Hétérophobie

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Le mot hétérophobie peut désigner, selon le contexte, soit la peur ou l'hostilité envers autrui, soit la peur ou l'hostilité envers l'hétérosexualité ou les hétérosexuels.

C'est en 1998 que le terme hétérophobie apparaît pour la première fois dans le titre d'un ouvrage : Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism de Daphne Patai. Cette dernière définit le terme comme « la peur et l'antagonisme envers l'Autre - dans le contexte présent à l'égard des hommes en général - et envers l'hétérosexualité en particulier. »

Concept[modifier | modifier le code]

Selon Francis Marmande[modifier | modifier le code]

En 1951, dans le cadre de la recension[1] d'un rapport de Michel Leiris pour l'UNESCO intitulé Race et civilisation[2], Georges Bataille développe un concept d'hétérophobie.

Selon Francis Marmande, le concept d'hétérophobie développé par Georges Bataille s'ancre dans son projet plus large et déjà ancien d'une « hétérologie », i.e. « l'observ[ation de] tous les phénomènes humains, individuels ou sociaux, sous l'angle de l'hétérogène ». Dans une recension d'un ouvrage de Francis Marmande consacré à Bataille, Annie Geffroy précise: « à l'homogène (l'utile, la production, le régulier) seul objet de la science, Bataille oppose l'hétérogène, impossible à assimiler aussi bien socialement que scientifiquement. L'hétérogène, c'est l'inconscient, le sacré (dans son double sens de souillé et de saint), la dépense improductive ; mais aussi bien : le rejet, le déchet, l'excrément (l'hétérologie pourrait s'appeler scatologie) »[3].

Le concept d'hétérophobie développé par Georges Bataille a vocation à mettre en évidence la part de « phobie » et le caractère non-idéologique car historique et néanmoins « inhérent à l'humanité » (Bataille précise paradoxalement: « historique c'est-à-dire humain »[4]) du « racisme ». Bataille estime en effet que les caractères « phobique » et « humain » du racisme sont occultés aussi bien par ceux qui pensent le racisme en termes naturalistes (innéité et hérédité du racisme chez l'homme) que ceux qui, comme Leiris, le réduisent à un « mythe », une « propagande intéressée », un simple « préjugé [...] lié essentiellement à des antagonismes reposant sur la structure économique des sociétés modernes », structures qu'il suffirait alors de changer[5],[6].

Selon Marmande commentant l'article de Bataille, « parler de phobie, c'est insister sur le côté électif du préjugé, mais c'est aussi rappeler ce que son fonctionnement a d'impératif et d'irrationnel. C'est renvoyer à l'inconscient et aux affects, la peur, l'horreur »[7]. Soulignant encore une fois les caractères phobique et humain de l'hétérophobie, Bataille juge que l'attitude de l'oppresseur hétérophobe « est moralement d'une extrême bassesse: elle suppose la stupidité et la lâcheté d'un homme qui donne à quelque signe extérieur une valeur qui n'a d'autre sens que ses craintes, sa mauvaise conscience et le besoin de charger d'autres, dans la haine, d'un poids d'horreur inhérent à notre condition. Les hommes haïssent, autant qu'il semble, dans la mesure où ils sont eux-mêmes haïssables »[8].

Selon Albert Memmi[modifier | modifier le code]

Albert Memmi développe un concept d'hétérophobie défini comme fonction vitale de l'espèce humaine assurant le « refus terrifié et agressif d’autrui ». L'hétérophobie se distingue du racisme mais lui est liée en tant que le second est « une élaboration discursive » de la première, une « justification de ces émotions simples »[9]. Selon Memmi, le concept d'hétérophobie a vocation à dépasser la limitation que la référence à la "race" vient poser au concept de racisme. En effet, stricto sensu, le racisme se fonde sur une prétendue différence raciale et donc biologique[10]. Le concept d'hétérophobie pourrait ainsi désigner en les regroupant « ces constellations phobiques et agressives, dirigées contre autrui, qui prétendent se légitimer par des arguments divers, psychologiques, culturels, sociaux ou métaphysiques, et dont le racisme, au sens biologique, serait une variante »[11]

