Hôtel de ville de Paris

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Hôtel de ville de Paris
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L'hôtel de ville de Paris héberge les institutions municipales de Paris depuis 1357, et est situé dans le 4e arrondissement.

Ce site est desservi par les stations de métro Hôtel de Ville et Châtelet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien hôtel de ville avant sa reconstruction, commencée en 1533 (plan de Braun et Hogenberg, vers 1530)
Ancien Hôtel de ville et place de grève vers 1583 par Theodor Josef Hubert Hoffbauer.

Étienne Marcel fait l'acquisition de la « Maison aux Piliers » au nom de la municipalité en juillet 1357. C'est là que, depuis lors, se dresse le centre des institutions municipales de Paris.

La « Maison aux Piliers » tombant en ruines au XVIe siècle, les officiers municipaux demandent et obtiennent du roi François Ier en 1529 qu'elle soit remplacée par un véritable palais de style Renaissance qui est dessiné par l'architecte italien Boccador[1]. Sa construction débute en 1533 avec la première pierre posée le 15 juillet par le prévôt des marchands de Paris Pierre Violle[2], et s'achève en 1628. La partie sud est édifiée sous François Ier et Henri II de 1533 à 1551, sa partie nord sous Henri IV et Louis XIII de 1605 à 1628 (sous la direction du prévôt des marchands de Paris Robert Miron), les guerres de religion ayant interrompu les travaux[3]. L'agrandissement et la reconstruction partielle de l'hôtel-de-ville ont été menés d'après les plans de Godde et Lesueur de 1837 à 1848, tout en préservant la façade Renaissance. Antoine Vivenel, entrepreneur général, dirigeait le chantier. Quatre peintres, dont Jean-Victor Schnetz, appelés pour célébrer les grandes révolutions parisiennes sur les murs de l'ancienne Salle du Trône.

Ancien Hôtel de ville après l'incendie de 1871.

Pendant la Commune de Paris, l'incendie déclenché par un groupe de communards le réduit le palais en cendres. Les archives et la bibliothèque partent donc également en fumée. Ainsi, les deux collections de l'état civil parisien (celle de la ville et celle du greffe) antérieur à 1860 sont à jamais perdues : la première dans l'incendie de l'Hôtel de ville et la seconde dans celui du Palais de Justice.

Le bâtiment est reconstruit entre 1874 et 1882 sur les plans des architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes. La façade principale, de style Renaissance, est une reconstitution à l'identique de celle du bâtiment disparu, mais néanmoins agrandie et surélevée.

L'hôtel de ville au début du XXe siècle.

La place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville le , est devenue en 1982 un espace réservé aux piétons.

Paris ayant connu diverses insurrections, l'Hôtel de ville fut souvent le point de ralliement d'émeutiers, insurgés et révolutionnaires. D'Étienne Marcel à la Fronde, de la Révolution aux journées révolutionnaires de juillet 1830 et février 1848, de la Commune à la Libération de Paris, l'Hôtel de ville est un lieu chargé d'histoire (voir l'article Chronologie de Paris).

Lieu de pouvoir où siège le conseil de Paris et de prestige où sont reçus les hôtes du maire, l'Hôtel de Ville est le plus grand bâtiment municipal en Europe. Jusqu'en 1977, l'actuel bureau du maire (155 m2) était celui occupé par le préfet de Paris. Le maire, Bertrand Delanoë, disposait à l'origine d'un appartement de fonction de 1 400 m2, en partie transformé en crèche par l'architecte Marc Dilet en 2003.

Architecture[modifier | modifier le code]

Façade principale.

