Hôtel de Villeroy (Paris, 7e arrondissement)

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Hôtel de Villeroy
Hôtel de Villeroy, Paris.jpg
Façade sur cour de l'hôtel de Villeroy.
Présentation
Type
Destination initiale
Destination actuelle
Architecte
Construction
Commanditaire
Antoine Hogguer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Occupant
Propriétaire
État
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées
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L'hôtel de Villeroy, situé au no 78 de la rue de Varenne dans le 7e arrondissement de Paris, près de l'hôtel Matignon, est le siège du ministère français de l'Agriculture. Il existe dans le 1er arrondissement un hôtel homonyme.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Villeroi en Paris en 1737 par Turgot.

L'hôtel de Villeroy a été construit entre 1713 et 1724 par l'architecte François Debias-Aubry ; il est commandé par le banquier suisse Antoine Hogguer, qui habitait à côté, à l'hôtel de Rothelin, dans un plus grand bâtiment, pour l'actrice de la Comédie-Française Charlotte Desmares. Il fait faillite en 1726, quitte Paris avec la comédienne et s'installe à Saint-Germain-en-Laye. Il loue l'hôtel aux ambassadeurs de Hollande puis d'Angleterre. En 1735, ses créanciers vendent l'immeuble à François-Louis de Neufville, marquis d'Alincourt puis duc de Villeroy. Il agrandit l'hôtel en 1746, notamment par un salon circulaire à l'ouest réalisé par Le Roux. À sa mort, en 1766, son neveu Gabriel Louis hérite du bâtiment et y donne des fêtes somptueuses, notamment une pour le roi du Danemark Christian VII ; il fait même construire au premier étage un petit théâtre, disparu de nos jours. Il vend l'hôtel en 1768 au comte de Tessé, premier écuyer de la reine Marie Leszczyńska, qui a le projet d'y installer les écuries de la reine ; l'idée ne va pas à son terme et le comte y vit donc jusque 1790, date à laquelle il doit émigrer. Confisqué comme bien national en 1794, l'hôtel est vendu puis racheté par l'État sous le Directoire, qui y installe l'inspection de santé militaire. En 1800, le comte revient d'émigration et reprend légalement possession de l'hôtel, y vivant jusqu'en 1805, date à laquelle l'inspection revient occuper les lieux[3].

Entre 1823 et 1827, l'hôtel héberge l'École d'application du Corps royal d'état-major puis, jusqu'en 1831, la direction générale des Ponts et chaussées. À partir de 1831, l'hôtel de Villeroy est la résidence officielle des ministres du Commerce, des Travaux publics et de l'Agriculture et à partir de 1851 celui du ministre de la Police générale puis la présidence du Conseil d'État. Des bâtiments annexes sont construits sous le Second Empire (1852-1870) par l'architecte Emmanuel Brune. L'hôtel redevient ensuite le siège du ministère du Commerce et de l'Industrie puis définitivement celui du ministère français de l'Agriculture de plein droit, lors de sa création le 14 novembre 1881 par Léon Gambetta. La façade actuelle, réalisée par l'architecte Brune, date de 1881. En 1930, après la destruction du petit hôtel de Castrie, est construite une rotonde sur la droite du bâtiment, parallèle à celle de gauche bâtie en 1746[3].

Il est classé monument historique[2] ; les bâtiments construits à la fin du XIXe siècle par Emmanuel Brune sont inscrits par arrêté du 10 février 1994, qui annule une précédente inscription du 10 juin 1926[2].

Description[modifier | modifier le code]

Façade côté jardin.

On trouve aux Archives nationales, dans les papiers de Jeanne Louise Constance d’Aumont, duchesse de Villeroy[4], des mémoires ou documents se rapportant à des fournisseurs, ouvriers ou artistes ayant travaillé à l’hôtel de Villeroy, rue de l’Université et notamment les sculpteurs Augustin Bocciardi (1779), Jacques Adam (1773-1780), Jean Berthélemy (1780), Ferdinand Gannal (1780) ou encore le peintre François Guintranges (1780-1781) (cote T 1291-2).