En 1981, Albert Memmi écrit un article consacré à son concept d'hétérophobie pour la revue du MRAP Différences. Lorsqu'il aborde la question de l'homophobie, il déclare : « J'ai oublié de vous parler des homosexuels. [...] Il ne suffit pas de clamer son indignation devant leur exclusion. Il faut l'expliquer. Il existe indéniablement un malaise chez les gens "normaux" qui provient d'un double désordre. Le désordre biologique est manifeste. La norme biologique est la copulation hétérosexuelle. Le législateur ne peut pas ne pas en tenir compte même pour protéger les homosexuels. Il existe aussi un désordre psychologique : une société vivante est une société qui se reproduit, sinon elle est condamnée à sa disparition. Les éléments homosexuels sont des éléments condamnés à disparaître. C'est, pardonnez cette métaphore, les mulets de la race humaine, naturellement cela ne veux [sic] pas dire qu'il faille persécuter les mulets, ils peuvent même rendre de grand service [sic], très spécifique [sic]... »[12].

La déclaration est reprise peu après par le magazine Gai Pied. Ce dernier commente: « M. Albert Memmi, professeur de sociologie à Nanterre, se croit très finaud d'avoir inventé pour désigner la peur de l'autre le terme d'hétérophobie. En fait Albert Memmi n'est qu'un piètre homophobe[13]. »

Selon Pierre-André Taguieff[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage intitulé La Force du préjugé (1988), l'historien des idées et politologue français Pierre-André Taguieff reprend le concept d'hétérophobie afin de produire une typologie des racismes ; il distingue ainsi deux types de racisme entretenant chacun un rapport particulier à la différence : le « racisme hétérophile » et le « racisme hétérophobe ».

Peur ou hostilité[modifier | modifier le code]

Au regard des auteurs ayant publié sur la question[14], l'hétérophobie - au sens de peur ou d'hostilité envers l'hétérosexualité - est une notion liée avant tout à la sexologie américaine et/ou au contexte politique et sociétal américain.

Dans la littérature américaine[modifier | modifier le code]

Selon Raymond J. Noonan[15], le terme "hétérophobie" apparaît pour la première fois dans la littérature américaine en 1982 sous la plume de la célèbre féministe américaine Robin Morgan dans son ouvrage The Anatomy of freedom[16]. Le terme semble apparaître pour la première fois dans la littérature sexologique américaine en 1990 dans un chapitre qu'Edward W. Eichel rédige dans l'« ouvrage controversé » coécrit avec Judith Reisman consacré à Alfred Kinsey[17]. Edward W. Eichel présente l'hétérophobie comme un « terme inventé ici pour désigner ceux qui ont une peur irrationnelle et sont hostiles envers l'hétérosexualité »[18]. Le terme est ensuite repris en 1995 dans le Complete Dictionnary of Sexology de Francoeur, Perper et Comog. Le terme y est défini comme « la peur envers les hétérosexuels »[19]. Raymond J. Noonan évoque le terme dans plusieurs travaux à partir de 1996[20]. Noonan en élargit la définition afin de désigner « cette négativité généralisée à l'égard du sexe qui s'est cristallisée autour du comportement hétérosexuel - en particulier contre les hommes hétérosexuels - et spécialement contre les rapports hétérosexuels »[21].

C'est en 1998 que le terme hétérophobie apparaît pour la première fois dans le titre d'un ouvrage : Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism de Daphne Patai. Cette dernière définit le terme comme « la peur et l'antagonisme envers l'Autre - dans le contexte présent à l'égard des hommes en général - et envers l'hétérosexualité en particulier »[22]. Raymond J. Noonan relève un usage plus récent du terme d'hétérophobie pour désigner le pôle opposé à l'hétérosexualité (et un usage symétrique du terme "homophobie" pour désigner le pôle opposé à l'homosexualité) sur l'échelle de Kinsey[23]. Raymond J. Noonan conclut en relevant que la valeur du concept d'hétérophobie est discutée (valeur scientifique ou pseudo-scientifique? concept ou jeu de mot?) et que les usages sont multiples (usage descriptif et usage politique, militant), ce qui peut entrainer une certaine « confusion »[21]. Il note que, dans son acception politique, l'hétérophobie pourrait, suivant la proposition de divers auteurs, être renommée « hétéronégativité »[21].

