Hôtel du Grand Contrôle

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Hôtel du Grand Contrôle
Hôtel du Grand Contrôle à Versailles vu du Parterre de l'Orangerie le 11 septembre 2015.jpg
Présentation
Type
Destination initiale
Habitation
Destination actuelle
Établissement hôtelier
Style
Architecte
Matériau
Construction
1681
Restauration
2016-2021
Commanditaire
Propriétaire
Stéphane Courbit
Patrimonialité
Site web
Localisation
Pays
Division administrative
Subdivision administrative
Commune
Adresse
Coordonnées
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L'hôtel du Grand Contrôle est un ancien hôtel particulier, situé au no 12, rue de l'Indépendance-Américaine à Versailles, dans le département français des Yvelines, en région Île-de-France.

Situé au sein de l'enceinte du château de Versailles, le Grand Contrôle donne sur le parterre de l'Orangerie et la pièce d'eau des Suisses.

Construit en 1681, le bâtiment changea de propriétaire à plusieurs reprises, de son acquisition par le roi Louis XV en 1723 pour y établir la résidence du contrôleur général des finances jusqu'à la Révolution, où il est ensuite devenu propriété de l'État. En 2008, il est mis à disposition de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

En 2016, le groupe LOV Hotel Collection (Stéphane Courbit) et Alain Ducasse Entreprise, obtiennent une concession pour Le Grand Contrôle, Le Petit Contrôle et Le Pavillon au pied des Cents marches, afin de convertir des espaces en hôtel de luxe[1].

À la suite d'une grande phase de rénovation, l'établissement ouvre ses portes le [2],[3].

Aujourd'hui, l'hôtel est composé de 11 chambres et de 2 suites[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Ancien Régime au ministère de la Guerre[modifier | modifier le code]

L'hôtel est bâti en 1681 pour Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, premier gentilhomme de la Chambre du roi Louis XIV, ministre d'État, gouverneur du duc de Bourgogne et gendre du ministre Jean-Baptiste Colbert[5], par son mariage avec Henriette-Louise Colbert en 1671. C'est l'architecte Jules Hardouin-Mansart qui sera chargé de la construction[6]. La confirmation de l'attribution de cette demande ne sera faite qu'en 2011[7].

Le duc de Saint-Aignan.

Le duc décède en 1714 et l'hôtel est vendu par sa veuve en 1720, au marquis Antoine Chaumont de la Galaizière, seigneur d'Ivry, récemment enrichi grâce au système de John Law.

En 1723, ruiné à la chute du financier, le marquis doit céder son hôtel au roi Louis XV, qui l'annexe au domaine de Versailles, l'année suivante et y installe la résidence du contrôleur général des finances, qui y reste jusqu'à la Révolution ; Jacques Necker en est le dernier occupant. Cela explique le nom de « Grand Contrôle » donné à l'hôtel particulier. À noter qu'à l'époque, la rue de l'Indépendance-Américaine accueille plusieurs ministères et services de la couronne[5].

Durant la Révolution, l'hôtel sert successivement de siège au tribunal de commerce puis de résidence à différents particuliers. Sous le règne Louis-Philippe, l'architecte du château, Frédéric Nepveu y loge au rez-de-chaussée.

À partir de 1857, l'hôtel est affecté au mess des grenadiers, des zouaves, puis de la Garde impériale. Remis au ministère de la Guerre en 1872, il sert, à partir de l'année suivante, de bibliothèque militaire et de cercle des officiers de la place d'Armes. Il reste occupé par les services des armées jusqu'en 2006, et est inoccupé jusqu'en 2008, date à laquelle il est mis à disposition par l'État à l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, à la suite de la réorganisation des armées.

Transformation en hôtel de luxe[modifier | modifier le code]

En , le président du domaine de Versailles Jean-Jacques Aillagon annonce lors d'une conférence de presse que l'ancien hôtel particulier doit être transformé en hôtel de luxe de vingt-trois chambres par une société privée[8]. Le projet est relancé en 2015 par sa successeure Catherine Pégard et un appel d'offres est lancé, mais couvrant également l'hôtel du Petit Contrôle et le pavillon des 100 premières marches. La concession est finalement accordée en au groupe LOV Hotel Collection (Stéphane Courbit) et Alain Ducasse Entreprise[9]. La concession s'étend sur 50 ans. La réhabilitation des 2800 m² nécessite un budget compris entre 4 et 7 millions d'euros[10]. L'idée d'installer un hôtel dans des lieux historiques est inspirée des Paradores de Turismo de España fondés dès 1928, par le roi d'Espagne Alphonse XIII[11].

