Gwen John

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Gwen John
Gwen John - Self-portrait (1902).jpg
Gwen John, Autoportrait (1902), Londres, Tate Britain.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
DieppeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Britannique, Galloise, Britannique (jusqu'au )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Formation
Lieu de travail
Père
Edwin John (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie

Gwendolen Mary John, plus connue sous le nom de Gwen John, est une artiste peintre galloise née à Haverfordwest le et morte à Dieppe le .

Active en France de 1904 à 1939, sa peinture est essentiellement celle de portraits de femmes anonymes peints dans des camaïeux de tons sourds. Éclipsée de son vivant par la célébrité de son frère, le peintre Augustus John, son œuvre est redécouverte à partir des années 1950. Elle est considérée en Grande-Bretagne comme une des artistes les plus importantes du début du XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La mère de Gwen John, aquarelliste amateure, meurt en 1884. Son père notaire élève ses quatre enfants, Thornton, Gwen, son plus jeune frère le peintre Augustus John et sa sœur Winifrid.

Elle étudie à la Slade School of Fine Art de Londres — école novatrice ouverte aux femmes depuis 1871 — de 1895 à 1898. Elle y est encouragée à copier les maîtres anciens.

En 1900, elle expose pour la première fois à Londres au New English Art Club.

Avec Rodin[modifier | modifier le code]

Gwen John est venue en France en 1904, avec son amie Dorelia Mac Neill (en), pour rejoindre Rome depuis Bordeaux dans une forme de voyage initiatique qui échoue à Toulouse. À Paris, Gwen John est introduite dans l'entourage d'Auguste Rodin par Hilda Flodin [2],[3] et commence à poser pour lui. Elle prête ses traits pour la Muse Whistler nue, bras coupés (1908), projet de monument au peintre Whistler[4], et pour une série d'études d'après sa tête[5]. La relation de John avec Hilda Flodin est décrite comme intense et érotique[6],[7],[8].

Prise d'un « amour sans mesure » pour Rodin dont elle devient la maîtresse, elle lui écrit près de 1 000 lettres[9]. Rodin finira par installer un barrage de secrétaires et de concierges, menés par la duchesse de Choiseul, la nouvelle maîtresse de Rodin, pour l'empêcher d'approcher le sculpteur[1]. Cependant, Rodin lui viendra toujours en aide jusqu'en 1914 et il l'encourage à travailler.

En 1995, une exposition était consacrée à Rodin, Whistler et la Muse à Paris au Grand Palais.

Après Rodin[modifier | modifier le code]

En 1911, elle participe à l'exposition de l'Armory Show à New York, où elle a été sélectionnée par John Quinn, un important collectionneur américain.

Mère Poussepin (vers 1915-1920), Birmingham, Barber Institute of Fine Arts.

En 1910, elle s'installe à Meudon, rue Terre-Neuve[10] (no 29), non loin de la villa des Brillants, tout en gardant comme atelier son logement parisien de la rue de l'Ouest[10] (no 6)[11]. Elle continue à exposer régulièrement ses portraits peints. Elle vit presque recluse et solitaire avec ses chats dans le souvenir de Rodin. Elle se convertit au catholicisme en 1913. Elle expose régulièrement au Salon d'Automne et à de nombreux autres salons jusqu'en 1925. Elle s'isole dans une forme de mysticisme accompagnée par les sœurs dominicaines de la Charité de Meudon. En 1926, elle expose à Londres à la New Chenil Galleries.

Profondément marquée par la mort de son ami le poète Rainer Maria Rilke († 1926), elle rencontre le philosophe Jacques Maritain et se lie à la belle-sœur de ce dernier, Véra Oumançoff, dont elle devient l'amante. Propriétaire d'un terrain acquis en 1929 à Meudon (8, rue Babie), elle n'aménagera à cette adresse qu'en 1936[10].

À partir de 1933, il semble qu'elle ait cessé de peindre, sans doute pour raisons de santé[12].

Le , elle tente de rejoindre l'Angleterre. Elle est hospitalisée à Dieppe où elle meurt de faim le . Elle y est enterrée dans la fosse commune du cimetière de Janval. En 2015, la Ville de Dieppe y inaugure une plaque commémorative en présence de ses nièces[13].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b d'après Antoinette Le Normand ([PDF] en ligne).
  2. (en) Donald Hall et Pat Corrington Wykes, Anecdotes of Modern Art: From Rousseau to Warhol, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-503813-2, lire en ligne)
  3. (en) Frederic V. Grunfeld, Rodin: A Biography, Plunkett Lake Press, (lire en ligne)
  4. « Muse Whistler nue, bras coupés », sur www.musee-rodin.fr (consulté le 5 janvier 2017).
  5. collections.musee-rodin.fr.
  6. (fi) Frilander, Aino, « Ateneumin uusi näyttely esittelee kuvanveistäjä Auguste Rodinin – ja hänen suomalaiset oppilaansa, jotka täälläkin tunnetaan huonosti », Helsingin Sanomat,‎ , Citing the art historian Liisa Lindgren (lire en ligne)
  7. (en) Tamboukou, « Epistolary Geographies and Smooth Spaces: Unfolding Gwen John », In the Fold between Power and Desire: Women Artists’ Narratives, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars,‎ , p. 123 (ISBN 9781443821865, lire en ligne)
  8. Shopland, Norena 'Like a shadow I am' from Forbidden Lives: LGBT stories from Wales Seren Books (2017)
  9. Conservées à Paris aux archives du musée Rodin.
  10. a b et c Maria Tamboukou : Introduction : Mapping Gwen John : Lives, Lines and Images, In Nomadic Narratives, Visual Forces: Gwen John’s Letters and Paintings, Peter Lang, 2010, p. 7.
  11. L'atelier de la rue de l'Ouest a disparu dans les années 1970 dans le bouleversement qu'a connu le quartier lors de l'opération d'aménagement de la ZAC Jean Zay. Les autres domiciles de Gwen John à Paris, relevés d'après sa correspondance par Maria Tamboukou sont le no 19 boulevard Edgar-Quinet (1904-1906), le no 7 rue Saint-Placide (1906) et le no 87 rue du Cherche-Midi (1907).
  12. Catherine Gonnard et Elisabeth Lebovici, Femmes artistes, artistes femmes : Paris, de 1880 à nos jours, Paris, Hazan, , 479 p. (ISBN 978-2-7541-0206-3, OCLC 422077213, notice BnF no FRBNF41083586).
  13. « Hommage à Gwen John, peintre galloise », www.paris-normandie.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 janvier 2017).

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