Hérauts de l'Évangile

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Hérauts de l’Évangile au Gesù, à Rome.

Les Hérauts de l’Évangile (en latin Evangelii Præcones) sont une association internationale de fidèles de droit pontifical qui se veulent zélateurs du culte marial, selon l’expression de Jean Paul II qui suivit l’approbation pontificale de l’association : « Soyez messagers de l’Évangile par l’intercession du Cœur Immaculé de Marie »[1]. Ils «se fixent pour objectif d’être un instrument de sainteté dans l’Église en favorisant l’unité intime entre foi et vie et en agissant pour l’évangélisation des réalités temporelles, surtout à travers l’art et la culture »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'association naît après la mort en 1995 de Plinio Corrêa de Oliveira, fondateur de l'association catholique conservatrice Tradition, famille et propriété. Elle se sépare de celle-ci le 21 septembre 1999 à l'initiative de Mgr João Scognamiglio Clá Dias, qui devient le président général des Hérauts jusqu’à sa démission le [3]. Érigée canoniquement en 1999 par l’évêque de Campo Limpo, elle a été reconnue par le Conseil pontifical pour les laïcs le et a reçu la charge de l’église San Benedetto in Piscinula à Rome.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les Hérauts de l’Évangile s’inscrivent dans la « nouvelle évangélisation » appelée par Jean-Paul II. Leurs statuts définissent trois lignes maîtresses, l’adoration du Saint-Sacrement, la dévotion à Marie et la fidélité au pape. Ces trois points sont repris sur leur blason.

Les membres associés se vouent au célibat et vivent en communautés, masculines ou féminines ; ils restent laïcs dans leur grande majorité et ne prononcent pas de vœux. Les personnes mariées ou les célibataires vivant dans le monde peuvent adhérer comme « coopérateurs ». L’association a également suscité deux sociétés de vie apostolique, Regina Virginium pour les femmes et Virgo Flos Carmeli pour les prêtres. Début 2013, l’ordre comprend 1 360 frères et 680 sœurs au Brésil et 760 autres laïcs consacrés dans le reste du monde. Leur branche sacerdotale comprend 160 prêtres et 19 diacres en 2017[4]. L’ordre dispose d’un séminaire et d’un institut de théologie, de la chaîne TV Arautos, de radios, d’une agence de presse et de sites internet.

Leur habit — marron uni pour les prêtres, marron et blanc pour les moines, marron et caramel pour les moniales, beige pour les séminaristes, blanc pour les coopérateurs laïcs — est marqué d’une grande croix gothique bicolore rouge et blanche, et de bottes noires. Ils disposent aussi d’une chaîne où pend un rosaire.

L’église principale appelé Notre-Dame-du-Rosaire, est situé à Caieiras, dans les forêts du nord de São Paulo. Cette basilique est bâtie et décorée sur le modèle gothique de la chapelle basse de la Sainte-Chapelle à Paris. Les sœurs vivent dans un monastère proche qui comprend un spectaculaire réfectoire[5].

Enquêtes du Saint-Siège[modifier | modifier le code]

Selon Andrea Tornielli, le Vatican aurait ouvert une enquête sur certains agissements du groupe, notamment des séances d'exorcisme au cours desquelles les officiants dialogueraient avec le diable. Si l'accusation est invérifiable, de telles pratiques sont toutefois rigoureusement interdites par l'Église catholique[6]. Le sociologue catholique Massimo Introvigne décrit le groupe comme « une sorte de secte secrète et extravagante » dont la trinité est composée de « Plinio Correa de Oliveira, sa mère Dona Lucilia, et Monseigneur Clá Días lui-même[3] ». Certains membres de l'association prétendent que, au cours de conversations avec le diable, ce dernier a prétendu que le pape François est son pantin[6].

En 2019, à la suite de l'enquête initiée dès 2017 par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique on relève « des agissements extravagants, notamment des séances d’exorcisme au cours desquelles les officiants auraient dialogué avec le diable », et demande une visite apostolique et est placé sous l’autorité d’un commissaire pontifical, le cardinal brésilien Raymundo Damasceno Assis, archevêque émérite d’Aparecida[7].

En septembre 2021, le Saint-Siège demande la fermeture des pensionnats dirigés par les Hérauts de l’Évangile « afin de protéger les enfants et adolescents des risques élevés de violences psychologiques et sexuelles auxquels ils étaient exposés »[8],[9]. Ces accusations réputées sans fondements[10] provoqueront l'abandon de cette requête.[11],[12]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Jean Paul II, Audience Générale, Mercredi 28 février 2001
  2. Repertoire des Associations Internationales de Fidèles, Conseil Pontifical pour les Laïcs, 19 fevrier 2018
  3. a et b This Secret Catholic Exorcist Cult in Brazil Is Making a Deal With the Devil, Barbie Latza Nadeau, The Daily Beast, 19 juin 2017
  4. [2], Annuaire Pontifical, 2018
  5. Le Figaro Magazine, 19-20 juillet 2013, Les nouveaux moines soldats, pages 28 à 45
  6. a et b Le Vatican enquête sur une confrérie d’exorcistes brésiliens qui souhaiterait la mort du Pape, Claire Levenson, Slate.fr, 20 juin 2017
  7. « Après des exorcismes controversés, les Hérauts de l’Évangile sous l’autorité d’un commissaire pontifical », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  8. « Le Saint-Siège demande la fermeture des pensionnats tenus par les Hérauts de l’Évangile », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
  9. « Le Saint-Siège demande la fermeture des pensionnats tenus par les Hérauts de l’Évangile », The World News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. herauts, « Entre le Journal « La Croix » et la vérité | Hérauts de l'Évangile - France », (consulté le )
  11. « Que sais-je ? | Hérauts de l'Évangile - France » (consulté le )
  12. (en-US) Gaudium Press English Edition, « Firm and Final Agreement between Cardinal Damasceno and Heralds of the Gospel’s Partner Schools | Gaudiumpress English Edition » (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]