Gustav Klucis

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Gustav Klucis (letton : Gustavs Klucis) est un peintre letton né le et mort le 26 février 1938[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à l'École des Beaux-Arts de Riga (1913-1915) chez Janis Rozentāls, Vilhelms Purvītis et Jānis Roberts Tillbergs, puis à l'École de la Société impériale d'encouragement des beaux-arts de Saint-Pétersbourg (1915-1917).

Lors de la révolution d'Octobre Klucis rejoint l'unité de tirailleurs volontaires combattant aux côtés de bolcheviks à Saint-Pétersbourg[1],[2]. Après la Première Guerre mondiale, dès 1918, il installe à Moscou son propre atelier et suit les cours de Kazimir Malevitch puis ceux d’Antoine Pevsner et Constantin Korovine au sein des Ateliers supérieurs d’art et de technique (Vkhoutemas). En 1919, il est un des premiers artistes à réaliser un photomontage qu'il nomme Ville dynamique – premier d'une belle série.

En 1920, il adhère au PCUS et rejoint le groupe d'artistes qui mirent leur foi politique au service du Parti communiste pour mettre l'art à son service en réalisant des créations destinées à la diffusion de ses messages de propagande. Il utilise les photos des icônes de l'époque, comme celle de Lénine, pour réaliser des montages photographiques mettant en avant la puissance de son éloquence et de son dynamisme. En ce sens, il participe à l'image nouvelle de l'homo sovieticus[2].

En 1920, il fait connaissance de Valentina Kulagina (1902–1987), alors étudiante aux Ateliers artistiques libres d’État (Svomas, Svobodnye gosudarstvennye khudozhestvennye masterskiye). Il l'encourage d'entrer à Vkhoutemas et l'épouse l'année suivante[3].

Après le décès de Lénine en 1924, Gustav Klucis se lance dans le perfectionnement de la technique du photomontage, cherchant à faire de la photographie une alternative à la peinture de chevalet, mais surtout pour exprimer les idéaux de la révolution et contribuer à inspirer au spectateur un sentiment de grandeur, d’appartenance à un destin commun soviétique. Il est nommé à son tour professeur de théorie des couleurs à Vkhoutemas en 1924[3]. Il est impliqué dans les activités de l'association culturelle lettonne Prometejs (Prometheus), fondée à Moscou en 1924, tout comme quelques uns de ses compatriotes, notamment Aleksandrs Drēviņš, Karlis Veidemanis et Voldemars Andersons[4]. L'année 1928 est celle où il est au sommet de son art et de sa gloire, ses photomontages vont atteindre des formats monumentaux[2].

En 1928 également, avec Dimitri Moor, Alexandre Deïneka, Sergueï Eisenstein, Esther Choub, Moïsseï Ginzbourg, Alexandre et Viktor Vesnine, il cofonde le groupe Oktiabr (Octobre), déclaré comme association panrusse de représentants des nouveaux genres de travail artistique[5].

Lors de l'Exposition internationale de la presse à Cologne en 1928, avec Sergueï Senkin, il contribue à l'élaboration du stand des brigades artistiques soviétiques conçu par Lazar Lissitzky au pavillon d'URSS[6],[7].

Klucis fait partie de la délégation soviétique à l'Exposition universelle de 1937 à Paris[1].

Arrêté le , il fut condamné à mort par une commission du NKVD le pour « participation à une organisation terroriste nationaliste contre-révolutionnaire ». Il fut exécuté le au polygone de Boutovo, près de Moscou, avec d'autres intellectuels et artistes lettons[8]. Les circonstances de sa mort ne furent révélées qu'en 1989[9].

Il fut réhabilité le .

Ses œuvres sont exposées à la Galerie Tretiakov, Museum of Modern Art.

En 2007, le réalisateur Pēteris Krilovs lui consacre le film Klucis, l'homme qui créa l'image du paradis soviétique (titre letton Gustavs Klucis. Nepareizais latvietis)[1],[10].

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Propos recueillis par Kristine Matiza/traduction Elsa Gautier, « Klucis: déconstruction d'un artiste. Entretien avec le réalisateur Peteris Krilovs », sur vivement-lundi.com,‎ (consulté le 5 janvier 2016)
  2. a, b et c (en) Matthew S. Witkovsky, « Gustav Klutsis (Latvian, 1895–1938) », sur artic.edu,‎ (consulté le 5 janvier 2016)
  3. a et b (en) « Gustav Klutsis. Biography », sur icp.org (consulté le 5 janvier 2016)
  4. (en) Kathleen Tahk, « A Revolution Beyond Borders:The Soviet Art of the Latvian Riflemen. », sur americancouncils.org,‎ (consulté le 10 janvier 2016)
  5. (ru) Петрова Любовь Михайловна (Известия Российского государственного педагогического университета им. А.И. Герцена n°171), « ХУДОЖЕСТВЕННОЕ ОБЪЕДИНЕНИЕ «ОКТЯБРЬ» И ЕГО ПОЛИТИЧЕСКИЕ АМБИЦИИ (ПО МАТЕРИАЛАМ АРХИВНЫХ ИЗЫСКАНИЙ) », sur cyberleninka.ru,‎ (consulté le 7 janvier 2016)
  6. Danielle Leenaerts, Petite Histoire Du Magazine Vu (1928-1940): Entre Photographie D'information Et Photographie D'art, P.I.E.-Peter Lang S.a,‎ (ISBN 978-9-0520-1585-9, lire en ligne)
  7. (en)Margarita Tupitsyn, The Soviet Photograph, 1924-1937, Yale University Press,‎ (ISBN 978-0-3000-6450-6, lire en ligne)
  8. (ru) Liste des victimes de la terreur politique en URSS sur le site memo.ru.
  9. Guigon, Emmanuel (dir.), Gustavs Klucis, catalogue d'exposition, Editions des Musées de Strasbourg, 2005.
  10. (lv) Dita Rietuma, « Klucis — nepareizais latvietis », sur diena.lv,‎ (consulté le 5 janvier 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]