Hélène Studler

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Hélène Studler
Hélène Studler 1944.jpg
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Hélène Studler dite sœur Hélène, née en à Amiens et morte à Clermont-Ferrand en , est une religieuse de la congrégation des Sœurs de Saint Vincent de Paul de Metz et résistante française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hélène Studler est née à Amiens dans une famille d'origine alsacienne ayant opté pour la France en 1871. Elle perd sa mère qui meurt d'un cancer du sein à l'âge de 5 ans. Son père meurt quand elle a 18 ans.

Elle est entrée en religion dans la Congrégation des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul sous le nom de Sœur Hélène et en résidence à Metz, à l’hospice Saint-Nicolas[1]. Française, elle est expulsée du district de Lorraine pendant la Première Guerre mondiale ; elle revient dès l'armistice, en , et œuvre à l'hospice Saint-Nicolas.

Dès 1939, sœur Hélène aide les brancardiers français à relever sur le front les blessés et à les ramener à l'arrière. Avec son camion, elle visite les camps de prisonniers et sillonne les routes, partout où il y a de la misère et de la faim à secourir.

Le , les prisonniers français affluent dans Metz, malades, sans subsistances, et beaucoup sont regroupés au fort Saint-Julien. Sœur Hélène leur apporte soins, nourriture et réconfort.

L'été 1940[modifier | modifier le code]

La place saint jacques à Metz avec la statue de la Vierge devant laquelle la foule afficha son attachement à la France (état actuel).

En juillet, la Moselle est annexée de facto au Troisième Reich allemand ; le gouvernement français, vaincu, ne proteste pas. Avec la participation de nombreuses familles de la ville et des environs, Sœur Hélène organise un réseau d'évasion.

Le , fête de l'Assomption, sur la place Saint-Jacques, en présence de l'évêque, Joseph-Jean Heintz, et avec la foule des pèlerins, elle entonne devant la statue de la Vierge un cantique qui exprime autant la Foi des Mosellans que leur opposition à l'annexion qu'ils viennent une seconde fois de subir :

Reine de France,
priez pour nous,
notre Espérance,
venez et sauvez nous…

Dès le lendemain, l'évêque est expulsé de son diocèse par les autorités nazies. Nombre de prêtres subiront le même sort ou seront déportés (60 % du clergé mosellan).

Le réseau de sœur Hélène[modifier | modifier le code]

Plus de deux mille évadés bénéficieront du réseau de sœur Hélène pour retrouver la France libre notamment François Mitterrand, Roger-Patrice Pelat, Boris Holban, Henri Giraud.

Le , la religieuse organise l'évasion de Boris Holban. Celui-ci fondera en le réseau des Francs-tireurs et partisans. Il consacrera la fin de sa vie a écrire un ouvrage contant son évasion : Hélène Studler, la passeuse de liberté.

Au péril de sa vie, cette fille de saint Vincent de Paul permet à plus de 2 000 soldats et officiers français d'échapper aux autorités nazies[1] et de retrouver leur patrie perdue dont le général Giraud et le futur président de la république François Mitterrand.

Le danger[modifier | modifier le code]

Arrêtée en , elle est condamnée à un an de prison, peine suspendue en raison de son état de santé. Après avoir repris ses activités jusqu'en , de nouvelles menaces la conduisent à emprunter elle aussi sa filière.

Elle se réfugie à Lyon alors en zone libre. De l’hôpital Saint-Joseph où elle se cache, elle organise encore l'évasion du général Henri Giraud le [1].

En novembre, la zone libre est à son tour occupée. L'état de santé précaire de la religieuse et les recherches allemandes à son endroit nécessitent son transport à l’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, où elle décédera le [1], pendant les combats qui libéreront Metz.

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Façade actuelle de l'ancien Hospice Saint-Nicolas, à gauche, la statue de Notre-Dame des prisonniers.

Sœur Hélène est l'une des rares femmes dans la résistance à avoir créé son propre réseau.

Le général Giraud, l'un des bénéficiaires de son réseau, vient s'incliner devant sa dépouille à laquelle il remet à titre posthume la Croix de chevalier de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palmes ; sa citation à l'ordre des Armées mentionne : « a été l'un des éléments essentiels de la Résistance et l'un des piliers de la cause française en Lorraine ».

Son corps a été ramené le au cimetière de la Charité de Belletanche à Metz ou plus de 100 000 personnes viennent s'incliner devant sa dépouille.

Une statue dédiée à Notre-Dame des Prisonniers a été élevée en son honneur à proximité de l'Hospice Saint-Nicolas de Metz où elle s'est dévouée pendant plus de vingt ans, à deux pas de là, un petit square triangulaire à l’angle de la rue du Neufbourg et en Chandellerue à Metz porte le nom Sœur-Hélène en son honneur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annick Studler, Sœur Hélène Studler Notre-Dame des prisonniers, Imprimerie Desalles, Saint-Brieuc, 2009.
  • Boris Holban, Hélène Studler, la passeuse de liberté, Gérard Klopp éditeur.
  • Léon de Rosen, Une captivité singulière à Metz sous l'occupation allemande (1939-1940), L'Harmattan.
  • Dominique Missika, Résistantes 1940-1944, , 269 p. (ISBN 978-2-07-294029-3), p. 27-29Voir et modifier les données sur Wikidata

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Missika 2021.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]