Guy de Lussigny

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Guy de Lussigny
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Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Lieu de travail

Guy de Lussigny, né à Cambrai (Nord) le , mort à Paris le est un peintre du courant «  art concret - art construit ».


Historique familial[modifier | modifier le code]

Guy de LUSSIGNY est né dans une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Flandre[1], issue de Daniel de LUSSIGNY (1576-1644), marchand lainier, bourgeois de Valenciennes, (Nord).* Henry Albert Joseph de Lussigny (1796-1871), était négociant à Valenciennes. *Émile de LUSSIGNY(né en 1824), était négociant de toiles dans le quartier du sentier à Paris. Le premier membre de la famille LUSSIGNY qui fut bourgeois de Valenciennes fut Jehan Noesl del HUSSEGNIES (25/12/1523) (Jehan Noesl de LUCHENY), dont la force peu commune lui valut pour armoiries "d'or au lion de sable". Plus tard, la blessure que reçue Daniel Piérart de LUCHENY (23/06/1576) à la prise de la ville et citadelle de Cambrai en 1595 (petit-fils de Jean Noesl) lui valurent de se voir ajouter "3 ruths de gueules". Peu après cet événement fut érigée une épithalame à la louange de ceux de Valenciennes qui sous le commandement du capitaine Pierre Le Pavre, étaient allés devant Cambrai. Nous en détachons ces quatre vers qui peignait les traits de Daniel de LUCHENY :

"LUSSEGNYE EST SURTOUT GAILLARD ET FORT IDOINE

POUR ETRE COMPAREANT AU PUISSANT MARC ANTOINE

ET CROY JE FERMEMENT, VEU LA GRACE QU'IL A

QU'IL SAURAIT BIEN TROUVER UNE CLEOPATRA"

Les bourgeois de Valenciennes possédaient tous des armoiries, parlantes pour la plupart, et rappelant d'une façon plus ou moins détournée leur nom, ou le sobriquet sur lequel ils étaient connus, ou encore la profession à laquelle il devait leur considération et leur fortune. M. d'OULTREMAN affirme que nos bourgeois avaient crédit auprès des Princes épousant leurs enfants et leur donnant leur fille en mariage.

On sait que nos bourgeois avaient le droit de porter l'épée ; L'un d'eux, arrêté à Maubeuge à cause de l'arme dont il était porteur, répondit au Prévôt qui lui ordonnait de mettre "bas la dague" que pour Seigneur ni Dame il ne l'ôterait, étant Bourgeois de Valenciennes.

Parcours[modifier | modifier le code]

Guy de Lussigny commence à peindre dès 1950. D'abord figuratif, Il s'inscrit très vite dans la lignée de Mondrian et de Malevitch. Sa rencontre en 1955 avec Gino Severini, l'un des créateurs du mouvement futuriste italien, est décisive. Ce dernier l'encourage à continuer dans la voie qu'il s'est choisie, l'abstraction géométrique. Lussigny privilégie très vite le carré, la ligne droite, et la couleur. En 1956, il fait la connaissance du peintre Auguste Herbin, deuxième rencontre capitale. « Les deux artistes prennent des libertés avec les théories des couleurs, décuplant ainsi les potentiels de leur art » précise Gunilla Lapointe. La galeriste Colette Allendy organise sa première exposition personnelle à Paris en 1959. Il exposera dès lors régulièrement en France, dans toute l'Europe, au Japon…

Guy de Lussigny s'installe dans la capitale en 1967 et participe à de nombreux salons : Grands et jeunes d'aujourd'hui, Réalités nouvelles, Comparaisons… Il travaille aux côtés de Denise René de 1969 à 1975 à Paris et à New-York. En 1974, il fait une troisième rencontre déterminante, celle du peintre italien Antonio Calderara. Ils se lient d'une grande amitié. L'amitié avec les artistes (« mes collègues ») sera essentielle dans sa vie, notamment avec le sculpteur allemand Hans Steinbrenner, le sculpteur italien Francesco Marino Di Teana ou le peintre Antoine de Margerie.

La peinture de Guy de Lussigny, sobre et précise, est d'une grande poésie. Pour lui, le carré est « la forme la plus stable qu'ait inventé l'esprit humain » et la ligne le « concept commode du raisonnement mathématique ». Sur ces éléments, Guy de Lussigny crée un langage plastique sobre et précis, allant vers « une certaine idée de la perfection ». En 1998, l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France lui décerne le Prix Dumas-Millier.

