Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien

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Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien
Image illustrative de l'article Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien
Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien
Biographie
Naissance
La Font (Corrèze)
Ordre religieux Ordre de Saint-Benoît
Décès
Viterbe
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Clément VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Sainte-Marie-du-Trastevere
Cardinal-prêtre de Sainte-Suzanne
Cardinal-évêque de Sainte-Sabine
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Fonctions épiscopales Archevêque de Saragosse
Légat du pape en Sicile

Blason

Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien, (1326-1369), dit le cardinal de Saragosse, né dans le diocèse de Limoges, au lieu de La Font (Corrèze)[1], est le second fils de Guillaume d'Aigrefeuille et d’Aigline de Tudeils[2], le frère d'Aymar d'Aigrefeuille, maréchal de la Cour pontificale d'Avignon, et du cardinal Faydit d'Aigrefeuille, l'oncle du cardinal Guillaume d'Aigrefeuille le Jeune.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cardinal à vingt-quatre ans[modifier | modifier le code]

Sa carrière ecclésiastique dut tout à son cousin Pierre Roger, le futur Clément VI. Entré d'abord chez les bénédictins de Beaulieu puis au monastère de Lagrasse dans le diocèse de Carcassonne. Il fut appelé par son parent devenu archevêque de Rouen et fut fait prieur de Saint-Pierre d’Abbeville[3].

Peu après son élection, Clément VI le nomma protonotaire apostolique et auditeur de la Sainte Rote à Avignon. Il avait à peine vingt ans quand il est placé par le pape sur le siège archiépiscopal de Saragosse le [3].

Il fut créé cardinal-prêtre de Sainte-Marie en Transtevere lors du consistoire du [3]. Dans cette promotion se trouvaient aussi : Raymond de Canillac, Pierre de Cros et Étienne de la Garde, autres parents et alliés du pape.

Le légat d’Innocent VI et d’Urbain V[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, le 16 décembre, il fit partie de vingt-cinq cardinaux du Sacré Collège qui entrèrent en conclave pour donner un successeur à Clément VI[3]. Ce fut un autre Limousin qui fut élu le . Le cardinal Étienne Aubert prit le nom d’Innocent VI. Ce pape en fit son légat en Sicile, au cours de l'année 1355 pour administrer le royaume de Trinacrie après la mort du roi Louis (Ludovic)[3].

À la mort d'Innocent VI, le , ce furent vingt cardinaux qui se réunirent en conclave. Six jours plus tard, Guillaume de Grimoard, abbé de Saint-Victor de Marseille, fut élu pape sous le nom d’Urbain V. Sa candidature avait été proposée et soutenue par le cardinal d’Aigrefeuille[3], sur les conseils de son frère Pierre, l’évêque d’Uzès[4].

En reconnaissance, le le nouveau pape envoya en légation le cardinal de Saragosse, auprès de Pierre le Cruel qui venait de tuer son épouse, la belle-sœur du Dauphin Charles[3].

Les armes d'Andorre écartelées à celles de Foix et d'Urgel

Le fondateur de la principauté d’Andorre[modifier | modifier le code]

Nommé cardinal-prêtre de Sainte-Suzanne par Urbain V en octobre 1363 et devenu camerligue du pape, il fut fait cardinal suburbicaire de Sabine le . Il suivit le pape lors de son retour à Rome cette même année. Urbain V le désigna alors comme arbitre entre l’évêque d’Urgel et Gaston Fébus, comte de Foix au sujet de la principauté d’Andorre[3]. Ce fut le cardinal qui, par les statuts qu'il lui donna, en fit une principauté où régnaient deux coprinces.

Le cardinal succombe à la peste[modifier | modifier le code]

En 1368, Guillaume d’Aigrefeuille, nommé cardinal-évêque de Sabine, demanda des bénéfices pour ses cousins germains Bertrand de Vayrac[5] et Jean de Merle. Consacré par Urbain V dans ses nouvelles fonctions, le , il reçut la légation de Naples[3].

Ce fut le , à Viterbe, qu'il décéda de la peste. D’abord inhumé sur place dans l’église des augustins dédiée à la Très Sainte Trinité, ses restes furent transférés à Saint-Martial de Limoges où on lui éleva un tombeau magnifique[3].

Ses armes sont aux clés de voûte de l’église de la Roche où il avait fondé la vicairie de Saint-Martial ou de Grafeuille-La Font.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’épitaphe du premier des cardinaux d’Aigrefeuille, précise : «oriundus de loco de Fonte, Diœcesis Lemovicensis » (né au lieu de la Font, diocèse de Limoges). Mais ce tènement (noble) n’entrera dans le patrimoine des Aigrefeuille qu’en 1343.
  2. Outre Aymar, Guillaume et Faydit le couple aura huit autres enfants : Pierre (évêque), Raymond (évêque), Bernard (évêque), Étienne (abbé), Éléonore (qui épousa Bertrand de Vayrac), Florence (abbesse d’Elnon en Rouergue et du monastère cistercien de Nonenque, commune de Marnhagues et Latour dans le diocèse de Vabres), Marguerite (qui épousa Bertrand de Saillac) et Raymonde (religieuse à la Règle de Limoges).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Salvador Miranda, Cardinal Guillaume d'Aigrefeuille l'Ancien, University Park, Miami, FL 33199, 2009
  4. Pierre d'Aigrefeuille connaissait fort bien Guillaume de Grimoard qui avait été son Vicaire Général dans ses diocèses de Clermont et d’Uzès.
  5. Bertrand était le fils de Bertrand de Vayrac et d’Éléonor d’Aigrefeuille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fr. du Chesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance, Paris, 1660.
  • É. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693.
  • A. de Boyes et Fr. Arbelot, Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, Limoges, 1854.

Article connexe[modifier | modifier le code]