Guy Wildenstein

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Guy Wildenstein
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Guy Wildenstein, né le à New York, est une personnalité du monde des affaires, un marchand d'art et un éleveur de chevaux de course franco-américain. Il est le fils du marchand d'art Daniel Wildenstein et le président de la Wildenstein & Company basée à New York.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guy Wildenstein est le fils cadet de Martine et Daniel Wildenstein, marchand d'art de premier plan et propriétaire de chevaux de course et éleveur, dont la famille d'origine juive a dû fuir la France après l'occupation allemande du pays pendant la Seconde Guerre mondiale et s'installer aux États-Unis, où Guy est né. Après la mort de son père en 2001, Guy Wildenstein assume la gestion de l'entreprise de vente et d'achat d'œuvres d'art, laissant son frère Alec se concentrer principalement sur les courses de chevaux et l'élevage. Entre-temps, son père avait largement délocalisé à New York une partie de ses activités, et ce, depuis le milieu des années 1960.

En 2001, il achète à Patrick Goulet-Mauboussin un appartement dans les Immeubles Walter pour 3,8 millions d'euros. Poursuivi pour fraude fiscale, il est contraint de vendre son appartement au marchand de biens Pierre Reynaud[1].

Son frère Alec décède en 2008, laissant Guy seul aux commandes des entreprises familiales. La fortune familiale ainsi que les différents trusts sont estimés à plusieurs milliards de dollars. Cette fortune lui est disputée par sa belle-mère Sylvia Roth-Wildenstein, jusqu'à ce que cette dernière décède en novembre 2010.

Guy Wildenstein a été conseiller de l'Assemblée des Français de l'étranger où il représentait les Français de l'étranger de la circonscription de Washington. Il a été également membre de l'UMP et du Premier Cercle des donateurs de l'UMP[2].

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Succession Daniel Wildenstein[modifier | modifier le code]

Sylvia Roth-Wildenstein, la belle-mère de Guy Wildenstein, déclare avoir été spoliée lors de l'héritage de son défunt mari, Daniel, au profit des deux fils de celui-ci, Alec et Guy. Elle porte plainte pour corruption passive et trafic d'influence le 20 septembre 2010[3]. Le 26 octobre 2010, une enquête préliminaire est ouverte par la brigade de répression de la délinquance économique. Ses accusations mènent les enquêteurs à mettre au jour une possible dissimulation de patrimoine au fisc français. Le patrimoine dissimulé est estimé entre 5 et 10 milliards de dollars[4],[5]. Elle décède le 13 novembre 2010[6],[7]. Le fisc français (Ministère du Budget dont a fait partie Éric Woerth puis François Baroin) lui-même n'aurait pas réagi[8]. L'affaire initialement confiée à Me Claude Dumont-Beghi continue malgré la renonciation de Tamara Roth Cohn Eskenazi à l'héritage de sa sœur en juillet 2011[9]. En ce qui concerne MM. Baroin et Woerth, la prescription a lieu le 31 décembre 2011[10].

Succession Anne-Marie Rouart[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'enquête sur la succession Wildenstein, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels perquisitionne l'institut Wildenstein les 11 et 12 janvier 2011. Il saisit 30 œuvres d'une valeur de plusieurs dizaines de millions d'euros, dont un Edgar Degas, un Édouard Manet et des sculptures de Rembrandt Bugatti. Les policiers découvrent également une huile de Berthe Morisot, Chaumière en Normandie, dont avait hérité Yves Rouart. Cette toile et d'autres avaient été déclarées « perdues ou volées » alors que Guy Wildenstein était l'exécuteur testamentaire de Anne-Marie Rouart, descendante du collectionneur Stanislas-Henri Rouart. Le 6 juillet 2011, Guy Wildenstein est mis en examen pour recel d'abus de confiance[11],[12],[13].

Succession Julie Goujon[modifier | modifier le code]

La succession de Julie Goujon, fille de Joseph Reinach, est également l'objet d'un litige. La fille du député de la Troisième république, et fameux défenseur d'Alfred Dreyfus, possédait une collection de peinture de Degas, Gauguin, Van Gogh, pillée pendant l'occupation allemande. La confusion règne sur l'état réel de la collection à la Libération. Daniel Wildenstein était l'exécuteur testamentaire de Julie Goujon, et des toiles qui pourraient lui appartenir ont été retrouvées lors de la perquisition du Wildenstein Institute à Paris[14].