La façade principale, d'une longueur de 143 mètres et d'une hauteur de 18,80 mètres (26,80 mètres pour celle des pavillons d'angle et 50 mètres pour le campanile), comprend un avant-corps central correspondant à l'ancien monument construit sous la Renaissance. Il se relève à ses extrémités en deux pavillons flanqués chacun d'une tourelle carrée en encorbellement, dans lesquels sont percées deux portes d'accès aux cours, fermées par des grilles en fer forgé, portant les armes de la Ville de Paris. Ce corps central et ses deux pavillons sont élargis de chaque côté par une petite aile en retrait de six mètres qui se termine par un pavillon d'angle. Dans chaque travée s'ouvrent, au rez-de-chaussée et au premier étage, des baies plein cintre[4] et rectangulaires surmontées de mezzanines, encadrées de pilastres et de colonnes engagées. L'étage suivant de la façade intermédiaire comporte un comble percé de lucarnes en pierre qui renferment une baie rectangulaire. L'étage des pavillons est différent, avec une travée centrale comportant une baie plein cintre précédée d'un balcon à balustrade et deux travées latérales ornées de niches avec statues[5], étage surmonté d'un toit « à la Mansart » couronné d'une galerie à jour avec piédestaux d'angle supportant des vases à flamme. Le fronton central qui occupe trois travées est orné d'une horloge dont la cadran est accosté des figures du Travail et de l'Instruction, reliées à la balustrade par deux demi-frontons portant les figures couchées de la Seine et de la Marne. Au-dessus de l'horloge, une grande figure assise symbolisant la Ville de Paris est couronnée d'un fronton portant les armes de la Ville soutenues par deux figures couchées, allégories de la Prudence et la Vigilance. Derrière l'horloge se dresse le beffroi, campanile octogonal flanqué de quatre chimères accroupies et couvert d'un dôme à écailles amorti par un lanternon à balustrade en fer forgé. Les toitures sont couronnées de chevaliers du XVe siècle en cuivre repoussé tenant des oriflammes. Les grandes souches de cheminées sont couronnées d'un entablement à consoles surmonté d'un acrotère orné de rosaces et terminé par une corniche[6].

Personnages sur la façade[modifier | modifier le code]

La façade principale est ornementée de personnages marquants de la ville de Paris, artistes, savants, politiciens, industriels. L'ancien hôtel de Ville agrandi sous Louis-Philippe avait déjà été orné de statues en pied représentant les hommes illustres de la capitale. Elles ont pour la plupart été détruites lors de la Commune de Paris.

Sur le parvis sont situées deux statues de bronze, allégories de l'Art par Laurent Marqueste et de la Science par Jules Blanchard.

Salle des fêtes[modifier | modifier le code]

La salle des fêtes de l'Hôtel de ville de Paris
Le plafond de la salle des fêtes

La salle des fêtes de l'Hôtel de ville de Paris a été conçue comme la réplique « républicaine » de la galerie des Glaces du château de Versailles construite deux siècles plus tôt[7].

Après avoir été incendié durant la Commune de Paris (1871), l'hôtel de ville a été reconstruit en style Renaissance durant la Troisième République. Les fresques sur les voussures de la salle des fêtes représentent seize provinces de France[7]. Elles sont l'œuvre des quatre peintres Jean-Joseph Weerts, François-Émile Ehrmann, Paul Milliet et Ferdinand Humbert[8].

Voussures Nord
par Jean-Joseph Weerts
Voussures Est
par François-Émile Ehrmann
Voussures Sud
par Paul Milliet
Voussures Ouest
par Ferdinand Humbert

Certaines provinces françaises manquent dont la Franche-Comté, le Limousin ainsi que le Bourbonnais. En outre, l'Alsace annexée à l'Allemagne en 1871 (récupérée en 1919 par le Traité de Versailles) est absente, tandis que l'Algérie annexée à la France à partir de 1830 (devenue indépendante en 1962 à la suite d'un référendum sur l'autodétermination) est présente sous la forme d'une femme voilée[7].

Jardin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jardin des Combattants de la Nueve.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Stein, Boccador et l'Hôtel de ville de Paris, Société de l'Histoire de Paris, , 14 p.
  2. Pierre Casselle, Françoise Masson, L'Hôtel de ville de Paris, Imprimerie nationale, , p. 19
  3. Louis Saurel, Histoire vivante de Paris, Agence Parisienne de Distribution, , p. 88
  4. Baies dont l'allège est décorée d'une table renfoncée, ornée de cercles de moulures, surmontant des fenêtres de soupiraux.
  5. Niches entre deux pilastres ioniques au rez-de-chaussée, entre deux pilastres corinthiens au premier étage, et au deuxième étage entre deux colonnes corinthiennes engagées ornées de chutes de draperies sur le fût, au tiers de leur hauteur, et qui supportent un motif décoratif formé de deux consoles renversées avec écusson sommé d'une couronne murale.
  6. Marius Vachon, L'Hôtel de Ville de Paris, 1535-1905, Plon-Nourrit, , p. 85
  7. a, b et c Visite virtuelle de l'hôtel de ville, Mairie de Paris
  8. Lucien Lambeau, L'Hôtel de Ville de Paris, collection Les Richesses d'art de la ville de Paris, Renouard, 1908, p. 129

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sandra Rude, L'Hôtel de Ville de Paris, Éditions du Chêne,
  • Pierre Casselle, Françoise Masson, L'Hôtel de ville de Paris, Imprimerie nationale,

Articles connexes[modifier | modifier le code]