Gunpei Yokoi

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Gunpei Yokoi

Nom de naissance 横井軍平 (Yokoi Gunpei)
Naissance 10 septembre 1941
Sonobe, Drapeau du Japon Japon
Décès 4 octobre 1997 (à 56 ans)
Drapeau : Japon Japon
Nationalité Drapeau : Japon Japonaise
Profession
Autres activités

Gunpei Yokoi (横井軍平), né le 10 septembre 1941 à Sonobe, Japon, et mort le 4 octobre 1997, est une personnalité multi-forme du jeu vidéo, inventeur (entre autres) des Game and Watch, du Game Boy mais aussi du Virtual Boy. Il est également le producteur original de la série de jeux Metroid.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance, enfance, et vie privée[modifier | modifier le code]

Gunpei Yokoi est né le 10 septembre 1941 dans le quartier de Katsura, à Kyôto, ville dans laquelle il passe la plus grande partie de sa vie. Il est le benjamin des quatre enfants d'un salarié d'une entreprise de fabrication de teintures pour textile[1].

Son loisir préféré est le bricolage[1]. Pendant son enfance, il fabrique ses propres jouets en utilisant des morceaux de bois récupérés dans un atelier de menuiserie[2]. En primaire, il se prend de passion pour les maquettes de train et la fabrication de modèles réduits. Au collège, il conçoit un système de pliage pour ses créations, car celles-ci encombraient sa maison; cela lui vaut un article dans un magazine spécialisé[3].

Il a cependant de nombreux autres hobbys[4]. Il joue du piano depuis son plus jeune âge[5]. Au lycée, il fait du judo mais abandonne rapidement ; il commence alors la danse de salon, qu'il pratique pendant plusieurs années[6]. Il fait également de la plongée sous-marine et de l'apnée à l'université, et fabrique son propre harpon. Il s'intéresse beaucoup aux automobiles ; il raconte avoir lui-même installé un autoradio lecteur de cassettes dans sa voiture, avant que les premiers modèles ne soient commercialisés[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

La carrière de Gunpei Yokoi est très liée à l'entreprise Nintendo, dont il reste employé pendant plus de trente ans[7]. Il accompagne son évolution de petite entreprise de fabrication de cartes à géant du jeu vidéo ; évolution dont il est l'un des principaux artisans.

Embauche par Nintendo[modifier | modifier le code]

Cartes Hanafuda fabriquées par Nintendo.

Yokoi fait ses études à l'université Dōshisha[7] où il étudie l'électronique. C'est un élève plutôt médiocre qui passe plus de temps à s'amuser qu'à étudier. Une fois diplomé, il cherche à être recruté par les grandes entreprises de son secteur, comme Hitachi ou Matsushita, mais ses résultats scolaires sont trop faibles, et ses candidatures sont rejetées. Il se rabat dont sur des emplois moins prestigieux.

À l'époque, Nintendo est une petite entreprise régionale basée à Kyoto dont l'activité principale est la fabrication de cartes à jouer, aussi bien occidentales que japonaises, et de jeux de mah-jong[8]. Comme il s'agit d'un marché restreint dont les bénéfices diminuent, son président, Hiroshi Yamauchi, essaye de diversifier les activités de l'entreprise. Cependant, ces initiatives ne sont pas couronnées de succès et la compagnie est en difficulté financière.

À l'époque, les universitaires sont plutôt rares, et l'emploi qu'il venait d'accepter est très en dessous de ce qu'ils cherchent habituellement[9]. Lors d'une interview, il expliquera qu'il était plutôt heureux de pouvoir travailler près de chez lui, et satisfait d'avoir trouvé de quoi être tranquille jusqu'à la retraite[10]. Yokoi se fait engager pour s'occuper de la maintenance de la machine qui colle ensemble les différentes couches des cartes Hanafuda. Il s'agit d'un emploi assez simple, loin en-dessous de ses qualifications, et qui lui demande peu de temps. Lors d'une interview, Yokoi a d'ailleurs expliqué qu'il n'était sans doute pas essentiel à l'entreprise, et qu'il n'a été embauché que pour permettre de se mettre en ordre par rapport à une loi récemment votée, qui impose à toute société disposant de matériel électrique de recruter un électricien[11].

