Héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux

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Paris - Issy-les-Moulineaux
SA365 Dauphin sur l'héliport d'Issy avec la tour Eiffel et le Front-de-Seine en arrière-plan.
SA365 Dauphin sur l'héliport d'Issy avec la tour Eiffel et le Front-de-Seine en arrière-plan.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Date d'ouverture 1905
Coordonnées 48° 49′ 59″ Nord 2° 16′ 23″ Est / 48.83306, 2.27306
Superficie 7 ha

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
JDP
JDP
Hélisurfaces
Numéro Longueur Surface
06/24 350 × 50 m herbe
Informations aéronautiques
Code AITA JDP
Code OACI LFPI
Type d'aéroport Héliport
Gestionnaire Paris Aéroport
Site web gestionnaire Consulter
Cartes SIA VAC

L'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux est un héliport situé à Paris, au sud de la porte de Sèvres et du boulevard périphérique, dans une zone constituant une extension du 15e arrondissement limitrophe de la commune d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ce lieu est célèbre pour avoir contribué à l'histoire de l'aéronautique au début du XXe siècle. Il est actuellement exploité par Paris Aéroport.

Situation[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station Suzanne Lenglen de la ligne 2 du tramway, par la station Balard de la ligne 8 du métro et par la station du même nom de la ligne 3a du tramway.

La piste n'est utilisée que pour les hélicoptères, aucun avion ne pouvant s'y poser.

Elle est bordée de plusieurs bâtiments dont :

Histoire[modifier | modifier le code]

Du champ de manœuvres militaire au terrain d'aviation[modifier | modifier le code]

Départ d'un avion Blériot participant au Circuit de l'Est.

Lors de l'érection de la tour Eiffel sur le Champ-de-Mars en 1889, les militaires sont provisoirement délogés de leur terrain d'entraînement le temps de l'exposition universelle. Ils se voient en compensation proposer un vaste terrain alors en pleine campagne à Issy-les-Moulineaux, d'une surface de 120 hectares. La tour Eiffel n'étant finalement pas démontée à l'issue de l'exposition, le 29 mars 1890, ils obtiennent la concession d'une partie seulement du champ de manœuvres, d'une surface de 63 hectares, délimité au nord par l'enceinte de Thiers. Le déménagement devient alors définitif.

L'ancien champ de manœuvres militaires devient un terrain d'aviation. En 1905, le mécène Ernest Archdeacon obtient des autorités, pour la première fois, l'autorisation de faire voler un planeur biplan Voisin en ce lieu. L'expérience menée le 26 mars 1905 consiste au remorquage d'un aéroplane, du type Wright, lesté de 60 kg de sable et reposant sur une glissière, par une automobile d'une puissance de soixante chevaux, à la façon d'un cerf-volant. La manœuvre s'achève par la chute de l'appareil qui est toutefois parvenu à s'élever à une trentaine de mètres de hauteur[2].

Le 17 septembre 1907, Louis Blériot franchit la distance de 184 mètres à 80 km/h sur son monoplan tandem Aéroplane VI Libellule. En octobre, Henri Farman atteint la distance de 771 mètres ; Alberto Santos-Dumont, lui, effectue des sauts-de-puce, après ses essais restés célèbres au parc de Bagatelle.

Le 13 janvier 1908, Henri Farman boucle le premier kilomètre en circuit fermé sur un appareil Voisin à moteur Antoinette, en min 28 s. Il emporte le prix Deutsch-Archdeacon. Pour commémorer cet exploit, en 1933, un monument sculpté par Paul Landowski est mis en place à l'entrée du terrain.

En 1908, le gouverneur militaire de Paris interdit l'usage du terrain aux aéroplanes, faisant écho aux craintes des riverains. Mais cette interdiction est rapidement levée. En 1910, la première course internationale Paris-Bruxelles en aéroplane prend le départ à Issy. C'est aussi l'aérodrome de départ et d'arrivée du Circuit de l'Est d'août 1910.

Le 12 avril 1911, l'aviateur français Pierre Prier, directeur de l'école de pilotage Blériot à Londres, atterrit à Issy-les-Moulineaux en provenance de l'aérodrome londonien de Hendon. Il vient d'effectuer, sur monoplan Blériot, le premier vol entre les deux capitales, en h 56.

Le 21 mai 1911 se déroule la première course Paris-Madrid. Elle est remportée par Jules Védrines. Mais la fête est aussi endeuillée par le décès accidentel de Maurice Berteaux, ministre de la Guerre, frappé de face par l'hélice du monoplan de Louis Émile Train, qui tente un atterrissage d'urgence.

Les fameuses expositions internationales aéronautiques de Paris sont organisées sur ce terrain.