Hétérophobie et « conspiration gay »[modifier | modifier le code]

Edward W. Eichel coécrit en 1990 avec l'essayiste conservatrice Judith Reisman (connue pour sa dénonciation des « recruteurs homosexuels d'enfants »[24]) un « ouvrage controversé »[21] sur les travaux du pionnier de la sexologie américaine, Alfred Kinsey, et leur influence aux États-Unis[25] (l'ouvrage est notamment connu pour avoir accusé Kinsey d'abus sexuel sur des enfants, accusations contestées par les principaux biographes de l'intéressé[26]). Dans cet ouvrage, Edward W. Eichel rédige le chapitre intitulé Heterophobia, the Kinsey agenda in sex education[27]. Edward W. Eichel présente le mot "hétérophobie" ainsi: « "hétérophobie" est un terme inventé ici pour désigner ceux qui ont une peur irrationnelle et sont hostiles envers l'hétérosexualité. L'hétérophobie se manifeste souvent chez les militants homosexuels, les féministes radicales et les pédophiles dans leur campagne active contre les normes sociales des relations hétérosexuelles, l'institution du mariage et la structure de base de la famille nucléaire. Ce nouveau mot est une réplique à l'expression « homophobie » issue du « parler-gay », qui fut inventée à l'origine pour signifier une peur irrationnelle de l'homosexualité, et qui est devenue dans son usage courant un terme diffamant utilisé pour intimider ceux qui s'opposent au programme des militants homosexuels »[28]. Edward W. Eichel considère que les travaux d'Alfred Kinsey sont hétérophobes en ce qu'ils visent à « dénormaliser » l'hétérosexualité et à « normaliser » l'homosexualité et la bisexualité[29]. Edward W. Eichel centre sa critique sur l'influence acquise par ces travaux, sous la pression ou par l'intervention directe des « militants gays », sur les programmes d'éducation sexuelle à destination des enfants américains. Edward W. Eichel suggère qu'il y aurait une « conspiration gay » (« hidden gay agenda ») visant à modifier par des programmes d'éducation hétérophobes l'orientation sexuelle des enfants américains[30].

« Industrie du harcèlement sexuel »[modifier | modifier le code]

En 1998, Daphne Patai, professeure américaine spécialiste et critique des women's studies[31], écrit un ouvrage intitulé Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, consacré à l'apparition aux États-Unis d'une « industrie du harcèlement sexuel » sous l'influence de la juridicisation et de la judiciarisation du harcèlement sexuel, et sous l'influence corrélative de la bureaucratisation de la gestion de ce harcèlement sexuel[32],[33],[34].

Selon Raymond J. Noonan[21], la thèse de Daphne Patai est que « l'industrie du harcèlement sexuel » est exploitée afin de « séparer les hommes et les femmes pour des raisons de gain personnel ou politique ou par égoïsme ». Selon Daphne Patai, l'hétérophobie (définie comme « la peur et l'antagonisme envers l'Autre - dans le contexte présent à l'égard des hommes en général - et envers l'hétérosexualité en particulier »[22]), bien qu'elle soit très présente dans l'idéologie portée par certaines féministes, n'est pas réservée à la « frange lunatique du féminisme »[35] des années 60: elle affecte aussi bien les hommes que les femmes, les homosexuel(le)s que les hétérésoxuel(le)s[36], et se propage au travers de « sessions d'endoctrinement sur le harcèlement sexuel » et par les lois[35]. Patai pense que l'idéologie hétérophobe dont se nourrit et que nourrit en retour « l'industrie du harcèlement sexuel » porte le projet d'un « monde stérile » dans lequel « la sexualité elle-même et le fait-même de la différence sexuelle sont suspects »[37].