En 2011, l'historien de l'art Philippe Cachau confirme l'attribution de la construction de l'hôtel à Jules Hardouin-Mansart dans son article pour la Revue de l'histoire de Versailles et des Yvelines[12].

Le 1er juin 2021, LOV Group ouvre son hôtel de luxe sous le nom de Airelles Château de Versailles - Le Grand Contrôle.

L'hôtel[modifier | modifier le code]

Chambres et suites[modifier | modifier le code]

Classé cinq étoiles, l'hôtel du Grand Contrôle compte aujourd'hui 13 chambres dont 2 suites, ainsi qu'un appartement privé de 300 mètres carrés. Leurs noms sont baptisés d'après d'anciens occupants des lieux (Madame de Staël, Turgot, etc.). Selon les chambres, la vue donne sur le château, l'Orangerie, les deux escaliers des Cent-Marches ou la pièce d'eau des Suisses[5].

La décoration est inspirée du dernier inventaire du Garde-Meuble royal (1788). Chiné puis restauré, le mobilier de 700 pièces compte certaines créations d'ébénistes célèbres (Boulard, Jacob)[5].

Une bibliothèque historique abritant 200 ouvrages rares est aussi installée. Un spa est aménagé en sous-sol tandis que le restaurant d'Alain Ducasse, au service inspiré du XVIIIe siècle, se prolonge par une terrasse. Parmi la centaine d'employés de l'hôtel, dont la moitié travaille pour la partie restauration, 17 majordomes portent des uniformes réinterprétés de l'Ancien Régime[5].

Le matin et le soir, avant et après l'ouverture au public, des visites privées sont organisées au château et au Trianon. L'hôtel dispose également de barques électriques pour naviguer sur le Grand Canal, de même que des voiturettes, spécifiquement dédiées à ses clients. Il leur est enfin permis d'accéder à tout moment aux jardins de l'Orangerie[5].

La nuit coûte en moyenne 2500 euros[5].

Protection[modifier | modifier le code]

L'hôtel est classé aux monuments historiques dans sa totalité, par arrêté du [13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le château de Versailles choisit le duo Courbit-Ducasse pour son hôtel de luxe », sur Les Echos, (consulté le ).
  2. Forbes, « Exclusif | Ouverture d’un hôtel de luxe au Château de Versailles », sur Forbes France, (consulté le ).
  3. (en) Michelle Gross, « The Palace Of Versailles Just Opened Its First Luxury Hotel », sur Forbes (consulté le ).
  4. (en-US) View Author Archive et Email the Author, « Palace of Versailles opens hotel for first time in 387 years », sur New York Post, (consulté le ).
  5. a b c d e f et g Philippe Viguié Desplaces, « À Versailles comme un roi », Le Figaro Magazine,‎ , p. 86-94 (lire en ligne).
  6. Camille Bergeron, « Hôtel le Grand Contrôle Château de Versailles : histoire d’une renaissance », sur zOOm Versailles, (consulté le ).
  7. Didier Rykner,, « Versailles et Fontainebleau deux projets d’hôtels dans des monuments historiques », La Tribune de l'art,‎ (lire en ligne).
  8. Conférence de presse du 14 décembre 2010 (lire en ligne).
  9. "Le château de Versailles choisit le duo Courbit-Ducasse pour son hôtel de luxe - En savoir plus " par Christophe Palierse, lesechos.fr, 4 avril 2016.
  10. « Bientôt un hôtel au château de Versailles ? », Europe 1,‎ (lire en ligne)
  11. Eléonore de Vulpillières, « Un hôtel au château de Versailles : «Le vrai scandale, c'est le Vagin de la reine» », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  12. Philippe Cachau, « Les hôtels de Beauvillier, de Chevreuse et Colbert de Croissy : trois réalisations méconnues de Jules Hardouin-Mansart à Versailles », Revue de l'histoire de Versailles et des Yvelines, n° 93, 2011, p. 20-38.
  13. « Domaine national : ancien Hôtel du Grand Contrôle », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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