Fraude fiscale et blanchiment[modifier | modifier le code]

Le 6 février 2013, Guy Wildenstein a été mis en examen en France pour fraude fiscale et blanchiment, toujours dans le prolongement du réglement de la succession de son père Daniel[15]. Ayant contesté en appel le montant du redressement qui lui était fixé, son affaire s'est retrouvée devant la cour de cassation en août 2013, qui a donné raison au juge d'instruction réclamant 75 millions d'euros supplémentaires. Le 19 septembre 2014, la cour d'appel de Versailles a tranché en faveur de cette augmentation[16].

Le 12 janvier 2017, le tribunal correctionnel de Paris prononce la relaxe de Guy Wildenstein, tout en reconnaissant que « le patrimoine a été clairement dissimulé, sur plusieurs générations, avec une claire intention d’évasion patrimoniale » et que « cette décision est susceptible de heurter le sens commun »[17]. Le parquet national financier fait appel de la décision[18], et réclame en particulier quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et 250 millions d'euros d'amende contre le chef de famille Guy Wildenstein, qui a fait appel. Le nouveau procès doit se tenir du 2 au 23 mars 2018 à Paris[19]. L'inventaire du patrimoine laissé par Daniel Wildenstein comprendrait[20] des propriétés dont des immeubles situés à New York et Paris, une île privée dans les Caraïbes, un ranch au Kenya ; 2 483 œuvres d'art ; des haras.

Fin mars 2018, la défense du prévenu dénonce « une affaire pénale qui n'existe pas », appelant la justice à se faire « le rempart contre la justice d'opinion »[21].

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. David Bensoussan, Les Wildenstein vendent un joyau de l'immobilier parisien, www.challenges.fr, 14 décembre 2016 (consulté le 19 avril 2018)
  2. a et b Affaire Wildenstein : Sarkozy a remis la légion d'honneur à Guy Wildenstein, www.nouvelobs.com, 22 septembre 2010 (consulté le 19 avril 2018)
  3. « Affaire Wildenstein: une plainte embarrasse Woerth et Baroin », sur mediapart.fr,
  4. (en) Kate Deimling, Art Dealer Guy Wildenstein Investigated in France for Tax Fraud and Corruption, Art info, 3 novembre 2010.
  5. (en) Henry Samuel, Wildenstein widow launches lawsuit against Sarkozy administration, Daily Telegraph, 23 septembre 2010
  6. Flore Galaud, La mort de la veuve n'éteint pas l'affaire Wildenstein, www.lefigaro.fr, 17 novembre 2010 (consulté le 19 avril 2018)
  7. Le testament de Sylvia Wildenstein, Lejdd.fr, 20 novmbre 2010 (consulté le 19 avril 2018)
  8. « Autre Affaire Bettancourt »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  9. Affaire Wildenstein: la soeur de Sylvia Roth renonce à sa succession, www.lepoint.fr, 20 juillet 2011 (consulté le 19 avril 2018)
  10. (en) Doreen Carvajal, Graham Bowley, Lifting a Veil on Opaque Art World Dealings, www.nytimes.com, December 21. 2015 (consulté le 19 avril 2018)
  11. L'héritier de Daniel Wildenstein mis en examen, le Figaro, 7 juillet 2011
  12. (en) Henry Samuel, Artworks worth millions seized from Wildenstein Institute, Daily Telegraph 3 février 2011 (consulté le 19 avril 2018)
  13. « Guy Wildenstein, élu UMP, mis en examen pour la détention d'œuvres d'art »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. Jean-Michel Décugis, Mélanie Delattre, Christophe Labbé, La caverne d'Ali Baba des Wildenstein, www.lepoint.fr, 14 juillet 2011 (consulté le 19 avril 2018)
  15. Guy Wildenstein mis en examen pour "fraude fiscale"et "blanchiment", www.lepoint.fr, 6 février 2013 (consulté le 19 avril 2018)
  16. Le marchand d'art Guy Wildenstein devra verser 20 millions d'euros à la justice, www.lemonde.fr, 26 septembre 2014
  17. Harry Bellet, « Affaire Wildenstein : relaxe générale pour la famille de marchands d’art et ses conseillers », www.lemonde.fr, 12 janvier 2017
  18. « Relaxe des Wildenstein : le parquet national financier fait appel », leparisien.fr, 13 janvier 2017.
  19. Tableaux disparus: le marchand d'art Guy Wildenstein bénéficie d'un non-lieu, La Dépêche, 5 janvier 2018 (consulté le 19 avril 2018)
  20. Communiqué de RFI, du 3 mars 2018.
  21. Fraude: la défense de Guy Wildenstein plaide la relaxe en dénonçant une "fiction fiscale", www.lepoint.fr, 28 mars 2018 (consulté le 19 avril 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]