Hétérophobie et homophobie[modifier | modifier le code]

Louis-Georges Tin (qui a dirigé le Dictionnaire de l'homophobie aux PUF) estime que l'hétérophobie « peut exister », mais il ajoute « qu'elle ne peut pas être mise sur le même plan que l'homophobie »[38].

Raymond J. Noonan note que des critiques s'élèvent contre la mise en parallèle de l'hétérophobie et de l'homophobie puisque cela aurait pour effet de « banaliser » cette dernière [21]. Cependant, d'un point de vue sexologique, Noonan (qui pense l'hétérophobie comme l'expression d'une « négativité généralisée envers le sexe ») estime que l'homophobie et l'hétérophobie peuvent être reliées en tant que la cause de ces formes d'hostilité est davantage du côté de la composante sexuelle que de la composante homo- ou hétéro-; l'homophobie serait ainsi favorisée par l'hétérophobie[21].

Détournement de l'hétérosexisme et l'homophobie[modifier | modifier le code]

Dans l'article Hétérophobie qu'il écrit pour le Dictionnaire de l'homophobie, Jean-Louis Jeannelle nie qu'il existe un véritable concept d'hétérophobie, et tente de comprendre ce « vide conceptuel » dans sa relation à l'homophobie. Il constate que si les homosexuels ont historiquement été objet de violence, ils n'ont pas, à quelques rares exceptions près, retourné de manière « réactionnaire » et « généralisée » cette violence contre leurs agresseurs[39]. Jean-Louis Jeannelle note cependant qu'il arrive que, dans la culture gay, les codes de l'« hétérosexisme » soient détournés à des fins « critiques »; ce détournement peut par exemple se faire par l'invention d'« univers parallèles » dans lesquels l'hétérosexualité serait à son tour « marginalisée ». Selon Jeannelle, ce sont ces situations de « marginalisation inversée » (telles qu'également, le fait de « se voir refuser l'entrée dans un bar gay », le fait « d'être laissé pour compte par l'uniformité des codes du "milieu gay" », le fait de « voir dans un haussement de sourcil ou dans un programme politique des signes de communautarisme »), qui peuvent donner à certains hétérosexuels le sentiment d'être eux-mêmes des victimes, des victimes de « l'hétérophobie ». Selon Jeannelle, la « notion d'hétérophobie » devient ainsi une manière pour les personnes homophobes de « légitimer » leur propre « homophobie ». La « notion d'hétérophobie » peut alors être vue comme une « réponse à la notion-même d'homophobie », dans la mesure où elle accroît le « sentiment d'impunité de l'homophobe »[40].

Dans un ouvrage consacré aux « folles de France »[41], Jean-Yves Le Talec constate que « face aux discriminations liées à l’homosexualité et surtout à l’efféminement, les folles adoptent diverses stratégies de défense, qui ne sont que partielles, imparfaites, et n’écartent jamais totalement le risque de violence ». L'affirmation des « folles » passe ainsi « par une visibilité consciente et théâtralisée, qui rejoint bien entendu tout l’espace subculturel du camp, mais matérialise aussi des positions militantes qui ne sont pas exemptes d’un certain plaisir »[42]. Cette affirmation relève d'une « critique de l’hétéronorme » qui peut « atteindre une certaine force et s’exprimer sous la forme d’une hétérophobie affirmée et mise en scène, comme si s’opérait un retournement, très camp, de l’homophobie et de l’hétérosexisme »[43].

Instrumentalisation politique[modifier | modifier le code]

Selon Louis-Georges Tin, « aux États-Unis, et dans une moindre mesure en France, l'argument de l'hétérophobie est de plus en plus utilisé par certaines personnes, souvent proches des milieux évangéliques et conservateurs, qui considèrent que les revendications gaies et lesbiennes constituent une menace pour l'ordre social, et que le droit au mariage que réclament les militants homosexuels serait une agression caractérisée à l'encontre des citoyens hétérosexuels »[38]. Il se demande par ailleurs si le christianisme n'est pas hétérophobe[44].

