Guy Lévis Mano

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Guy Lévis Mano
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Guy Lévis Mano, né le 15 décembre 1904 à Salonique en Grèce (à l'époque sous l'Empire Ottoman), mort le 25 juillet 1980 à Vendranges dans la Loire, est un poète, traducteur, typographe, éditeur français. Il est connu aussi sous le pseudonyme de Jean Garamond[1].

Il fut de 1923 à 1974 sous le sigle GLM un éditeur de poésie, réputé en particulier pour ses éditions d'ouvrages illustrés par de prestigieux artistes.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Typographe par passion, imprimeur et poète, Guy Lévis Mano compose lui-même et imprime des ouvrages et des plaquettes sur des papiers de grande qualité, avec plusieurs tirages dont certains sur des papiers de couleur pastel unie. Ses livres sont fréquemment illustrés par des dessinateurs et des peintres aujourd'hui célèbres. Il attache un grand prix au choix des caractères, à la mise en page - en harmonie avec le support papier - et à l'illustration, ce en quoi il est un éditeur innovant.

Poète lui-même, son œuvre, qu'il édite tout au long de sa vie, est profondément marquée par cinq années de captivité en Allemagne comme prisonnier de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.

Guy Lévis Mano fut également traducteur de poètes étrangers, espagnols notamment.

Commentaire[modifier | modifier le code]

René Char a célébré ainsi le talent d'éditeur et la personnalité de Guy Lévis Mano : « Lorsque la passion de donner l'existence à un recueil de poèmes s'unit à la connaissance de la poésie et de l'art d'imprimer, cela nous apporte d'admirables réussites et rétablit l'objet dans sa plénitude durable. Guy Lévis Mano est le seul aujourd'hui qui satisfasse à ce souci hautain. Il y consacre sa foi, sa compétence, sa générosité et son enthousiasme. [...] L'oasis G.L.M. sur la carte de la Poésie, c'est l'oasis des méharistes de fond ! »[2]

Postérité[modifier | modifier le code]

Une collection des ouvrages édités par GLM, les plaques et la presse des éditions sont exposées dans un musée Guy-Lévis-Mano créé par la fondation Robert Ardouvin de Vercheny, dans la Drôme.

L' Association Guy-Lévis-Mano[3] gère le fonds des ouvrages encore disponibles et diffuse l'information sur Guy Lévis Mano et sur son œuvre.

Éditions GLM[modifier | modifier le code]

Quelques auteurs[modifier | modifier le code]

Quelques ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

  • Georges Bataille, Sacrifices, texte accompagnant un album de cinq-eaux fortes par André Masson, 1936 : Mithra, Orphée, Le Crucifié, Minotaure, Osiris (tirage limité à 150 exemplaires)[4].
  • Revue Acéphale (1936-1939), illustrée par André Masson. Quatre numéros ont paru de juin 1936 à juillet 1937, le dernier numéro (juin 1939) n'ayant pas été publié, mais imprimé[5].
  • Michel Leiris, Miroir de la tauromachie, avec trois dessins par André Masson, 1938 (tirage unique à 800 exemplaires) ; réédité par Guy Lévis Mano en 1964, précédé de Tauromachies.
  • Pierre Jean Jouve, Kyrie, illustré de 49 lettrines par Joseph Sima, 1938 (tirage à 200 exemplaires).
  • Pierre Jean Jouve, Le Paradis perdu, illustré de 12 eaux fortes par Joseph Sima, 1938 (tirage limité à 300 exemplaires).
  • Coleridge, La Ballade du vieux marin, avec 8 illustrations et 22 lettrines de Mario Prassinos, 1946 (tirage limité à 695 exemplaires).
  • René Char, À la santé du serpent, illustré de 26 dessins par Joan Miró, 1954 (tirage limité à 604 exemplaires).
  • René Char, Retour amont, illustré de quatre eaux-fortes de Alberto Giacometti, 1965 (tirage limité à 188 exemplaires). Il s'agit de l'ultime œuvre de Giacometti qui, malade, ne put signer les exemplaires, comme mentionné dans le justificatif. L'ouvrage parut en décembre 1965, et Giacometti mourut le 11 janvier 1966[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits de Guy Lévis Mano[modifier | modifier le code]

1924-1939[modifier | modifier le code]

  • Les éphèbes, illustré de 10 compositions de Lucien Lovel, La revue sans titre, 1924
  • Trois poèmes de la tristesse et de la mort, images de Gaston Poulain, Des Poèmes, 1924
  • C'est un tango pâmé, imagé par Gaston Poulain, Henry Parville, 1925
  • Treize minutes, portrait et frontispice par Françoise Nicole, Henry Parville, 1927
  • Au coin de l'aventure qui n'a pas de nom, avec une critique de poésie par Blaise Allan et dix essais d'illustration photographique par Gill Pax, Minutes, 1931
  • Fait divers, images de Raymond Gid, Minutes, 1932
  • Il est fou. 11 minutes, images de Raymond Gid, portrait du typographe par Pierre Reginaud, GLM, 1933
  • Ils sont trois hommes, jeu typographique de l'auteur, GLM, 1933
  • L'Homme des départs immobiles (fragment), dessins de Raymond Gid, interprétation typographique, GLM, 1934
  • L'Homme des départs immobiles, GLM, 1934
  • Jean et Jean, avec une photographie par Pierre Kieffer, GLM, 1935
  • Longueur des nuits où rien n'arrive, frontispice de Dil, GLM, 1935
  • Trois typographes en avaient marre, frontispice de Raymond Gid, GLM, 1935
  • Négatif, avec une photographie de Man Ray, GLM, 1936
  • Crâne sans lois, GLM, 1937
  • Crâne sans lois, avec cinq dessins de André Masson, GLM, 1939

