Hôtel de Valentinois

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Ne doit pas être confondu avec l'hôtel de Valentinois (rue Saint-Lazare).
Hôtel de Valentinois
Hotel de valentinois (cote cour).jpg

L'hôtel peint depuis l'actuelle rue Raynouard dans les années 1770 par Alexis-Nicolas Pérignon.

Présentation
Type
Localisation
Adresse

L'hôtel de Valentinois était un hôtel particulier à Passy qui, au XVIIIe siècle, était situé dans l'ancienne commune de Passy. Il longeait l'actuelle rue Raynouard, l'actuelle rue des Vignes (en face du château de Passy), la rue Bois-Le-Vent[1] et peut-être une ancienne voie reliant le coin des actuelles rue Bois-le-Vent et rue Talma (sur lequel donnaient les bâtiments jouxtant l'orangerie[2]) jusqu'à l'actuelle rue Raynouard[note 1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'hôtel peint depuis le centre du « parterre de gazon de quatre pièces découpées »[4] dans les années 1770 par Alexis-Nicolas Pérignon.
À côté du château de Passy, l'hôtel peint depuis Grenelle dans les années 1740 par Charles-Léopold Grevenbroeck.

En 1710, l'hôtel appartient à Olympe de Brouilly de Piennes, mariée au duc Louis d'Aumont (1667-1723) mais dont elle est séparée. Elle le transforme en une grande propriété qui va jusqu'à l'actuelle rue Bois-Le-Vent. Après sa mort en 1723, son petit-fils Louis-Marie-Augustin d'Aumont en hérite puis le vend en 1724 à Alexandre de Ségur, président du parlement de Bordeaux. Ce dernier le cède à son tour en 1735 à Grimaldi, duc de Valentinois[5].

L'entrée de l'hôtel particulier se situait alors à l'emplacement de l'actuel n°9 rue de l'Annonciation[5].

En 1750, le duc donne l'hôtel à sa belle-fille, Marie de Rouvroy Saint-Simon, qui l'agrandit puis le lègue en 1774 à son cousin, le comte de Choiseul-Stainville. Ce dernier le vend en 1776 à Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont, grand-maître des eaux et forêts. Entre 1777 et 1785, il y loge Benjamin Franklin, d'abord dans la demeure attenant à l'orangerie, puis dans le pavillon oriental de l'hôtel[6], situé au niveau de l'actuel n°66 de la rue Raynouard. Henri Bouchot note que Le Ray de Chaumont vend l'hôtel en trois lots[3], alors que Jacques Hillairet mentionne qu'en 1791, deux personnes se le partagent[5].

L'affirmation d'Auguste Doniol selon laquelle les Frères des écoles chrétiennes acquirent en juin 1837 « les deux pavillons » (supposément ceux donnant sur la rue Raynouard) et une partie des jardins de « M. Briant »[7] semble contredire celle d'Henri Bouchot, selon laquelle Briant possédait « le derrière des bâtiments » (vraisemblablement l'orangerie et les bâtiments adjacents) « et le potager avec une ouverture sur la rue Bois-le-Vent », tandis que « la plus grosse part, la maison à colonnades, les terrasses et le jardin » avaient été adjugés à l'« écrivain et homme politique, Claude Fulchiron, de Lyon »[3], et certaines affirmations selon lesquelles ces biens-ci passèrent en 1811, au moins en partie, à la fille du banquier Isaac-Louis Grivel, Anne-Marie, et furent vendus par son mari Charles Vernes aux Frères en 1836[8], une autre partie ayant été acquise par l'industriel David Singer qui ouvrit une rue à son nom pas plus tard qu'en 1836[9]. En 1814, l'hôtel est loué au prince de Condé[5].

Un « troisième lot » avait échu « à Du Mersan, le joyeux vaudevilliste »[3] (qui y vit entre 1820 et 1835 ; le vaudevilliste Nicolas Brazier y loge également vers 1825[5]), comprenant les communs et des restes du jardin (vraisemblablement une partie au sud-ouest de celui-ci, visible sur le plan Roussel de Paris, ses faubourgs et ses environs, mais dissimulée sur le plan de l'hôtel levé par Guélin).