A l'encontre du discours et des revendications LGBT, le psychanalyste français Jean-Pierre Winter (opposant à la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe[45],[46]) suggère que ce n'est pas l'homophobie qui fait obstacle à l'homoparentalité et que notre société serait plutôt marquée par « une sorte d'hétérophobie, au sens de haine de la différence »[47].

Selon Raymond J. Noonan, l'usage du terme "hétérophobie" aux États-Unis est interprété par quelques personnes comme une démarche de « reconnaissance et de politisation des intérêts culturels des hétérosexuels par contraste avec ceux des gays, en particulier lorsque ces intérêts sont perçus comme entrant en conflit »[21]. L'usage du terme permettrait une mise en valeur politique du mode de vie hétérosexuel opposé au mode de vie homosexuel[21].

Évoquant la mode contemporaine des phobies à combattre, Philippe Muray parlait de « cage aux phobes »[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Bataille, "Le racisme", Critique, n°48, mai 1951, pp. 460-463, repris dans Œuvres complètes, tome XII, 1988, pp. 98-99, réédité dans Georges Bataille et Michel Leiris, Échanges et correspondances, Gallimard, coll. Les inédits de Doucet, 2004, pp. 81-87.
  2. Michel Leiris Race et civilisation, La question raciale devant la science moderne, UNESCO, 1951, 49 p.
  3. Annie Geffroy, "Recension de Francis Marmande, Georges Bataille politique", Mots, 1987, n°15, p. 214.
  4. Marmande interprète ainsi ce paradoxe: « Nulle contradiction là-dessous! C'est bien humanité qu'il faut lire, et non pas, par exemple, nature humaine ou hommes, dont l'air de famille est précisément travaillé par le choix de Bataille. Rétablissons les notions dans leur vitalité et les mots dans les « besognes de leur sens » : si l'hétérophobie est inhérente à quelque chose, c'est à l'ensemble des hommes en tant qu'il est culturellement et socialement constitué en «humanité». », Francis Marmande, "Racisme ou hétérophobie", Mots, mars 1984, n° 8, p. 203.
  5. Leiris: « Le préjugé racial n'a rien d'héréditaire non plus que de spontané; il est un « préjugé », c'est-à-dire un jugement de valeur non fondé objectivement et d'origine culturelle: loin d'être donné dans les choses ou inhérent à la nature humaine, il fait partie de ces mythes qui procèdent d'une propagande intéressée beaucoup plus que d'une tradition séculaire. Puisqu'il est lié essentiellement à des antagonismes reposant sur la structure économique des sociétés modernes, c'est dans la mesure où les peuples transformeront cette structure qu'on le verra disparaître, comme d'autres préjugés qui ne sont pas des causes d'injustice sociale mais plutôt des symptômes. Ainsi, grâce à la coopération de tous les groupes humains quels qu'ils soient sur un plan d'égalité s'ouvriront pour la Civilisation des perspectives insoupçonnées », Michel Leiris Race et civilisation, La question raciale devant la science moderne, UNESCO, 1951, p. 46.
  6. Bataille: « Voir dans le racisme une idée néfaste, est se détourner d'un problème dont les données ne se situent plus dans la pensée : elles ne sont pas non plus dans la nature, elles sont contingentes, aléatoires, elles sont historiques, c'est-à-dire humaines », Bataille cité par Francis Marmande, "Racisme ou hétérophobie", Mots, mars 1984, n° 8, p. 204.
  7. Francis Marmande, "Racisme ou hétérophobie", Mots, mars 1984, n° 8, p. 203.
  8. Bataille cité par Francis Marmande, "Racisme ou hétérophobie", Mots, mars 1984, n° 8, p. 204.