1943-1947, sous le pseudonyme de Jean Garamond[modifier | modifier le code]

  • Poèmes, dans Cahier des écrivains prisonniers, Cahiers du Rhône, La Baconnière, 1943
  • Images de l'homme immobile, préface de Pierre Jean Jouve, postface de Pierre Courthion et Albert Béguin, Cahiers du Rhône, La Baconnière, 1943
  • Poèmes, dans Poètes prisonniers, cahier spécial de Poésie 43, Seghers, 1943
  • Images de l'homme immobile, II, gravure de Valentine Hugo, édité par les Amis de GLM en l'attente du retour de Jean Garamond captif, 1945
  • Captif de ton jour et captif de ta nuit, Images de l'homme immobile de Jean Garamond, GLM, 1945
  • Homme exclu de la vie et de la mort, Images de l'homme immobile de Jean Garamond, GLM, 1945
  • La Nuit du prisonnier, Images de l'homme immobile de Jean Garamond, portrait par Valentine Hugo, GLM, 1945
  • Ont fait nos cœurs barbelés, préface d'Albert Béguin, onze dessins de Pierre-César Lagage, GLM, 1947
  • Captivité de la chair, GLM, 1947

1954-1974[modifier | modifier le code]

  • Mal à l'homme, GLM, 1948
  • L'Extrême Adversaire, GLM, 1954
  • Il n'y a pas plus solitaire que la nuit, GLM, 1957
  • Le Dedans et le Dehors, GLM, 1961 ; les exemplaires de tête avec une eau-forte de Joan Miró, GLM, 1966
  • Trois typographes en avaient marre, GLM, 1967
  • Loger la source (édition collective contenant : L'Extrême Adversaire, Il n'y a pas plus solitaire que la nuit et Le Dedans et le Dehors), avant-poème de René Char, Gallimard, 1971
  • Les absences du captif, GLM, 1974

Rééditions[modifier | modifier le code]

  • Trois typographes en avaient marre, GLM, 1967 ; réédition dans une nouvelle composition avec l'accord de l'association Guy Lévis Mano, Quiero éditions, Forcalquier, 2011
  • Loger la source ; réédition de l'édition Gallimard de 1971, augmentée des derniers poèmes et d'un avant-propos d'Andrée Chedid, Éditions Folle Avoine, Bédée, 2007
  • Images de l'homme immobile ; édition reprenant l'ensemble des poèmes de captivité publiés entre 1943 et 1947, avec la gravure de Valentine Hugo, Éditions Folle Avoine, Bédée, 2013

Traductions[modifier | modifier le code]

Guy Lévis Mano a traduit et édité des textes de Carlos Rodriguez Pintos, Jorge Manrique, Federico Garcia Lorca, Coleridge, Saint Jean de la Croix, Lewis Carroll, Pablo Neruda, José Herrera Petere, Rafael Alberti, Ramon Lull, Lope de Vega, Juan Ramon Jimenez, Luis de Góngora, Shakespeare, Gil Vicente, ainsi que bon nombre de Coplas, Romances et Cantes flamencos

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inspiré sans doute par les polices éponymes.
  2. René Char, « Guy Lévis-Mano, artisan superbe », préface au Catalogue abrégé 1933-1952 des éditions GLM, Paris, 1956, repris dans René Char, Dans l'atelier du poète, Gallimard, collection « Quarto », Paris, 1996, p. 745.
  3. 219 rue Saint-Honoré, 75001 Paris.
  4. Ces cinq eaux-fortes firent l'objet d'une exposition à la Galerie Jeanne Bucher en juin 1933. Le texte de Bataille est repris dans Œuvres complètes, t. I, Paris, Gallimard, 1970, p. 87-96. Il se termine par cette phrase : « La mort qui me délivre du monde qui me tue a enfermé ce monde réel dans l'irréalité du moi qui meurt. » Avec des modifications assez importantes, Bataille l'a repris dans L'Expérience intérieure, sous le titre « La mort est en un sens une imposture », Œuvres complètes, t. V, Paris, Gallimard, 1973, p. 83-92. Sacrifices a été réédité avec L'Anus solaire, Paris, Éditions Lignes, 2011, 48 p.
  5. Réédition en fac-similé des cinq numéros, préface de Michel Camus intitulée « L'acéphalité ou la religion de la mort », Paris, éd. Jean-Michel Place, 1995.
  6. Livres & manuscrits, vente Christie's 27 avril 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]