Le 8 avril 1839, les Frères déménagèrent un pensionnat pour garçons, qu'ils avaient ouvert au n°165 de la rue du Faubourg Saint-Martin, vers des locaux qu'ils avaient construits sur leur lot de terrains de l'hôtel et peut-être des locaux de l'hôtel loti qu'ils avaient préservés[10], et qui se fit connaître sous le nom de « Pensionnat des Frères des écoles chrétiennes à Passy » (depuis 1818 se trouvait en effet déjà à l'hôtel de Valentinois la maison mère et le petit noviciat des Frères ; en 1838, ils achètent une partie des jardins et deux pavillons, avant d'y déménager entièrement[5]). Au cours des décennies qui suivirent, les Frères reconstruisirent certains des locaux et en agrandirent d'autres[11] ; le pensionnat vint à longer, si ce n'est depuis le jour de son ouverture à Passy, tout le segment de l'actuelle rue Raynouard reliant l'actuelle rue Singer à l'actuelle rue des Vignes.

La chapelle du pensionnat occupe l'emplacement du pavillon où était logé Benjamin Franklin. En 1896, on y pose une plaque commémorative de son séjour ainsi que son premier paratonnerre, sur lequel il faisait ses expériences. L'inscription est reportée sur le plan coupé de l'actuel immeuble occupé par le collège secondaire Saint-Jean-de-Passy[5].

L'hôtel de Valentinois est démoli entre 1905 et 1909[5].

Une inscription fut gravée à l'angle des rues Raynouard et Singer en 1910, et un panneau « Histoire de Paris » installé au tournant du XXIe siècle, marquant l'emplacement de l'hôtel de Valentinois.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Miriam Simon, Renée Davray-Piekolek, Charlotte Lacour-Veyranne et Christiane Dole soutiennent que les terrains de l'hôtel s'étendaient jusqu'à l'actuelle rue de l'Annonciation[1]. Cependant, une telle affirmation peut sembler mal s'accorder avec ce que montre le plan Roussel de Paris, ses faubourgs et ses environs, en considération des proportions de l'hôtel telles qu'apparaissant sur le plan de celui-ci levé par Guélin et de la description par Henri Bouchot des lots qui en furent constitués au XIXe siècle[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Simon, Davray-Piekolek, Lacour-Veyranne et Dole, page 119.
  2. Allan, Orsoni, Inguenaud, Dainard et Smith (édition), page 15.
  3. a, b, c et d Bouchot, page 196.
  4. D***, page 17.
  5. a, b, c, d, e, f, g et h « Rue Raynouard », Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, tome 2 (« L-Z »), page 324.
  6. Allan, Orsoni, Inguenaud, Dainard et Smith (édition), pages 15 et 50.
  7. Doniol, page 42.
  8. Schaeper, page 333.
  9. Hillairet, Connaissance du vieux Paris : les villages, page 74.
  10. Annuaire, page 91 ; Doniol, page 42.
  11. Annuaire, page 92.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Allan, Peter ; Orsoni, Jean ; Inguenaud, Marie-Thérèse ; Dainard, J. A. ; Smith, David, édition (1998). Correspondance générale d'Helvétius. Volume IV. University of Toronto Press.
  • Annuaire administratif, industriel, statistique et commercial de Passy (1858).
  • Bouchot, Henri (1889). « Franklin à Passy ». Les lettres et les arts. Boussod, Valadon et cie.
  • D*** (1779). Voyage pittoresque des environs de Paris.
  • Doniol, Auguste (1902). Histoire du XVIe arrondissement de Paris. Hachette et cie.
  • Hillairet, Jacques (1963). Connaissance du vieux Paris : les villages. Gonthier.
  • Schaeper, Thomas J. (1995). France and America in the Revolutionary Era: the Life of Jacques-Donatien Leray de Chaumont (1725-1803).
  • Simon, Miriam ; Davray-Piekolek, Renée ; Lacour-Veyranne, Charlotte ; Dole, Christiane (2007). Benjamin Franklin : un Américain à Paris.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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