Hélène Vacaresco

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hélène Vacaresco
Description de cette image, également commentée ci-après
Hélène Vacaresco vers 1890
Naissance
Bucarest, Drapeau de la Roumanie Roumanie
Décès (à 82 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Hélène Vacaresco ou Elena Văcărescu, née le à Bucarest et morte le à Paris, est une femme de lettres franco-roumaine, deux fois lauréate de prix littéraires de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Par son père, Ioan Văcărescu, Hélène Vacaresco descend d'une lignée de boyards de Valachie, qui compte Ienăchiță Văcărescu, le poète qui écrivit la première grammaire roumaine. Elle est aussi la nièce du poète Iancou Văcărescu. Par sa mère, Eufrosina Fălcoianu, elle descend de la famille des Fălcoi, boyerds importants à l'époque de Michel Ier le Brave.

Elle passe la plus grande partie de sa jeunesse à la propriété de la famille des Vacaresco près de Târgoviște.

Hélène Văcărescu étudie d'abord la littérature anglaise, grâce à sa gouvernante anglaise, puis la littérature française à Paris, où elle rencontre Victor Hugo, qu'elle évoquera plus tard dans ses mémoires. Elle suit des cours de philosophie, d'esthétique et d'histoire, ainsi que des cours de poésie avec Sully Prudhomme.

Un autre événement qui marque ses jeunes années fut la guerre russo-turque de 1877-1878, à laquelle la jeune Roumanie prend part aux côtés de l'Empire russe contre l'Empire ottoman, ce qui a pour effet d'amener la communauté internationale à reconnaître son indépendance au Congrès de Berlin (1878). Le père d'Hélène prend part aux combats, une expérience qui influencera son premier livre publié en 1886.

Selon le journaliste et écrivain Robert Scheffer (1863-1926, qui a servi à la cour de Roumanie de 1886 à 1891 comme bibliothécaire et secrétaire de la reine Elisabeth de Roumanie), la carrière d’Hélène Văcărescu doit beaucoup à l'affection de cette souveraine qui, ayant perdu un enfant en bas âge et n'en ayant pas d'autre, reporta son amour maternel sur la petite Hélène, patronna son éducation et l'envoya en France pour continuer ses études. Hélène Văcărescu revint à la cour de Roumanie en 1888 comme demoiselle d’honneur. Son influence sur la reine n'était pas seulement due à son talent littéraire, mais aussi au fait que les deux dames croyaient au spiritisme, ce que Scheffer, libre-penseur, déplore et brocarde.

En 1889, comme le roi Charles Ier de Roumanie n'a pas d'héritier direct pour lui succéder, il désigne comme futur roi son neveu Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, prince allemand qui se retrouve seul dans un pays qu'il ne connaît pas, se lie d'amitié avec Hélène, tombe amoureux d'elle, et finalement exprime le désir de l'épouser. Mais la Constitution de la Roumanie interdit à son roi Hohenzollern de se marier avec une Roumaine, afin d'éviter qu'une famille de boyards, plutôt qu'une autre, prenne l'ascendant à la Cour (avant les Hohenzollern, les principautés roumaines avaient eu une monarchie élective : les familles aristocratiques régnaient à tour de rôle). La reine Élisabeth tentant d'encourager cette union inconstitutionnelle, est exilée par son époux à Neuwied pour deux années. Hélène est à Paris et Ferdinand est sommé par son oncle, le roi, de trouver une fiancée acceptable par la Couronne : ce sera Marie d'Édimbourg.

Toujours en 1889, Hélène Văcărescu reçoit le prix Archon-Despérouses[1].

Plaque au n°7 rue de Chaillot (16e arrondissement de Paris), où Hélène Văcărescu vécut de 1937 jusqu'à sa mort en 1947.

En 1925 Hélène Văcărescu est deux fois lauréate de l'Académie française pour ses volumes de poèmes Les Chants d'Aurore et Le Rhapsode de la Dâmbovitza. En 1921, Aristide Briand, le ministre français des Affaires étrangères, la fait nommer chevalier de la Légion d'honneur[2].

Elle traduit en français les ouvrages de poètes roumains tels que Mihai Eminescu, Lucian Blaga, Octavian Goga, George Topârceanu, Ion Minulescu et Ion Vinea. Elle a créé le prix Femina Vacaresco.

Hélène Văcărescu a été déléguée de la Roumanie à la Société des Nations[3].

À Genève, elle vit à l'hôtel des Bergues. À Paris, elle vit successivement à partir de 1916 au n°5 rue Washington, au n°27 avenue Kléber puis au n°7 rue de Chaillot[3] (1937-1947).

Hélène Văcărescu est inhumée dans la crypte familiale de la famille des Vacaresco au cimetière Bellu de Bucarest.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hélène Văcărescu déléguée à la Société des Nations en 1936.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Chants d'aurore, 1886
  • L'Âme sereine, 1896
  • Lueurs et flammes, 1903
  • Le Jardin passionné, 1908
  • La Dormeuse éveillée, 1914

Thèmes folkloriques interprétés[modifier | modifier le code]

  • Le Rhapsode de la Dâmbovița, 1889
  • Nuits d'orient, 1907
  • Dans l'or du soir, 1927

Romans[modifier | modifier le code]

  • Amor vincit, 1908
  • Le Sortilège, 1911

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • Mémorial sur le mode mineur, 1945
  • Le Roman de ma vie
  • Kings and queens I have known, 1904 Lire en ligne

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Stâna (« La bergerie »), 1904
  • Pe urma dragostei (« Cherchant l'amour »)

Livrets d'opéras[modifier | modifier le code]

  • Le Cobzar, drame lyrique en 1 acte. - Livret de Paul Milliet et Hélène Vacaresco, musique de Gabrielle Ferrari. - 1re représentation : Monte-Carlo, Opéra, 16 février 1909.
  • Le Tartare, tableau musical. 1re exécution : Paris, 19 juin 1906

Hommage[modifier | modifier le code]

À Bucarest, une école porte son nom[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :