Hôtel des archevêques de Sens

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Hôtel des archevêques de Sens
Hotel-de-Sens-DSC 8075.jpg
Présentation
Type
Style
Construction
fin XVe siècle
Destination initiale
Hôtel particulier des archevêques de Sens
Destination actuelle
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Commune
Adresse
Localisation
Coordonnées
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L’hôtel des archevêques de Sens est un hôtel particulier du XVe siècle situé dans le 4e arrondissement de Paris. Classé aux monuments historiques, il abrite aujourd'hui la bibliothèque Forney, consacrée principalement à l'affiche et à la publicité.

Historique[modifier | modifier le code]

Paris ne devient archevêché qu’en 1622. Avant cette date, la capitale dépendait de l'archevêché de Sens. L'archevêque de Sens Guillaume de Melun, Primat des Gaules et de Germanie, dont dépendaient sept évêchés suffragants, au nombre desquels on comptait Paris, est alors conseiller personnel des rois de France et, ses charges l'appelant souvent à Paris, il acquiert l'hôtel de Jean d'Hestomesnil bâti en 1345.

Charles V alors qu'il n'est encore que dauphin, à la suite de l'incident de l'invasion du palais de la Cité par les bourgeois menés par Étienne Marcel lors des événements de 1358 où plusieurs de ses conseillers sont égorgés jusque dans sa chambre, cherche à quitter la Cité, pour résider dans un lieu qui lui offrirait plus de sécurité. De plus, il souhaite séjourner hors des remparts de Philippe Auguste, pour s'affranchir des nuisances de la ville et aussi pouvoir gagner facilement le château de Vincennes, vers l'est de la cité. Enfin, il trouve le Louvre trop étroit et sinistre. Le roi acquiert ainsi entre 1361 et 1366 quatre demeures dans le quartier du Marais. Il les réunit pour en faire sa grande résidence royale, l'Hôtel Saint-Pol qui comprend notamment l'hôtel de Jean d'Hestomesnil[2].

C’est Tristan de Salazar, archevêque de cette ville (1474-1518) qui fait détruire l'hôtel d'Hestoménil abandonné par les rois au profit du palais du Louvre et des châteaux de la Loire pour reconstruire à sa place entre 1475 et 1519 l’actuel bâtiment.

Il servit par la suite d'habitation à plusieurs prélats illustres, tels que :

Marguerite de Valois, dont le mariage avec Henri IV est déclaré nul en 1599 par l'Église, y réside de 1605 à 1606. La légende veut qu'elle ait fait couper un figuier planté devant la porte de l'hôtel qui gênait les allées et venues de sa voiture. Cet incident aurait marqué les esprits au point d'être à l'origine du nom de la rue[3].
Les échos qui longtemps avaient répété les pieux cantiques des anciens archevêques, redisaient aux passants les refrains joyeux improvisés par la spirituelle Marguerite pour plaire à ses nombreux amants. Le jésuite Le Moine a composé l'épitaphe de cette princesse, dont voici la poésie :

« Cette brillante fleur de l'arbre des Valois
En qui mourut le nom de tant de puissants rois,
Marguerite, pour qui tant de lauriers fleurirent,
Pour qui tant de bouquets chez les Muscs se firent,
Vit bouquets et lauriers sur sa tête sécher!
Vit par un coup fatal, les lys s'en détacher
Et le cercle royal dont l'avait couronnée
En tumulte et sans ordre un trop prompt hyménée
Rompu du même coup devant ses pieds tombant,
La laissa comme un tronc dégradé par le vent.
Épouse sans époux et reine sans royaume,
Vaine ombre du passé, grand et noble fantôme,
Elle traina depuis les restes de son sort
Et vit jusqu'à son nom mourir avant sa mort ».

L'hôtel de Sens perdit plus tard de sa splendeur[4].
En 1622, l'évêché de Paris fut érigé en archevêché, en faveur de Jean-François de Gondi. Les archevêques de Sens, dépouillés de leur autorité sur le clergé parisien, cessèrent peu à peu de résider dans la capitale. Leur hôtel fut alors aliéné. Il appartenait avant la révolution à l'archevêché de Paris.
A partir de 1622, l'hôtel est loué à des bourgeois puis de 1689 à 1743 les Messageries, Coches, Carrosses de Lyon, Bourgogne et Franche-Comté s'y installent avant d'être occupé par de nobles chevaliers durant le reste du XVIIe siècle.

Devenu bien national, en 1790, il est vendu le 1er ventôse an V (19 février 1797) puis racheté par la ville de Paris, en 1911, pour servir de salle aux conseils des prud'hommes. Il est, durant cette période occupé tour à tour par une entreprise de roulage, une blanchisserie, une fabrique de conserves alimentaires, un coupeur de poils de lièvres, un opticien, la confiturerie Saint-James (1864-1886) et au début du XXe siècle il sert de dépôt à la verrerie Haroux et est partiellement détruit par un incendie en 1911[5].

En 1830, pendant les Trois Glorieuses, de nombreux boulets sont tirés. L’un d’eux, n'ayant jamais pu être extrait du mur de la façade de l’Hôtel de Sens où il s'était fiché, est devenu un témoignage concret de ces journées révolutionnaires. Désormais toujours scellé dans le mur, il est visible avec la date gravée au-dessous.

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L'hôtel fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques de par la liste de 1862[1].

Puis, jusqu'au milieu du siècle, l'hôtel de Sens est enclavé dans un bâti qui sera déclaré insalubre puis démoli. Une maquette exposée au musée Carnavalet garde le souvenir d’une partie de ces anciennes constructions, appelées « l’ilot insalubre n°16 », avant les destructions massives des années 1936-1965.

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La ville de Paris achète l'hôtel en 1911, il est restauré dans les années 1930, et depuis 1961, ce bâtiment abrite la bibliothèque Forney, consacrée aux beaux-arts, aux métiers d'art et à leurs techniques, aux arts appliqués ainsi qu'aux arts décoratifs.

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Description[modifier | modifier le code]

L'hôtel des archevêques de Sens se situe au numéro 1 de la rue du Figuier dans le 4e arrondissement de Paris. Sur trois de ses côtés il confronte des voies parisiennes, respectivement, à l'est la rue du Figuier, au sud la rue de l'Hôtel-de-Ville, et à l'ouest celle des Nonnains-d'Hyères. La rue de l'Ave-Maria se termine face à son entrée principale.

Galerie[modifier | modifier le code]

Vues extérieures
Jardin
Cour
Détails architecturaux
Sculptures
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00086316, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Juliette Faure, Le Marais, Éditions L'Harmattan, , p. 26
  3. Leonard Pitt, Promenades dans le Paris disparu, Éditions Parigramme, , p. 154
  4. Hôtel de Sens sur structurae
  5. La Croix du 1er septembre 1911 page 5 - 5e colonne Paris"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]