Guy Brossollet

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Guy Brossollet
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Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Paris
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Alexis Brossollet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Guy Brossollet est un auteur et essayiste français, né le à Épinal, dans les Vosges, et mort le (à 82 ans) à Paris. Militaire de carrière et sinisant, il fut le premier traducteur en français de l'œuvre poétique de Mao Tsé-toung (Mao Zedong) dans son intégralité. Il est officier de la Légion d'honneur et détenteur de la croix de la Valeur militaire avec palme et trois étoiles.

Biographie et œuvres[modifier | modifier le code]

Guy Brossollet est issu de la 140e promotion de l'École spéciale militaire de St-Cyr Coëtquidan, 1953-1955 "Ceux de Dien-Bien-Phu".

Il a servi quatre ans et demi (1956-1961) en Algérie, d'abord dans les Aurès (7e régiment de tirailleurs algériens), puis au Sahara comme méhariste.

Il s'est ensuite consacré à l'apprentissage du Chinois (INALCO à Paris) et à la connaissance de la Chine, au cours de postes au Laos, Hong Kong (2 séjours) et Pékin . En 1969 sa traduction complète du Chinois vers le Français des poèmes de Mao Tsé Toung (Mao Zedong), lui vaut simultanément d'être une des sources non référencées [1],[2]de Philippe Sollers pour ses propres traductions de quelques poèmes, ainsi que la cible de critiques d'ordre idéologique de la part de ce dernier[3], et même de son amie Julia Kristeva [4].

Pendant sa scolarité à l'École supérieure de guerre de 1972 à 1974, il écrivit l’Essai sur la non-bataille, qui fut traduit plus tard en plusieurs langues étrangères. Cet essai constituait une réflexion stratégique, remettant d'une part en question l'efficacité de l'arme nucléaire tactique et du corps de bataille blindé en cas d'attaque soviétique (tout en restant dans le cadre de la politique de dissuasion nucléaire, fondement de la stratégie de défense nationale française), et proposant d'autre part une défense en profondeur de type « modulaire ». Ces théories suscitèrent à l'époque de la parution du livre un débat important au sein des communautés militaire et stratégique françaises[5], et font aujourd'hui encore l'objet de commentaires[6].

En raison de ce livre, Guy Brossollet est aujourd'hui considéré comme l'un des précurseurs du concept de techno-guérilla[7]; il ne partageait cependant pas l'opposition à la dissuasion nucléaire des promoteurs du concept[8]. Définie sous ce terme par des stratèges allemands dans les années 1980 (dont Horst Afheldt), la techno-guérilla aurait été appliquée sur le terrain pour la première fois de façon systématique par le Hezbollah pendant la guerre du Liban en 2006 [9],[10], ce qui entraîna un regain d'intérêt pour les thèses de Guy Brossollet[11], un numéro de la revue "Défense et Sécurité Internationale" consacré à la techno-guérilla le citant abondamment [12].

Ses activités comme attaché militaire à Pékin de 1976 à 1980 (et ses démêlés avec Philippe Sollers) sont évoquées par l'ancien ambassadeur de France Claude Martin[13]. Il a ensuite travaillé pour différentes entreprises françaises, d'abord à Pékin (1981-1983), puis à Paris, où il a repris son activité d'écrivain. Ses ouvrages ultérieurs, à caractère historique, traitent sous divers angles de la colonisation européenne en Asie au XIXe siècle et au XXe siècle.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Articles publiés dans la revue Défense nationale
  • « Ombres et lumières sur le Laos » (no 279, )
  • « Le Parti communiste français et la Chine » (no 269, juin/)
  • « La langue chinoise est-elle compatible avec la pensée moderne ? » (no 259, )

Autres articles publiés[modifier | modifier le code]

Hier, Les Touareg Ajjer, Le Saharien, n°199, , p 39-56

La Lingua Cinese e il progresso Scientifico, Lo Spettatore Internazionale, Nov-dec 1967, n°6 pp783-799

Passerelles Françaises à Shanghai, revue des deux Mondes, [14]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Damien Taelman, « Philippe Sollers : la cavalerie spectaculaire du Bernard Tapie des lettres françaises », sur http://www.juanasensio.com/media/01/02/2306018089.pdf, (consulté le 20 février 2020)
  2. Qingya Meng, Le voyage en Chine de Tel Quel et de Roland Barthes(1974). Enjeux, embûches, enseignements (Thèse de doctorat), Université Paul Valéry - Montpellier III, (lire en ligne)
  3. Philippe Sollers, « "De quelques contradictions", », Tel Quel n° 38,‎
  4. Julia Kristeva, « « Comptes rendus, la contradiction et ses aspects chez un auteur des Tang » », Tel Quel publié no 48/49,‎
  5. Jean Klein, « Guy Brossollet. Essai sur la non-bataille », compte-rendu dans Politique étrangère, vol. 40, n° 5, 1975.
  6. http://www.leconflit.com/article--essai-sur-la-non-bataille-de-guy-brossollet-38822163.html
  7. http://www.afri-ct.org/IMG/pdf/Article_Hautcourt.pdf
  8. Jean-Dominique Merchet, « Mort de Guy Brossollet, théoricien de la non-bataille », sur ww.lopinion.fr, L'Opinion, (consulté le 20 février 2020)
  9. http://www.armedforcesjournal.com/2006/10/2069044
  10. « RMES - Le blog de Rémi, Marine, Edouard et Sarah », sur RMES (consulté le 22 septembre 2020).
  11. Christophe Maresca, Apostille à la Non-Bataille, Mémoire de M2, Paris, École Pratique des Hautes Études / Université PSL,
  12. Christophe Maresca, « L'Ultime Leçon de Brossollet », Défense et Sécurité Internationale, (consulté le 20 février 2020)
  13. Claude Martin, La Diplomatie n'est pas un dîner de gala : mémoires d'un ambassadeur, La Tour-d'Aigues, Editions de l'Aube, , 945 p. (ISBN 978-2-8159-2762-8, lire en ligne)
  14. Guy Brossollet, « Passerelles Françaises à Shanghai », sur Passerelles, Revue des Deux Mondes, (consulté le 20 février 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]