  9. Albert Memmi, Ce que je crois, Dominant et Dominé, 1985.].
  10. Albert Memmi, "Racisme et hétérophobie", Différences, Revue du MRAP, Numéro 6, décembre 1981, pp. 40-41.
  11. Memmi cité par Catherine Déchamp-Le Roux, Avant-propos aux textes d’Albert Memmi "Sociologie des rapports entre colonisateurs et colonisés" et "Portrait du décolonisé arabo-musulman et de quelques autres", SociologieS (en ligne), Découvertes / Redécouvertes, Albert Memmi, mis en ligne le 02 juin 2009, consulté le 19 février 2014.
  12. Albert Memmi, "Racisme et hétérophobie", Différences, Revue du MRAP, Numéro 6, décembre 1981, p. 41.
  13. "Hétérophobie", Gai Pied, Numéro 35, Février 1982, p. 2.
  14. Voir les auteurs cités ci-dessous; voir également l'avis de Louis-Georges Tin reproduit ci-dessous.
  15. Raymond J. Noonan, "Heterophobia: The Evolution of an Idea (updated 2003)", in Robert T. Francoeur et Raymond J. Noonan (dir.), The Continuum Complete International Encyclopedia of Sexuality, Continuum, New York, 2004, pp. 1167-1168.
  16. Robin Morgan, The Anatomy of Freedom, W.W. Norton & Company, 1982, cité par Raymond J. Noonan.
  17. Edward W. Eichel, "Heterophobia, the Kinsey agenda in sex education", in Judith A. Reisman et Edward W. Eichel, Kinsey sex and fraud, the indoctrination of a people, an Investigation Into the Human Sexuality Research of Alfred C. Kinsey, Wardell B. Pomeroy, Clyde E. Martin, and Paul H. Gebhard, Lochinvar-Huntington House, 1990, pp. 117-147, cité par Raymond J. Noonan.
  18. Edward W. Eichel, "Heterophobia, the Kinsey agenda in sex education", in Judith A. Reisman et Edward W. Eichel, Kinsey sex and fraud, the indoctrination of a people, an Investigation Into the Human Sexuality Research of Alfred C. Kinsey, Wardell B. Pomeroy, Clyde E. Martin, and Paul H. Gebhard, Lochinvar-Huntington House, 1990, p. 117.
  19. Robert Francoeur, Martha Cornog, Timothy Perper et Norman A. Scherzer (dir.), The complete Dictionnary of Sexology, Continuum, New York, 1995, cité par Raymond J. Noonan.
  20. Peter Anderson, Diane De Mauro, Raymond J. Noonan, Does Anyone Still Remember When Sex Was Fun?, Kendall/Hunt Publishing Company, 1996, cité par Raymond J. Noonan.
  21. a, b, c, d, e, f, g, h et i Raymond J. Noonan, "Heterophobia: The Evolution of an Idea (updated 2003)", in Robert T. Francoeur et Raymond J. Noonan (dir.), The Continuum Complete International Encyclopedia of Sexuality, Continuum, New York, 2004, p. 1168.
  22. a et b Daphne Patai, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, Rowman & Littlefield Publishers, 1998, p. 5, cité par Raymond J. Noonan.
  23. Entrée "France", dans le Continuum Complete International Encyclopedia of Sexuality, citée par Raymond J. Noonan.
  24. "Her Kinsey Obsession", Max Blumenthal, Alternet, 14 décembre 2004.
  25. Judith A. Reisman et Edward W. Eichel, Kinsey sex and fraud, the indoctrination of a people, an Investigation Into the Human Sexuality Research of Alfred C. Kinsey, Wardell B. Pomeroy, Clyde E. Martin, and Paul H. Gebhard, Lochinvar-Huntington House, 1990.
  26. "Why Know?", Daniel Radosh, The New Yorker, 6 décembre 2004.
  27. Edward W. Eichel, "Heterophobia, the Kinsey agenda in sex education", in Judith A. Reisman et Edward W. Eichel, Kinsey sex and fraud, the indoctrination of a people, an Investigation Into the Human Sexuality Research of Alfred C. Kinsey, Wardell B. Pomeroy, Clyde E. Martin, and Paul H. Gebhard, Lochinvar-Huntington House, 1990, pp. 117-147.
  28. Article précité, p. 117.
  29. Article précité, p. 141-147.