Premiers jouets (1965-1973)[modifier | modifier le code]

La maintenance des machines lui demande peu d'effort et il commence à s'ennuyer. Pour passer le temps, il commence à bricoler pendant ses heures de travail. Il fabrique notamment un gadget qu'il a imaginé durant ses années de collège : une sorte de main mécanique que l'on peut rétrécir ou allonger. Son activité est découverte par son patron, qui lui demande alors d'en faire un objet commercialisable. Il lui dit : « Comme Nintendo est un fabriquant de jeu, fais-en donc un jeu ».

Yokoi s'attelle donc à la conception d'un jouet basé sur ce principe. Comme l'intérêt de son prototype est de pouvoir attraper ou relâcher des objets à distance, il imagine un jeu d'adresse basé sur le fait d'attraper des balles de ping-pong et de les déposer à un endroit prévu à l'avance. Il améliore son idée initiale en ajoutant une roue dentée qui permet à l'extrémité de ne pas s'ouvrir lorsque la main mécanique se rétracte, ainsi qu'un fil muni d'un poids qui permet à l'utilisateur de l'ouvrir à distance.


Game & Watch et Gameboy (1973-1989)[modifier | modifier le code]

En 1989, le Game Boy, projet de son invention, est commercialisé et connaît un succès qui impressionne tous les acteurs de l'industrie de l'époque[12]. La section R&D 1, à côté des créations de Miyamoto, enchaîne les jeux cultes sur Game Boy et Super Famicom : Super Mario Land, Metroid II, Mario Paint

Dernières années chez Nintendo (1989-1996)[modifier | modifier le code]

En 1993, Gunpei Yokoi démarre la conception du Virtual Boy. Pendant son développement, Gunpei adopte une prise de position sévère vis-à-vis de la Nintendo 64, qu'on appelait encore à l'époque « Ultra 64 »[13] critiquant la course à la puissance dans laquelle Nintendo était entré. L'échec commercial retentissant du Virtual Boy pousse Yokoi Gunpei à travailler sur un nouveau concept pour ne pas quitter Nintendo sur un échec, ce qui donnera naissance au Game Boy Pocket.

Fondation de Koto Laboratory (1996-1997)[modifier | modifier le code]

En 1996, après la commercialisation du Game Boy Pocket, il démissionne et fonde sa société, Koto Laboratory, produisant des jeux pour Nintendo et collaborant avec Bandai au développement de la WonderSwan.

Mort[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 1997, Gunpei Yokoi circule sur l'autoroute Hokuriki dans une voiture conduite par Etsuo Kiso, l'un de ses collègues; ils ont un accrochage sans gravité avec une camionnette. Ils sortent du véhicule pour le pousser sur le bas-coté, et sont percutés par un autre automobiliste. Kiso a la vie sauve, mais Yokoi meurt de ses blessures. Il a alors 56 ans[14].

Ses obsèques ont lieu quatre jours plus tard, à l'hôtel de ville du quartier Nakagyō à Kyōto, et rassemblent 500 personnes, dont Shigeru Miyamoto, Hiroshi Yamauchi et Satoshi Tajiri. Il est incinéré le jour même, et ses cendres sont placées sous une stèle de marbre dans un cimetière d'un grand temple de la ville. Une plaque, conçue par Miyamoto, est placée sur sa tombe ; il y figure une liste partielle de ses inventions, ainsi que ce maxime fétiche : « La pensée latérale des technologies désuètes »[15].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Ludographie[modifier | modifier le code]

Cette liste contient l'ensemble des réalisations de Gunpei Yokoi, y compris celles où il n'a été que producteur.

Jouets:

Consoles de jeux:

Accessoires pour consoles:

Arcade:


Jeux vidéo sur Famicom:


Jeux vidéo sur Game Boy:
Jeux vidéo sur Virtual Boy:
Jeux vidéo sur Super Famicom:


Autres inventions:

Postérité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Takefumi Makino, Gunpei Yokoi : Vie & philosophie du Dieu des jouets Nintendo, Pix'n Love,‎ août 2010, 196 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]