Hôtel d'Agar

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Cavaillon Hôtel d'Agar (CHA)
Hotel-d-agar-jardin.JPG
Présentation
Type
Style
Renaissance
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Commune
Cavaillon
Adresse
58 rue LiffranVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées

L’hôtel d'Agar est un hôtel particulier situé à Cavaillon, dans le département de Vaucluse.

L'hôtel d'Agar[modifier | modifier le code]

Tour gothique de l'hôtel d'Agar (passage Vidau)

L’Hôtel d’Agar est présenté comme un condensé de l’histoire de Cavaillon[1]. Au cœur de Cavaillon, l’hôtel d’Agar est bâti, comme la cathédrale Saint-Véran toute proche, sur les ruines de la ville romaine qui s’était développée au bas de la colline Saint-Jacques. Les premiers éléments de ce qui sera l’hôtel d’Agar datent du XIIe siècle. L’hôtel a été passablement remanié au fil des siècles, parfois même malmené. La vaste demeure représente un condensé de l’histoire de la ville, de la cité gallo-romaine à l’agglomération du XXIe siècle.

Du gothique au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cette bâtisse a appartenu jusqu’en 1640 à une grande famille locale, les Agar,  qui prend une part active aux guerres de religions, du côté catholique. Jean d’Agar, conseiller au Parlement d’Aix, est un ardent « ligueur ». La famille, installée au XVIIe siècle dans un autre hôtel, dans la Grand Rue, disparaît de la ville sous la Révolution. Elle s’était entretemps liée aux autres familles nobles de la région, les d’Agoult, de Bus, de Cicéri, Athénosi, de Pérussis…). C’est l’un des éléments du blason d’Agar qui a été retenu comme « logo » de la maison. Ou plutôt des maisons, puisque leurs propriétaires, Christian Morand et Véronique Valton, ont depuis peu acquis le second hôtel d’Agar, celui de la Grand Rue de Cavaillon. Tel qu’il apparaît aujourd’hui, l’hôtel d’Agar comprend nombre d’éléments remarquables : tour gothique octogonale avec son escalier à vis et ses gargouilles, salles  seizième et dix-septième ornées de plafonds peints –peut être à l’occasion de la visite de François Ier dans la ville en 1537-  et de cheminées à décors de gypses, petite façade Louis XIV donnant sur la place Cabassole…

Un jardin remarquable[modifier | modifier le code]

En outre, l’hôtel dispose d’un jardin, l’un des rares intra muros de Cavaillon, et l’un des plus anciens puisqu’on relève des traces de jardin depuis au moins deux millénaires. Les archéologues sont donc à la fête : restes d’un temple hellénistique avec ses enduits peints, d’un temple de Mithra et, surtout, le fameux « trésor de Cavaillon », plus de 300 deniers d’argent en parfait état. Ce trésor a été découvert en 2010 et constitue le plus important découvert dans le Vaucluse.

Le jardin contient aussi un aqueduc romain et des canaux d’irrigation creusés après 1535. Sans compter les trésors accumulés par les propriétaires…

Plafond peint et cheminée.

Le travail de deux collectionneurs[modifier | modifier le code]

L’ensemble a été racheté en piètre état, dans les années 1990, par un couple de médecins, Christian Morand et Véronique Valton, qui ont entrepris un patient travail de dégagement et de restauration. Un labeur récompensé en 2011 par l’inscription du site (jardin et bâtiment) aux Monuments historiques. Mais Christian et Véronique sont aussi des collectionneurs passionnés d’art traditionnel et contemporain, et leur demeure recèle aujourd’hui un impressionnant trésor artistique et ethnographique qu’ils cherchent à faire partager.

Les Collections[modifier | modifier le code]

Cette collection est le fait de hasards, de rencontres fortuites, de découvertes. Aucun domaine ne lui échappe, les formes d’expression sont multiples, toutes les époques sont représentées, ainsi que tous les continents.

Aux 2000 ans d’histoires de la demeure répondent des objets, des sculptures, des peintures de tout âge. Elle constitue une matérialisation du  « Musée Imaginaire » d’André Malraux.

Les céramiques romaines de Deruta, et les créations contemporaines de Sèvres, Bob Wilson et Solario, les tissus néolithiques et les robes de Christian Lacroix, les crèches napolitaines et l’Homme de Bessines de Fabrice Hyper, les divinités mères phocéennes et la tête d’or de Louise Bourgeois … et tant d’autres affiliations se côtoient.

L’intérêt historique d’une pièce, sa rareté ne sont pas les seuls critères d’importance. L’iconographie d’une œuvre, son invitation au dialogue, parfois de manière évidente ou subtile, cachée ou ésotérique, sont la source de cet assemblage.

Paperolles, et photographie de Lucien Clergue dans un des cabinets de l'hôtel d'Agar

Un cabinet de curiosité[modifier | modifier le code]

Au XVIe les cabinets de curiosités fleurissent en Europe. Les propriétaires ouvrent leurs portes aux amis, aux artistes, aux passants. Ils échangent des heures durant avec eux, présentent leurs merveilles, leurs découvertes, partagent leurs sentiments sur des objets naturels, des oeuvres d’arts, des antiquités naturalia et mirabilia. L’Hôtel d’Agar s’inspire de ces curieux et vous propose de rentrer dans l’intimité d’une collection pour en découvrir les richesses archéologiques, les collections d’ethnologie et des créations contemporaines, avec des commandes faites directement aux artistes pour les expositions et des chefs d’oeuvres de l’histoire de l’art. Dans cette maison, à travers ce voyage millénaire, les visiteurs sont invités à s’échapper et vagabonder, à laisser leurs sensations les inspirer. Le lieu garde l'intime souvenir des liens qui unissaient la famille d'Agar, au grand collectionneur Nicolas Fabri de Peiresc, et à son exceptionnel cabinet de curiosité en Provence. L'art contemporain, de l'époque, se mélangeait aux découvertes archéologiques et aux archives de cet érudit.

