Hôtel de Nevers (rue de Richelieu)

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Hôtel de Nevers
Paris - hôtel de Nevers - rue Colbert.jpg

Hôtel de Nevers vu de la rue Colbert.

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L'hôtel de Nevers est un hôtel particulier situé 12 rue Colbert et 58bis rue de Richelieu à Paris, en France[1]. De nos jours, il ne reste plus qu'une partie du bâtiment originel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue artistique de l'hôtel de Nevers avant démolition partielle (L'Illustration, 1868).

Mazarin fait construire en 1646 par Pierre Le Muet, assisté de l’architecte italien Maurizio Valperga, un bâtiment appelé « palais Mazarin », un ensemble disparate, immense, le long de la rue de Richelieu (sur 144 mètres de façade), rattaché par une nouvelle aile élevée en 1650 à l'hôtel Tubeuf. À la mort de Mazarin en 1661, l'ensemble du palais est divisé en deux lots : c'est son neveu, le duc de Nevers, qui hérite de la partie située rue de Richelieu, à l'actuelle entrée côté ouest de la rue Colbert : ce bâtiment prend alors le nom d'hôtel de Nevers — l'autre lot va à Hortense Mancini et son époux, Charles-Armand de La Meilleraye[2].

En 1683, les écuries furent raccourcies et l'on perça la rue Neuve-Mazarin, qui devint ensuite la rue de l'Arcade-Colbert.

En 1698, la marquise de Lambert loua à vie la moitié nord-ouest de l'hôtel de Nevers où elle lança son célèbre salon littéraire et demeura jusqu'à sa mort en 1733.

En 1707, Philippe-Jules François, fils et héritier du duc de Nevers, le fait restaurer par Nicolas Dulin, puis le vend en 1714 à un certain Charles Chatelain, fournisseur aux armées, qui fait faillite en 1716 : c'est à ce moment là que l'abbé de Louvois pense à y faire transférer de Versailles la Bibliothèque du roi[2].

Faisant annuler ce projet par le Régent, John Law fait l'acquisition de l'ensemble de l'hôtel en mai 1719, moyennant la somme de 400 000 livres pour y installer la Banque royale, puis il achète l'ensemble du palais Mazarin pour y installer la Compagnie française des Indes orientales : la banque fait faillite en 1720, mais la Compagnie, fondée par Colbert, l'occupe jusqu'en 1769. Les plafonds de la galerie située au dessus de l'arcade furent peints par Giovanni Antonio Pellegrini mais cette fresque disparue au fil du siècle[2].

Tandis que la marquise de Lambert et la commission du visa occupent une partie des lieux, la partie sud de l'hôtel de Nevers est récupérée en septembre 1721 par l'Abbé Bignon, qui, reprenant le projet de l'abbé Louvois, obtient ensuite du roi Louis XV qu'il installe la Bibliothèque royale (jusqu'alors située rue Vivienne). À partir de 1733, dans le cadre de ce projet, la vaste galerie située au dessus de l'arcade est décorée par Jules-Robert de Cotte, inaugurée en 1741 : appelée « Salon Louis XV », il abrite le Cabinet des médailles[2].

Le lieu héberge également en partie la Bourse de Paris : le quartier grouille d'agioteurs, et reste celui des affaires et de la banque jusqu'à la Révolution.

Les bâtiments situés le long de la rue de Richelieu sont détruits entre 1868 et 1878, l'arcade Colbert et le bâtiment qu'elle porte disparaissent alors, dans le cadre du réaménagement de la Bibliothèque nationale : seule demeure de cet hôtel la partie située à l'angle de rue Colbert et de la rue de Richelieu, côté nord — vestige d'un hôtel d'une taille beaucoup plus grande dont une plaque rappelle le souvenir — qui communiquait avec le reste du bâtiment par les étages supérieurs et l'arche, donc, dont on peut encore apercevoir la trace.

Le Centre international de synthèse s'y installe en 1928. Les bâtiments appartiennent aujourd'hui encore à la Bibliothèque nationale.

Lors des Rencontres d'Arles 2011, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a annoncé que l'hôtel abriterait un nouvel espace entièrement consacré à la photographie à partir de 2014[3]. Le Jeu de Paume aurait géré cette salle d'exposition de 650 m2 et en aurait assuré la programmation. Le 10 septembre 2012, Aurélie Filippetti annonce finalement que ce projet ne verra pas le jour, au même titre que trois autres projets envisagés par l'ancien gouvernement, à savoir : le Centre d’art pariétal Lascaux 4 (qui ouvrit finalement en décembre 2016), une salle supplémentaire pour la Comédie française et la Maison de l'histoire de France[4].

Néanmoins, la direction de la Bibliothèque nationale confirme vouloir céder ces locaux au profit d'une université, lors d'une réunion début juin 2014[5].

Les façades et toitures ainsi que les intérieurs du bâtiment principal et le portail d'entrée font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]