  30. Article précité, p. 146-147.
  31. Page de présentation, Foundation for Individual Rights in Education.
  32. Daphne Patai, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, Rowman & Littlefield Publishers, 1998..
  33. "Heterophobia: A Review", Wendy McElroy, blog de l'auteure.
  34. Russell Eisenman, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, and: Sexual Harassment in America: A Documentary History (review), Journal of the History of Sexuality, juillet-octobre 2001
  35. a et b Daphne Patai, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, Rowman & Littlefield Publishers, 1998, p. 14, cité par Raymond J. Noonan.
  36. Daphne Patai, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, Rowman & Littlefield Publishers, 1998, chapitre "Heterophobia", pp. 129-162.
  37. Daphne Patai, Heterophobia: Sexual Harassment and the Future of Feminism, Rowman & Littlefield Publishers, 1998, p. 10.
  38. a et b Les hétérosexuels sont-ils discriminés ?, L'Observatoire de l'hétérosexualité, 20-03-09.
  39. Dans son livre Métamorphoses de la parenté, Maurice Godelier, tout en faisant référence à l'article de Jean-Louis Jeannelle, imagine justement ce que pourraient être les conséquences d'une réaction hétérophobe: « Et si l'homosexualité se laissait aller à l'hétérophobie? Si les rôles se renversaient? Si certains homosexuels se mettaient à prêcher le « rejet ou la peur de l'hétérosexualité [ ... ] pouvant se traduire par des attitudes négatives, voire discriminatoires envers les individus d'orientation hétérosexuelle » ? On imagine les conséquences qu'aurait cette « haine en retour», quand bien même celle-ci pourrait se comprendre de la part de gens ayant souffert pendant des décennies de violences sociales, physiques, symboliques du fait de leur sexualité. Conséquences sociales d'abord: le fond d'homophobie des populations se raviverait. Conséquences psychologiques ensuite sur les enfants de parents homosexuels, qui auraient le sentiment de vivre dans un autre monde que celui des enfants de leur âge. », Maurice Godelier, Métamorphoses de la parenté, Fayard, 2004, p. 586.
  40. Jean-Louis Jeannelle, "Heterophobia", in Louis-Georges Tin, The dictionary of homophobia, Arsenal Pulp Press, 2008.
  41. Jean-Yves Le Talec, Folles de France, La Découverte, 2008, 336 p.
  42. Jean-Yves Le Talec, Folles de France, La Découverte, 2008, p. 293.
  43. Jean-Yves Le Talec, Folles de France, La Découverte, 2008, p. 294.
  44. Le christianisme est-il hétérophobe ?, L'Observatoire de l'hétérosexualité, 25-11-08.
  45. "Non à un monde sans sexes!", Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter, Le Monde, 4 décembre 2012.
  46. "Touche pas à "père-et-mère"", Collectif, Le Monde, 8 novembre 2012.
  47. Jean-Pierre Winter, Homoparenté, Albin Michel, 2010, p. 15.
  48. « La liste de nos phobies », Le Figaro, 28 juin 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Comme refus d'autrui[modifier | modifier le code]

  • Georges Bataille, "Le racisme", Critique, n°48, mai 1951, pp. 460-463, repris dans Œuvres complètes, tome XII, 1988, pp. 98-99, réédité dans Georges Bataille et Michel Leiris, Échanges et correspondances, Gallimard, coll. Les inédits de Doucet, 2004, pp. 81-87. Texte commenté dans Francis Marmande, "Racisme ou hétérophobie", Mots, mars 1984, n° 8, pp. 202-204.
  • Albert Memmi, Le racisme, Folio.
  • Albert Memmi, Ce que je crois, éd. Fasquelle.
  • Albert Memmi, Phobie, éd. Poche.

Comme hostilité envers l'hétérosexualité[modifier | modifier le code]