L'hôtel de Villeroy comporte aujourd'hui les éléments suivants[3] :

Rez-de-chaussée

Au rez-de-chaussée se trouve le bureau du directeur de cabinet du ministre, orné de deux tapisseries de la manufacture des Gobelins, d'œuvres de Zao Wou Ki et d'André Beaudin (Soleil) et de trois fauteuils d'après Richard Peduzzi. Le bureau du chef de cabinet est composé de chaises et fauteuils de style Empire, d'une table en acier et verre signée Dino Gavina et de chaises en métal laqué et cuir du designer Paolo Piva et d'une tapisserie des Gobelins du XVIIe siècle (La terre, de la série « Éléments », d'après Charles Le Brun). Le bureau du ministre comporte un lustre de style Empire, une tapisserie des Gobelins du XVIIe siècle (La défaite du comte de Marsin d'après Charles Le Brun) et du mobilier signé Andrée Putman.

Escalier d'honneur

La rampe en fer forgé de l'escalier d'honneur est ornée de « L » entrelacés (en référence au roi). Une tapisserie, La nuit (d'après Bram Van Welde) y prend place.

Premier étage

Au premier étage se trouve la grande salle à manger, où prennent place un lustre de 54 lumières de style Napoléon III et quatre appliques de style Louis XVI (les deux éléments sont en bronze dorés) ; la pièce a été intégralement restaurée entre 2001 et 2002. Dans le salon des conseillers trône un lustre de style Louis-Philippe restauré en 2012 et dans le secrétariat des conseillers un lustre de style Empire de 36 lumières (il est à noter que le bureau du ministre s'y trouvait jusqu'en 1998). Dans les autres bureaux de conseillers se trouvent plusieurs œuvres d'arts comme une pendule, L'Astronomie, réalisée par « Lépine, horloger de l'Impératrice », des consoles en merisier d'après Richard Peduzzi ou encore des fauteuils et un bureau de style Empire. Dans une antichambre se trouvent deux tapisseries des Gobelins du XVIIe siècle : La reddition de Marsal et Le vol de l'âne, ainsi qu'un lustre de style Empire et un tonneau de Morat (du nom d'un chêne de l'Allier né vers 1660 et abattu en 2004 pour maladie).

Jardin

Le jardin est composé d'une large pelouse. En son centre se trouve une copie d'une sculpture réalisée par Suchelet, l’Enlèvement de Proserpine par Pluton (l'originale, réalisée par François Girardon, prend place dans le bosquet de la Colonnade au sein du parc du château de Versailles). Un potager a été créé en 2013.

Salle Sully

Elle se trouve dans le bâtiment qui donne sur la rue. Elle est composée d'un plafond à caissons décoré d'allégories entre 1885 et 1887, de fresques de Paul Sinibaldi (Célébration du commerce et de l'industrie en 1898 et Célébration de l'agriculture en 1901) et d'une cheminée monumentale surmontée deux sculptures allégorique en l'honneur du commerce et de l'agriculture. Dans la galerie se trouve une statue de plâtre de Parmentier réalisée en 1887 par Adrien Étienne Gaudez et des portraits des ministres et secrétaires d'État à l'Agriculture. Dans la salle Pisani se trouvait jusqu'en 2014 le bureau du ministre délégué à l'Agroalimentaire ; il est orné d'une tapisserie des Gobelins réalisée en 1988, Jardin bleu (d'après un carton d'Étienne Hajdu) et des pièces de mobilier d'après Théodore Waddel, Roberto Palomba et Ludovica Sérafini.

Résidents célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail, OpenStreetMap et Google Maps
  2. a, b et c Notice no PA00088747, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. a, b et c Brochure « l'hôtel de Villeroy » éditée par le ministère de l'Agriculture à l'occasion des Journées européennes du patrimoine 2012.
  4. [1]Papiers Moreau (T 129) aux Archives nationales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Allermoz-Wallez (Sylvie), « L’hôtel de Villeroy », dans Le Faubourg Saint-Germain : rue de l'université, Paris, Délégation à l’Action artistique de la Ville de Paris, Société d’Histoire et d’Archéologie du 7e arrondissement, 1987, pp. 29-31.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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