Hôtel de Lauzun

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Hôtel de Lauzun
P1050911 Paris IV quai d'Anjou n°17 rwk.JPG
Façade sur le quai d'Anjou
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Centre de recherche et résidence de chercheurs
Style
Architecte
Construction
1650 - 1658
Propriétaire
Ville de Paris
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Coordonnées
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Localisation sur la carte de Paris
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L'hôtel de Lauzun, ou hôtel Pimodan, est un hôtel particulier situé sur l'île Saint-Louis à Paris, en France[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'hôtel est situé dans le 4e arrondissement de Paris, sur la rive nord de l'île Saint-Louis, au 17, quai d'Anjou.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Lauzun est construit entre 1657 et 1658 par l'architecte français Charles Chamois pour le financier Charles Gruyn[2]. Il est décoré par le peintre Michel Dorigny (1616-1665), élève et gendre de Simon Vouet qui a hérité de l'atelier du maître après sa mort en 1649. On connaît de lui à l'hôtel de Lauzun, Le Triomphe de Cérès, La Toilette de Vénus, Diane et Endymion ainsi que Le Triomphe de Flore[3].

Il fut acheté et habité en 1682 par le duc de Lauzun, en 1685 par le marquis de Richelieu qui le revendit en 1709 à Pierre-François Ogier, Grand Audiencier de France et receveur général du Clergé de France. Il passa par la suite à son fils, Jean-François Ogier, qui le revendit en 1764 à René-Louis de Froulay, marquis de Tessé. Il passa en 1769 à ses petits-enfants, les Saulx-Tavannes, qui le cédèrent en 1779 au marquis de Lavallée de Pimodan qui l'occupa jusqu'à la Révolution[4].

L'écrivain Roger de Beauvoir y a vu le jour en novembre 1806 et y vécut.

Cet hôtel fut restauré par le bibliophile et collectionneur Jérôme Pichon qui louait certaines salles à des créateurs.

Charles Baudelaire habite en ces lieux d'octobre 1843 à septembre 1845, au dernier étage, dans un petit appartement donnant sur la cour. Il y reçoit Madame Sabatier et y écrit son poème L'Invitation au voyage. Parmi ses voisins dans l'immeuble, il y a son ami Théophile Gautier, cofondateur du Club des Haschischins et de l'expérience des Paradis artificiels, et le peintre Joseph Ferdinand Boissard de Boisdenier (1813-1866), chez qui avaient lieu les séances mensuelles du club. Au rez-de-chaussée se trouve le brocanteur Arondel auprès duquel Baudelaire s'endette lourdement.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1906[1] et depuis 1928 l'hôtel de Lauzun est propriété de la ville de Paris. Il était déjà une propriété municipale au XIXe siècle. La famille Pichon, issue de la noblesse d'Empire, posséda et habita l'hôtel dans l'intervalle.

Depuis le , l'hôtel de Lauzun abrite l'Institut d'études avancées de Paris, un institut de recherche qui accueille en résidence des chercheurs internationaux en sciences humaines et sociales.

Description[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Lauzun est situé au 17, quai d'Anjou sur l'île Saint-Louis dans le 4e arrondissement de Paris. Sa façade extérieure, qui s'inscrit dans l'alignement des bâtiments qui composent cette voie, présente un élément remarquable, son balcon ouvragé en fer-forgé.


La cour intérieure, pavée, comprend trois façades ainsi qu'un mur aveugle décoré d'arcades.

Entre deux fenêtres du deuxième étage, sur la façade nord de la cour, se trouve un cadran solaire vertical déclinant de l'après-midi, qui indique à la fois les heures et le calendrier. De 3,20 mètres de haut, 1,60 mètres de large, il est à la fois gravé et peint. Riche, il figure quatre lignes horaires. Deux relient l'arc du solstice d'été à celui du solstice d'hiver, une l'arc du solstice d'hiver à l'équatoriale, deux l'arc du solstice d'hiver au bord droit du cadran. Quatre lignes des demi-heures figurent en pointillé. La ligne équatoriale, ascendante et également en pointillé, est accompagnée des symboles de la Balance et du Bélier ; les deux arcs des solstices figurent respectivement le Cancer et le Capricorne. La ligne de midi vrai sert aussi à indiquer le calendrier, par douze traits perpendiculaires correspondant au premier jour de chaque mois, le premier semestre à gauche de la ligne, le second à droite[5]. Le disque n'a pas été replacé lors de la restauration du cadran en 1957. Il se trouvait dans les réserves de l'hôtel en 1970, date à laquelle une photographie d'archivage en fut prise[6] ; le devenir du disque depuis n'est pas connu. Il représentait un visage, entouré de rayons convergeant vers l'œilleton. Le tripode qui le soutenait, décoré, comme les lanternes et gouttières de l'hôtel, par des motifs végétaux dorés, est toujours présent au dessus du cadran.

L'hôtel de Lauzun figure dans le film Hadewijch (2009) de Bruno Dumont, en tant qu'appartement des parents de Céline et dans La Neuvième Porte de Roman Polanski où il est l'appartement de la baronne Kessler.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Hôtel de Lauzun ou Hôtel de Pimodan », notice no PA00086297, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Inscription en lettres d'or sur marbre noir, au-dessus de la porte : « Hôtel de Lausun 1657 ».
  3. Barbara Brejon de Lavergnée, « Contribution à la connaissance des décors peints à Paris et en Île-de-France : le cas de Michel Dorigny », Bulletin de la Société d'Histoire de l'Art français, no 1982,‎ , p. 69-83.
  4. Jacques Silvestre de Sacy, Yvan Christ, Philippe Siguret, L'Ile Saint-Louis, l'Ile de la Cité, le quartier de l'ancienne université, 1984.
  5. Andrée Gotteland, Georges Camus, Cadrans solaires de Paris, Paris, CNRS Éditions, 1997, p.71-72.
  6. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, photographie, 4C-EPT-16-0012