Gustav Conrau

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Gustav Conrau
Relevés de Gustav Conrau au Kamerun en 1896-1897.

Gustav Conrau (né à une date inconnue et mort en 1899) est un agent colonial allemand au Kamerun, collectionneur de statues ethniques et récolteur de plantes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Figure masculine avec jumeaux (Bangwa), coll. Gustav Conrau (Musée ethnologique de Berlin[1]).

Gustave Conrau explore l'arrière-pays dans le nord-ouest du Kamerun en sa qualité d'agent de la firme Jantzen & Thormählen et, en 1891, dirige et effectue les relevés cartographiques de la Kamerun-Hinterland-Handels-Expedition Jantzen & Thormählen qui relie Mundame à Bali[2],[3].

À la recherche de caoutchouc, d'ivoire, et d'œuvres d'art dans la région de Fontem en 1898, il en ramène surtout de la main d'œuvre pour ses plantations sur la côte, prétextant avoir besoin de porteurs. L'année suivante, voulant réitérer cette opération, il est accusé de trafic d'indigènes et emprisonné par le jeune chef Fontem Asonganyi. En 1899, Conrau se suicide après une tentative d'évasion manquée[4].

Collection de statues[modifier | modifier le code]

Une des pièces maîtresses des statues rassemblées par Conrau est la Reine Bangwa, acquise par le musée Dapper à Paris après avoir appartenu à la collection Helena Rubinstein[5],[6].

Herbier[modifier | modifier le code]

L'herbier de Gustav Conrau est conservé au Jardin botanique et musée botanique de Berlin-Dahlem.

Éponymie[modifier | modifier le code]

Les noms scientifiques de plusieurs espèces (ou variétés) de plantes, collectées dans l'ouest du Cameroun, lui rendent hommage, telles que Agelaea conraui, Allophylus conraui, Ardisia conraui, Baphia leptostemma var. conraui, Ficus conraui, Millettia conraui ou Salacia conrauii.

Dans le règne animal, chez les amphibiens, c'est également le cas du genre Conraua, dans la famille des Conrauidae[7].
L'espèce de geckos Lygodactylus conraui est aussi nommée en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Hans-Joachim Koloss (dir.), « Männliche Figur mit Zwillingen », in Afrika. Kunst und Kultur. Meisterwerke afrikanischer Kunst. Museum für Völkerkunde Berlin, Prestel, München, London, New York, 1999, p. 211 (ISBN 9783791321806)
  2. Ndobegang et Bowie 2009, p. 107.
  3. Richard Kiepert, « Weg der Kamerun-Hinterland-Handels-Expedition Jantzen & Thormählen von Mundame bis Bali » [carte], sur Bibliothèques municipales Ville de Chambéry, (consulté le 19 janvier 2018).
  4. (en) Anthony Ndi, Southern West Cameroon Revisited, t. 2, coll. « Book collections on Project MUSE », , 276 p. (ISBN 9956791326 et 9789956791323, présentation en ligne, lire en ligne), p. 49.
  5. Sabine Gignoux, « L'Afrique esthétique du musée Dapper », sur La Croix, (consulté le 7 octobre 2017).
  6. « Art premier à prix royal », sur Le Figaro, (consulté le 7 octobre 2017).
  7. (en) Malcolm Peaker « The Eponym Dictionary of Amphibians: Where’s Conrau? », Zoology Jottings, 12 août 2013, [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Andreas Schlothauer, « Die Kamerun-Sammlungen von Gustav Conrau im ethnologischen Museum Berlin », Kunst & Kontext, vol. 9,‎ , p. 20-31 (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2017).
  • René Letouzey, Les botanistes au Cameroun, Muséum national d'histoire naturelle, Laboratoire de phanérogamie, Paris, 1968, p. 18
  • (en) Michael Mbapndah Ndobegang & Fiona Bowie, « Azi since Conrau : Anthropological and historical perspectives », dans Ian Fowler & Verkijika G. Fanso, Encounter, Transformation and Identity: Peoples of the Western Cameroon Borderlands, 1891-2000, Oxford, New York, Berghahn Books, coll. « Cameroon Studies » (no 8), , 253 p. (ISBN 1845453360 et 9781845453367, lire en ligne), p. 93-109.

Liens externes[modifier | modifier le code]