Gustave Chopinet

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Gustave Chopinet
Illustration.
Fonctions
Maire de Crépy-en-Valois

(30 ans, 7 mois et 10 jours)
Élection 13 mai 1888
Prédécesseur Charles Léonard Cureau
Successeur Jean Vassal
Député de l'Oise

(7 ans, 11 mois et 20 jours)
Élection 6 mai 1906
Réélection 8 mai 1910
Groupe politique Gauche radicale
Prédécesseur Georges Audigier
Successeur André Paisant

(4 ans et 3 jours)
Élection 8 mai 1898
Gouvernement Troisième République
Groupe politique Gauche radicale
Successeur Georges Audigier
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bazoches-lès-Bray
Date de décès
Lieu de décès Paris
Parti politique Républicain, Radical
Résidence Oise

Gustave Chopinet est un homme politique français et médecin. Né le à Bazoches-lès-Bray (Seine-et-Marne) [1] et mort le à Paris, Il a été maire de Crépy-en-Valois de 1888 à 1918, député de l'Oise et vice-président du Conseil général de l'Oise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Le docteur Chopinet est issu d'une famille modeste (un père maçon et une mère couturière). Entré à 13 ans au Petit Séminaire de Meaux il y reste trois ans[2].

Il étudie au collège de Melun puis suit les cours à la faculté de médecine de Paris comme répétiteur au lycée Louis-le-Grand[3], il opte alors pour la cause radicale[4],[5].

Au milieu de ses études, interrompues par la guerre franco-prussienne de 1870 [6], il est aide-major au 118e bataillon de marche de la garde nationale puis volontaire pour le même bataillon et enfin interne des ambulances du 9e arrondissement[3].

En 1875 il parvient à décrocher son diplôme de médecine. Il s'installe alors à Crépy-en-Valois, dans l'Oise, où il fera toute sa carrière politique et où il exercera comme médecin au bureau de bienfaisance.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Intéressé par la vie politique locale, il entre au conseil municipal de Crépy dès 1884 dominé par les conservateurs, monarchistes et bonapartistes. Il siège dans l'opposition de gauche[6]. Président du comité républicain d'alors, il s'engage dans la bataille municipale où il est élu Maire de la ville le 13 mai 1888 à 41 ans. Élu conseiller d'arrondissement le 30 juillet 1892 [2], il entre ensuite au Conseil général de l'Oise le 22 janvier 1893 dont il devient un des vices-présidents[5],[3].

Fervent partisan de l'instruction publique, il fait construire une école moderne de garçons et ne croit pas en l'enseignement des questions religieuses. Il obtient la laïcisation des écoles de filles et des écoles maternelles sur le fondement de la Loi Goblet[6]. il participe aussi à l'assainissement de Crépy-en-Valois.

Défenseur entre autres de la réforme du mode d'élection du Sénat, de la suppression des impôts de consommation, de la réduction du service militaire et de la gratuité de la justice aux législatives de 1898, il est élu député le 8 mai et défait le député sortant de Senlis[3] avec l’étiquette républicain progressiste[4]. Il siège au Palais-Bourbon avec les députés de la gauche radicale (c'est-à-dire l'aile la plus centriste des radicaux).

Un nouvel affrontement avec les cléricaux du conseil municipal entre 1901 et 1902 suivie d'une sévère défaite aux élections législatives le 15 mai 1902 qui lui font perdre son siège l'affaiblissent. C'est dans ce contexte que « le Courrier de l'Oise » accuse le docteur Chopinet d'avoir falsifié les opérations de vote lors des dernières législatives. Le 25 mai, paraît dans « l'Echo républicain du Valois », un article titré « La question religieuse à Crépy » signé par Chopinet. S'ensuit une bataille politico-médiatique entre cléricaux et anticléricaux de Crépy-en-Valois[6].

Les élections municipales du 3 août 1902 voient le succès de Chopinet et le renforcement de son camp avec une campagne axée par le docteur sur l'amélioration du sort des travailleurs.

Battu en 1902, le maire de Crépy retrouve cependant son siège de député comme radical-socialiste en 1906, et est réélu en 1910[4].

Président du comité de la Ligue des Droits de l’Homme de la ville, Gustave Chopinet est dreyfusard et franc-maçon[5].

Battu aux législatives de 1914, il se distingue comme maire de Crépy-en-Valois, au début de la Première Guerre mondiale, en faisant face avec courage et détermination à l'invasion allemande. Il fait partie des otages de la ville après en avoir dressé la liste à la demande de l'occupant, le 2 septembre[7],[8],[9].

Il est membre de la société française de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer[10].

Il est ainsi cité à l'ordre de la Nation, puis décoré de la Légion d'honneur en 1917[11].

Mort[modifier | modifier le code]

Il meurt en cours de mandat, le 23 décembre 1918 en son domicile dans le 5e arrondissement de Paris [12].