Le partage avec le public[2][modifier | modifier le code]

Christian Morand et Véronique Valton sont tout sauf des collectionneurs égoïstes : ils veulent au contraire créer un intérêt pour l’art et l’histoire à travers leur maison, l’hôtel d’Agar. Celui-ci est donc régulièrement ouvert au public, pour les journées du Patrimoine, celle des Jardins, ou encore à l’occasion d’expositions comme celle des crèches et boules de Noël ou des reliques. Mais ils sont aussi amateurs d’art contemporain et aiment confronter ancien et moderne dans leur demeure.

Le travail sur le terrain est complété par l’édition de livres sur les collections et les fouilles par les éditions de l’Hôtel d’Agar.

Ce bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [3].

Les crèches de l'Hôtel d'Agar[modifier | modifier le code]

« ils cheminent les santons sur le chemin des songes… ils suivent le sentier qui mène à Bethléem »  Joseph d’Arbaud

Pharmacie de l'Hôtel Dieu de Saint-Jean-de-Losne, 1658

L’Hôtel d’Agar ouvre pour la première fois ses portes au public en l’an 2000 lors d’une exposition hommage au poète Joseph d’Arbaud. L’Hôtel de Perusys, accolé à l‘Hôtel d’Agar fut sa demeure.Des santons provençaux des XVIIIe et XIXe siècles en cire, bois, papiers mâchés et avec leur costume d’époque sont présentés, ils forment la collection la plus importante au monde. À cela s’ajoute la découverte récente d’un ensemble exceptionnel de centaines de moules en plâtre des XVIIe et XVIIIe siècles qui servaient à leur fabrication.

Sans parler de la multitude d’objets liée aux cultes religieux, croyances humaines et mythes : des centaines d’ex-voto, reliquaires de toute sorte, paperolles d’origine royale, et de santibellis religieux et profanes.

L'association des amis des hôtel d'Agar fait découvrir cet ensemble unique chaque année de décembre à février.

Trois temps forts rythment la présentation de la crèche chaque année :

• L’histoire des religions et de la nativité • Une exposition thématique (théologique, ethnologique, etc) • Un artiste contemporain invité

Quelques chefs-d’œuvre  de la collection  [modifier | modifier le code]

Sèvres contemporain mélangeait aux vestiges archéologiques du lieu

• Un ensemble textile exceptionnel, de la préhistoire à aujourd’hui : des fragments de textiles trouvés dans le lac palafitte de Neuchâtel, des tissus coptes de l’Antiquité, des éléments du XIIe siècle, des vêtements liturgiques du Moyen Age, de la Renaissance, des tissus des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, robes de cours, vêtements d’hommes, vêtements révolutionnaires …

• Des peintures provençales, du début XVIe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, « la grande ballade aux Alyscamps » d’Antoine Raspal …

• Une riche variété de peintures italiennes et napolitaines des XVI et XVIIe siècles : Ribera, Salvatore Rosa, Solario, Francesco De Mura, Giorgione, Solimène, Francesco Albani, Paolo Caliari …

• La plus importante présentation d’armoires de la basse vallée du Rhône, dites de Sumènes, du XVIIe siècle.

• L’Hôtel d’Agar a récupéré l’essentiel de la collection de Sylvain Gagnière, ancien conservateur du Palais des Papes et archéologue : ses archives, ses imageries populaires avignonnaises, son archéologie, ses documents sur l’histoire de la peste.

• Les « Beatiho », boîtes de nonnes, ces chambres où les religieuses se représentaient, construisant le décors de leur cellule qu’elles envoyaient en souvenir à leurs parents.

• Les paperolles, bandelettes de papiers dorés et brillants, embellissent les reliques de saints et de saintes, elles forment un ensemble somptueux malgré la pauvreté des matériaux.

• Les ex-voto du XVIIe au XIXe sont des peintures populaires, naïves que l’on offrait à l’église en souvenir d’un miracle accompli, rescapés d’accidents, enfants malades témoignent d’une croyance, et nous font pénétrer dans l’intimité des maisons de l’époque.

Œuvres de Claude Viallat et Sam Baron

Une mission scientifique  et pédagogique   [modifier | modifier le code]

Outre le travail de recherche, mise en valeur et recollement, tout à la préservation du patrimoine et de la mémoire collective avec des objets d’art ou d’us et coutumes à redécouvrir,  l’hôtel d’Agar se donne comme objectif conjoint de promouvoir la création artistique contemporaine auprès d’un large public.

Au delà des termes de «  démocratisation de l’art et de la culture  »  il est véritablement question de faire connaître, partager, toutes ces traces de savoir, connaissances,  d’inventivité et de création anciennes jusqu’à celles aujourd’hui, tout en essayant de faciliter une approche désinfatuée à l’art contemporain - L’art explorant, témoignant,  via  ses formes singulières et différentes, de l’appartenance de chacun à une origine et histoire de l’humanité somme toute commune. 

La suite logique implique pour chaque nouvelle exposition, le développement d’actions de médiation culturelle  avec la programmation de visites commentées, conférences, travail d’éditions, ateliers, résidence d’artistes etc. pour tout public, avec une attention toute particulière et des propositions spécifiques, adaptées à destination de scolaires, écoles, collèges, lycées du département  ou des public dits «  empêchés  ».


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. JAU (Guy)., Cavaillon pages d'histoire., Edisud,, 1990., 385 p.
  2. « Hôtel d'Agar »
  3. Notice no PA84000059, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]