Hélène Viannay

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Hélène Viannay née Mordkovitch
Naissance
Paris (France)
Décès (à 89 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Fondatrice et déléguée générale du centre nautique des Glénans
Formation
Ascendants
Marie Kopiloff (1877-1937), Israël Mordkovitch
Conjoint

Hélène Victoria Mordkovitch, née à Paris le , morte le , épouse de Philippe Viannay, est une résistante française qui cofonda le mouvement de résistance Défense de la France, le [1], ainsi que l'école de voile Les Glénans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Paris, de parents russes, elle fit une brillante scolarité à l'école publique. Elle reprit par ces mots l'instituteur, qui faisait honte aux autres élèves de se laisser distancer par une Russe : « Mais je suis Française, Monsieur ! ». Elle fut « éclaireuse laïque »[2] quelques années à l'adolescence, au sein de la Fédération Française des Eclaireuses. Elle poursuivit ensuite de brillantes études de géographie à la Sorbonne, orpheline à la mort de sa mère, le 15 novembre 1937. Hélène Mordkovitch est soutenue par son professeur Léon Lutaud, qui lui trouve une bourse, et lui demande de devenir son assistante au laboratoire de géographie physique et géologie dynamique, déserté après l'exode de l'été 1940. Elle y rencontra, à la rentrée de septembre, Philippe Viannay, étudiant en philosophie qui venait s'inscrire au certificat de géographie.

Défense de la France[modifier | modifier le code]

Tous deux résistants dès l'Armistice, ils décident de ne pas gagner Londres mais d'agir en métropole, dans le milieu étudiant et universitaire qu'ils connaissent bien en faisant un journal clandestin, à l'image de La libre Belgique publié en Belgique pendant la grande guerre[3]. Le , ils font ensemble le premier numéro officiel de Défense de la France, avec son mari, le normalien Robert Salmon, et l'aide d'un camarade prisonnier évadé Marcel Lebon qui finance l'achat d'une rotaprint, machine offset tchèque. Le journal est imprimé chez la mère d'un ami passage Saint-Jacques, puis chez les parents de Philippe et enfin dans les grandes caves de la Sorbonne jusqu'en 1942. En effet comme pompier volontaire depuis 1939, Hélène avait à la fois une chambre et les clefs de l'entrée de l'université rue Cujas[3]. La devise du journal est une citation de Pascal: "Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger"[4]. Il sera diffusé jusqu’à la Libération, où son tirage atteindra les 450 000 exemplaires en janvier 1944. Philippe et Hélène se marient en 1942. Leur premier enfant, Pierre, naît dans la clandestinité l'année suivante, alors que tous deux sont recherchés et que Philippe ne peut être présent à la naissance. Jusqu’à la fin de la guerre, Hélène Viannay organise la diffusion du journal et la production massive de faux-papiers pour les réfractaires au Service du travail obligatoire.

Le maquis de Ronquerolles

En 1944, elle rejoint le maquis de Ronquerolles (Seine-et-Oise Nord) dirigé par son mari, et assure alors la liaison entre les différents secteurs et entre le maquis et Paris. Après la blessure de Philippe Viannay, elle assure à sa place la coordination des différents secteurs. Signe toutefois que la subordination traditionnelle des femmes perdurait inconsciemment même dans la Résistance, Hélène Viannay, plus diplômée que son mari, ne songea jamais à écrire un article dans le journal, alors qu'elle assistait avec les autres épouses de dirigeants à toutes les réunions de rédaction. Elle aima plus tard à rappeler qu'en dépit de sa résistance, elle dut comme toutes les autres Françaises attendre les années 1960 pour pouvoir user d'un carnet de chèques ou acheter un meuble sans l'accord de son mari...

Le Centre de formation des journalistes

Juste après la guerre, les époux Viannay créent le Centre de Formation des Journalistes (dont sont issus beaucoup de journalistes et personnalités, de PPDA à Pierre Lescure en passant par Bernard Pivot).

Le centre nautique des Glénans[modifier | modifier le code]

En 1947, ils fondent aussi le centre nautique des Glénans, qui sert initialement à la convalescence de nombreux anciens déportés ou à l'accueil de résistants éprouvés. Elle en assume la fonction de déléguée générale et gère l'association de 1954 jusqu'à sa retraite en 1979[5].

  • En 1991, elle participe à la création du prix Philippe Viannay-Défense de la France[6]. Celui-ci récompense chaque année un ou des ouvrages portant sur la résistance au nazisme en France ou en Europe.
  • Après une cérémonie au cimetière du Père-Lachaise, le [7], ses cendres ont été dispersées l'été suivant à la pointe nord de Penfret, aux îles de Glénan[8].

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hélène Viannay, une femme libre », sur le forum L'embrasement du monde
  2. Dominique Veillon, « « Hélène VIANNAY » », Clio. Femmes, Genre, Histoire,‎ (ISSN 1777-5299, lire en ligne)
  3. a et b Dominique Veillon et Françoise Thébaud, « Hélène Viannay », sur le site de la revue Clio
  4. « Hélène Viannay », sur le site de de l'INA, Mémoires de résistants, [vidéo]
  5. « http://www.glenans.asso.fr/FR/presse/protectP/communiques/art_33981.php »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  6. « Remise du Prix Philippe Viannay-Défense de la France », sur le site de la Fondation de la Résistance,
  7. « Décès d'Hélène Viannay », sur le site de la Fondation de la Résistance,
  8. « Hélène Viannay », sur le site d'Antoine Viannay
  9. « Liste des lauréats du prix de Gaulle-Adenauer », sur le portail franco-allemand

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance : Le mouvement Défense de la France, Éditions Gallimard,
  • Clarisse Feletin, Hélène Viannay. L'instinct de résistance de l'Occupation à l'école des Glénans, Éditions Pascal,

Articles connexes[modifier | modifier le code]