En septembre 2018, a l'orée du centenaire de la mort de Gustave Chopinet, une exposition d'archives publiques et de documents privés lui est consacrée ainsi qu'a son successeur à la mairie de Crépy-en-Valois, Jean Vassal, aux musée de l'archerie et du Valois[13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Gustave Chopinet, Étude sur l'hydrocèle et son traitement par le procédé de Defer, Paris, Parent, , 57 p. (lire en ligne)
  • Gustave Chopinet, Théodore Baudon et Noël, Proposition de loi ayant pour objet d'ouvrir au ministre de l'Intérieur, sur l'exercice 1901, un crédit de 200,000 francs pour venir en aide aux victimes du cyclone du 1er juin dans le département de l'Oise, Paris, impr. de Motteroz, , 2 p. (notice BnF no FRBNF30240067)
  • Gustave Chopinet et Théodore Baudon, Proposition de loi : Allocation de 100,000 fr. aux victimes de l'orage du 29 juin dans les cantons de Méru et de Senlis, Paris, impr. de Motteroz, , 1 p. (notice BnF no FRBNF30240068)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Dancoisne, « Faire face à la guerre : analyse du journal de Gustave Chopinet, maire de Crépy-en-Valois (30 août 1914- 31 décembre 1914) », Actes des deux journées d'études de Senlis "Entrer en guerre dans l'Oise",‎ , p. 113-123
  • Éric Dancoisne, « Gustave Chopinet au début de la Grande Guerre », Histoires du Valois, bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie du Valois, no 4,‎
  • Éric Dancoisne, « La population de Crépy-en-Valois en 1911. Sociologie urbaine et représentation politique au conseil municipal », Histoire du Valois, bulletin de la Société d'Histoire et d'archéologie du Valois, no 3,‎ , p. 33-42
  • Éric Dancoisne, « Le Conseil municipal de Crépy-en-Valois et la loi de séparation des Églises et de l’État (1888-1908) », Annales Historiques Compiégnoises, Compiègne, Société d'histoire moderne et contemporaine de Compiègne, nos 103-104 « Centenaire de la loi de 1905 portant séparation de l'Église et de l'État, dans l'Oise »,‎ , p.59-69 (lire en ligne). 
  • « M. le docteur Gustave Chopinet », Le Panthéon de l'industrie, Paris,‎ , p. 8 (lire en ligne). 
  • « Gustave Chopinet », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Acte de naissance de Gustave Chopinet du 26 avril 1847 ». Section : Dossiers nominatifs des personnes promues dans l'Ordre de la Légion d'honneur; Collection : Base Léonore; Dossier : Gustave Chopinet; Cote : 19800035/119/15015. Pierrefitte-sur-Seine : Centre des Archives nationales, Archives nationales (France). (lire en ligne)
  2. a et b J. Mermet, Feuilles au vent : chroniques du pays d'Oise, Compiègne, Progrès de l'Oise, , 350 p. (lire en ligne), p. 277-278
  3. a, b, c et d « M. le docteur Gustave Chopinet », Le Panthéon de l'industrie, Paris,‎ , p. 8 (lire en ligne). 
  4. a, b et c Philippe Papet, « Cléricaux et anticléricaux dans l'arrondissement de Senlis (1870-1914) », Supplément aux Annales Historiques Compiègnoises,‎ , p. 159, 413
  5. a, b et c Éric Dancoisne, « Gustave Chopinet, maire de Crépy-en-Valois de 1888 à 1918 », sur memoires-du-valois.blogspot.com, (consulté le 8 août 2018)
  6. a, b, c et d Éric Dancoisne, « Le conseil municipal de Crépy-en-Valois et la loi de séparation des Églises et de l'État (1888-1908) », Annales historiques compiégnoises, Compiègne, Société d'histoire moderne et contemporaine de Compiègne, nos 103-104 « Centenaire de la loi de 1905 portant séparation de l'Église et de l'État, dans l'Oise »,‎ (lire en ligne). 
  7. « Choses vues de Paris à Crépy-en-Valois », Le Petit Parisien, Paris, no 13837,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  8. Jean-Marie Tomasini (ill. Philippe Dubois), Crépy-en-Valois : Mille ans d'histoire, La Ferté-Milon, Corps 9, , 254 p. (ISBN 9782904846403, notice BnF no FRBNF34911307), p. 143
  9. « Mémoire de l'Oise N°22 : Septembre 1914 dans le Valois », calameo.com,‎ (lire en ligne)
  10. Société de secours aux blessés militaires (France). Auteur du texte, « Bulletin de la Société française de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer », sur Gallica, (consulté le 10 août 2018)
  11. « M., Gustave Chopinet maire de Crépy-en-Valois décoré de la Légion d'honneur », Le Petit Journal, no 19829,‎ (lire en ligne) :

    « M. Gustave Chopinet, maire et conseiller général de Crépy-en-Valois, est nommé chevalier de la Légion d'honneur pour titres exceptionnels. A assuré avec une grande activité, malgré son état de santé très précaire, l'administration de sa commune pendant l'occupalion allemande. Par sang-froid et sa fermeté, a empêché, l'exode, de la population et, par son attitude courageuse, vit en imposer à l'ennemi qui épargna la cité. »

  12. « Exposition Gustave Chopinet et Jean Vassal - Être maire en temps de guerre - Ville de Crépy-en-Valois », sur www.crepyenvalois.fr (consulté le 28 août 2018)