Ses œuvres sont présentes dans les collections publiques de nombreux musées : Valenciennes, Montbéliard, Fondation Calderara, FNAC, FRAC Île-de-France, Mâcon, Mondriaanhuis, Musée Tavet-Delacour de Pontoise, Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, le LAAC de Dunkerque et surtout au Musée des beaux-arts de Cambrai avec 70 œuvres de la donation André Le Bozec, grand collectionneur et mécène.

Passionné d'histoire, pianiste remarquable, Guy de Lussigny était un homme de grande culture.

Œuvre[modifier | modifier le code]

« L’artiste, qui a également réalisé des cartons de tapisseries, aura pratiqué une abstraction rigoureuse, laissant « flotter » sur des fonds monochromes des formes géométriques élémentaires, principalement le carré et la ligne. À la recherche de l’équilibre et d’une harmonie tout en nuances, ses œuvres invitent à la méditation » analyse la Galerie Gimpel & Müller qui représente et expose régulièrement Guy de Lussigny à Paris.

« Dans la continuité du néoplasticisme, Guy de Lussigny s’est doté d’une vocation géométrique qu’il a développée avec rigueur et d'une détermination qui n’a jamais faibli. Pour parvenir à une nouvelle réalité plastique, son langage intuitif et empirique s’appuie sur la couleur », écrit l'historienne et critique d'art Lydia Harambourg qui a bien connu l'artiste et publié plusieurs articles dans la Gazette de l'Hôtel Drouot, ainsi que des préfaces et textes pour des catalogues.

« Il règne autour des toiles de Guy de Lussigny un mystère. Comme le témoignage murmuré d’une aventure intérieure, presque d’une expérience mystique. Il lui suffit de décliner la forme géométrique la plus simple – le carré – et de jouer sur les oppositions chromatiques les plus imperceptibles, pour dilater ses œuvres picturales, les hisser au rang d’un véritable univers, où il s’agit moins de cueillir, de chercher ailleurs son bonheur, que de se recueillir, de se trouver soi-même ». Frédéric Vitoux, de l’Académie française, qu'une grande amitié liait à Guy de Lussigny, a écrit ce texte à l'occasion de l'exposition de 2008 à la Galerie Gimpel & Müller de Paris.

Jacques Bouzerand, journaliste et critique d'art, écrit : « Ses tableaux, série de portraits codés et secrets, déclineraient au long des jours et des ans toutes les facettes intimes d’un homme dont la richesse intérieure, l’intelligence, les remous… s’exprimaient librement dans sa peinture. L'art étant la voie de communication, hermétique et sacrée, dont les admirateurs détiennent les clefs. C’est pour moi ce qui confère à cette œuvre la richesse de sa lecture et au total un prix infini. »

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Sélection des expositions les plus importantes :

Expositions de groupe[modifier | modifier le code]

Sélection :

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Spazio e colore di Guy de Lussigny » - G. Franzoso et J. Lassaigne - Studio V, Vigevano (Italie), 1974
  • « Lussigny, Traversée des apparences - Textes de Frédéric Vitoux, Otto Hahn, Jacques Lassaigne, Gilles Plazy - ACD Productions, Paris, 1981
  • « Guy de Lussigny » - Musée de Pontoise, Texte de Edda Maillet, 1986
  • « Peinture 1977-2000 », Musée des Ursulines - Texte de Lydia Harambourg - Mâcon, 2000
  • « Collection André Le Bozec » Petit journal du Musée de Cambrai, Cambrai, 2003
  • " L'abstraction géométrique au Musée de Cambrai. Une chronique d'exposition de Gunilla Lapointe, 2004
  • « L’Abstraction géométrique vécue - Rencontre entre un peintre et un collectionneur », Musée de Cambrai - Textes de Véronique Burnod, Patrick Autréaux, Nicolas Surlapierre, 2007
  • « Parole à voir - dialogues en noir blanc gris », Musée des Ursulines - Textes de Marie Lapalus et Patrick Autréaux - Mâcon, 2009
  • « Lussigny - Rétrospective 1952-2001 La couleur à travers le temps », Catalogue de l'exposition du Musée de Cambrai (- ), Textes Tiphaine Hebert, Marie Lapalus, Patrick Autréaux, (édité grâce au mécénat d'André Le Bozec)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, ed. Sedopols, 2012, p.532


Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]