[15].

Quatrième étage[modifier | modifier le code]

Le quatrième et dernier étage revient à la présidence, avec les bureaux du président, des membres de son cabinet, du secrétariat général, de ses deux secrétaires, de ses chargés de mission et de ses collaborateurs en fonction des secteurs dont il a l'animation et le contrôle. Il s'y trouve aussi plusieurs salles de réunions, notamment pour des déjeuners de travail.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Page d'accueil », sur Site officiel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (consulté le 27 mai 2018)
  2. [PDF] [http://www.juridoc.gouv.nc/juridoc/jdwebe.nsf/joncentry?openpage&ap=1999&page=5031 Arrêté n° 99-393/GNC du 2 septembre 1999 désaffectant du Comité Economique et Social et affectant au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie divers bureaux (au 9e étage) et parkings situés dans l’immeuble Maréchal Foch, JONC n°7409 du 21/09/1999, p. 5031-5032.
  3. [PDF] Arrêtés n° 99-573/GNC et n° 99-575/GNC du 7 octobre 1999 désaffectant du Congrès et affectant au Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie divers bureaux et parkings situés dans l’immeuble Maréchal Foch, JONC n°7416 du 19/10/1999, p. 5562-5563.
  4. [PDF] Délibération n° 151 du 27 décembre 2000 relative au budget primitif de l’exercice 2001, JONC n°7514 du 28/12/2000, p. 7344.
  5. [PDF] CONGRES DE LA NOUVELLE-CALEDONIE, 1re Mandature, COMPTE RENDU INTEGRAL DES DEBATS De la troisième séance des mercredi 27 décembre 2000 matin et après-midi et jeudi 28 décembre 2000 après-midi, JONC n°15 - C (C.R.), 14/06/2002, p. 1139.
  6. a b et c Sylvain Pabouty, « AFFAIRE Nouveau bureaux et siège du gouvernement, HISTORIQUE RAPIDE », 11/10/2002, forum Kanaky on Line, 13/10/2002.
  7. [PDF] Arrêté n° 2002-2853/GNC du 27 septembre 2002 fixant le siège du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, JONC n°7657 du 01/10/2002, p. 5653.
  8. « Un troisième gouvernement pour la Nouvelle-Calédonie », Les Nouvelles Calédoniennes, 29/11/2002
  9. « Aukusitino Manuohalalo, ancien membre du gouvernement chargé de la santé : "Je quitte le RDO" », Les Nouvelles Calédoniennes, 10/12/2002
  10. CONGRES DE LA NOUVELLE-CALEDONIE, 2e Mandature, COMPTE RENDU INTEGRAL DES DEBATS, Session administrative de juin - juillet et août 2004 : 7e et dernière séance du mardi 27 juillet 2004 (après-midi), Session extraordinaire d'août 2004 : séance unique du mardi 17 août 2004 (matin), 17/05/2005, p. 14.
  11. [PDF] Anne Pitoiset, « Les institutions calédoniennes aujourd'hui : le gouvernement », brochure Les institutions de la Nouvelle-Calédonie, Maison de la Nouvelle-Calédonie, 2013, p. 24-25.
  12. M. Sp., « Onze membres élus dans un gouvernement sans président », Demain en Nouvelle-Calédonie, 31/08/2017.
  13. « Les Cadets de la République en visite », site officiel de Calédonie ensemble, 28/11/2017.
  14. Th. S., « Ligeard va dans le sens de l’UC : pas de déménagements au 3e étage du gouvernement », L’Éveil calédonien, 11/06/2014.
  15. Rita, « "Si vous me descendez au 3ème je casse tout !" », Calédosphère, 11/06/2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]