À partir de 1922, Raoul Pateras Pescara réalise des essais d'hélicoptères sur les prototypes de sa construction. Il met au point la commande de pas cyclique et réalise un bond de 736 mètres.

Après le déclassement de l'enceinte de Thiers en 1919, le champ de manœuvre est rattaché officiellement à Paris par un décret du [3].

En 1940, le terrain subit les bombardements de la Luftwaffe ; il est rapidement placé sous contrôle des Allemands qui y installent leurs avions.

La transformation en héliport après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Héliport de Paris, bâtiment technique.

Après guerre, les constructions deviennent de plus en plus présentes autour de l'aérodrome, ce qui impose de nombreuses restrictions. Si les pistes sont dorénavant trop courtes pour les avions modernes, plusieurs sociétés de giraviation viennent en revanche s'y installer, poussées par le développement des hélicoptères. En 1952, se déroule la première coupe internationale d'hélicoptères, où Jean Moine et Gérard Henry se partagent la victoire. En 1953, les avions disparaissent définitivement de l'aérodrome.

En 1956, l'aérodrome, placé sous l'autorité d'Aéroports de Paris, devient l'héliport de Paris. En mars 1957, la Sabena ouvre, à l'occasion de l'Exposition universelle en Belgique, une ligne de transport de passagers par hélicoptère entre Paris et Bruxelles, en h 15. Mais cette liaison cesse en 1962, faute de rentabilité.

Le terrain se réduit progressivement, amputé par diverses réalisations : dix hectares à partir de 1958 pour construire le boulevard périphérique de Paris, puis la Ville de Paris prélève dix hectares pour des terrains de sports. La tour EDF s'installe à son tour, puis la tour de l'hôtel Sofitel, et enfin l'Aquaboulevard. L'héliport voit sa fréquentation diminuer d'année en année, en raison de la concurrence d'autres terrains comme l'aéroport du Bourget, et de problèmes croissants de nuisances dans un environnement devenu particulièrement dense.

En 2010, un nouveau bâtiment en forme de cube de béton blanc, œuvre des architectes Richard et Schoeller, est érigé sur le site afin d'y installer les bureaux et la salle de commandement des hélicoptères de la Sécurité Civile[4].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Pistes[modifier | modifier le code]

L'hélistation dispose d'une piste [5]:

Numéro QFU Dimensions Nature Balisage
06
24
062°-242° 350 m × 50 m Non revêtue Oui

L'héliport dispose des infrastructures suivantes :

  • aire de stationnement : 2 000 m2 ;
  • hangars pour aéronefs : 7 hangars[6].

Usage[modifier | modifier le code]

Cet héliport sert à de multiples usages :

  • rapatriements sanitaires ;
  • vols d'appareils d'État (sécurité civile, gendarmerie, police, armée, douanes) ;
  • vols de transport à la demande de passagers ou vols de fret ;
  • vols de travail aérien (pour des photos, héliportages, etc.) ;
  • vols touristiques ;
  • vols privés.

Il existe de fortes restrictions d'usage limitant l'utilisation de l'héliport[5].

  • Les commandants de bord doivent avoir pratiqué l'héliport au cours des 24 derniers mois et avoir reçu une formation spécifique pour connaitre ses conditions particulières d’exploitation.
  • Au départ ou à destination de l’héliport, les vols d’école et d’entraînement sont interdits.
  • Au départ de l’héliport, les vols circulaires avec passagers sont interdits sauf si une escale de plus d'une heure est prévue au cours du vol.
  • Les samedis, dimanches et jours féries, le trafic journalier est limité à 70 mouvements.
  • Le nombre de mouvements sur l'héliport est plafonné à 12 000 par an[6].

Les activités commerciales de transport de passagers sont fortement limitées par ces restrictions d'utilisation.

L'héliport sert de base hélicoptères pour la Sécurité Civile de Paris. Deux Eurocopter EC145 opèrent sur Paris et ses trois départements limitrophes sous l'indicatif Dragon 75[7].

Projets[modifier | modifier le code]

La viabilité de l'héliport, en raison des nuisances qu'il provoque, est régulièrement remise en cause[8],[9].

Il était prévu qu'en 2014, à la suite d'une décision des pouvoirs publics, le trafic de l'héliport soit réduit à 3 000 mouvements par an[10]. Cette décision avait été prise après de longues négociations entre la mairie de Paris et le ministère des Transports. Seules les missions d'urgence et celles dites de « service public » devaient être conservées. De plus, la décision de l'État était liée à l'implantation, à proximité de l'héliport, du futur siège du ministère de la Défense en 2015[11].

Cependant en 2015, l'État a refusé la fermeture de l'héliport, considéré comme « indispensable à la région parisienne » par la Direction générale de l'Aviation civile[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]